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jeudi 15 mars 2007

Commentaires

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Bien que j'aime beaucoup les livres en général et les beaux livres à couverture cartonnée en particulier... si pour des raisons de marketing les éditeurs français se mettaient soudain à vendre du carton, je confesse que ça ne me ferait pas vraiment plaisir, pas même si ce n'était pas vendu plus cher. Car mon principal problème avec mes livres, c'est que je ne sais plus où les mettre...

Les livres de poche, je n'ai pas de scrupule à les entasser au grenier, sous mon lit, dans un coin du couloir, sur le bord des marches d'escalier, au fond de vieux cartons de thon Petit Navire récupérés dans l'arrière-cour de Monoprix, etc. Si mes bouquins avaient de belles couvertures cartonnées, je me sentirais au contraire obligé d'acheter une belle bibliothèque en acajou pour les protéger... et je devrais donc me ruiner à trouver un logement plus vaste car je n'ai plus aucun mur pour y apposer aucune étagère!

Ca doit être bien de n'avoir que des beaux livres. Ca doit être encore mieux d'avoir des étagères pour les ranger.

C'est Umberto Eco, je crois, qui disait qu'un livre ne serait un beau cadeau que si en sus des quelques centimètres cubes de cellulose on offrait aussi assez de temps pour le lire. Il aurait pu ajouter: et assez de place pour le ranger...

Tu es donc à point pour le livre électronique. Quelques lignes de code, ça se range n'importe où. Moi, je préfère les livres en cellulose.

Mais moi aussi, je préfère la cellulose au livre électronique. D'ailleurs j'aime aussi beaucoup mieux être riche, bien portant et pourvu de bibliothèques en acajou plutôt que pauvre, malade et obligé de stocker mes livres dans des cartons à la cave. Que ce soit bien clair: si je bouffe plus souvent des nouilles que du caviar, qui l'eût cru, c'est plus par économie que par goût.

T'as qu'à voter Ségolène.

Le livre à couverture cartonnée rigide ne coûte pas plus à produire que le livre à couverture souple, si j'en crois une étude que j'avais lue sur la discrimination tarifaire dans l'édition. La différence entre les deux est utilisée par les éditeurs américains pour faire payer plus cher ceux qui y sont disposés. Effectivement, c'est le prix unique du livre qui est en cause ici. Mais j'ajouterai un élément dont tu ne parles pas : le prix des livres a augmenté bien plus vite que l'inflation depuis 30 ans (leconomiste avait consacré un post à ce sujet). En France, on prétend aimer la littérature, mais on préfère surtout aider les éditeurs, au détriment des lecteurs.

Les livres sont bien trop chers en France, je ne comprends pas que les éditeurs souhaitent que l'on mette plus de 15 € dans des essais à la taille de caractères énorme, aux marges gigantesques sur la page et au volume encombrant (surtout dans les transports en commun), alors qu'ils devraient tout sortir directement en livre de poche (plus une édition pour les mal voyants). Résultat : je n'achète rien.

xerbias: je ne suis pas sur que les livres soient si chers que cela en France. Ils sont plus chers en Grande-Bretagne, il me semble (du moins les livres de poche le sont).

En edition de luxe, nous avons tout de meme la pleiade en France, mais c'est vrai qu'a part ca il n'y a pas grand-chose...

Alexandre,
Moi, je m'interroge sur une chose (et c'est une vraie interrogation fondée sur une observation sans a priori) : la France a préservé son réseau de librairies indépendantes, ce qui est une bonne chose puisque j'en ai, tout près de chez moi, deux excellentes.

Mais je ne sais pas si je suis gagnant, en tant que lecteur et consommateur, au-delà de la proximité et de la densité du nombre de librairies par rapport aux pays qui n'ont pas adopté le prix unique (ou qui l'ont abandonné comme les Britanniques).

