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jeudi 22 décembre 2005

Commentaires

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Je crains malheureusement que, de la même façon que vous avez eu tort autrefois avec 99.5% de français, vous avez de nouveau tort aujourd'hui.
Grâce à nous qui sommmes des ordures et des pleutres, grâce à Bush et son équipe qui sont des connards et des incapables, il y a de fortes chances pour que la situation soit désormais franchement mauvaise. Il est bien temps pour les antiguerre d'alors de se rendre compte que les irakiens méritaient qu'on chasse leur tyran à coups de rangers; il est bien temps pour les proguerre de se rendre compte que les Bushistes n'étaient pas à la hauteur de la tâche. Il est surtout temps pour tout le monde de se demander comment, tous autant que nous sommes, nous avons pu être aussi nombrilistes, partisans et aveugles. Pour le reste, la réalité irakienne était, est, et reste, infiniment plus complexe et nuancée que ce que quelques images télévisuelles d'attentats-suicides ou de pouce bleutés après des élections.
Cela dit, voilà un billet courageux.

J'ai fait partie des français qui, sans forcément approuver les mensonges de Busch, ne pouvaient approuver les discours chiraco Villepinistes ni la curieuse alliance avec Poutine sur ce sujet. J'étais plus sensible au discours de B Kouchner , ou aux propos d'un de mes amis travaillant pour l'UNICEF et considérant l'embargo comme la plus précise des machines à ne tuer que les plus faibles.
Et j'espérais le scénario que vous décrivez, mêlant la carotte et le bâton.
Aujourd'hui, je ne peux qu'espérer dans le courage des irakiens qui souhaitent la paix et regretter les comportements des "connards et incapables " américains.
Le meilleur moyen d'appuyer les amis de la paix en IRAK serait un front uni des démocraties (sur une position qui n'est en plus pas facile à définir mais qui à priori accompagne l'autodétermination)
Ironie de l'histoire: ce qui fait la qualité d'une démocratie, c'est qu'elle autorise les divisions!

Un point positif : Les administrateurs américains sont des organisateurs hors-pairs capables de tenir proprement un scrutin dans un pays en guerre.
Le gouvernement élu gouvernera la zone verte, il sera le contenant et le contenu de sa propre autorité, c'est jouissif.

L'histoire ne se répète pas mais on peu trouver des similitudes
En 1967 :
http://hometown.aol.com.au/Nospamgilbert/img/hugh/390-1967-us_encouraged.gif

bravo pour ce billet, on est peut-etre 0.5%, mais tant pis, je continue ...
concernant le post de "all"
et sa remarque de 1967,
remarquons toutefois que la victoire du Vietcong + Nord Vietnam a finalement apporte que du bien au pays:
democratie et boat-people !!!

Le problème dans ce genre de texte est qu'il fait état d'une certaine, euh, bonne foi.

c'est-à-dire que, bien qu'ayant été défavorable à la guerre, vous prenez acte de ce que les irakiens sont allés voter en nombre et de ce que SH, l'un des pires dictateurs, comparaît devant un tribunal.

Pourquoi est-ce un problème? Parce que le simple fait de constater ces deux faits suffit, dans n'importe quelle conversation, à vous disqualifier aux yeux de votre interlocuteur, qui a, dans notre beau pays de tolérance, 80% de chances de préférer dire du mal des USA que concéder que ces derniers puissent, parfois faire des choses pas mal.

Pour ma part je suis dans la situation inverse : j'étais plutôt favorable à cette guerre en Irak, pas seulement pour des raisons d'ADM (et là je vous rejoins pour dire que les français n'ont pas fait ce qu'il y avait de mieux pour pousser SH à ouvrir son territoire à l'ONU), mais aussi et surtout parce que je me disais : '"si ça peut faire tomber un dictateur, tant mieux".

Maintenant, je suis obligée de constater que la transition vers la démocratie est très périlleuse, parce que les américains ne mettent pas autant de moyens qu'en Allemagne par exemple, et aussi parce que, peut-être parce que je suis une femme, je suis révoltée de constater que le nouveau régime met en danger leur égalité mais aussi leur dignité comme jamais depuis longtemps dans ce pays.

