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mardi 27 février 2007

Commentaires

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On regrettera, c'est sûr, une chose de Chirac : la justesse syntaxique de son verbiage. Sans blague, j'ai écouté les principaux prétendants à sa (probable) succession. Leur maîtrise de la langue française est, en comparaison, d'une approximation inquiétante (Le Pen excepté, mais bon, là, c'est la sémantique qui fait peur).

Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris: la généralisation des caisses sans caissières va de pair avec l'augmentation du nombre de caissières? C'est bien ça?

C'est donc dans le but d'augmenter leurs coûts de fonctionnement que les supermarchés ajoutent des caisses automatiques à côté des caissières que par ailleurs ils multiplient?

J'ai juste une question: comment arrivent-ils à caser toutes ces caisses? Ils les empilent? Ils les disposent en quinconce? Ils construisent des annexes en banlieue?

'tain, chuis vraiment pas doué pour comprendre l'économie, moi...

Français aisé, occasionnellement touriste en Angleterre, je proteste contre le "indéniablement" supérieur du service des caisses de supermarchés britanniques.

J'ai en effet constaté la pléthore de personnel disponible dans ce pays. Maintenant, faire la queue plus longtemps en France qu'en Grande-Bretagne ne m'empêche pas de disposer exactement de vingt-quatre heures par jour dans un pays comme dans l'autre. Alors le passer à faire la queue au supermarché ou à autre chose... Il y a des clients à qui faire la queue est totalement indifférent (dont je) et qui ne trouvent donc pas le service offert par les chaînes britanniques "supérieur".

Sur les caisses automatiques, même si elles sont bien limitées dans mon super marché (seulement pour les paniers de moins de 10 articles), j'ai toujours un petit arrière goût de culpabilité qd je les emprunte. Il n'empêche que je les utilise car le gain de temps est indéniable, et que bon, on arrête pas le progrès ! :D

Habitant a Londres - au sud, Herne Hill SE24 pour etre exact - Je ne vois pas de generalisation de caisse automatique, que ce soit sainsbury local, Marc and Spencer ou Tesco. La qualite du service depend du super marche. Marc & Spencer est fantastique de la nourriture de tres bonne qualite. Sainsbury local est ouvert tard et generalement pas de queue - exepte a 6heures du soir-. par contre Morisson c'est loin d'etre un super service .... et sommerfield et le pire. - sans compter iceland ... -

Enfin c'est Londres je ne sais pas pour Oxford.

"Qui est gagnant ?"

Pas les caisses de l'Etat.

Moins de charges salariales, c'est moins de redistribution et plus de prestations individuelles, à financer sur son salaire.

Mais il est sans doute trop compliqué d'expliquer que les "charges" sont un salaire indirect mutualisé.

D'ailleurs, le SMIC est déjà à 1500 €, toutes "charges" incluses. C'est sans doute pourquoi la candidate du PS, redistributrice patentée, propose de transférer du salaire indirect ("charges") en salaire direct ("salaire").

Si l'idée est de combler le déficit créé par les baisses de charge avec de la consommation (et donc perception de taxes), le schéma de financement des aides sociales diverses ("charges") n'en sera qu'un peu plus complexe.

Mais pourquoi écrire tout cela quand tout le monde voudrait "gagner plus", même s'il faut pour cela "travailler plus", même si au final cela implique de consacrer un part plus élevée de ses revenus à cotiser à des caisses privées de santé et de retraite et donc pas à augmenter son "pouvoir d'achat" ?

Richard,
Ce n’est pas faux. Mais pas au point de regretter Chirac.

Poil de lama,
Non, la mise en place des caisses automatiques ne va pas forcément de pair avec la suppression des postes de travail. Les caisses automatiques sont un service « en plus », pas le remplacement de ce qui existe.

Et les supermarchés britanniques ne les ajoutent pas à leur palette dans le but d’augmenter leurs coûts mais bien dans celui d’améliorer le service aux clients — dans une atmosphère très compétitive et dans un pays dont l’état d’apesanteur économique depuis dix ans est largement adossé à la hausse de la consommation.

D’une manière générale, les supermarchés d’ici sont plus haut de gamme que les nôtres. L’environnement est plus soigné, les allées sont plus larges, les services offerts plus sophistiqués (remplissage des sacs, presse…), les produits plus variés (gammes bio très étendue…). Ils sont aussi plus chers, mais la cherté est une notion relative, pas absolue. Le revenu disponible local étant plus élevé qu’en France, le pouvoir d’achat est au moins le même — sinon plus élevé.

