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lundi 05 septembre 2005

Commentaires

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Juste une petite incise pour suggérer une idée des causes qui pourraient être à l'origine des réactions que vous stigmatisez.

Il me semble que d'une certaine façon derrière ces "Oh, Les Etats-Unis après Katrina offrent des images de tiers-monde!" (ce qui fut complètement ma réaction), il y a en quelque sorte un : "alors à quoi bon tout ça? tout ce développement, toute cette technologie?"

Il y a une forme d'ironie (particulièrement cruelle)qui se dégage d'une situation pareille. On garde souvent en tête l'idée que le développement de la technologie, une certaine forme de course à la modernité, tout cela vient d'une forme de volonté de puissance et contrôle des choses. L'homme qui se rendrait maître et possesseur de la nature. Alors quand un phénomène naturel de cette ampleur se déclenche, de façon aussi irréductible, il rappelle les limites de ce développement et de cette volonté de puissance. Et là naît le "a quoi bon? Est-ce donc bien la bonne voie?" Ce type d'évènement rappelle en quelque sorte qu'il y a une certaine "égalité" fondamentale de condition des hommes, où qu'ils habitent. Mais nous entrevoyons celle-ci de moins en moins. Quand elle resurgit, elle fait également réémerger le sentiment de son existence (je me demande si je suis pas flou là ;o).

Attention, ce n'est bien sûr ici qu'un angle de la lorgnette. Mon propos n'est pas du tout de dire que donc nous devons tous retourner à nos cavernes tailler des cailloux. Ce serait une absurdité, et un reniement idiot.

Merci de ton message à la suite de mon billet sur le même sujet.

Le "Daily Telegraph" de Londres (de droite, je sais) présente ce matin une analyse nuancée des responsabilités:

http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2005/09/05/wkat505.xml (gratuit, mais il faut s'enregistrer).

Tu utilises le concept de "classe moyenne" qui pour moi est à un autre degré aussi foireux que celui d'hyper-puissance ; de Villepin à Fabius en passent par Sarko la locution a une signification économico-plitico-sociale des plus vagues.

Le morts de la canicules étaient essentiellement des vieillards, qui, pour diverses raisons, se sont retrouvés seuls chez eux.

Pikipoki,
Je suis assez d'accord avec toi, même si ce n'était pas l'idée que je voulais exprimer. Développés ou pas, tous les pays sont exposés à des phénomènes qu'ils ne maîtrisent pas. Ce qui, incidemment, ne devrait pas les empêcher de tenter d'éviter l'occurrence de ces phénomènes via l'action humaine sur l'environnement.

All,
Disons que le concept de "classe moyenne" est un peu moins fumeux que celui d'hyperpuissance et constitue en fait un élément majeur de l'étude de la stratification sociale d'un pays comme la france. Sauf à considérer que l'on ne peut plus parler de rien, il s'agit d'un moyen de qualifier les couches socio-économiques représentant la grande partie de population française et son mode de vie. L'INSEE utilise courramment ce type de classification. Pas grand chose à voir, donc, avec l'hyperpuissance...

Quant aux "vieillards, qui, pour diverses raisons, se sont retrouvés seuls chez eux", je te rappelle qu'il s'agissait d'une surmortalité frappante, pas du nombre de décès habituellement recensés. Mais ça n'avait peut-être pas d'importance, ces petits vieux claquant avec quelques mois d'avance...

@pikipoki

Je ne suis pas trop d'accord avec toi. Je me souviens bien du tremblement de terre en Turquie de 1999 (j'habitais la Grèce à cette époque, et bon on se sent "concerné").

J'étais profondément (mais vraiment profondément) choqué par la bétise des journeaux français. On se gargarisait : nous pays riche, on leur envoyait des chiens, du matos, pasque eux ce grand pays PAUVRE, avec leur grande armée de pacotille qui n'arrivait pas à gérer la situation, franchement ces gros nuls un rien sous-developpé. Ca veux adhérer à l'UE, eh bien les gars, on est pas arrivé. et puis ils sont pas que pauvres ils sont semi-mafieux : toutes ces constructions semi-lègales et tous ces promoteurs basanés, hein, ça fait sérieux ? C'est pas chez nous que ça arriverait, ce bordel, nous on sait y faire, on a pas de (gros) tremblement de terre, mais on est les meilleurs.

