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mercredi 22 octobre 2008

Commentaires

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Il faut leur pardonner. Ils sont un peu à cran en cette période trouble, où même lorsqu'il s'agit de pauvreté, le mot recession reste tabou.

Cet article là n'allait pas dans le sens inverse, un peu ?
http://www.com-vat.com/commvat/2008/09/crisis-what-cri.html

Comprends rien.

Pikipoki,
Un peu, mais pas tant que ça. Je passe mon temps à m'agacer du défaitisme et du pessimisme qui font de nous un pays éternellement déprimé. Mais je ne m'agacerais pas s'il ne me semblait pas que 1) nous ne sommes absolument pas dans une situation désespérée 2) nous avons tout à fait le potentiel de faire mieux.

L'étude de l'OCDE confirme que nous ne sommes pas le terrible enfer ultranéolibéral que d'aucuns dénoncent. Elle rappelle aussi qu'en termes de revenus, ben nous sommes juste... moyens.

Peu d'inégalité et de pauvreté dans un pays plus prospère, c'est ça l'idée (du moins à mon avis).

Mais comment voulez-vous faire passer la moindre information qui ne soit pas dramatique et espérer la vendre ? On sait bien que depuis une trentaine d'années,la pauvreté a nettement diminué dans le monde (hors Afrique, hélas), mais on s'arrange toujours pour ne pas le publier, ou pour sélectionner une période accidentelle. Que le FMI prévoie la *possibilité* d'un accroissement de 20 millions de chômeurs, et voici tous ses contempteurs qui le louent pour sa clairvoyance !

Le site MonSondage en parlait :
http://www.mon-sondage.com/Sondage/749/75-des-pays-de-l-ocde-ont-vu-le-fosse-riches-pauvres-se-creuser-en-20-ans.html

Bien vu !

Etant expatrié, je reçois le point de vue étranger, ce qui peut amener à des surprises. Comme ce commentaire entendu ce matin à la radio: "les inégalités ont fortement progressé dans notre pays... d'autres ont fait beaucoup mieux, par exemple la France..."

Je me suis demandé si je ne rêvais pas ;-)

une messe de requiem est célébrée à la cathédrale Notre-Dame de Paris en hommage à Soeur Emmanuelle et pensez-vous qu'on s'intéressera à sa parole ou son action ? Bien plus intéressant de commenter l'arrivée de toutes ces personnalités politiques (je ne sais pas comment font les journalistes et les invités, j'éprouve beaucoup de gêne de les voir se faire couper la parole parce que Bernadette Chirac, parce qu'André Santini, parce que Laurent Fabius...)
alors, vous pensez, Hugues, vos chiffres si peu spectaculaires et tellement pas "sexy".

Merci de l'info.
Je vais répandre la Bonne Parole alentour (et celle de Soeur Emmanuelle, par là-même occasion).
Ca met tout le monde d'accord ! Je suis scotché, j'y croyais plus !
Mais où est passé Antoine Block ?
Ya du grain à moudre ici !

Les hôpitaux "ignorent" les plaintes contre leurs services et ne les recensent que si elle vont au pénal, la police cultive la politique de chiffre pour escamoter les réalités. Les statistiques du chômage ignorent 7 catégories sur 8 de chômeurs...
Vous me dîtes que vous n’êtes pas au courrant de la valeur très relative des statistiques ? En vivant à la CAPITALE ?

Si tous les français étaient au SMIC, l'indice de Gini serait à 0...

Que faut-il en conclure ?


Qu'il n'est pas certain que la baisse des inegalités soient si positifs que ça.

Cela peut aussi signifier que la France a raté le train de la croissance(je ne pense pas mais bon...).

En tout cas cela demande reflexion.

Etant d'un naturel pessimiste,je ne sais pas s'il s'agit vraiment d'une bonne nouvelle.
Peut-être est-ce qu'il y a tout simplement moins de riches en France ?
Donc un effort plus grand de la classe moyenne.
Si en plus la redistribution est mal faite (et j'en suis persuadé), personne n'est content; d'où le sentiment de malaise général.

En gros j'ai surtout l'impression que la France est pétrifiée dans un status quo social, où si la différence riches-pauvres est moins importante qu'ailleurs, c'est que les riches s'enrichissent moins et que les "classes moyennes" ne peuvent pas devenir "riche".
Je pense qu'effectivement, le train de la croissance est parti sans nous.

Nom de sort !
Ya pas moyen.
Quand l'écart est important c'est qu'on est pourris-ultralibéralisés jusqu'à la moëlle.
Si C'est le contraire c'est qu'on est cuits ou alors que les chiffres sont machin-truqués.
La marge de manoeuvre est étroite...
Quant au train de la croissance... je vais noyer mon chagrin dans le champagne du pauvre à vingt euros la bouteille, tiens...

Très bel aréopage de gens crédibles (en apparence), hier sur Arte, au sujet de la crise monétaire... et unanimité a dire que les inégalités sont 5 fois plus importantes aujourd'hui qu‘n 1950.

La statistique est la première des sciences inexactes disait Edmond Goncourt, hé oui, la première raison d'être des statistiques, c'est de vous donner raison !

Brégancenot,
Quel champagne ?

Pour le pauvre, une bonne blanquette de Limoux ou un bon crémant d'Alsace est souvent meilleur.
Pour le bourgeois, bien sur, c'est prohibé, (pas assez classieux).

Certaines marques non médiatisées, sont bien meilleures que les noms grand public.

Mais là comme ailleurs... c'est souvent l'étiquette que l'on boit !

A ce propos, j'ai une adresse tip-top en Champagne, 14 E et des bricoles la bouteille port compris (habituellement servi en classe affaire sur Air France...).
http://www.lapassionduvin.com/phorum/read.php?11,172296
Bieri Person. Maison sérieuse.

Tout aussi sérieusement aussi, on vivait moins bien dans les années 50. Ca ne soutient pas la comparaison. Il y avait moins de besoin, c'est une affaire entendue.

... dans le jugements de divorce actuels, les frais de portable sont incompressibles, ça n'était pas le cas avant, et d'ailleurs on divorçait moins (ce qui ne constitue pas forcément un point positif...)

Pour revenir à la conversation,
je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi ces belles années d'après-guerre, où l'on n'avait pas l'eau courante, où les chambres étaient chauffées à l'alcool à brûler, où les automobiles (symbôles décadent de la liberté)étaient rares, les routes pourries, les vacances rares, voire inexistantes, les guerres coloniales, où l'instabilité politique régnait, où la guerre froide battait son plein, où l'espérance de vie méritait son nom, enfin tout ce que mes parents qui portaient dentiers à 30 ans ont connu...
oui, pourquoi ces années là étaient meilleures que celles que nous vivons aujourd'hui ?
Si vous pouvez développer je vous en serai reconnaissant.
ainsi que le jeunes personnes qui fréquentent ce blog, car je reconnais volontiers que mes rappels historiques sont un peu provinciaux et peu représentatifs sans doute...