On remarque d’ailleurs une plus grande réactivité — sans doute hypocrite mais, hey, pourquoi pas ? — aux sujets de société. Toutes les chaînes font leurs campagnes « commerce équitable », sur des gammes étonnamment larges.

Enfin, sur le nombre de caisses, elles sont effectivement (parfois) disposées de manière différente : dans les supermarchés urbains (pas les grands hypers de banlieue), elles peuvent ne pas avoir de tapis roulants. Les clients peuvent également attendre sur une queue unique pour toutes les caisses, d’où des flux plus rapides. Dans les banques ou à la Poste, il nous a fallu des années pour comprendre que ce système d'origine US était plus efficace que les queues multiples. On peut donc imaginer le voir s’imposer à Monoprix ou Franprix dans les dix ans qui viennent (avec un peu de chance).

Anatole,
Tu as constaté « pléthore de personnel » et tu ne t’es pas demandé si c’était mieux ? Il me semble que davantage de jobs, même d’entrée dans la vie active, c’est mieux que pas de job du tout (je sais, ce n’est pas un point de vue universel mais c’est le mien). Il me semble aussi qu’un magasin qui a moins de personnel pour effectuer les mêmes tâches demande forcément plus à ses salariés, lesquels n’ont pas vraiment la tête à rendre service aux clients, ni même à être poli avec eux.

Ceci dit, je ferais la remarque suivante, également née d’une autre observation. Dans un certain nombre d’endroits, et notamment dans les coffee houses qui ont envahi Oxford ces dernières années, les employés ne sont pas toujours à la hauteur et faire un expresso est parfois au-delà de leur seuil de compétence. Mon analyse : en France, les coffee shops emploient des bac + 5 déclassés. En Grande-Bretagne, pays de plein emploi et même de pénurie dans le sud, tout le monde a sa chance, même le plus empoté. Encore une fois, où vaut-il mieux être empoté ?

Aiua,
Est-ce que tu culpabilises aussi lorsque tu prends le train plutôt qu’une diligence ?

Arnaud R.,
Oxford et Londres sont des villes très différentes, évidemment. Et le manager d’un établissement doit avoir un impact sur l’atmosphère du magasin, mais je ne crois pas trahir mon pays en disant que le service est généralement de meilleure qualité en GB qu’en France, que les vendeurs sont plus courtois et disponibles.

Yr,
Est-ce si simple ? Moins de charges versées par personne employée, Ok... Mais plus de personnes employées à cotiser ; moins de dépenses de gestion du chômage ; plus de consommation de la part des non-chômeurs ; plus de TVA qui rentre dans les caisses ; plus d’impôt sur le revenu.

Je ne sais si tout le monde voudrait « gagner plus » dans le seul but de consommer davantage de téléphones portables, de PC, etc., mais je sais que « tout le monde » aspire à être soigné convenablement, être éduqué dans de bonnes conditions, vieillir de manière civilisée. Et pour assumer tout ça, oui, il faut de l’argent. Et pour en gagner, il faut travailler.

Mes impressions lors de mes sejours a Londres etaient les meme.

Mais aussi qu'il y a une differenciation dans la qualite entre les magasins comme le souligne Arnaud. A mon sens cela tient au fait que M&S par exemple tient a son image haut de gamme qui lui permet de vendre plus cher et recrute donc de meilleurs employes payes plus cher.

Cette situation (que l'on retrouve aussi aux EU) est liee assez directement a un presque plein emploi, a la fluidite du marche du travail qui met les employeurs en concurrence pour les moins empotes et a des consommateurs qui sont prets a payer le service, l'atmosphere et la qualite.

Perseverare diabolicum, mon cher Hugues... Le jour où tu seras parvenu à me convandre (et après tout, tu y parviendras peut-être!) qu'il vaut mieux un emploi précaire et sous-payé que pas d'emploi du tout, ben je voterai pour les gens qui ont toujours préconisé cette façon de voir l'économie, et pas pour cette dangereuse gauchiste irréaliste de Ségolène... A ce moment-là, je pense que Bayrou aussi sera trop à gauche pour moi!

Tu fais toujours la campagne de Ségolène? Parce que franchement, ce n'est pas flagrant après des couplets pareils...

"Et pour assumer tout ça, oui, il faut de l’argent. Et pour en gagner, il faut travailler."

Donc, pour vous, pour accéder à la santé, à l'éducation, à la sécurité des biens et des personnes, à la justice, etc, il faut pouvoir se le payer sur ses propres deniers durement gagnés par le travail ?

