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lundi 02 avril 2007

Commentaires

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Amen!

Quelle façon éclairante de poser le problème. Merci, Hugues, de poser tous les enjeux de cette histoire ubuesque avec autant de clarté.

Et encore, je n'ai pas voulu poster cet article hier parce que nous étions le 1er avril (jour de la Saint-Hugues !) et que personne ne m'aurait cru...

Pour tes lecteurs signalons qu'il s'agit de la CGT Marseille (croisement entre Jimmy Hoffa et Fernandel) au regard de laquelle la CGT nationale fait image de syndicat modéré avide de compromis.

Que dire ? Que la solution est la privatisation du Port Autonome ET celle de l'aéroport de Marseille Provence (zou!).
Que la chambre de commerce obèse qui pilote ces deux entités opère une gestion de notables, qqlfois loin des impératifs d'une entreprise moderne ouverte sur le monde.

Rien n'oblige à racheter toutes les rentes, comme le proposent Delpla et Wyplosz. Par exemple, on pourrait laisser faire l'UE pour briser les numerus clausus dans les professions de santé ou les licences de transport (ou, plus simplement, ne rien faire).

La question est donc plutôt de savoir quelles rentes de situation sont rachetables, et à quel prix. Plutôt que de chercher un juste prix, on propose un prix bas pour commencer à différents propriétaires de rente, on voit lesquels cèdent en premier, et au bout d'un certain temps, ceux qui n'auront pas accepté le rachat de leurs rentes y perdent.

On pourrait par exemple mener de front santé, éducation et presse pour commencer.

Le CA du port "autonome" de Marseille ne fait que de la figuration - c'est depuis des lustres la CGT qui dirige tout, et cela avec la même délicatesse qu'elle gérait la SNCM. C'est vrai aussi que le pouvoir de nuisance de la CGT marseillaise est incomparable, et si notre hôte n'aime pas l'expression "prendre en otage", je n'apprécie pas plus le mot "mafia" - pourtant, on a peine à ravaler ces mots qui vous viennent vite à la bouche. Bien entendu, on va encore accuser "Bruxelles", mais je rappellerai que c'est tout de même un ministre communiste (Gayssot) qui a entr'ouvert le port de Marseille au privé.
Cela étant, on a beaucoup entendu parler des grévistes ces quinze derniers jours ; vous avez entendu parler des clients ? Marseille deviendra-t-il bientôt un port sec, comme Bordeaux ?

Je ne voudrais pas que cette note soit perçue comme une nouvelle agression antisyndicale sur ce site, même si je me rends compte qu'elle sera fatalement.

Mais je pense que ce que fait la CGT à Marseille n'a absolument rien à voir avec du syndicalisme et tout à voir avec l'usage de la force et de la violence pour la préservation d'une rente. Je m'étonne même qu'il ne se trouve pas des salariés de la communauté portuaire et des leaders syndicaux moins concentrés sur le soutien aux dockers pour dénoncer la situation et les risques à moyen terme pour le port.

Marseille est devenu un port de troisième ordre, l'activité qui reste s'est déplacée hors de la ville et la menace plane même sur le complexe pétrochimique qui alimente Fos. Ne peut-on vraiment pas s'en indigner sans être perçu comme une crapule de droite faisant le jeu du terrible patronat ? Un terrible patronat, lorsqu'il s'agit d'un pétrolier américain ou d'une compagnie maritime chinoise ou danoise, qui se fout éperdument de préserver le potentiel de Marseille et ira s'installer là où les choses fonctionnent sans le moindre état d'âme.

Il y a quelques années, lorsque l'activité du port était essentiellement fondée sur des transporteurs et des industriels français ou implantés en France, même les comportements les plus contre-productifs étaient contrebalancés par la nécessité d'utiliser Marseille. Désormais, les capacités de raffinage en Europe sont trop importantes et des centres vont fermer : où seront les premiers morts selon vous ? La quasi totalité de la flotte marchande française a été consolidée en une seule compagnie privée dont les intérêts ne coïncident avec ceux du port que si ses dirigeants et actionnaires ont le sentiment que l'on peut travailler à Marseille. Est-ce que le nihilisme d'une poignée de dockers, dont le statut doit s'éteindre avec eux, prend nécessairement le pas sur la ville et son avenir ?