Tant il est vrai que de nos jours la Province qui veut aller au spectacle, monte à Paris. Les galas Barret avec Micheline Dax et Jacques Balutin, on ne la fait plus aux bouseux.

il faut faire attention avec la notion d'inégalité de revenu. Si on divise tous les revenus par deux, les inégalités sont diminuées de moitié. Si on multiplie les revenus par deux, les inégalités sont doublées. Que préferiez vous, voir votre salaire divisé par deux, ou multiplié par deux ?
Si vous répondez "multiplié" vous etes un salaud qui veut l'accroissement des inégalités !

Cet exemple simple, montre que commenter la hausse ou la baisse des inégalités n'a aucune pertinence, une hausse de l'inégalité est souvent une hausse de la richesse surtout profitable au plus modestes.
C'est pour ça que la plus grand partie de votre article est idiote, seule compte la comparaison des revenus par tranche d'un pays à l'autre, comme vous l'avez ébauché ce qui sauve un peu cet article.
Quant au passage sur les USA, je crains que là aussi vous vous fourvoyez, un "pauvre" américain est souvent plus riche qu'un "pauvre" français, les indicateurs sur lesquels vous vous basez sont inadaptés.

Idem pour le nombre de personne en dessous du seuil de pauvreté, si on multiplie tous les revenus par deux, le nombre de personne en dessous du seuil ne change pas, pourtant tout le monde admettra que la pauvreté diminue dans ce cas.

je propose qu'on renomme le "seuil de pauvreté" en seuil de connerie, il mesure plus en effet la connerie de ceux qui l'interprètent comme mesurant la pauvreté

Pour "commentaires libres" :

Il faut faire attention avec les inégalités de revenus, en effet :

"Si on divise tous les revenus par deux, les inégalités sont diminuées de moitié."

ENTIEREMENT FAUX !

Pour Ozenfant :
je recopie le commentaire que j'ai posté au même article sur Rue89 pour qu'il connaisse un peu mieux l'intérieur de la statistique publique, lui qui ne connait que l'utilisation des statistiques par des gens malveillants qui ne sont pas statisticiens de métier et de déontologie.

Je précise d'abord que je travaille à l’Insee, et que j’ai participé au calcul des statistiques sur les revenus et sur la pauvreté en termes de revenus (il y a d’autres types de pauvretés dont celle qui consiste à ne pas trouver de logement).

Je suis militant socialiste, j’ai toujours voté à gauche et suis favorable à une forte redistribution, pour prévenir les accusations sur mes orientations politiques.

Je voulais d’abord soutenir le courage de l’auteur de l’article, que je ne connais pas et dont je ne veux pas connaitre les idées, mais dont je soutiens la démarche pour deux raisons :

- il est vrai qu’il est très dur aujourd’hui pour un journaliste ou un chercheur de lutter contre la « pensée unique politiquement correcte » qui est d’une toute autre nature que celle des années 90 mais qui désormais ne laisse plus aucune marge de manoeuvre pour le travail de réflexion et d’explication ;

- l’auteur soutient la statistique contre tous ceux qui l’attaquent et qui l’ont démolie, et qui, au nom de la « théorie du complot » et de la « lutte contre les manipulations », se sont rendus vulnérables à toutes les manipulations.

Ensuite je voulais apporter des précisions :

1. le travail de l’OCDE consiste à agréger les statistiques des différents pays (et donc à travailler à l’harmonisation des concepts et des méthodes entre les pays, ce qui est fait de manière assez souple au niveau international, et de manière plus fine au niveau européen), à les étudier et à les commenter : en ce qui concerne la France, les statistiques décrites proviennent donc de l’Insee.

2. la conception, la production et évidemment l’interprétation des statistiques sont un travail délicat, et il est vrai que la statistique est bien souvent utilisée par les uns et les autres comme un « art du mensonge »,

mais je peux certifier, pour travailler à l’Insee et dans plusieurs services statistiques depuis une quinzaine d’années, que les statistiques de l’Insee sont établies de manière totalement indépendante et ne sont JAMAIS manipulées, y compris pour les plus sensibles. Il y a eu des pressions, oui, mais l’Insee a gagné au cours du temps l’affirmation de son indépendance.

D’autre part, personne mieux que nous à l’Insee n’est plus concerné et ne connait mieux les imperfections de nos instruments. Les statisticiens de l’Insee sont des gens très portés sur l’autocritique et l’autoflagellation, ce qui nous a d’ailleurs coûté beaucoup par le passé car ce sens de l’autocritique est mal compris à l’extérieur où ça n’est guère pratiqué et où on préfère affirmer qu’on sait tout mieux que les autres, n’étant pas bien conscient des limites de telle ou telle méthode d’observation ou bien étant très affirmatif pour plus de force de conviction (ce sens de l’autocritique de l’Insee a notamment été une catastrophe quand il s’est agi de la polémique sur l’enquête Emploi il y a un an, où il n’y a eu aucune manipulation mais simplement autocensure … que personne n’a comprise à l’extérieur).

Par ailleurs personne n’est plus rigoureux, ne dispose de plus de données, de concepts et méthodes optimisées, que l’Insee.

Bien des choses ne sont pas comprises de notre travail, notamment le fait que :

1. notre travail doit permettre des comparaisons internationales, et donc d’une part il faut nous conformer à des normes internationales, d’autre part notre travail de base s’intéresse à des faits objectifs et non au ressenti des gens qui est un phénomène profondément culturel. Si la définition du chômage au sens du bureau international du travail ne vous convient pas, vous pouvez le dire mais l’Insee est obligé de le produire car c’est la seule reconnue au plan international

2. la macroéconomie n’intéresse pas les gens, trop globale, trop « économique », et pourtant elle est nécessaire : c’est le premier travail de l’Insee, calculer le taux de croissance … et l’indice des prix représente aussi un indicateur macroéconomique d’inflation purement monétaire : dire comme le dit l’indice des prix, que quand les capacités d’un ordinateur décuplent sans que le prix à l’achat change, l’indice des prix réel a baissé, c’est une nécessité macroéconomique de le dire pour pouvoir affirmer que l’amélioration des caractéristiques de l’ordinateur est une vraie « croissance économique » REELLE pour le consommateur … or, qui contesterait que ces améliorations technologiques représentent une réelle croissance économique et une amélioration pour les consommateurs ? L’Insee ne conteste pas que, si l’achat d’un ordinateur devient une « norme » sociale, le « coût de la vie » (i.e de la vie considérée comme « normale ») n’a pas baissé, bien au contraire, avec l’amélioration des ordinateurs, MAIS l’Insee dit aussi que cette amélioration des ordinateurs est une croissance REELLE et non pas simplement monétaire. Nier ça serait nier le concept même de croissance et démolir toute la macroéconomie. Plus que ça : ce serait nier l’idée même de progrès.