Ma question est, Monsieur Hughes, pourquoi etiez vous contre l'intervention militaire Americaine pour commencer? Ou doit-on admettre que les resolutions de l'ONU apres le cessez-le-feu de 1991 n'etaient que de la roupie de sansonnet (une remarque aproppriee si l'on considere le terrain d'action), juste destinees a apaiser ceux qui ne touchaient pas au bassinet du cirque "food for oil", comme par exemple, les sous-fifres du gouvernement Francais cachant la merde au chat pour leurs superieurs? C'est qu'une chasse en Sologne, faut bien la payer quand on vous prend deja plus de 60% de vos revenus en impots pour payer les primes de Noel pour les chomeurs...
Regards,

J.F. Imle Jr.

Alexandre,
Bah, quelles que soient les positions que les uns et les autres ont pu avoir avant l’intervention, il vaut mieux chercher à aller de l’avant. Je pense que tout est encore possible et que la réussite de ces processus électoraux est un encouragement. Les gens là-bas ont envie d’avancer – c’est en tout cas comme ça que je vois les choses.
Mais je remarque qu’un pays comme le nôtre, qui avait réussi à se mobiliser à ce point contre les Américains ne semble pas très concerné par les Irakiens de l’après-guerre. Où sont passées les énergies d’hier ? Pour pas mal de gens, l’opposition à la guerre était essentiellement une opposition aux Etats-Unis, l’Irak n’étant que le support du moment. C’est lamentable et flippant. Je ne rêve pas de ce moment, mais je serais curieux de connaître la réaction bien-pensante en cas d’invasion de Taïwan par la Chine et d’intervention US.


All,
Comme Tof !


Coco,
Bien sûr que la transition vers la démocratie est périlleuse. Mais moins que l’absence de démocratie. Je n’ai pas dit que tout se passerait forcément bien. Je ne sais pas comment les choses vont se passer. Ca peut aussi bien se terminer en conflagration mondiale, tant que nous y sommes. Mais je me dis que la France serait bien inspirée de donner un coup de main si elle veut être autre chose qu’une mouche du coche dans la région (ou dans le reste du monde, en fait).


J.F. Imle Jr.,
C’est marrant, j’étais complètement passé à côté de la relation entre la situation irakienne et le système fiscal français. Mais j’en prends bonne note et je vous remercie de m’avoir éclairé sur ce point. Ceci dit, je ne serai pas aussi catégorique que vous en ce qui concerne les chasses solognotes : les agents immobiliers du coin refusent d’être payés en barils de pétrole. Même Pasqua est au courant.

Bon, mais vous voulez aussi savoir pourquoi j’ai commencé par être contre l’intervention. Ok. Je vais vous le dire. C’est tout bête : j’étais contre l’intervention parce qu’il me semblait que d’autres pistes existaient encore pour faire plier Saddam, la guerre devant rester un dernier recours.

Je l’ai écrit plus haut, je ne pense pas que l’attitude française ait été à la hauteur des enjeux et je ne suis pas hostile au principe d’une intervention militaire lorsqu’elle est indispensable, comme au Koweït en 91 ou en Afghanistan après 9/11 par exemple. Mais la menace (potentielle à l’époque – inexistante aujourd’hui) n’était pas imminente et on pouvait encore attendre.

Je ne suis pas du genre à affirmer que Bush n’avait que ses intérêts pétroliers à l’esprit en allant en Irak. Dans ce cas, il faudrait d’ailleurs considérer que Chirac était tout aussi focalisé sur les contrats passés par une tripotée d’entreprises françaises avec le régime, ce qui serait con (ou stupidement réducteur). Je crois en fait que les raisons officielles des Américains (stabiliser la région, créer un précédent démocratique, dégommer un dictateur sanguinaire, supprimer le risque d’AMD…) étaient et restent crédibles, même si elles se doublaient forcément et légitimement de considérations géostratégiques et économiques complètement américano-centrées.

Mais en ce qui me concerne, en tant qu’individu dégagé de tout intérêt politique ou économique, je n’avais aucune raison d’être favorable à une intervention qui puisse se solder par la mort d’un tas de gens et j’avais toutes les raisons de préférer un règlement négocié. Clairement, et en tant que simple être humain, vous devriez avoir plus ou moins le même sentiment.

