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samedi 30 juillet 2011

Commentaires

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Je tiens à te contredire sur un point: Mein Kampf, ce sont bel et bien les divagations d'un peintre raté. La prose de l'oncle Adolf est d'une consternante stupidité; les sermons de curés de campagne, les tracts du PCF après guerre, les émissions de Dorothée et le bredouillis de la plupart des poivrots sont plus intelligents que Mein Kampf. Mein Kampf apporte seulement la démonstration -- terrifiante, d'ailleurs -- qu'on peut être à la fois complètement stupide et extrêmement dangereux.

Je n'ai évidemment pas lu les 1500 pages d'ABB (je cause pas scandinave), mais quand la nazisphère planétaire en aura mis sur Internet une traduction in English, ce qui ne saurait tarder, je ne serais pas étonné que ça se révèle à la fois plus con que les oeuvres du président Mao (ne mettons pas la barre trop haut), mais quand même plus intelligent que Mein Kampf, car ce dernier texte est vraiment d'une nullité intellectuelle insurpassable.

Je passe mon temps à essayer de donner un peu de '3D' aux logiques binaires des réactionnaires de tout poil... que le monde change, que si telle tendance baisse ici et maintenant, elle s'accroit ailleurs pendant que d'autres opportunités se dégagent ici. Qu'il faut croire en soi, en sa capacité à avoir forcément quelque chose qui fait la différence quelque part...

Mais franchement Hugues, c'est dur, leurs logiques leur suffisent souvent, ils vivent avec des oeillères si étroites qu'ils ne voient que leur nombril, il leur manque beaucoup de curiosité, d'imagination, de respect de la diversité, de confiance en eux... enfin des choses qui me paraissent essentielles mais que je peux pas avoir pour eux.

Et y'a pas que les prolos qui sont dans ce cas là... y'a des enfants de bobos, maternés et couvés au point d'en perdre toute envie de bouger son boule, y'a même des cadres qui ont tous les moyens d'être dynamiques qui se confinent dans le confort, se rendant inadaptés à toute évolution au moindre changement de contexte...

Donc à la fin, je commence à devenir persuadé que les personnes comme les pays se créent une grande partie de leur destin... ce pays enfante des inadaptés, car il est ici plus facile de pleurnicher et de réclamer que de se bouger, de passer pour une victime que d'avoir une saine ambition (pour soi même et pour le monde).

Pas lu Mein Kampf. Mais il parait que le bouquin a été mis en pratique, ce qui rend difficile de ramener ça à des seules divagations.

Gemini, vous illustrez à merveille le discours d'Hugues. Ou alors j'ai mal compris, les types qui devraient se bouger le cul au lieu de pleurnicher, c'est les enfants d'immigrés (ça peut se défendre aussi...)?

@Corto :
Ca concerne tout le monde puisque le contexte de notre pays incite à pleurnicher d'abord, à éventuellement se bouger si ça ne donne rien ensuite. Mais c'est un débat interminable. Je respecte trop la diversité pour essayer de vous convaincre. ;)

Je n'en veux même pas à ceux qui ne se bougent pas le cul en fait, ils ne font que faire ce qui est le plus facile pour eux, ce qui me parait être une réaction logique.

Un truc qui date de 2009 et qui me semble quand même bien vu :

" Vous êtes en train de construire idéologiquement les musulmans comme ont été construits les Juifs dans les années 1930. C'est ça que vous êtes en train de faire, avec les mêmes épithètes : des gens qui ne sont pas vraiment de chez nous, qui nous haïssent secrètement ou publiquement, qui constituent une communauté fermée, qui refusent de s'intégrer dans l'Etat français, etc. etc. Et vous croyez que vous allez faire ça innocemment ? Eh bien vous vous trompez. Il y aura des gens pour se servir de cette pseudo construction intellectuelle. Car la situation est grave. Mais elle n'est pas grave comme vous pensez.