3. la macroéconomie est nécessaire mais n’est pas suffisante, oui, une statistique n’est jamais aussi fine, oui, l’Insee essaie donc de produire des choses plus fines. Mais d’abord c’est difficile, contrairement à ce que beaucoup de gens croient. Et ensuite même quand on le fait, les journalistes et le grand public ne se focalisent que sur les grands indicateurs (taux de chômage, indice des prix) sans prêter d’intérêt aux chiffres plus fins, dont personne ne parle !! Or, si ces indicateurs sont intéressants macroéconomiquement, ils n’ont jamais eu pour ambition de résumer à eux seuls toute la réalité. L’Insee produit bien d’autres chiffres plus fins, dont personne ne parle … et même il est évident qu’on n’en produit pas assez pour permettre de comprendre tout ce que les gens voudraient comprendre !!

Enfin, je voudrais dire qu’en attaquant en permanence les statistiques publiques au nom de la très populaire « théorie du complot », les citoyens ont aujourd’hui détruit tout l’outil de la statistique publique.

Car une statistique qui n’a plus de crédibilité, est une statistique dont on ne parle plus dans les journaux, dont on ne s’intéresse plus aux résultats, et dont on ne tire plus aucun enseignement.

Au mieux, aujourd’hui, on parle de chiffres de plein de sources, n’importe quel institut ou ministre (cf Luc Chatel allant faire ses courses) peut s’improviser statisticien et les journaux disent « les prix, le chômage sont de tant selon untel »

… et la source Insee en est une parmi d’autres, malgré tout le travail et la rigueur qu’on y a mis
… et malgré toute notre indépendance (garantie par tous nos agents, et notre total désintérêt économique, contrairement à ceux qui se proclament indépendants comme l’UFC-Que choisir !).

Ca c’est au mieux : au pire je vois de plus en plus souvent la source Insee citée tout à la fin en une ligne, quand toutes les autres sont commentés en long, en large et en travers par les « communicants » de ces organismes qui ont des intérêts.

En bref : à force de dire que « tout se vaut », à force de ne plus croire en rien, les citoyens ont démoli la statistique publique.

Je ne suis pas ici en train de me plaindre de délocalisation … ça n’est qu’un épiphénomène qui est la conséquence de tout ce qui s’est passé avant.

Mais je veux seulement dire qu’en ayant démoli cet outil, vous vous êtes rendus vulnérables à toutes les manipulations. Politiques mais pas seulement.

Indépendamment du fait que je travaille à l’Insee, en tant que citoyen (simplement un peu plus informé de par ma position), je considère que c’est un drame pour la démocratie et pour tous les citoyens.

Arrêtez d’accuser Sarkozy ou untel : tout le monde est responsable de cette évolution de la société.
Les journalistes ont une forte responsabilité, et c’est pourquoi je salue ici le courage de l’auteur.

Mais il faut voir à quelle pression ils sont soumis de la part de la « pensée unique » de leurs lecteurs !!
Contrairement à nous qui travaillons dans le public à l’Insee, il en va de leur survie économique de se conformer à cette « pensée unique ».

Nous sommes tous responsables. C’est comme ça. Je constate, mais je soutiens le rare journaliste quand il a du courage !

Pour "commentaires libres" :

Il faut faire attention avec les inégalités de revenus, en effet :

"Si on divise tous les revenus par deux, les inégalités sont diminuées de moitié."

ENTIEREMENT FAUX !

Pour Ozenfant :
je recopie le commentaire que j'ai posté au même article sur Rue89 pour qu'il connaisse un peu mieux l'intérieur de la statistique publique, lui qui ne connait que l'utilisation des statistiques par des gens malveillants qui ne sont pas statisticiens de métier et de déontologie.

Je précise d'abord que je travaille à l’Insee, et que j’ai participé au calcul des statistiques sur les revenus et sur la pauvreté en termes de revenus (il y a d’autres types de pauvretés dont celle qui consiste à ne pas trouver de logement).

Je suis militant socialiste, j’ai toujours voté à gauche et suis favorable à une forte redistribution, pour prévenir les accusations sur mes orientations politiques.

Je voulais d’abord soutenir le courage de l’auteur de l’article, que je ne connais pas et dont je ne veux pas connaitre les idées, mais dont je soutiens la démarche pour deux raisons :

- il est vrai qu’il est très dur aujourd’hui pour un journaliste ou un chercheur de lutter contre la « pensée unique politiquement correcte » qui est d’une toute autre nature que celle des années 90 mais qui désormais ne laisse plus aucune marge de manoeuvre pour le travail de réflexion et d’explication ;

- l’auteur soutient la statistique contre tous ceux qui l’attaquent et qui l’ont démolie, et qui, au nom de la « théorie du complot » et de la « lutte contre les manipulations », se sont rendus vulnérables à toutes les manipulations.

Ensuite je voulais apporter des précisions :

1. le travail de l’OCDE consiste à agréger les statistiques des différents pays (et donc à travailler à l’harmonisation des concepts et des méthodes entre les pays, ce qui est fait de manière assez souple au niveau international, et de manière plus fine au niveau européen), à les étudier et à les commenter : en ce qui concerne la France, les statistiques décrites proviennent donc de l’Insee.

2. la conception, la production et évidemment l’interprétation des statistiques sont un travail délicat, et il est vrai que la statistique est bien souvent utilisée par les uns et les autres comme un « art du mensonge »,

mais je peux certifier, pour travailler à l’Insee et dans plusieurs services statistiques depuis une quinzaine d’années, que les statistiques de l’Insee sont établies de manière totalement indépendante et ne sont JAMAIS manipulées, y compris pour les plus sensibles. Il y a eu des pressions, oui, mais l’Insee a gagné au cours du temps l’affirmation de son indépendance.

D’autre part, personne mieux que nous à l’Insee n’est plus concerné et ne connait mieux les imperfections de nos instruments. Les statisticiens de l’Insee sont des gens très portés sur l’autocritique et l’autoflagellation, ce qui nous a d’ailleurs coûté beaucoup par le passé car ce sens de l’autocritique est mal compris à l’extérieur où ça n’est guère pratiqué et où on préfère affirmer qu’on sait tout mieux que les autres, n’étant pas bien conscient des limites de telle ou telle méthode d’observation ou bien étant très affirmatif pour plus de force de conviction (ce sens de l’autocritique de l’Insee a notamment été une catastrophe quand il s’est agi de la polémique sur l’enquête Emploi il y a un an, où il n’y a eu aucune manipulation mais simplement autocensure … que personne n’a comprise à l’extérieur).