Effectivement, dans ce cas, supprimons toute "charge" sociale, et tout l'Etat avec...

Ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent en France, et je connais assez peu de gens partisans de privatiser les services publics de santé, d'éducation, de justice, de police, d'armée, de chômage, etc.

Après, on peut se poser la question de savoi rs'il faut que ces services soient financés presque uniquement par des prélèvements sur le travail. D'autres financements sont certainement possibles. Mais de là à tomber dans l'excès inverse et supprimer toute redistribution !

@YR

Police, armee et justice ne sont pas de la redistribution. Education probablement non plus.

Chomages et sante ne sont pas de la redistribution ils relevent de la mutualisation obligatoire entre salaries (on ne peut plus vraiment parler de solidarite). D'ailleurs seuls les salaries en beneficient.

Les prestations sociales (RMI, allocations logement, allocations familiales et autres choses de ce genre) sont de la redistribution et sont payees avec l'impot d'ou qu'il vienne.

"Police, armee et justice ne sont pas de la redistribution. Education probablement non plus.

Chomages et sante ne sont pas de la redistribution"

Les indemnités chômage ne constituent pas un salaire différé ?
L'école publique n'est pas pour une part une forme de redistribution de ceux qui pourraient s'éduquer "en famille" vers ceux qui n'ont pas la possibilité d'avoir accès à une éducation citoyenne ?
La police et la justice ne sont pas pour une part une forme de redistribution des moyens de ceux qui peuvent se payer des gardes du corps et des avocats vers ceux qui n'ont que la force publique et les commis d'office pour les assister ?

Techniquement, je concède une différence entre impôts et prélèvements.

En pratique, il s'agit bien du même souci de financer collectivement les services publics "à chacun selon ses moyens".

(Note 1 : les revenus de l'Etat sont presque tous fondés sur la capacité des gens à dépenser (TVA) et sur leur niveau de revenus (ISR, ISF, "charges" dont CSG...), c'est à dire pour la majorité des gens, sur leur salaire)

Baisser les "charges" participe à limiter les moyens de redistribuer. Si cela n'est pas compensé par d'autres rentrées (impôts ou prélèvements sur autre chose que les salaires), cela signifie bien qu'il y a moins de moyens, et donc plus de services à payer avec son salaire direct. L'effet sur le pouvoir d'achat est difficile à apprécier.

(Note 2 : je raisonne à périmètre constant.On pourrait également raisonner en termes d'augmentation d'efficacité et de productivité des services publics : plus pour moins cher. Le candidat UMP s'y essaye)

Bien sûr, rien n'est simple, et l'effet d'une augmentation du salaire direct sur les ressources de l'Etat est difficile à quantifier. Moins de prélèvements directs, mais plus de taxes et d'impôts. Les seconds compensent-ils les premiers ? Je ne sais pas. Mais le bénéfice n'est pas si évident, ni pour chaque salarié, ni pour la collectivité.

Mais on peut aussi être partisan de devoir payer sur ses deniers de salarié une nounou puis un précepteur pour les enfants, des gardes du corps, des assurances chômage, maladie, invalidité en quantité suffisante, sans oublier de mettre de côté pour ses vieux jours, etc.

Dans ce cas, le salaire direct devra être vraiment plus élevé, ou alors les salaires de tous ces auxiliaires beaucoup plus faible...

Police, justice, armee mais aussi diplomatie ne sont pas de la distribution. Ce sont les attributs d'un etat. Sans eux, pas d'etat et meme les penseurs du liberalisme traditionnel ne remettent pas en cause ces prerogatives (Hayek y ajoute meme par exemple la construction des routes).

La CSG et la RDS sont des instruments de redistribution.

L'assurance chomage n'est que marginalement de la redistribution car elle ouvre des droits qui sont en grande partie proportionnes aux contributions (ce qui n'est pas le cas du RMI). Idem pour la retraite.

Ce n'est pas le mode de financement qui fait la redistribution mais bien le transfer de richesse, qu'il immediat ou differe, d'un plus riche vers un plus pauvre.

"Baisser les "charges" participe à limiter les moyens de redistribuer. Si cela n'est pas compensé par d'autres rentrées (impôts ou prélèvements sur autre chose que les salaires), cela signifie bien qu'il y a moins de moyens, et donc plus de services à payer avec son salaire direct. L'effet sur le pouvoir d'achat est difficile à apprécier."