Aujourd’hui, les choses sont différentes. Les Américains sont sur place et il faut souhaiter que leur stratégie soit la bonne, pour eux, pour les Irakiens et même pour nous. C’est ce que dit ce billet et c’est pourquoi je m’agace du désintérêt manifeste de l’opinion française pour la situation au-delà des problèmes rencontrés par les troupes US, ce qui renforce l’idée que cette réaction initiale était plus anti-américaine qu’anti-guerre.

Les Américains ont indéniablement l'art du fait accompli ; maintenant qu'ils y sont allés, contre l'opinion de tout le monde, comment peut-on dénier qu'il y a quelques bonnes choses dans cette transition démocratique, entre le vote et le procès de Saddam ?

Cependant, nous étions peut-être contre la guerre pour de mauvaises raisons ; je ne pense pas que les bushistes étaient omnibulés par le pétrole ou une volonté d'annexion complètement ingérable ; ils voulaient simplement instaurer un régime au pas, moins dangeureux pour leurs intérêts et moins tyrannique pour la population.

Mais je crains que cela ne soit pas possible, ou du moins pas suivant une intervention extérieure. Au mieux, une fois leur retrait, ils auront fondé un régime allié qui sera un peu moins détesté d'une population qui l'aura élu ; au pire, ce sera la guerre civile pendant 10 ans. C'est tout le paradoxe d'une vision partielle de la démocratie, qui fétichise un peu les élections, et qui oublie que de celles ci peuvent sortir des régimes dangeureux ou démagogues (les pauvres femmes d'Irak, en effet).

Bon, il y a un autre problème avec tout ça: la discussion est à ce point polarisée que tout argument avance sur un champ de mines. On a le même problème avec Fink d'ailleurs. Le caractère disproportionné des réactions à son interview au journal israélien en a énervé plus d'un, au point de faire oublier que, oui, Fink a pu se tromper. Mais quand la réponse est débile comme celle du MRAP par exemple, dire qu'on n'est pas d'accord avec Fink devient synonyme de complicité avec les islamistes et de défense de la culture de l'excuse (j'exagère à peine).

On a la même chose avec l'Irak : si tu émets des réserves sur les bienfaits de l'occupation américaine en Irak, le peu de pro-américains présents en france est prêt à s'échauffer et à dire que tu n'es qu'un sale munichois de merde (j'exagère encore à peine!). réciproquement, comme je le disais précédemment, si tu dis que SH est une vaste pourriture qui mériterait de finir ses jours en prison, wow, que n'as-tu pas dit là! C'est un crime d'impérialisme et de post-colonialisme que d'aller penser une chose pareille!

Hier aux guignols de l'info: ils évoquent le procès de Saddam, pour dire quoi? Que c'est sûrement un procès truqué et qu'on nous ment! Auraient-ils fait le même genre de sous-entendu avec le procès d'un dignitaire nazi? Et d'ailleurs, les guignols se sont-ils souciés de la santé de Papon comme ils se soucient de celle de saddam?

Je suis révoltée par cette mentalité. SH est l'une des plus ignobles pourritures du moyen-orient, mais, aveuglés par l'anti-américanisme, les guignols préfèrent le présenter comme une honnête victime!

Hier à la fnac - je faisais mes courses de Noël - je passe devant le rayon "histoire internationale / Etats-Unis", les titres de livre, mon dieu! L'écrasante majorité de ce qui se vend, c'est quoi? Des bouquins sur "la manipulation néo-libérale", l'impérialisme yankee, etc, etc, la quasi-totalité des ouvrages en rayon est anti-américaine! (à l'exception d'un livre de Kaspi et d'un autre livre sur l'anti-américanisme, soit, deux livres). Voilà ce qui marche aujourd'hui en France. Si vous allez au rayon "moyen-orient" idem. Il est pus question des méchants américains au MO que des ignobles régimes dictatoriaux et des islamistes (à l'exception une fois de plus de deux livres seulements, l'un sur saddam, l'un sur al-qaeda... Deux livres sur le total des rayons, ça fait quand même pas bézef).