"Est-ce que le nihilisme d'une poignée de dockers, dont le statut doit s'éteindre avec eux, prend nécessairement le pas sur la ville et son avenir ?"

Hughes: Pourquoi ne pas laisser ladite ville et ses habitants en décider plutôt que de penser à leur place depuis Paris ?

@P

Parce que tous les salaries Francais paieront les indemnites chomages et les RMIs des futurs ex-dockers ?

P.,
Il faut habiter à Marseille et travailler comme docker pour émettre une opinion sur un sujet pareil ? Hum... Je pense que je vais continuer à me passer de votre autorisation pour donner mon avis sur ce qui me chante...


Autrement, pour ceux qui autorisent le débat, rectification à mon propre commentaire un peu plus haut : il se trouve un syndicat pour condamner la folie des dockers CGT. Mais il s'agit de la CFDT, autant dire d'un suppôt du patronat du point de vue des orthodoxes.

Et en parlant du patronat, allez lire cette interview de Jacques Saadé, le patron de la CGM, dernier armateur français. C'est édifiant : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-890677,0.html

Si ce n'était que lamentable, c'est en fait grave pour l'emploi futur de milliers de Marseillais
Evidemment, avant les élections, on en pouvait pas s'attendre à une attitude courageuse du gouvernement
On en parle moins, mais il se passe ailleurs d'autres choses du même ordre dans des services dépendant directement de l'Etat
Le corporatisme a de beaux jours devant lui

C'est vrai que la CFDT, elle, a hautement le sens de l'humour, comme elle nous l'a prouvé ces dernières années avec toutes ses petites signatures.
Sinon, M. Wyplosz est bien timide : tous ces gens-là, dockers, infirmières, salauds de profs, connards de cheminots, mafieux gaziers, il faut leur envoyer l'armée (qui elle n'est absolument pas corporatiste, puisqu'elle est de droite).

je suis née à Marseille et j'y ai toujours vécu. Le port existe encore malgré tout ce que lui a fait subir la CGT. Cette dernière grève est la plus ridicule mais on en a connu de plus longues.Il faut croire que vraiment la bonne mère aime cette malheureuse ville

Denis: cela aussi peut évoluer. Donner à l'U.E. une dimension sociale, etc...

Hughes : bien sûr, libre à n'importe qui de débattre de n'importe quel sujet : mais dès lors qu'on donne une dimension nationale à une question, cela sous-entend qu'on attend de l'état une intervention (règlementaire, policière, législative ou financière), ce qui, à mon humble avis, peut s'éviter.

Ce qui me consterne dans cette affaire, c'est le silence total sur les conditions de travail, les salaires, la retraite est tout le reste concernant les dockers.Dans ces conditions on peut toujours parler du 'service public' et de s'envoyer des grands mots à la figure. C'est assurément plus facile (et moins risqué ?). A quand une enquête sérieuse, approfondie et bien documentée ? On est en France : chacun sa clientèle et en avant comme avant....

@Manu et P., on acompris que vous êtes en désaccord avec cet article, mais avez-vous des arguments concrets à exposer sur ce cas d'espèce et sans rester dans le général : les patrons sont méchants, les grévistes ont raison. Ca m'intéresse d'entendre des arguments.

Chère Mixomatose, où avez-vous lu que j'ai écrit "les patrons sont méchants" ?
Du concret, que diable, du concret, comme vous le dites vous-même.

Manu,
Moi je me rapproche de Mixomatose (je ne pense pas que ce soit contagieux) : tu ne dis pas que les patrons sont méchants, mais soit ton commentaire ne dit absolument rien de précis, soit il est implicitement favorable à la CGT dans sa critique de la CFDT comme syndicat susceptible d'avoir vendu son âme. Donc, quel est ton sentiment concret sur ce qui s'est passé à Marseille (et la question vaut pour P., évidemment) ?

Je ne pense pas qu'il s'agisse de dockers, mais plutôt des agents du port.

Ceux qui pensent que l'on peut racheter des rentes qui se défendent ou s'accroissent aussi facilement sont de doux rêveurs. Il faut d'abord établir une position de force.

