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jeudi 30 mars 2006

Commentaires

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Petite réflexion que j'ai postée chez Koz et que je me permets de reproduire ici, histoire de relancer le débat sur le plan stratégique (rubrique gestion de crise), après l'allocution de notre inénarrable Chirac...

Par sa solution confuse et alambiquée, cette suspension qui ne dit pas son nom, cette promulgation assortie d’une non-application en attendant des modifications, Chirac voulait sans doute à la fois sauver la face de Villepin et donner du grain à moudre aux manifestants pour mettre fin à la crise.

Résultat prévisible : il va perdre sur les deux tableaux et obtenir exactement l’inverse des effets escomptés. Tout le monde pense à juste titre que Villepin a clairement été désavoué (l’habillage n’y change rien). Et les opposants ne peuvent être satisfaits (puisque le licenciement sans motif subsiste) et vont donc poursuivre le mouvement de plus belle, avec un risque réel de radicalisation.

Chapeau, l’artiste ! Cette option me paraît tellement débile que je me demande comment les neurones réunis de Chirac, Villepin et Sarkozy ont pu accouché d’une telle ineptie. C’est proprement hallucinant !

Je vois même une troisième conséquence dans cette décision. Puisque c’est désormais Sarkozy qui prend la main et qu’il n’obtiendra rien de plus des syndicats sur cette base, la virginité qu’il avait pu jusqu’ici préserver dans cette affaire va être sérieusement entachée. Je ne parle même pas des conséquences éventuelles des possibles débordements qui placeront le ministre de l’intérieur en première ligne.

A peine Villepin carbonisé, on allume la mèche sous Sarkozy, pour parachever le suicide collectif de la droite. J’avoue que je n’arrive vraiment pas à comprendre, d’un point de vue purement stratégique (au-delà de toute opinion sur le CPE lui-même), comment des gens supposés intelligents puissent être à ce point aveugles. Je ne voudrais pas verser dans le populisme mais on peut sérieusement se poser des questions sur la compétence de nos élites et sur la manière dont elles prennent leurs décisions…

"nos échauffements périodiques sont aussi dérisoires que les crises de frustration d’un gosse de quatre ans refusant de manger ses légumes ou d’aller se coucher à l’heure du marchand de sable. Le moment n'est-il pas venu de s'en rendre compte ?"

Oui papa !

bisous ?
Et une petite fessée avant ?

Les reflexions de l'Observateur sur les stratégies politiques d'untel et d'untel sont peut-être pertinentes, je n'en sais rien, mais avons-nous vraiment la capacité de juger ce genre de truc? Les discussions psychologisantes sur la politique française sont devenues si communes maintenant que même les enfants les reprennent dans les manifs. L'autre jour, je voyais à la télé un lycéen de 15 ans à peine parler de l'autisme de Villepin. Pitié! Qu'est-ce que cela peut nous faire qu'il soit autiste, schizophrène, hystérique ou sourd? Regardons les faits et les programmes, please. Du coté des faits, nous avons quelques dizaines de milliers d'étudiants et de fonctionnaires qui utilisent la force et l'illégalité (je pense aux blocages) comme levier pour leurs revendications. Ces actions illégales seraient parait-il légitimées par la "démocratie participative". Maintenant une question aux tenants de cette légitimation: que diriez-vous si une dizaine de milliers de sympathisants d'extrême droite, après une AG surchauffée, passaient à l'action violente dans votre quartier ou votre fac?
J'imagine par exemple une AG de crânes rasés, beaucoup moins sympa que nos chers étudiants rastas, qui conspue l'innacceptable niveau d'immigration en France, et vote à 80% pour empêcher l'accès des émigrés aux bureau des Assedics.
Est-ce que là, vous trouveriez que la démocratie parlementaire et le respect de la constitution ont du bon?

Wavrill,

"Quelques dizaines de milliers d'étudiants et de fonctionnaires", vraiment ? J'avais cru entendre qu'il y avait eu lors de la dernière manifestation entre un et trois million(s) de personnes dans les rues en France. J'avais également cru lire qu'environ 70% des Français (pas seulement étudiants ou fonctionnaires) étaient contre le CPE. On m'aurait menti ?

Quant à mon "analyse politique psychologisante" comme vous dites, c'est certes celle d'un simple citoyen (qui n'a pas fait l'ENA de surcroît), mais devrais-je pour autant m'interdire de la donner sur ce blog de débat ? Je peux évidemment me tromper mais la solution alambiquée proposée par Chirac m'a tellement paru contre-productive (y compris pour les électeurs de droite) que je n'ai pu m'empêcher de le dire.

Enfin, sur le fond, les faits et les programmes, j'ai déjà eu l'occasion de souligner que cette mesure du CPE me paraissait inadaptée et inacceptable, notamment parce qu'elle ne permettra pas l'embauche des jeunes sans qualification (quel que soit le type de contrat, une entreprise n'embauchera pas quelqu'un qui ne sait rien faire) et qu'elle pénalisera les 70% de jeunes qui décrochent un CDI au plus tard trois ans après la fin de leurs études (y compris les Bac Pro et les BTS). Et cela, même les lycéens peuvent le comprendre, et ils l'ont manifestement compris.

L'observateur,
Je parlais des étudiants/fonctionnaires qui choisissent l'action violente ou illégale. Je ne pense pas qu'ils soient des millions à le faire.

Encore une fois, tu m'en débouches une ! Confondre barbarie et violence n'est pas digne de toi. Faire semblant que l'on vit dans un monde sans violence est le comble pour quelqu'un qui a connu le chômage, et connais aujourd'hui encore les vapeurs d'une dame en mal d'extinxteur ! Sans vouloir t'offenser, ne fais tu pas violence à certaines idées reçues, sans toutefois beurrer de la barbarie sur la tartine de tes mots ? Par ailleurs, méconnaître que la lutte qui, du front populaire à De Gaulle, a permis à nos pères de créer la sécurité sociale, l'assurance chômage, la retraite, comme l'eau et le gaz à tous les étages, me laisse un peu perplexe. Alors, comme ça, tu ne seras pas le Hugo de la Commune, dommage! tu pouvais le devenir, si tu te faisais un peu violence à toi-même...

M. l'observateur, eh oui, on vous a menti... Et le médiateur du Monde l'a reconnu : "Cet abonné parisien rappelle que deux questions étaient posées et donnaient lieu à des réponses divergentes. "Approuvez-vous la décision de Dominique de Villepin de maintenir le CPE ?" 63 % des personnes interrogées répondaient non. "Souhaitez-vous que le CPE soit maintenu ?" Oui, en l'état actuel, répondaient 4 %. Oui, avec des aménagements, répondaient 50 %."
Voilà comment on écrit l'histoire !

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