La solution ne serait-elle pas que l'ensemble du salaire soit considéré comme un charge et ponctionné par l'état qui en retour fournira les différents bons strictement contingentés, nécessaires à la survie du citoyen ?
Bon pour le pain, pour le vin, pour la viande, pour le médecin, pour le logement etc.
Cela ne vous semble-t-il pas la solution la plus juste...

Poil de lama,
Franchement, je ne vois pas où tu veux en venir avec ce choix entre « emploi précaire et sous payé » et chômage… D’abord, oui, absolument, je pense qu’il vaut mieux avoir un emploi précaire et sous payé plutôt que pas d’emploi du tout, même si le but d’une société « civilisée » est évidemment d’offrir des emplois correctement payés (la question de la « précarité » est plus complexe, à mon avis).

En fait, cet arbitrage est absurde : est-il préférable, pour un type qui souffre d’un cancer, de mourir plutôt que d’être en rémission s’il n’est pas possible d’obtenir une guérison définitive ?

Mais dans mon petit « clip », je ne parle à aucun moment d’emplois précaires et mal payés. C’est la simple mention de la Grande-Bretagne qui te suggère automatiquement l’idée d’un emploi précaire, puisque les jobs d’ici sont nécessairement « précaires et mal payés » d’après le Monde Diplo. En l’occurrence, les employés des supermarchés sont mieux payés que leurs homologues français (en valeur absolue, comme en pouvoir d’achat relatif).

Enfin, oui, je roule toujours pour Ségolène, qui pense comme moi qu’un emploi c’est mieux que pas d’emploi.


Yr,
Quand je dis que pour assumer tout ça il faut travailler, c’est choquant ? La question n’est pas d’assumer sur ses propres deniers l’équivalent exact de ce que la société vous offre : les choses ne fonctionnent pas comme ça dans une société solidaire. Mais il s’agit de contribuer à la mesure de ses moyens à la production de richesses collectives pouvant être redistribuées au moins partiellement.

Comme Poil de lama, si vous faites semblant de lire je ne sais quel double-sens dans ce que j’écris noir sur blanc, on ne risque pas d’avancer. Ainsi, où voyez vous l’idée qu’il faille supprimer toutes charges ? En ce moment même, en France, à gauche, la réflexion avance sur l’idée qu’il n’est pas raisonnable de faire peser une si grande partie de la fiscalité (à pression globale inchangée) sur le seul travail. Ne serait-il pas raisonnable de transférer sur d’autres impôts, dont l’IR, une partie des fameuses « charges sociales » au lieu de rendre le travail plus coûteux sans bénéfice direct pour des employés dont le salaire direct reste faible ?

En tout état de cause, c’est la démarche des pays scandinaves – une démarche qui m’inspire autant qu’elle inspire ma candidate.

Quant à privatiser les services publics, l’école et l’air que nous respirons, vous me préciserez où vous avez lu ça chez moi.


Don,
Ca me semble en effet une solution acceptable. Qui mieux que l’Etat est en mesure de subvenir aux besoins réels du citoyen ? Livré à lui-même, ce dernier a malheureusement tendance à dépenser à tort et à travers, à s’alimenter n’importe comment, à lire n’importe quoi. La réussite flamboyante de pays comme Cuba ou la Corée du Nord (et bientôt le Vénézuéla) est un exemple dont nous devons nous inspirer.

Vu que tu parlais d'emplois à ton sens parfaits "pour les plus empotés" (sic), j'en ai conclu qu'il ne devait pas s'agir d'emplois très rémunérés. Ici non plus, d'ailleurs, les caissières ne sont pas parmi les personnes les mieux payées, y compris quand elles sont des bac + 5 déclassées...

Mais bon, mea culpa, je corrige: je n'aurais pas dû dire "sous-payés" mais "parmi les salaires les plus bas". La nuance est d'importance, surtout chez Tony Blair où la moindre caissière dispose d'un salaire à faire saliver d'envie n'importe quel bac + 5 déclassé de chez nous, comme chacun sait. D'aillleurs nos diplômés émigrent en masse à Londres pour y occuper des postes d'éboueurs et de vendeurs de fish and chips, c'est bien connu.

Par ailleurs, la dernière fois que j'ai lu le Monde diplo, ça devait être en 1991 (une copine m'avait envoyé une photocopie par la Poste, et j'avais d'ailleurs trouvé l'article particulièrement crétin). Il faudrait que tu te rendes compte, Hugues (et le moment où tu cherches à rassembler des électeurs sous la bannière de ta championne me paraît particulièrement bien choisi pour cela), qu'il est possible de ne pas être de ton avis sans pour autant être à la botte de la IVe Internationale...