Le contraste était frappant avec les infos télé suisse par exemple, qui eux ne se la ramenaient pas, se contentaient de consat le plus objectif posible. Mais le français aime se sentir en sécurité, même les nuages radioactifs evitent notre beau pays...

En fait pour le coup, je ne suis pas d'accord non plus avec le porteur de sandales bourgeoises, je ne crois pas que ce soit notre anti-américanisme qui soit l'élément moteur des affligeants discours qu'on entend/lit ces jours-çi.

Que d'eau, que d'eau...

Je partage la pensée de pikipoki.

J'ai par ailleurs éprouvé de la déception et de la tristesse au regard de l'évènement, devant ces milliers de personnes perdues dans un environnement détruit.

La déception, parce que j'ai cherché à voir à travers les reportages écrits ou vidéos(je n'ai pas la télé) les signes de solidarité et d'organisation minimals entre ces hommes et femmes face au chambardement de leur vie. Et j'ai constaté avec tristesse que rien n'était présenté ou constaté sous cet angle.(peut être cela existait il,ou non, en tout cas personne ne l'a rapporté, dans ce que j'ai pu chercher )
Là encore je me suis demandée s'il n'était pas nécessaire de penser l'organisation d'une société d'hommes et de femmes, quelle qu'en soit sa forme politique , avec ce minimum de conscience et de culture à l'organisation par l'entraide.

Si la nature éprouve régulièrement les hommes, ceux ci ne doivent ils pas inévitablement repenser leurs liens et leurs organisations?
C'est le penser l'autre pouvant être soi qui me semble faire sens et renforce la possibilité de vivre, quand ce n'est pas survivre.


Les Etats Unis ne nous sont pas présentés sous cet angle. Au contraire, les médias nous en présentent une liberté individuelle fondamentale, régulièrement, sans mettre en avant une quelconque organisation humaine basée sur la solidarité , et ils nous en montrent aussi certaines dérives.
Je me suis demandée, que vont faire tous ces gens, s'ils n'ont pas d'argent, plus de travail, pas de toit et s'il n'existe pas de solidarité sociale décidée pour cet évènement? Comment vont ils se reconstruire?
(je pense la même chose pour les immeubles qui brûlent en France, ou pour n'importe quel guetto international dans lesquels survivent des hommes et femmes comme nous.)

J'ai pensé aussi qu'il était légitime que tous ces gens là soient véritablement en colère, envers leur gouvernement, envers eux mêmes...

> au-delà de l’incapacité des hommes à gérer des phénomènes qui les dépassent.

étonnant et consternant ce qui se mitonne derrière cette phrase. Il y a un paquet de choses qui dépassaient les hommes il y a peu et qui ne les dépassent plus aujourd'hui, comme, je ne sais pas moi, prendre l'avion ou de l'aspirine.
Finalement, il ne nous reste plus qu'à remettre notre fourrure et retourner à la grotte.

Quelques remarques en vrac:

Contrairement à ce que vous affirmez, le concept d'hyperpuissance est né aux US et est apparu sous la plume de Zbigniew Brzezinski (United States National Security Advisor auprès de Jimmy Carter de 1977 à 1981) dans "The Grand Chessboard" publié en 1997. Védrine a commencé à employer ce terme en 1999. D'autre part, la définition du mot est claire; une hyperpuissance est une puissance qui a la suprématie simultanée dans les quatre domaines clé : militaire, économique, technologique et culturel! Le concept ne semble pas spécialement fumeux...