Par ailleurs personne n’est plus rigoureux, ne dispose de plus de données, de concepts et méthodes optimisées, que l’Insee.

Bien des choses ne sont pas comprises de notre travail, notamment le fait que :

1. notre travail doit permettre des comparaisons internationales, et donc d’une part il faut nous conformer à des normes internationales, d’autre part notre travail de base s’intéresse à des faits objectifs et non au ressenti des gens qui est un phénomène profondément culturel. Si la définition du chômage au sens du bureau international du travail ne vous convient pas, vous pouvez le dire mais l’Insee est obligé de le produire car c’est la seule reconnue au plan international

2. la macroéconomie n’intéresse pas les gens, trop globale, trop « économique », et pourtant elle est nécessaire : c’est le premier travail de l’Insee, calculer le taux de croissance … et l’indice des prix représente aussi un indicateur macroéconomique d’inflation purement monétaire : dire comme le dit l’indice des prix, que quand les capacités d’un ordinateur décuplent sans que le prix à l’achat change, l’indice des prix réel a baissé, c’est une nécessité macroéconomique de le dire pour pouvoir affirmer que l’amélioration des caractéristiques de l’ordinateur est une vraie « croissance économique » REELLE pour le consommateur … or, qui contesterait que ces améliorations technologiques représentent une réelle croissance économique et une amélioration pour les consommateurs ? L’Insee ne conteste pas que, si l’achat d’un ordinateur devient une « norme » sociale, le « coût de la vie » (i.e de la vie considérée comme « normale ») n’a pas baissé, bien au contraire, avec l’amélioration des ordinateurs, MAIS l’Insee dit aussi que cette amélioration des ordinateurs est une croissance REELLE et non pas simplement monétaire. Nier ça serait nier le concept même de croissance et démolir toute la macroéconomie. Plus que ça : ce serait nier l’idée même de progrès.

3. la macroéconomie est nécessaire mais n’est pas suffisante, oui, une statistique n’est jamais aussi fine, oui, l’Insee essaie donc de produire des choses plus fines. Mais d’abord c’est difficile, contrairement à ce que beaucoup de gens croient. Et ensuite même quand on le fait, les journalistes et le grand public ne se focalisent que sur les grands indicateurs (taux de chômage, indice des prix) sans prêter d’intérêt aux chiffres plus fins, dont personne ne parle !! Or, si ces indicateurs sont intéressants macroéconomiquement, ils n’ont jamais eu pour ambition de résumer à eux seuls toute la réalité. L’Insee produit bien d’autres chiffres plus fins, dont personne ne parle … et même il est évident qu’on n’en produit pas assez pour permettre de comprendre tout ce que les gens voudraient comprendre !!

Enfin, je voudrais dire qu’en attaquant en permanence les statistiques publiques au nom de la très populaire « théorie du complot », les citoyens ont aujourd’hui détruit tout l’outil de la statistique publique.

Car une statistique qui n’a plus de crédibilité, est une statistique dont on ne parle plus dans les journaux, dont on ne s’intéresse plus aux résultats, et dont on ne tire plus aucun enseignement.

Au mieux, aujourd’hui, on parle de chiffres de plein de sources, n’importe quel institut ou ministre (cf Luc Chatel allant faire ses courses) peut s’improviser statisticien et les journaux disent « les prix, le chômage sont de tant selon untel »

… et la source Insee en est une parmi d’autres, malgré tout le travail et la rigueur qu’on y a mis
… et malgré toute notre indépendance (garantie par tous nos agents, et notre total désintérêt économique, contrairement à ceux qui se proclament indépendants comme l’UFC-Que choisir !).

Ca c’est au mieux : au pire je vois de plus en plus souvent la source Insee citée tout à la fin en une ligne, quand toutes les autres sont commentés en long, en large et en travers par les « communicants » de ces organismes qui ont des intérêts.

En bref : à force de dire que « tout se vaut », à force de ne plus croire en rien, les citoyens ont démoli la statistique publique.

Je ne suis pas ici en train de me plaindre de délocalisation … ça n’est qu’un épiphénomène qui est la conséquence de tout ce qui s’est passé avant.

Mais je veux seulement dire qu’en ayant démoli cet outil, vous vous êtes rendus vulnérables à toutes les manipulations. Politiques mais pas seulement.

Indépendamment du fait que je travaille à l’Insee, en tant que citoyen (simplement un peu plus informé de par ma position), je considère que c’est un drame pour la démocratie et pour tous les citoyens.

Arrêtez d’accuser Sarkozy ou untel : tout le monde est responsable de cette évolution de la société.
Les journalistes ont une forte responsabilité, et c’est pourquoi je salue ici le courage de l’auteur.

Mais il faut voir à quelle pression ils sont soumis de la part de la « pensée unique » de leurs lecteurs !!
Contrairement à nous qui travaillons dans le public à l’Insee, il en va de leur survie économique de se conformer à cette « pensée unique ».

Nous sommes tous responsables. C’est comme ça. Je constate, mais je soutiens le rare journaliste quand il a du courage !

Pour "commentaires libres" :

"Idem pour le nombre de personne en dessous du seuil de pauvreté, si on multiplie tous les revenus par deux, le nombre de personne en dessous du seuil ne change pas, pourtant tout le monde admettra que la pauvreté diminue dans ce cas."

ENTIEREMENT VRAI !

"je propose qu'on renomme le "seuil de pauvreté" en seuil de connerie, il mesure plus en effet la connerie de ceux qui l'interprètent comme mesurant la pauvreté"

JE VOUS PROPOSE QUELQUE CHOSE DE PLUS OBJECTIF ET MOINS DESTRUCTEUR :

ce que vous appelez "seuil de pauvreté", appelez-le "seuil de pauvreté relative",

et intéressez-vous par ailleurs au "seuil de pauvreté absolue".

Et expliquez-leur les différences.

Comme ça, vous aurez instruit vos lecteurs au lieu de les injurier.

Bon.
C'est pas le tout, mais on est plus riches ou plus pauvres ?
Ca m'angoisse d'osciller entre la joie républicaine et le désespoir consensuel, moi.
La bouteille de Champagne est-elle à moitié-pleine ou à moitié-vide ?

""Si on divise tous les revenus par deux, les inégalités sont diminuées de moitié."

ENTIEREMENT FAUX !"

Ben non, c'est pas "entièrement" faux.
Proportionnellement, rien ne change, mais en valeur absolue la différence est elle aussi diminuée de moitié.
Donc tout dépend du prix du pain : s'il diminue de moitié aussi, rien ne change, s'il ne diminue pas, dur dur pour les plus pauvres....

Si A gagne 1 000 € par mois et B 2000 €, cela fait une inégalité salariale de 1000 € par mois en faveur de B.