L'édition britannique est beaucoup plus dynamique que l'édition française, au sens où elle publie davantage de titres qui se vendent à un plus grand nombre d'exemplaires. Elle le fait dans le cadre d'un système de distribution moins atomisé, mais au moins aussi efficace et je n'ai pas l'impression que l'offre des points de vente de chaînes se limite aux best-sellers -- loin de là.

De surcroît, l'absence de prix unique conduit à la concurrence entre réseaux, à une baisse des prix et à la multiplication d'offres promotionnelles inconnues en France (3 livres pour le prix de 2, et pas sur des rogatons dont personne ne veut).

Aux Etats-Unis, c'est un peu pareil : très grand nombre de nouveaux titres, prix faibles. Ca mérite un examen sans présupposés.


Xerbias,
Que les livres soient trop chers, c'est une évidence. Mais pour que les prix baissent, il faudrait sans doute de la concurrence entre distributeurs, les livres n'appartenant pas encore au domaine public ne pouvant pas être édités par deux maisons différentes simultanément.

D'accord aussi sur le prix ridicule de ces bouquins de journalistes rédigés en cinq minutes et publiés en corps 16 pour masquer leur réalité de simple article "stretché". Ceux-là méritent tout juste d'être édités sur papier recyclé et sur quelques pages.

Julien,
Je ne parle pas de livres "de luxe" et la Pléïade est un cas à part. Je parle de livres en première publication que le lecteur peut avoir envie de conserver. Les premières éditions "à la française", ces gros livres de poche trop chers, ne peuvent pas être classés dans cette catégorie : leur fabrication est trop cheap. Leurs équivalents britanniques dont les pages sont cousues plutôt que collées, avec leur couverture cartonnée rigide et leur surcouverture soignée, sont davantage sur ce registre. Il me semble donc plus logique de pouvoir trouver les deux offres, une offre économique type livre de poche et une offre plus sophistiquée.

En France, c'est le choix entre livre de poche cher et livre de poche un peu moins cher... Tu parles d'un choix !

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?
Lignes de code téléchargeables (lire "Guerre et Paix" sur son ordi...bonjour le glaucome), en aurez-vous une à votre tour ?
Par ailleurs (cf certains commentaires) je ne vois vraiment pas ce que le prix unique vient faire là-dedans. En pays anglo-saxon, les livres sont tout aussi chers...
En revanche, bien d'accord sur l'inanité et le nombrilisme d'une bonne partie de la production éditoriale française. Mais la fabrication n'a pas grand chose à voir là-dedans. Plutôt le copinage. La fiction britannique est (était) nettement plus tonique et ouverte sur le monde, indeed. Un prochain article peut-être, ou vous nous apprendrez que c'est grâce au dynamisme de Tony Blair ?

Manu,
Je ne parle pas de lire Guerre et paix sur son ordinateur mais sur un livre électronique de la taille d'un livre de poche et doté d'un écran dont le rendu est identique à celui d'une page imprimée.

Ces produits vont débarquer rapidement et donneront le même confort de lecture qu'un livre standard et il serait étonnant qu'ils ne deviennent pas populaires. Mais je parlais ici des livres en tant qu'objets qui, même lorsque ces supports seront courants, continueront d'exister (au moins quelques décennies). Il serait donc logique de proposer autre chose qu'un livre de poche dont la durée de vie et la qualité sont comparables à celles d'un magazine périssable.

Enfin, juste pour le fun voici des liens vers le même livre de John Irving sur Amazon US et Amazon fr en édition "hardcover" pour l'un et "brochée" pour l'autre (soit cartonné rigide dans un cas, gros livre de poche dans l'autre).

http://www.amazon.com/Until-I-Find-You-Novel/dp/1400063833/ref=pd_bbs_2/103-2028404-6063017?ie=UTF8&s=books&qid=1174039060&sr=1-2

http://www.amazon.fr/Je-te-retrouverai-John-Irving/dp/2020844966/ref=pd_ka_1/402-7075573-7900962?ie=UTF8&s=books&qid=1174040011&sr=8-1


La version américaine est à 18,45 $ (moins de 14 euros). La version française est à 22,80 €. On peut multiplier les exemples. Clairement, lorsque le prix est inférieur, c'est bien que c'est moins cher, non ?