Vous vous demandez aussi ce qui se passerait "si Nice, par exemple, subissait demain une secousse de magnitude 5"?
La réponse est trois fois rien ou pas grand chose; un séisme de magnitude 5 endommage rarement les constructions, sauf si le foyer (hypocentre) est très superficiel, les premières atteintes sérieuses aux immeubles apparaissent en général à 6+.
http://www.maire-info.com/articles/archive.asp?param=4026 vous donne des infos sur les nombreux séismes de magnitude >5 ressentis en France ces dernières années. Le dernier ayant entraîné mort d'homme s'est produit le 13 août 1967 : 5,3 sur l’échelle de Richter à Arette (1 mort). http://www.pelerin.info/article/index.jsp?docId=1595268&rubId=9196 explore les conséquences d'un tremblement de terre de magnitude 6,3 à Nice, ce qui correspond un peu plus à ce que vous évoquiez...

Pour prolonger votre remarque sur le Dieu vengeur qui abat son bras armé sur la Nouvelle Orléans (version jihad), je vous propose le Dieu protecteur chassé de Nouvelle Orléans par les libéraux (version droite conservatrice US)...
"We have seen America's breakdown as God has been shoved aside as if he were a monster. Thanks to the ACLU and their ilk, any form of godliness is unacceptable.[...] Thus we now see in these dire desperate days the results of their miserable works in New Orleans..." ( texte complet sur http://www.peoplepolitical.org/html/marie3.html )

Sur les canicules, quelques liens que j'ai trouvés dignes d'être partagés:
http://www.ifrc.org/fr/publicat/wdr2004/chapter2.asp
http://www.ciesin.org/TG/HH/morttemp.html
http://www.grida.no/climate/ipcc_tar/wg2/353.htm

Une remarque : lors des tempêtes historiques de 1999, les services concernés se sont plutôt remarquablement bien d'affaire sans même que le gouvernement intervienne réellement.

Nous verrons bien assez tôt s'il en sera de même lorsque les personnels desdits services seront de simples salariés comme tout le monde ou d'heureux sous-traitants, venus travailler là où il y avait du travail, et donc, sans la moindre attache sentimentale envers ceux qu'ils sont supposés protéger.

Très cher Hugues,

je sais bien que la ligne éditoriale de ce blog consiste invariablement à ramener le pseudo ego surdimensionné du français "bien-pensant" comme tu aimes à l'écrire, à sa juste valeur pour toi, cad zero plus ou moins epsilon;

mais ne peux-tu pas considérer que ce que tu dénommes un peu vite et avec une légère malhonnêteté intellectuelle souvent maquillée par une plume certes acerbe, vive et ironique (voir les remarques ci-dessous du dénommé Damien, je ne reviendrai pas sur "l'été vaguement hors normes" (sic) ou sur la focalisation sur la France alors même que cette canicule a touché toute l'Europe et qu'en Italie même, les derniers chiffres sont plus proches des 20 000 victimes que des 4 000 alors annoncées par les autorités, ce qui, je précise, ne dédouanne absolument pas nos responsables de critiques largement justifiées), comme de l'anti-américanisme est surtout de l'anti-bushisme (comme le note d'ailleurs Emmanuel-Ceteris Paribus dans sa dernière note)?

Peux-tu concevoir que l'on puisse critiquer (et il y a moult raisons pour la critiquer) l'administration fédérale Bush, dans cette circonstance particulière comme dans d'autres, sans pour autant se considérer et être considéré comme anti-américain, forcément primaire?

Peux-tu concevoir que l'on puisse tout à la fois être extrêmement critique envers non pas tant la réaction post-catastrophe des autorités mais l'imprévision de ces mêmes autorités eu égard à une catastrophe qui, contrairement à ce que tu sembles écrire et donc penser, a été prévue (puisque des ordres d'évacuation ont été donné mais que rien n'a été prévu par contre pour évacuer ceux, les plus pauvres donc majoritairement les noirs, qui n'avaient pas les moyens individuels de partir - au passage, voilà bien un angle de critique non pas justement de l'Etat mais d'une société individualiste avec un Etat, et donc de la collectivité, faible) et d'autre part être totalement solidaire avec la population sinistrée, quelle que soit sa couleur de peau (où as-tu vu une sympathie moindre pour les louisianais que pour les indonésiens)?