En divisant par deux, A ne gagne plus que 500, B 1 000. L'inégalité est passé à 500 € par mois, donc diminuée de moitié. Est ce que la situation est préférable pour autant ?
Évidemment non.

La mouche du coche.
Je ne comprends rien à vos stats (depuis l'Abbé Pierre qui compait environ 6 millions de pauvres dans la France d'en-bas et mes stats perso qui à ma grande surprise m'y incorporaient ! T'as-vu, maman ? On est pauvres !)
Puisqu'on est tous anonymes ici, pouvez-vous plus simplement parler concret.
Combien gagnez-vous et pourquoi (fonction, grade, avancement)?
A part les stats nationales et extra-galactiques connaissez-vous des pauvres parmi les vôtres ?
Si oui, pouvez-vous en parler, en toute connaissance de cause (et sans les nommer ni donner leur numéro de téléphone à M. Ozenfant qui n'embauche que les types qui ont les naseaux annelés) ?
Avez-vous été pauvres vous-mêmes ?
Combien de temps et pourquoi ?
L'êtes-vous toujours ? Etc, etc...
Du concret, que diable !

Pour Before (17:45) et Commentaires Libres (17:46) :

Dans ma carrière, je n'ai JAMAIS vu personne calculer une inégalité en montant absolu en euros.
Je n'ai vu que des inégalités en %, voire en Gini ou autre indicateur compliqué, dont la valeur ne change pas si vous multipliez ou divisez tout par deux.

Ceci dit, pourquoi pas ? et la remarque de Before est tout à fait pertinente.
Mais en tout cas ça n'a rien à voir avec la publication de l'OCDE qui s'appuie sur des ratios d'inégalité classiques.

Pour "commentaires libres" (15:11) :

"Idem pour le nombre de personne en dessous du seuil de pauvreté, si on multiplie tous les revenus par deux, le nombre de personne en dessous du seuil ne change pas, pourtant tout le monde admettra que la pauvreté diminue dans ce cas."

ENTIEREMENT VRAI !

"je propose qu'on renomme le "seuil de pauvreté" en seuil de connerie, il mesure plus en effet la connerie de ceux qui l'interprètent comme mesurant la pauvreté"

JE VOUS PROPOSE QUELQUE CHOSE DE PLUS OBJECTIF ET MOINS DESTRUCTEUR :

ce que vous appelez "seuil de pauvreté", appelez-le "seuil de pauvreté relative",

et intéressez-vous par ailleurs au "seuil de pauvreté absolue" comme vous le faites.

Et expliquez les différences à vos lecteurs.

Comme ça, vous aurez instruit vos lecteurs au lieu de les injurier.

@Duong,
Je comprend très bien, camarade socialiste, ton avis d'employé à l'INSEE et je le respecte.

Tout dans la vie est une question de goûts, de pulsions et donc de choix philosophie personnelle.

On peut être Platonicien croyant ou être septique rationaliste.

J'ai mille raisons, de par les nombreuses responsabilités que j'ai exercées, de ne plus faire confiance à aucun mensonge officiel. Car dans la vie du monde réel du travail, des nombreuses décisions à prendre, dépendent la survie ou la faillite... le chômage où non des personnes employées.

La perte de confiance des citoyens dans les instituts de sondages et les institutions est un fait alors que la presse unanime les soutient aveuglément qu’elle soit de droite comme de gauche.

Alors, comme je pense que le peuple est pétri de bon sens, il me semble que la raison la plus plausible de ce manque de confiance est que le peuple à découvert que les statistiques sont manipulées dans le sens de l’intérêt du gouvernement…
D’ailleurs, il me souvient d’un grève assez récente de chercheur de l’INSEE manifestant contre ces manipulations, ou bien ?

Ozenfant :

une Italienne m'a dit récemment que "les Français n'ont pas l'esprit critique" : c'est-à-dire qu'ils ne croient en rien, mais ne vont jamais au fond, au précis du problème.

Même quand on t'explique clairement, précisément les problèmes, ta réponse est toute trouvée :
"tout est affaire de goût, je suis sceptique rationaliste, j'ai 1000 raisons de ne plus croire à aucun chiffre officiel, qui ne peut être qu'un mensonge".

Moi j'appelle pas ça un "sceptique rationaliste", moi j'appelle ça un "nihiliste".

Ensuite tu enchaines sur "c'est ton avis et je le respecte" ... bref tout se vaut et on peut dire n'importe quoi ...

Bref, je rejoins complètement mon Italienne dans son commentaire sur le soi-disant "esprit critique" des Français qui n'est en fait pas un "esprit critique" (quelqu'un a dit que c'était un esprit "de la critique" ; on pourrait dire aussi que c'est gaulois bien plutôt que cartésien, ou encore anarchiste bien plutôt que socialiste)

Je vais te raconter autre chose, ça t'aidera à la fois à mieux connaitre l'Insee et aussi à savoir ce qu'est un vrai esprit critique, qui essaie de bien comprendre les choses et de déceler les problèmes, qui par nature sont complexes ... et le bon sens (dont le peuple serait pétri par nature -ça doit d'ailleurs être pour ça qu'il a élu Sarkozy) n'a jamais aidé à comprendre des problèmes complexes.

L'affaire du report de la publication des chiffres de l'enquête Emploi que tu évoques avec les tracts (il n'y a pas eu de grève) diffusés par des personnels de l'Insee est la meilleure illustration qu'on puisse faire de ce processus d'autoflagellation typique de l'Insee, et de la manière dont il est perçu à l'extérieur.

Ce qui s'est passé est à la fois très simple, dramatique et extrêmement illustratif, aujourd'hui on sait ce qui s'est passé, et les syndicats eux-mêmes, mais ils ne l'ont pas su tout de suite et ont donc eu des suspicions légitimes.

Ce qui s'est passé, c'est qu'à l'intérieur de l'Insee même, on n'a pas cru à nos chiffres quand on les a comparés aux stats de l'ANPE et qu'on a constaté les différences.
Quand je dis "on" c'est le directeur des stats démographiques et sociales (un type que je connais, très honnête, mais aussi qui cumule tous les défauts de rigueur excessive et de mauvaise communication des statisticiens), mais aussi une partie du personnel : il faut savoir que l'Insee a restructuré fondamentalement pas mal de ses outils récemment (exemple : le recensement en continu). C'est un vrai progrès (exemple : l'enquête Emploi est devenue trimstrielle plutôt qu'annuelle) mais beaucoup de gens ont le sentiment en interne que ça a été fait trop vite et qu'on n'a pas pris assez de précautions par rapport à ce qui se faisait dans le passé. A l'Insee, on est très (trop) rigoureux ! De plus, c'est toujours normal que quand une enquête d'une forme nouvelle débute(avec notamment des interrogations par téléphone pour l'enquête Emploi), on ait des doutes avant d'avoir suffisamment de recul.