Poil de lama,
"Nos diplômés émigrent en masse à Londres pour y occuper des postes d'éboueurs et de vendeurs de fish and chips, c'est bien connu".

Mais non, justement, ils émigrent en masse à Londres pour y trouver des emplois correspondant à leurs attentes en termes de salaires et de responsabilités. C'est en France qu'ils se retrouvent à la caisse de Franprix (avec un peu de chance), empêchant justement les sans diplômé de dénicher un job n'exigeant pas de compéténces spécifiques.

Quant au Monde Diplo, c'était un exemple de nature volontairement caricaturale. Je sais bien que tu ne lis pas le Monde Diplo : a-t-on jamais entendu parler d'un électeur de Bayrou qui lirait le Monde Diplo ?

Autrement, je constate que mes autres "choses vues" n'inspirent pas beaucoup les commentateurs. Dommage. Mais je rentre samedi à Paris, juste avant de repartir quelques jours à Genève. J'essaierai de faire une lettre de Suisse provoquant davantage de réactions...

"Ne serait-il pas raisonnable de transférer sur d’autres impôts, dont l’IR, une partie des fameuses « charges sociales » au lieu de rendre le travail plus coûteux sans bénéfice direct pour des employés dont le salaire direct reste faible ?"

C'était bien le sens de mes remarques précédentes. Il faudra bien compenser les baisses de "charges" par d'autres rentrées fiscales, à périmètre constant.

Mais lesquelles ? Il ne faudra pas reprendre d'une main ce qui aura été donné de l'autre. Il faut donc transférer la taxation du travail vers une autre cible.
Le capital ? Pas simple, cela risque de faire fuir les investisseurs.
La pollution ? Difficile de taxer les pollueurs pour payer des prestations sociales.

Je n'ai pas la réponse à ma question, et aucun candidat ne s'est clairement exprimé là-dessus. On dirait que pour eux, la baisse des "charges" est une recette magique, qui va mécaniquement créer la croissance et résoudre tous les problèmes...

"Cet imitateur vient de piéger la ministre des Affaires étrangères" Euh, c'est pas grand chose mais cela s'est passé en 2005. Bremner vient juste de le révéler et Maggie affirme qu'elle ne se souvient de rien.

"Comment est-ce possible : en dépit d’un smic plus élevé que le nôtre, les coûts salariaux chargés sont inférieurs. Les supermarchés ont donc tendance à employer plus de monde, d’où un service indiscutablement supérieur (pour une productivité par employé nettement inférieure, évidemment). Qui est gagnant ?"

En termes de services, je fais mes courses à Sainsburys, je peux voir des cartons entiers degeler au milieu des allées alors que les étudiants qui travaillent pour rembourser leurs prêts universitaires glandent et se racontent leurs dernieres beuveries. Difficile de parfois trouver les prix et on passe pour un e******r lorsque l'on demande le cout d'un produit. C'est vrai que l'on attend moins à la caisse et que l'on peut faire ses courses à deux heures du mat' quand on sort du boulot.

Le système de bus est chez moi aussi très cher (Belfast) et complètement innefficace. Il est le plus souvent plus rapide de marcher.

Et votre roman, vous allez le finir un jour Hugues?

Tout ça c'est bien, mais ça, c'est vraiment drôle :

http://www.dailymotion.com/visited/search/montebourg%2Bbayrou/video/x19ggc_montebourg-et-bayrou

Pour les malentendants :

«Le programme de Jospin, c'est le programme de Bayrou en moins bien. Tu l'as lu le programme de Bayrou, moi il me plait beaucoup plus ! Je comprends que ma femme hésite entre Bayrou et Jospin. Je lui ai dit vote Jospin. Carrément à droite ! Bayrou, il est un peu centriste… C'est honteux, c'est honteux cette campagne ! J'en veux beaucoup à nos chefs.»
A.M.

Hugues, si je comprends bien on s'est raté à Londres (ou bien tu ne t'y es carrément pas arrêté?) et on va aussi se rater à Genève car j'en suis rentré hier... Si c'est aussi juste et bien envoyé que sur la Grande-Bretagne, je me réjouis de te lire!

Trés bon billet et commentaires pertinents.

J'aurais pensé que pour une social-démocrate, Londres était de l'autre coté du Styx, mais il semble que non.

