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samedi 26 mai 2007

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"Les accidentés de la vie" : pas comme le Président, comme le Pape, c'est encore mieux...

Pour avoir souvent discuté avec des clochards à Paris lorsque j'y habitais il y a encore deux ans, je rencontrais souvent ce type de personnes qui ne veulent pas d'une "vie normale". Des "clochards celestes" comme tu dis qui ont souvent déjà eu une vie normale avant et ont un jour décidé de ne plus se faire chier avec une telle vie (mais avec une autre à mon avis bcp plus compliquée).
Enfin, je rencontre moi aussi des vendeurs de "the Big issue" dans la rue à Londres, et il faut souligner que les vendeurs sont très souvent des immigrés de l'Est, Roumanie, etc. Ou Turcs.

L’exercice du micro-trottoir est périlleux et les conclusions qu’on en tire en général erronées.

D’accord, la gauche française est de mauvaise foi lorsqu’elle prétend que c’est la guerre en Irak qui justifierait son hostilité à Blair. Cette hostilité est bien antérieure, elle remonte à l’origine du gouvernement Blair en fait, à une époque où le PS faisait le choix de la gauche plurielle, ce qui visiblement n’était pas une si bonne idée.

Mais bon, il y a de la pauvreté en Grande-Bretagne, comme dans chaque pays, peut-être statistiquement moins qu’en France. On peut juger que Blair a fait mieux que les gouvernements français pour la réduire. Mais de là à déduire qu’au fond en Grande-Bretagne, grâce à Blair, il n’y aurait que des clochards ‘volontaires’ et célestes… Oui ce n’est pas ce que vous dites, il y a un bémol à la fin ("mais sans doute… n’empêche"). Dommage que ce "n’empêche" vous ai arrêté dans votre élan. Ça nous aurait épargné, par exemple, le commentaire de Jules de What’s next sur ceux qui ne veulent pas d’une vie normale ou qui sont simplement (horresco referens) des ‘immigrés de l’Est, Roumanie, etc ou Turcs’.

Une pensée bien confortable en somme.

MRK a dit :"Ça nous aurait épargné, par exemple, le commentaire de Jules de What’s next sur ceux qui ne veulent pas d’une vie normale ou qui sont simplement (horresco referens) des ‘immigrés de l’Est, Roumanie, etc ou Turcs’."

Excuse moi de parler de choses qui existent... Oui, les clochards célestes et les pauvres immigrés d'Europe de l'Est fraîchement arrivés sont deux choses qui existent. On peut également ajouter à cette liste les personnes avec des problèmes de drogue / d'alcoolisme.

Il faut se résoudre à l'idée que les pauvres dans nos pays riches ne peuvent pas être que des gens faibles - victimes - broyés par un système capitaliste implacable blablabla... C'est trop simple et trop confortable comme idée. Et trop socialistement correct.

@ Jules
Si s'en tenir uniquement à l'explication de la "faible victime broyé par le système" pour expliquer la pauvreté est effectivement trop simple, je ne vois pas en quoi cette idée serait "confortable"...

> Jules
Accuser l'autre de simplisme est toujours un excellent argument. Je ne pense pas avoir écrit que les pauvres étaient des "victimes - broyés par un système capitaliste implacable" (et encore moins "blablabla").
Je trouve simplement inquiétant de s'en tenir à l'explication de "l'anormalité", au fond pas très éloignée de la thèse soviétique de l'inadaptation sociale de certains.

Le problème est sans doute un peu plus complexe. On peut imaginer, par exemple, que même en phase de plein emploi, les magasins chics de Princes Street ne souhaiteront pas employer des hommes de plus de 50 ans ayant un passé alcoolique, ou simplement des personnes qui ne maîtriseront pas très bien le niveau de langage de leur clientèle, non?

François X,
Il n'y a pas beaucoup de catholiques en Ecosse. Le Pape n'aurait pas été une bonne référence. Sarkozy, militant de la work ethic, en revanche...

Mrk, Jules,
Les vendeurs de The Big Issue à Edimbourg étaient tous écossais. Je ne connais pas bien l'Ecosse urbaine et mieux les Highlands mais il semble que la grande cité d'immigration locale soit plutôt Glasgow, beaucoup plus peuplée et historiquement plus industrielle. Edimbourg est une ville de services et les "immigrés" travaillent plus souvent dans la finance, le commerce, la restauration que sur les chantiers ou dans les usines. D'ailleurs, les conversations de Français entendues dans l'avion de retour étaient plus celles de jeunes cadres allant passer quelques jours de vacances au pays que d'étudiants délocalisés pour un petit boulot. Mais comme dit mrk, c'est un échantillon réduit.

Ceci dit, Jules a raison de noter que la population des vendeurs de journaux de sans-abri a changé à Londres ainsi qu'à Paris, à l'inverse de ce que l'on voit à Edimbourg. A Paris, il y a bien longtemps que les journaux de sans-abri sont majoritairement vendus par des Roumains. Ce n'est pas un positionnement politique mais une constatation concrète. Mrk, je ne sais pas où tu habites mais si tu vis trop loin de la grande ville, demande à des amis...