Bref, il y avait pas mal de doutes sur ce sujet en interne ... et l'Insee a fait l'erreur tragique : il a choisi de s'autocensurer, c'est-à-dire de reporter la publication des chiffres ... en partie aussi pour ne pas risquer de faire sensation en campagne électorale avec des chiffres erronés, c'est évident !

Erreur tragique, car quand on s'autoflagelle, les coups qu'on reçoit de l'extérieur sont encore bien plus forts !

Après coup, l'enquête approfondie a révélé que les problèmes qu'on avait localisés sur l'enquête ne modifiaient le chiffre du taux de chômage que de ... 0,1 point, soit presque rien !

Alors que les nouvelles procédures de l'ANPE avaient abouti à des biais bien plus forts qui faisaient apparaitre une baisse du chômage bien plus forte que la réalité qui était (bien, on le sait aujourd'hui) estimée par l'Insee !!

Et évidemment, le ministère du travail, ne s'est pas précipité pour s'autoflageller, contrairement à l'Insee !

Résultat : qui a fauté pour les gens ?
L'Insee !
Qui a repoussé la publication de ses chiffres ... évidemment pour des raisons politiques de manipulation pour le quidam moyen ?
L'Insee !

Les tracts d'autoflagellation des syndicats de l'Insee, qui voulaient qu'on explique bien tout, ont évidemment encore grossi le problème pour faire bonne mesure !
Ce qui pour nous est normal en tant qu'autocritique et rigueur interne a été perçu à l'extérieur comme une "protestation contre une manipulation".

En fait, on n'a jamais dit clairement la seule chose qui aurait pu être comprise par le grand public : ce qui était faux, c'étaient les stats produites à partir des chiffres de l'ANPE !

Le grand public ne comprend que ça :
"ANPE=méchant"
"Insee=gentil"

Alors nos subtilités ...

Le résultat de votre nihilisme va donc être le suivant :

- dans la société de la communication, ceux qui auront des intérêts à défendre et qui se doteront donc des moyens de communication les plus appropriés, sauront très bien faire valoir leurs statistiques. Elles seront critiquées certes mais pas plus que les statistiques publiques ... et elles seront mieux mises en valeur.

- les statistiques publiques qui ne défendent aucun intérêt sont aussi très peu douées en communication et seront moins mises en valeur que les autres ; de plus, les stats publiques étant très critiquées (notamment par les politiques, car qu'est-ce qui est plus efficace démagogiquement que d'attaquer les institutions officielles ? Sarkozy l'a fait, mais aussi Royal en proposant un "jury de citoyens" pour l'indice des prix), les dirigeants politiques, qui n'ont jamais aimé ces statistiques publiques car elles ne rentrent pas dans leur plan de communication, ont les coudées franches pour diminuer l'efficacité de ces services ... d'où par exemple notre délocalisation à Metz.

Au final, grâce à votre nihilisme, ce sont les hommes politiques et les organismes privés, les plus experts en communication, qui peuvent le plus diffuser "leurs chiffres",
tandis que la statistique publique se meurt.

Par ce nihilisme censé vous défendre, vous vous êtes rendus bien plus vulnérables à toutes manipulations.

Oh, c'est chouette !
En fait, tout va bien, alors. La voilà donc, la fameuse exception française !

Mon cher Duong,

Je ne prétend pas avoir raison, car je suis au courrant (comme tous les chercheurs, scientifiques et philosophes matérialiste où des lumières) que la pensée ne commence qu'avec le doute.
Au plan intellectuel je suis donc d'accord avec toi.
Si j'étais Hugues Serraf, je serais donc entièrement d'accord avec toi.

Mais voilà je ne suis pas situé sur votre point de vue (celui de la belle colline), mais sur un autre point de vue (celui du coeur de l'usine).
Alors, au lieu d'écouter les grands économistes qui disaient en février que l'économie était saine :
J'ai vendu tout ce que j'avais en bourse pour acheter un appart et aujourd'hui je touche un loyer, certes moins élevé que le rapport de ces actions en Février, mais infiniment plus élevé que ce qu'elles rapporteraient en ce moment.

Tu appelles cela du nihilisme ?
Moi j'appelle cela une foi modérée dans l'honnêteté et la compétence de l'intelligentsia économico-politico-médiatique.
Mais je reconnais que, sur le papier, tu as raison.
Sans rancune !

Au fait, il me reste encore un plan de retraite, que dois-je faire ? Faire confiance aux banques, ou être nihiliste ?


Ozenfant :

une grande partie des "grands économistes" annoncent depuis des années ce qui se passe en ce moment.

Lis Patrick Artus entre autres.

J'ai lu d'autres articles sur ton blog et je vois l'attitude que tu as en permanence : tu as pris un parti-pris simpliste et démagogique que tu ressors en permanence.

C'est de ce simplisme que l'Insee est mort : un rejet global de "l'intelligentsia économico-politico-médiatique" où on a été démolis, dans le tas.

Pendant que tu te fais plaisir avec tes articles, il y a des gens que je connais qui bossent pour essayer de comprendre et d'avancer.

Dommage qu'on préfère les détruire.

En tout cas, tu prouves encore une fois ce que je disais :

quand on pense a priori que toutes les voix se valent ("c'est ton avis et je le respecte"), vrais économistes et économistes de banque,

ceux dont on entend la voix, ce sont les économistes de banque, qui ont des intérêts dans l'affaire.

Pourquoi ?
Parce qu'ils se débrouillent pour avoir un bon accès aux médias.

C'est pas compliqué :
qui entend-on le plus pour l'immobilier ? La FNAIM.
pour les finances des collectivités locales ? Dexia (ex-Crédit Local).
pour l'emploi intérimaire ? Manpower.
pour l'indice des prix ? UFC-Que Choisir (c'ets un peu différent mais bon s'ils ne créent pas la polémique, ils ne vendront pas leur journal)

Toi vu de loin tu vas accuser l'"intelligentsia économico-politico-médiatique".

Mais ce qui se passe, c'est que :

- les gens comme toi accusent la statistique et l'économie dans son ensemble (cf article récent de Libération : "faut-il pendre les économistes ?" réponse unanime des commentateurs : oui ... tu vois à quel point tu es anti-conformiste)
- du coup qu'est-ce qui est démoli ? les statisticiens et économistes qui n'ont pas d'intérêt à faire valoir statisticiens publics et économistes d'université)
- du coup "tout se vaut" donc les médias prennent tout ce qui passe
- et que demande un journaliste ? hé bien qu'on lui donne clé en mains du grain à moudre ... ce que les statisticiens et économistes de banque et autres qui ont des intérêts leur donnent bien volontiers sous la forme qu'il veut. Les journalistes ont avant tout une activité économique : ils cherchent à produire au moindre coût (et avec le moins de travail pour eux) ce que les gens attendent.