Joyeuses fêtes

Très beau billet, félicitations.

@hugues : l'opposition à la guerre en France a été un magnifique moment d'hystérie collective, un phénomène très nombriliste dans lequel le monde extérieur et ses complexités cessent d'exister. C'est ce que cela traduit sur nous qui est inquiétant : provincialisme, refus instinctif de la réflexion, conformisme écrasant. Le tout sur fond d'un système d'information dont le climax est le journal de J.P. Pernaut. Lire un quotidien, regarder un journal télévisé, écouter la radio en langue française oblige à un effort considérable pour y trouver des informations fiables, et pas des préjugés brodés sur du vent. Mais la médiocrité française ne doit pas faire oublier celle du gouvernement Bush, qui a toujours géré la guerre en Irak comme une affaire intérieure américaine, dans laquelle l'objectif est de conquérir et de calmer l'opinion nationale, de mettre les adversaires démocrates dans l'embarras. Toutes les erreurs commises depuis la prise de bagdad tiennent à cette conception dévoyée selon laquelle la politique intérieure doit être dégagée de la réalité du terrain de la guerre. Ce qui impose de se gargariser de fausses victoires, d'afficher l'optimisme tendance méthode coué, tout en faisant n'importe quoi sur le terrain.
Et on est probablement dans ce cadre avec ces dernières élections. Des élections ça passe bien à la télé, ça fait des images de gens qui montrent fièrement un pouce bleuté à la caméra, ça permet de donner l'illusion d'une démocratie pacifiée; ça ne dit pas grand-chose sur la réalité. La réalité, c'est qu'après les élections de janvier dernier, dans l'indifférence générale, ont eu lieu en Irak les trois mois les plus violents, à la fois à cause du désintérêt gouvernemental américain (ils ont voté, maintenant, ils se démerdent) et du fait que les élections c'est bien, sauf si les perdants prennent les armes contre les gagnants après... Je ne serais pas surpris qu'on se retrouve dans la même configuration qu'à l'époque très bientôt.

"l'opposition à la guerre en France a été un magnifique moment d'hystérie collective, un phénomène très nombriliste dans lequel le monde extérieur et ses complexités cessent d'exister"

Ouais, sauf que, à moins de n'avoir pas vécu dans le même monde et à la même époque que vous, je crois me souvenir que la majorité des populations européennes était contre la guerre, des drapeaux PACE aux balcons italiens, aux sitting géants devant le Parlement anglais en passant par les manifs en Espagne ou encore en Belgique. Sans parler de l'Allemagne et d'autres sans doute. Commence à être vaste le nombril du monde! Ou bien était-ce encore une manipulation de ces maudits médias pour nous faire croire que nous n'étions pas les seuls?

Et quand on lit ce genre de déclaration : "La guerre en Irak a constitué une méprise stratégique aux conséquences immensément dommageables et, en particulier, elle a porté un coup fatal à l'unité européenne" dont l'auteur n'est autre que... Stephen Wall, ancien conseiller de Tony Blair pour les affaires européennes, on se demande bien de quel côté était l'hystérie...

Bien évidemment, même si on a été contre cette guerre, on ne peut que se réjouir du fait qu'un tyran sanguinaire ait été enfin (après nous avoir bien servi quand même pendant quelques années) mis hors d'état de nuire. Et espérer qu'enfin, ce pays retrouve la voie de la démocratisation et du progrès humain. Mais, toujours si mes souvenirs sont exacts, il me semble que les trois mois qui ont suivi les précédentes élections ont été les plus violents que l'Irak a connu depuis la chute du régime. Encore une fois, la question n'est pas de savoir si le but, la démocratisation et la pacification de l'Irak, est louable, il l'est évidemment, mais de savoir si les moyens pour y parvenir sont adéquats. Permettez-moi, comme au temps de la guerre, d'en douter encore.

Parfois on se sent très faible face à une force trenscendante, nous n'avons donc que nos coeurs pour prier, et nos voix pour crier! Che guevara l'a très bien dit d'ailleurs "Soyons réalistes, demandons l'impssible" A bon entendeur

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