Mais cette "carte postale" ramène également au débat sur les SDF du canal Saint-Martin à Paris. Car, au final, et même dans nos deux contextes économiques différents, il me semble que la plupart des SDF authentiques appartiennent plus à des catégories de personnes rencontrant des difficultés sans rapport direct avec l'emploi. J'en avais un peu parlé, sous un angle différent, il y a quelques mois : http://hugues.blogs.com/commvat/2006/12/les_misrables_l.html

Enfin, il ne faut pas voir autre chose qu'une impression rapide dans cette note, d'où l'idée de la "carte postale". Le jour où mon boulot sera de m'occuper de ce blog à plein temps, vous aurez de l'enquête comme je sais les faire en vrai et comme la presse quotidienne ne sait plus les faire...


J'habite Paris et je ne crois pas qu'on puisse comparer le phénomène 'Big Issue' aux journaux français vendu par les sdf dont le tirage et la vente me semblent dérisoires.

On pourrait peut-être être d'accord sur les points suivants :

1) Il faudrait éviter d'affirmer que sdf=anormal (ou que chômeur=fainéant ou propriétaire de Porsche Cayenne=lève-tôt). L'augmentation du nombre de sdf depuis une vingtaine d’année signifierait sinon une forte augmentation du nombre des malades mentaux (un effet de la pensée 68 ?)

2) Les sdf atteints de maladies mentales (il y en a évidemment) témoignent du fait que nous n’avons plus de réponses à ces questions (liens familiaux distendus, plus d’internement, coût des traitements psychiatriques, etc.). C’est sans doute le prix à payer pour notre liberté et notre confort individuels mais ce sont d’autres qui le payent, ce qui finalement n’est pas très confortable non?

Or donc, il nous faut arrêter de nous voiler la face, et admettre que parmi les gens qui se trouvent tout au bas de l'échelle sociale, on en trouve une belle proportion qui ne l'ont pas volé (bien sûr, cette façon de résumer la pensée de mon camarade Hugues est caricaturale et malintentionnée; pas la peine de me le faire observer, je suis le premier à le dire).

Il reste quand même deux objections.

Primo, l'immonde trotskiste attardé que je suis serait partisan qu'on assure un niveau de vie décent même aux fainéants ignares, roumains, drogués, sortis de prison, clochards et célestes, sous le prétexte fallacieux que ce sont des êtres humains. Ah oui, c'est de la bien-pensance, merde, j'oubliais qu'il n'y a rien de plus ringard et d'hypocrite que de faire appel aux bons sentiments. OK, foutez cet argument à la poubelle.

Mais il reste le deuxio. Le deuxio, c'est qu'on ne peut pas chanter les louanges de l'économie mondialisée sans s'interroger sur le reste de notre planète mondialisée. Et il y a sur la planète des tas de gens qui sont loin des offres d'emploi d'Edimbourg et qui n'en profitent pas. L'Afrique en est pleine, par exemple, même si elle s'emploie avec une belle constance à déverser son contenu sous forme de cadavres dans les détroits de Messine et de Gibraltar. Cela m'incite à penser que l'horreur économique n'est pas totalement une vue de l'esprit, même si elle se voit sans doute mieux au fond du ventre des poissons du détroit de Messine que dans les rues d'Edimbourg.

Mon bon camarade Hugues l'a-t-il nié? Point du tout. Je le sens même tout disposé à admettre que tout n'est pas rose, et qu'il vaut assurément mieux être écossais et bien portant que burkinabé et malade. Mais justement, à la fin des fins, la grande leçon du réalisme libéral, c'est ça: mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade. Donc, démerdons-nous pour être riches et bien portants, et regardons avec une commisération teintée de douce ironie les pauvres connards qui s'acharnent à rester pauvres et malades.

C'est une philosophie très sensée. Pas très sympa, mais assurément très sensée, et c'est bien l'essentiel. En particulier, ça permet de continuer à donner des leçons de lucidité sociale-libérale comme si de rien n'était, entre les deux gamelles électorales qu'on a si admirablement pas su éviter...

Mrk,
L'augmentation du nombre de SDF présentant des troubles mentaux dans les rues vient surtout de la disparition de lits dans les hôpitaux spécialisés sur vingt ou trente ans, lits n'ayant pas été supprimés pour des raisons économiques mais pour des raisons thérapeutiques (hôpitaux et traitements "ouverts" sur la ville, bla bla bla). Ce qui, d'une certaine manière, pourrait passer pour une illustration du discours de Sarko sur l'héritage 68. Mais ce n'est pas ce que je dis, moi.

Ce que je dis, c'est qu'il est peu probable et même peu souhaitable de construire une société "idéale" d'où seraient éliminés les gens qui ne rentrent pas, volontairement ou pas, dans le moule.

La société doit être capable d'intégrer, de gommer, autant que faire se peut, les handicaps, mais au-delà, elle ne saurait être l'arbitre du bon goût en matière de mode de vie pour ceux qui résistent à l'usinage, qu'ils soient travelers new age, clochards célestes ou "gens du voyage".

Poil de lama,
Mais tu es complètement hors sujet !

Pour appréhender la grande compléxité du phénomène, le meilleur texte que je connaisse est l'article de Laurent Mucchieli 'Clochards et Sans-abri-actualité de l'oeuvre d'Alexandre Vexliard' paru dans la 'Revue Française de Sociologie' 1998, 1 pages 105 à 138.
Le lien pour y accéder est:


http://laurent.mucchielli.free.fr/Docs/Vexliard%20et%20le%20clochard.doc

Et, bien sûr, toujours à lire : Down And Out In Paris and London de George Orwell. L'environnement sociologique a certes changé, mais la base reste.

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