Je relis le commentateur selon qui la CGT Marseille est la pire de toutes. Vous avez remarqué comme les candidats disent n'importe quoi dès qu'ils arrivent dans le sud ? Ségo et le drapeau, Sarko et le discours de Nice, Le Pen pour qui le cancer est comparable à l'acné juvénile. Le sud...

Sinon à propos de "manu" : c'est un troll qui sévissait autrefois sur Radical Chic. Ne pas y prêter attention.

Je n'avais pas le sentiment que suggérer qu'un conflit entre salariés et employeur ne relevait pas nécessairement du gouvernement faisait de moi un bolchevique, surtout si je considère qu'après tout, le MEDEF et la CGPME eux-mêmes demandent à cor et à cris depuis bien longtemps le droit de traiter les relations entre salariés et employeurs par eux-mêmes d'une part, et d'autre part qu'il n'y a plus guère que la CGT et la CFDT pour défendre le rôle de l'état au sein du paritarisme.

Mais bon : admettons.

Peu ou prou, le trafic "perdu" "par Marseille" est allé ailleurs. Sans doute pas bien loin. Probablement quelque part en europe. Donc, quelque part, des européens comme nous sont certainement contents de leurs nouveaux clients. Qui y perd quoi ? La fierté nationale ? Disons qu'en ce qui me concerne, je m'en tamponne. La ville de Marseille ? Certainement : d'où mon idée de la laisser au moins s'exprimer. Les sacro-saintes cotisations sociales ? Je l'ai écrit : raisonner du point de vue national au sein de la zone euro est une connerie et en restera une tant que les écarts entre les législations et les coûts du travail subsisteront : et comme dans toute assemblée, ce sont toujours les plus gênés qui bougeront les premiers.

So, what ?
Quel était le problème, déjà ?

Helmut : c'était vous le troll qui sévissait en Allemagne dans les années 80-90 ?
Sinon, Hugues, que voulez-vous que je vous dise ? Vous vous saisissez d'un fait divers caricatural et nous sommez d'adopter votre point de vue. Pardonnez-moi, mais Sarkozy ne fonctionne pas autrement avec les "zémeutiers des quartiers".
Etonnez-vous alors d'attirer les pachydermes (oui, parce que Helmut le mammouth). Un peu d'humour ne nuit pas.

Manu,
Je ne me saisis pas d'un "fait divers caricatural", comme tu dis, mais j'observe un mouvement faussement "social", son impact sur une infrastructure majeure et son règlement délirant. Ce n'est pas exactement la même chose que consacrer une note à un vol de poule à Trifouilli-les-oies, il me semble.

Mais je constate que tu qualifies toi même cette histoire de "caricaturale" et j'en déduis que tu es finalement d'accord avec moi sur le fond... Je me trompe ?

Que penser de l'industriel qui de par son management met sa colossale infrastructure de production à la merci d'une poignée de grévistes ?

Si on souhaite éviter le jugement de valeur sur cet industriel pitoyable qu'est la puissance publique, laissons le jeu de la concurrence faire son oeuvre, et laissons les villes dans lesquelles la puissance publique aura été reçue pour jouer le rôle de plannificateur économique subir les conséquences de ses choix.

L'action syndicale n'agit ici que comme révélateur de l'absurdité de la stratégie industrielle suivie. Est-ce la faute du canari s'il s'agit avant de mourir alors que le grisou envahit la galerie de la mine dans laquelle on l'a fait venir ?

Hmm, discussion très intéressante.

Juste pour signaler, puisque je ne vois pas mon trackback apparaître, que j'ai rebondi sur ce billet sur mon blog.

Hugues,
je me suis sans doute mal exprimé. Lorsque je parlais de "caricature", je pensais à votre choix d'article (car, en bon journaliste, vous n'ignorez pas que tout choix est politique). Sur le fond du problème, que je reconnais avec humilité ne pas connaître à fond, contrairement à vous, je ne me prononce pas.
J'attends avec impatience votre prochain article sur Clearstream, l'évitement fiscal, ou encore les conditions de travail dans les PME.

Le livre des frères meyer est toujours à portée de main dans ma bibliothèque.....

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