Le livre électronique pose le même problème que tous les biens culturels diffusés sous forme numérique: comme le numérique est duplicable à l'infini pour un coût ridicule, les éditeurs ne se risquent à diffuser ce type de produits que quand ils sont truffés de mesures techniques de protection -- qui rendent l'"objet" prisonnier d'une configuration informatique particulière, et susceptible de devenir rapidement inutilisable dès que l'éditeur décidera d'en changer (ou fera faillite, ce qui arrive).

Le livre électronique, c'est génial pour la diffusion gratuite des oeuvres tombées dans le domaine public (avec une mise en forme assurée par des bénévoles, ou un financement public, ou aux frais d'un généreux mécène flanquant son logo sur toutes les pages). En revanche, pour faire marcher le commerce culturel, je doute que les mesures techniques de protection soient jugées aussi rassurantes que la bonne vieille cellulose. Je peux toujours lire mes livres de poche achetés d'occase en 1975. En revanche, le dernier roman électronique diffusé par Vivendi (R) et uniquement lisible avec Microsoft (TM) Electronic Book Reader (R) sur mon téléphone Nokia (R) sera vraisemblablement perdu dès que Vivendi changera de politique commerciale, dès que Microsoft changera de standard après avoir découvert une nouvelle vulnérabilité à un méchant virus, et dès que la batterie du téléphone sera nase... La cellulose a de l'avenir.

Cher Hugues,
clairement, lorsque le prix est inférieur, c'est que l'un est libellés en dollars (sous-évalué, par un pays doté d'une banque centrale réactive, voire intelligente), et que l'autre est libellé en euros (grotesquement surévalués, et vous remarquerez que je ne vous parle pas de la BCE, cela risquerait de nous entraîner loin).
Par ailleurs, si vous voulez jouer au petit jeu des prix, j'ai sous mes yeux un poche US : 7$99, et un poche france : moins de 6 euros (chez Amazon.fr).
Allons, allons...

Quant au livre électronique magique, je l'attends avec curiosité. Quand on voit le confort oculaire des écrans plats, même les meilleurs, on ne doute pas de son succès (auprès des ophtalmos notamment).

Juste un point de chronologie : cette exception ne date pas de l'invention du livre de poche (Allemagne : 1931 / UK : 1935 / France : début des années 50). Ainsi ce qui est devenu la collection blanche de Gallimard est depuis l'origine (avant 1914) publiée sous forme de livres brochés. Et plus loin dans le temps, les livres du XIXe siècle qu'on trouve dans les bibliothèques sont souvent d'anciens livres brochés reliés ultérieurement.

Je n'ai jamais bien compris la logique du prix unique...

Pour ce qui est du livre "objet à afficher", je pense qu'on en arrive à ça : http://tf1.lci.fr/infos/insolite/0,,3409954,00-britanniques-achetent-livres-pour-faire-joli-.html

Hugues : le réseau de librairies indépendantes qui a survécu, c'est dans des grandes villes dans lesquelles il aurait survécu de toute façon parce qu'il y a une clientèle. Attention au biais de proximité consistant à généraliser ce qu'on voit près de chez soi. Dans les petites villes, ces librairies étaient subventionnées par les achats de livres scolaires obligatoires, mais disparaissent assez rapidement.
Quant à évaluer l'intérêt de leur survie, c'est discutable. Quel service spécifique apportent-elles si elles ont besoin d'être subventionnées sur le dos des lecteurs pour survivre? Je trouve le prix élevé pour un gain très douteux. Là aussi c'est une question à envisager sans a priori.
L'édition britannique dispose d'un avantage, un pool de lecteurs plus important du fait du nombre d'anglophones dans le monde. Mais quand on voit ce genre d'appel :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],[email protected]@45-100,0.html

On se demande s'il n'y a pas avant tout un problème de fond...

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