Ton commentaire illustre donc très bien ce que j'ai voulu montrer : merci.

Duong,
Je ne m'autorise pas à porter des jugements de valeur sur toi, ou sur tes propos, c’est tellement facile.

Je ne comprend pas ton agressivité.
Quiconque à travaillé dans la recherche scientifique a pu découvrir que rien n’est plus difficile que d’arriver à la simplicité. Pourquoi dire simplisme ?
Je ne conteste pas que deux ou trois économistes aient senti le vent venir : c’était du simple bon-sens que de sentir le vent venir, c’est-ce que tu reproches à mon blog ?
Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et 95% des profs d’économie et experts de salon médiatiques (tout comme la mère Parizot d‘ailleurs), n’ont rien vu venir, les grands économistes de Wall Street non plus.

Les grands évènements qui bouleversent la planète sont préparés en secrets par les grands de ce monde.
L’INSEE n’a pas pour mission de dévoiler la vérité, sur le mythe de l’ARGENT- DETTE qui permet au monde financier de s’enrichir sur du vent, ni sur aucune autre vérité.
Un phrase d’Henry Ford qui décrit bien ce monde réel que tu as l’air d’ignorer : "Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin."

Mais peut-être prends-tu H. Ford pour un nihiliste ?

On ne savait pas EXACTEMENT quand ça arriverait mais tout le monde savait (moi j'ai acheté un appartement en Chine, tu vois) que ça ALLAIT arriver à moyen terme.

La plupart des économistes le savaient ... et même les traders (qui ne sont pas des économistes !) le savaient (récemment dans le Monde il y a eu un article où ils ont demandé leurs réactions aux traders : tu verras qu'ils sentaient que ça allait en arriver là).

Le problème n'était pas un problème de connaissance mais un problème de système.

Le problème c'est que quand tu as des profits à réaliser ça n'est pas le moyen terme qui compte, c'est le court terme, et comme tu es patron tu vas voir très bien ce que je veux dire.

Les actionnaires et ceux qui en dépendent (les patrons de grosses boites), les traders, et même les élus jouaient leur profit ou leur sort sur le court terme,
et pour le profit de court terme, ils ont pris les bonnes décisions !

On dit que les banquiers ont mis en danger leurs sociétés ... mais ils n'ont cherché que ce que les actionnaires leur demandaient : des gains de court terme !

Et, sauf quand tu es très fort (style Buffett), le meilleur comportement pour un actionnaire ou un trader c'est d'être moutonnier.

Tant que la bulle montait, tout le monde avait intérêt à ce qu'elle monte !

Du point de vue des élus c'est pareil : Bush, Clinton, les présidents américains ce qui les intéressait c'était le bilan de leur mandat, pas le long terme !

Et de ce point de vue la politique de Greenspan, la dérégulation, la situation économique générale étaient idéales pour la dynamique de leur mandat.

Si tu ne me crois pas, lis les réactions des traders (qui ne sont pas des économistes) sur le Monde il y a quelques temps : tu verras qu'ils étaient parfaitement conscients que ça allait arriver !

Pour plein de gens, dont tu fais partie, qui est responsable ?

"Les économistes" en général et même pire : la discipline économique, qui ne savent rien (d'abord c'est quoi un économiste pour un quidam moyen ? C'est quelqu'un qu'ils voient à la télé ou dans les journaux, c'est-à-dire (au mieux) un économiste de banque).

Mais c'est une grave erreur !

C'est le système qui était en cause, où tout le monde n'était évalué (et malheureusement je crains que ça continue) que sur le court terme, et où à court terme, on a toujours intérêt que la bulle monte (surtout si on n'en subit guère les conséquences à terme, ou en tout cas bien moins que ce qu'on a accumulé avant).

D'où l'intérêt des gens qui n'ont pas d'intérêt ou de profit à gagner, c'est-à-dire des économistes ou statisticiens publics.

Pour le reste, je ne porte pas de "jugement moral" sur toi : je qualifie seulement ce que tu fais, et les conséquences auxquelles ça a abouti.

Je ne qualifie pas ta personne, que je ne connais pas, mais les actes des personnes qui font la même chose que toi, et leurs conséquences

... conséquences que j'estime dramatiques, qui me touchent particulièrement dans mon boulot, certes, mais dont j'estime aussi qu'elles sont dramatiques au-delà.
Car j'ai aussi une conscience de citoyen.

Tout est là : http://www.syti.net/
http://illuminati2012project.unblog.fr/tag/citation/

Concernant la phrase d'Henry Ford :

"Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin."

je te signale juste pour info que 75% des étudiants de mon école se sont dirigés vers la finance où ils gagnent beaucoup plus que moi.

Pourquoi je ne l'ai pas fait ? Parce que je pensais la même chose qu'Henry Ford et étais incapable d'agir contre ma conscience.

... et pour vraiment briller en société : http://illuminati2012project.unblog.fr/tag/citation/

Brégancenot : c'est ça, continue avec la théorie du complot,
c'est le meilleur moyen de ne rien comprendre à ce qui se passe !

C'est ça le simplisme, qui n'a rien à voir avec la simplicité du résultat d'une recherche, après avoir longuement travaillé et réfléchi.

erreur :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/En_Vrac.pdf

Sacré Chouard !

Eh ! Duong ! C'est de l'ironie ! Je sais bien que c'est bulshit et cie !
Mais comme Ozenfant parlait des "grands"... J'ai pas pu m'en empêcher !

Dès qu'on ^parle des "grands" je sors l'ail, les balles d'argent et le pieu !

Ok désolé Brégancenot
... ceci dit, il y a énormément de gens qui y croient ! Et c'est pourquoi j'ai réagi.

Si on voulait populariser une image simpliste de ce qui s'est passé et qui se passe encore, ça pourrait être ça :

l'économie moderne, c'est en version élargie le type qui bouffe, qui bouffe (ou qui se drogue, c'est peut-être encore plus réaliste), qui sait bien qu'il va en mourir d'un accident cardio-vasculaire un jour, mais il ne sait pas quand, et en attendant il en profite !

Et les "méchants actionnaires" ne sont pas seuls en cause :
les Américains drogués aux cartes de crédit sont pareils !

... et si j'ai bien compris monsieur Ozenfant à des apparts à revendre, ce qui n'est pas mon cas. Et comme je respecte le fric que je n'ai pas, je me retire sur la pointe des pieds et vais tacher de mettre à profit les années qui me restent, à m'enrichir en poleine bonne conscience et faire de bonnes affaires avec les crédits d'impots et toutes les déductions fiscales que notre pays (fasciste) nous consent mais que je ne maitrise apparemment pas aussi bien que certains...