" Ce n'est pas l'identité française qui est menacée, elle en a vu d'autres l'identité française. Ce qui est menacé c'est le minimum de cohésion interne et populaire qui évitera que tout cela se termine un jour ou l'autre par la domination sans partage de forces sinistres. Je sais très bien, Alain Finkielkraut, que vous ne rallierez pas ces forces, mais vous serez en coresponsable. On ne peut pas introduire en politique des désignations identitaires de ce type sans que cela ait des conséquences gravissimes. Vous le savez parfaitement. Il n'y a pas de « problème immigré » en France, il n'y a pas de « problème musulman », pas plus qu'il n'y avait de « problème juif » dans les années 1930. Pourquoi utilisez-vous votre intelligence et votre talent à participer à la construction absolument fantasmatique de ce genre de « problème » à partir d'incidents qu'on peut toujours découvrir, si on ne les invente pas ? Les antisémites aussi trouvaient des « incidents », il y avait toujours un Juif qui avait dit ou fait ci ou çà.

" On ne peut pas jouer avec ce genre de chose. Le capitalisme est un système précaire, on va être dans des contextes de crise, de guerre, et la tentation du bouc émissaire va ressurgir avec force. Et quel sera le bouc émissaire dans l'Europe d'aujourd'hui ? Quel sera-t-il ? Sinon ceux qu'on appelle les musulmans, les gens du Maghreb, les Africains ? Ce sera eux. C'est inévitable, c'est gros comme une maison. Et vous serez coresponsable de cela. Je le regrette vivement pour vous, parce que cet avenir n'est pas très loin. Quand on commence à « vérifier » l'identité française, tout devient possible ".

Via : http://www.politis.fr/Un-Odieux-Amalgame-D-Alain-Badiou,14986.html

MB,
Le problème d'un commentaire qui n'est en fait qu'une citation, c'est qu'il implique que le commentateur s'en remet à quelqu'un d'autre pour exprimer son propre point de vue à l'aide d'un texte rédigé dans un autre contexte.

En l’occurrence, je refuse évidemment d'être inclus dans ce "vous", dont on découvre plus bas qu'il s'adresse à Finkielkraut et est lancé par Badiou et je ne me sens absolument pas concerné par la "construction idéologique d'un musulman sur le modèle du juif des années 30".

D'abord parce que je suis moi-même viscéralement antiraciste, ensuite parce que je pense que ce parallèle est grotesque et ignore l'histoire et les contextes, et ensuite parce même Finkielkraut ne fait pas et ne dit pas ce dont il est accusé.

Ma chronique dit simplement les choses suivantes : Breivik est un terroriste d'extrême droite dont la pensée recoupe celle d'une certaine extrême droite européenne (Le Pen compris, qui vient même de quasiment se solidariser du tueur).

L'existence de tueurs d'extrême droite ne justifie pas davantage la fin des débats que l'existence de tueurs islamistes ne justifie la fin des débats sur les religions ou l'interdiction du blasphème.

Mais l'idée selon laquelle il faut éliminer une pensée jugée perverse ou dangereuse pour les esprits simples est une idée totalitaire. La liberté d'expression ne peut pas être enfermée dans les limites du bon goût que fixeraient des gens qui, précisément, voient le monde comme une sorte de grand match de foot et se comportent comme autant de supporters.

Enfin, accuser Finkielkraut d'être l'inspirateur de Breivik est simultanément faux, dégueulasse et stupide.

Dans le commentaire de MB, il me parait évident que le "vous" mis en cause est le vous de Badiou qui s'adresse à Finkielkraut et pas celui de MB pour Hugues.

Je ne vois pas trop l'intérêt d'ergoter sur les liens entre ABB et Finkielkraut, parce que c'est évident qu'il n'y en a pas.
Par contre ce serait peut-être plus intéressant de se débattre de la validité des arguments de Badiou contre Finkielkraut.
Ou bien de se demander pourquoi parmi les individus haineux qui peuplent cette planète, certains passent soudainement à l'acte alors que la plupart se contentent de s'épancher dans des fils de commentaires internet (il est facile de le constater).

J'ai beaucoup écouté Finkielkraut sur France Culture à ses débuts. Aujourd'hui il me dégoûte. Il me semble qu'il s'est peu à peu mué en un réactionnaire puant, un imprécateur, un forcené de l'indignation dont l'emphase et les outrances l'ont ridiculisé et discrédité.
Finkielkraut est victime d'une polémique injuste ? La belle affaire. Ne t'inquiète pas pour lui, Hugues, il possède toutes les armes de la rhétorique pour se défendre. Il ne tardera pas à répliquer que ceux qui l'ont mis en cause sont les instigateurs d'une shoah rampante, d'une nuit de cristal à bas bruit ou d'un Munich des idées. Ou quelque chose comme ça.

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