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vendredi 18 mars 2011

Commentaires

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La sagesse de Manitou parle par ta bouche de libéral de gauche, mon bon Hugues (Ugh!), mais comme par hasard elle oublie de mentionner quelques aspects du problème: service public, monopole, concurrence libre et non faussée en matière énergétique, avec son lot d'économies de bouts de chandelle sous prétexte de nous éviter de nous éclairer à la bougie. Je ne crois pas qu'il soit tout à fait indifférent de rappeler que si une centrale nucléaire est gérée par des gens qui veulent avant tout faire des sous, ça ne produira probablement pas exactement les mêmes résultats que si c'est confié à des gens qui recherchent avant tout le bien public.

Je ne sais pas si les libéraux de gauche approuveront cette idée, mais pour ma part je trouverais assez satisfaisant pour l'esprit qu'on envoie à Fukushima, en qualité de liquidateurs héroïques, l'intégralité des actionnaires de la Tepco.

Entièrement d'accord avec toi Hugues... je me suis frité cette semaine avec des collègues du "camp du bien", et malgré que je les ai secoué pour qu'ils comprennent que la réalité est plus complexe que leurs bons sentiments (à grands renforts d'exmeples historiques), et quele monde dont ils revaient étaient en fait une tyrannie, ils sont restés persuadés que les bons sentiments suffiraient :)

@Poil de Lama :
Tu n'as jamais remarqué l'impact de catastrophes sur le cours des actions des sociétés ?
http://www.marketwatch.com/investing/stock/9501?countrycode=jp&link=MW_story_quote

@Poil de Lama : c'est une bonne idée à condition d'y inclure les actionnaires de la centrale de Tchernobyl. Solidarité oblige.
A la lumière de ce post, on pourrait élaborer une typologie politique des catastrophes. Un fait divers sordide est une aubaine pour la droite. Une catastrophe écologique est une aubaine pour la gauche (au moins pour sa composante écologiste, car le PS reste en faveur de l'énergie nucléaire). Par aubaine, j'entends une opportunité exceptionnelle de mobiliser l'opinion sur leur thèmes, de propager leurs opinions (plutôt que des idées) et à terme de recueillir des suffrages.

@Monsieur Prudhomme : j'y ai pensé en mangeant ce midi, aux 'actionnaires' de Tchernobyl. :)

"Sortir du nucléaire à l’heure où le pétrole vient à manquer et se négocie au prix du champagne, où les énergies de substitution dites renouvelables doivent encore faire leurs preuves, c’est aussi un risque."

Ne pas oublier non plus le coût humain de l'exploitation pétrolière, c'est à dire en terme de guerre civiles et autres dictatures qu'illustrent parfaitement actuellement sur nos écran Bahreïn et la Lybie... Mes deux centimes sur ce point: http://ideesmobiles.over-blog.com/article-fukushima-la-lybie-et-bahrein-69570746.html

Juste par curiosité, Pdl, comment on sait que untel veut avant tout faire des sous mais que untel autre est surtout motivé par le bien public?

Lib,
Fastoche : quand c'est pour le bien public, c'est Tchernobyl, quand c'est pour les profits, c'est Fukushima.

Tiens justement, à propos de la panne : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE72H0FW20110318?sp=true

C'est ce que les sociologues appellent avoir le sens du placement.

Excellent billet. Un peu de calme ne ferait pas de mal... Il est évident qu'un débat aussi lourdement technique ne peut être tranché en commençant par un référendum oui/non. On pourrait envisager de faire un référendum à l'issue du débat, mais les choix seraient plus compliqués qu'un oui/non:

- Si on décide de continuer dans le nucléaire, on peut se demander combien on est prêt à payer en plus pour améliorer la sécurité. Avec l'EPR on paye beaucoup plus; est-ce nécessaire ? est-ce suffisant?

- Si on décide d'arrêter, il faut se demander à quelle échéance, à quel coût, et par quoi on peut le remplacer. Sachant que "yaka faire des économies d'énergie" ne permettra pas de remplacer 80% de notre électricité.

Ah, et puis, Poli de Lama, est-ce qu'on pourrait pour une fois essayer d'éviter de ramener tout à l'opposition service public / profiteurs privés ? La question de la sécurité se pose pareil, quelle que soit la structure capitalistique ou étatique de l'opérateur énergétique...

Le nucléaire "fission" repose sur une énergie fossile...son cycle de vie est par définition limité dans le temps.
Prévoir aujourd'hui, à l'issue d'un débat, une stratégie de sortie sur 30 ans, 40 ans, 50 ans, l'expliquer et la faire approuver par le peuple, c'est à dire les citoyens, les électeurs, me semble un vrai enjeu démocratique, à la hauteur des défis de nos sociétés. Le débat, comme le référendum éventuel sont des outils disponibles dans ce cadre...

Pour une fois, je vais être en partie d'accord avec Poil de lama
pas sur sa deuxième remarque (de toutes manières la catastrophe va coûter des dizaines de milliards à Teco) mais sur la première

Les grandes organisations ont généralement développé dans les années 50 ou 60 ce qu'on appelle des logiques métiers, les cadres raisonnant et prenant leurs décisions selon des critères propres à leur métier, donc technique avant tout.
C'était particulièrement vrai dans des boîtes comme EDF ou la SNCF, dans lesquelles leur marges de manoeuvre mangériales et organisationnelles étant faibles, ils se "réfugiaient" dans la technique
Ils ont donc été très attentifs à tout ce qui contribuait techniquement à la sécurité (en se méfiant par contre souvent du facteur humain, mais sans aller dans la toute confiance dans les automatismes)
A partir des années 80, la concurrence a fait gagner ceux qui étaient capable d'avoir des modes de fonctionnement plus transverses et de choisir des compromis entre technique, demande client et rentabilité
C'est une des raisons du bien fondé des privatisations, l'autre étant le besoin d'avoir des processus de décision pas trop lents!
Mais il est bon qu'une entreprise possédant des centrales nucléaires privilégie la sécurité plutôt que le client ou la rentabilité
C'est pour cela que l'État doit rester majoritaire dans EDF et que je vois d'un mauvais œil la demande de Bruxelles que EDF cède au moins un quart de son parc à la concurrence

Mais on a compris qu'il ne s'agit pas ici d'attachement au bien public mais de logique métier

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