Duong
Entièrement d'accord.
Pour le fun :
http://tatepupupa.unblog.fr/tag/conometre/

@Duong,

Tu dis "l'économie moderne, c'est en version élargie le type qui bouffe, qui bouffe (ou qui se drogue, c'est peut-être encore plus réaliste), qui sait bien qu'il va en mourir d'un accident cardio-vasculaire un jour, mais il ne sait pas quand, et en attendant il en profite !"

Et bien tu vois que nous sommes d'accord sur les idées simples !

@Brégancenot,
Désolé, à 35 ans, PDG en faillite et ruiné pour avoir commis l'erreur de faire confiance à mon commissaire au compte ou lieu de suivre le bon-sens, j'ai juré qu'on ne m'y reprendrais plus.
Après 10 ans à travailler dans la recherche pour des "patrons" afin de me refaire financièrement j'ai enfin pu remonter une affaire de restauration par passion de la cuisine et des vins), puis une autre plus importante.

J'ai dit désolé, parce que je n'ai pas fait exprès de gagner de l’argent : La fiscalité française est ainsi faite qu’elle force (par incitation) les patrons à prendre des bénéfice immédiats, moins taxés que le développement (salaires) de l’entreprise.
La fiscalité française nous (les patrons) chuchote à l’oreille à longueur d’année : Faites des bénéfices, surtout n’embauchez pas (c’est beaucoup plus taxé).

Donc, je me suis contenté de suivre les incitations de notre fiscalité datant des 30 glorieuses (que le PS trouve d’ailleurs excellentes).
Ruiné et sans le moindre logement personnel à 45 ans, je me retrouve aujourd’hui avec un grand appart à habiter, et trois petits à louer. Je vous jure sur la tête de mes enfants que j’en suis tout surpris moi-même.

La crise va-t-elle au moins servir à restructurer une fiscalité castratrice pour les PME ?
Je le souhaite.

Pour le fun : http://www.vimeo.com/1711304

Eh bien figurez-vous que je suis bien content pour vous !
D'autant plus qu'au passage vos gouts pour la cuisine et les vins, par empathie sns doute, ou par sympathie tout court, me vont droit au coeur, ainsi d'ailleurs que le générosité et - allez, je me lache - l'abandon sincère de vos propos. (Je me permets de vous rappeler au passage que le Champagne Bieri-Person est excellent... et que ça n'est pas une plaisanterie !)
Très sincèrement.
J'y vois plus clair et allez savoir pourquoi ça me renvoie à Blaise Cendrars.
Bon week-end !

@Brégancenot,
Merci pour le renseignement, à charge de revanche, le Billecart-Salmon était notre Champagne "servi à la coupe", j'ai appris plus tard qu'il était aussi ceux des "noceurs" du cinéma français : J. Rochefort et PH. Noiret.
Merci aussi pour votre commentaire non déshumanisé, c'est rarissîme dans la blogobulle des meta-bloggers !

Génération Chirac, génération Mitterrand, génération Aubry...
dans l'ordre ou dans le désordre...


A mon compte en libéral et par erreur depuis une quinzaine d'années, je ne me suis jamais senti aussi bien. Il est vrai que je n'ai pas la fibre entrepreneuriale, comme on dit si mal, et que les 35 heures ont achevé de me voir renoncer à une quelconque velléité d'embaûche qui eut pourtant été justifiée... mais la fiscalité française est très lourde et tout en admirant sincèrement ceux qui s'en accomodent, j'ai baissé ls bras.

La France, reste néanmoins une terre de partage et de liberté, beaucoup plus que ne l'est la plupart des pays... Pas besoin de sortir de St-Cyr pour en faire le constat. Et ce constat je le fais depuis plus de 40 ans. Constat d'une évolution certaine du niveau de vie.
Dans les années soixante nous avions les bidonvilles, les rapatriés à caser, les harkis à parquer (qui le sont toujours pour certains...), nous avions des inégalités hurlantes... dans TOUS les domaines,
et je ne dis pas que tout soit devenu parfait !
A problème, solution. J'affirme seulement qu'une vie suffit, et c'est énorme !, pour la vivre pleinement, quand hier encore les parents se "sacrifiaient" dans l'espoir de donner à leurs enfants une vie plus agréable que celle qu'ils avaient connue.
Il ne s'agit que d'évolution, de lutte, individuelle, collective.

Seulement voil. Tout ça est oublié et je connais certaines personnes qui pensent sincèrement vivre un enfer sarkoziste. Certains vont même jusqu'à croire que sans lui, le monde serait un paradis.

Je peux les comprendre, moi qui ait vécu "l'enfer" giscardien où la France comptait 2 millions de chomeurs (annoncés). Ce que je n'ai pas compris en revanche et c'est là où je veux en venir, c'est que Mitterrand ait été élu pour résoudre ce fameux chomage et que 7 années plus tard alors qu'il avait accru d'un million le nombre des chomeurs, il soit réélu en fanfare... sans que la moindre allusion eut été faite aux dégats et aux erreurs socialistes.

Qu'est-ce qu'on l'a aimé tonton !

J'en conclus que tout cela n'est que propagande, bulshit et cie.
On a bien failli élire la femme la plus ... du monde, après tout.
On se croirait revenu 30 ans en arrière, tellement la propagande gaucharde est intense.

Bah ! Demain on rase gratis.

A peine sommes-nous sortis d'une crise bancaire que les paris boursiers reprennent tous leurs droits...
Je disais récemment, je-ne-sais-plus-où, que j'aurais pu en toute honnêteté me faire un joli paquet en 15 jours, si j'avais eu les sous.
Et voilà que tous les timorés de mon acabit -grands et petits- y retournent sans complexe et se remettent consciencieusement à scier la branche sur laquelle...
Je n'ai pas de colère contre eux car je me sais mortel mais je n'ai pas votre optimisme, Ozenfant, à propos de la restructuration...
Je ne pense en aucune manière qu'il y ait manipulation globale, mais seulement conflits apparents d'intérêt... et c'est bien pour cela que je ne suis pâs optimiste à court terme.
La machine est en marche depuis des millénaires, des routes de la soie de Marco Polo au traffic d'esclaves de Tombouctou... le foutoir habituel du libre-échange et le brassage culturel qui s'ensuit... lequel n'a jamais été porté à blanc comme il l'est aujourd'hui.
Ca n'est certes pas une raison pour baisser les bras ! Loin de là ! Mais je reconnais que les facilités de communication et d'échanges n'ont jamais atteint ce point d'intensité et que c'est là, précisément que réside le problème.
Ca a commencé si l'on veut, par la première guerre mondiale, signe précurseur des temps à venir et des impasses où les débuts de la "mondialisation" conduisaient les habituels renards libres dans leurs poulaillers libres...
C'est l'évolution humaine dans toute sa logique.
Et pourtant je ne suis pas athée, ni n'accorde trop d'importance à l'Histoire, vu la courtitude de la mienne...

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