Par rapport au commentaire de Don : ben, on devra bien arriver à ce jour béni où tout sera gratuit et personne ne gagnera plus rien. On pense à l'An 01 de feu Gébé - mais tout de suite à la planche hilarante de feu (aussi...) Reiser sur un peu le même sujet ("Tout à mille balles, et tout le monde gagne mille francs par jour").
Venezuela, oui, sans doute, mais je pars bientôt en Bolivie, j'en rapporterai des nouvelles...

Pour ma part, s'il y a une chose que je regrette, ce n'est pas le départ de Chirac, c'est l'absence du verbe mitterrandien. Savoir trouver les mots qu'il faut dans les grandes moments. J'ai revu dimanche soir, chez Drucker, l'oraison funèbre de Pierre Bérégovoy, prononcée par Mitterrand, la gorge nouée par l'émotion. Il trouve les mots justes pour parler du désespoir de son ex-premier ministre. Et puis il fustige ceux qui ont jetés son honneur aux "chiens". Qui étaient-ce, au fait, ces "chiens" ? Certains journalistes se sont sentis visés, à l'époque, ce qui, sémantiquement parlant, n'était pas juste. Je ne dis pas qu'il avait raison de dire ça, mais qu'il avait le droit de dire ce qu'il pensait. On a aussi entendu dernièrement Raymond Barre justifier son attitude lors de l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic. Mitterrand lui avait répondu à l'Assemblée en évoquant Anne Frank, « cette figure lumineuse, qui continuera d'éclairer notre nuit. Or, Monsieur le Premier Ministre, on asssassine ses frères. » La campagne actuelle manque encore aujourd'hui de tels tribuns. Peut-être le deviendront-ils avec le temps...

Cette histoire de caisse anglaise m'a aussi rappelé un récent séjour à new York, et cette curieuse sensation : celle de voir en Amérique ce que l'on appelait en cours d'économie, le "chomage déguisé", dans les pays de l'ex-Union Soviétique. On citait alors le cas de cette vieille dame qui passait ses journées dans un ascenseur, et qui appuyait à votre place sur le bouton. A l'aéroport JFK, aujourd'hui, une employée passe son temps à dire aux voyageurs qui débarquent en rangs serrés : « No cell phone, please ». Dans les rues de Manhattan, j'ai vu un gars posté à longueur de journée devant la sortie d'un parking, avec un drapeau rouge en main. Il arrête la circulation quand une voiture veut sortir. Dans le premier cas, on mettrait un panneau, dans l'autre un feu tricolore, le résultat serait rigoureusement le même. Tout ça pour dire que comparer la situation de chômage France-GB ou France-Etats-Unis, c'est pas simple, et, pour tout dire, même assez casse-gueule.

Tres casse gueule surtout que a JFK on aurait pas mis un panneau mais un policier parce qu'il s'agit d'une question de securite et que la personne en question interpelle directement ceux qui n'obeissent pas.

Quand au feu tricolore il impose d'intervenir a la fois sur la rue et sur la sortie du parking. Un parking public signifie que tout le monde peut se garer , mais il est en general un propriete privee. C'est donc le proprietaire qui a la charge de l'employe alors que le feu tricolore serait a la charge du contribuable. Enfin, souvent il y a seulement un signal sonore seulement a la sortie du parking, a charge pour l'automobiliste de faire attention aux pietons et au traffic, cet agiteur de drapeau est donc probablement considere comme un service au client...

C'est bien une policière qui anonne ce message à JFK (il y a de quoi se tirer une balle...), et le porteur de drapeau à la sortie du parking représente sûrement un service au client. Mais mon propos n'est pas le type d'emploi ou qui a la charge financière des postes en question. Je note simplement un paradoxe. Je comprends qu'on veuille automatiser les postes de caissière. Mais de l'autre, je suis surpris qu'une grande partie des emplois outre-Manche et outre-Atlantique soient sans aucune valeur ajoutée. Et qu'on hésite autant à les automatiser.

C'est bien le sens de mon commentaire: ils ont une valeur ajoutee. En tant que Francais nous la jugeons differement des americains. Le preuve est que dans les aeroports americains il y a aussi des panneaux.

Comme contre exemple (?), la derniere fois que je suis passe a CDG, il y avait un policier a la file des passeports qui surveillait une entree reservee au personnel. Quel est la valeur ajoutee de cela ? Moi je n'en ai vu aucune vu que, du personnel, je n'en ai pas vu beaucoup alors que la queue etait longue...

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