A l'instar de Vilecourt dans Ridicule, qui vendait son âme pour un bon mot, vouloir être iconoclaste, hétérodoxe et décalé à tout prix conduit parfois à la caricature de ce que l'on veut dénoncer, à mon humble avis...

Damien,
Va pour 6,3 sur l'échelle de Richter, si c'est le problème...

Krysztoff,
Ma foi, te voici bien remonté... D’abord, ce site n’a pas de « ligne éditoriale invariable », même s’il est vrai que la dénonciation de ce que je perçois comme une certaine forme de « bien-pensance » est l’un de mes sports favoris. Ce qui peut, ici et là impliquer une certaine dose de mauvaise foi, mais certainement très peu de cette malhonnêteté intellectuelle dont tu parles.

En ce qui concerne la référence à la canicule, et comme je l’ai moi-même précisé en commentaire chez Ceteris Paribus ( http://www.haloscan.com/comments/ceteris/112594659965760894/#99001 ), le fait qu’il se soit agi d’un phénomène européen n’enlève rien au fait que les pouvoirs publics n’aient pas su prendre la mesure du phénomène. Bien au contraire : ce serait plutôt la marque de l’incapacité de TOUS les pays européens à réagir face à ce genre de situation, un peu comme un gouvernement américain confronté à un ouragan, quoi… D’ailleurs, je comprends mal comment tu peux me reprocher d’utiliser cet argument pour mieux rappeler, dans le même souffle, que les critiques à l’égard des autorités françaises étaient justifiées.

Tu m’accuses ensuite de défendre Bush et sa clique ou, en tout cas, de ne pas être capable de concevoir que l’on puisse les critiquer. Si tu me relis attentivement, tu verras qu’il ne s’agit absolument pas de ça mais plutôt de refuser ces réflexes à la Monde Diplo qui permettent d’expliquer tout et n’importe quoi par le rappel de la méchanceté ontologique des Américains. Sur Bush, tu pourras d'ailleurs lire ce que j’ai pu écrire à l’occasion de sa réélection si tu as vraiment le sentiment que Commentaires & vaticinations est un repaire de néo-cons. Au final, l’objet de ce texte était de rappeler que, Bush ou pas, un ouragan pareil fait des dégâts. Ce qui n’empêche pas de s’indigner de la mauvaise qualité de la réaction des services publics américains (ce que je fais) et de comparer cette incompétence à celles des Français, des Allemands, des Bulgares ou des Coréens dans des circonstances comparables…

http://hugues.blogs.com/commvat/2004/11/he_won_so_what_.html#

Entre mauvaise foi et malhonnêteté intellectuelle, il n'y a qu'une question de croyance finalement (la seconde étant la version laïque de la première:-)

Par ailleurs, si je suis la logique de ton billet, si "Katrina n'est donc le symbole de rien, du moins au-delà de la difficulté que pourra éprouver un pays quelconque, même hyper-développé, même hyper-moderne, à gérer une situation totalement atypique. Bref, une situation ingérable...", alors la canicule européenne de l'été 2003 n'est, elle non plus, le symbole de rien...

Enfin, je ne t'accuse sûrement pas de "rouler pour Bush" (d'ailleurs, j'accuse rarement, suis pas Zola) mais je te demande s'il est intellectuellement honnête, ou s'il n'est pas de mauvaise foi si tu préfères, d'assimiler critique du gouvernement Bush et critique des Américains en général. Y compris au Monde Diplo. Finalement, l'anti-américanisme, c'est un peu la réplique facile en ce moment à tout début de critique du gouverment américain actuel.

Tout cela pour dire qu'effectivement, les arguments du type : "mais les autorités françaises n'auraient certainement pas fait mieux, d'ailleurs la preuve, elles n'ont pas fait mieux en d'autres circonstances", outre qu'elles sont surtout selon moi une façon d'éviter le débat en initiant un ping-pong sans fin qui éloigne du sujet initial (la preuve, nous voilà à parler de la canicule ou d'un hypothétique tremblement de terre de magnitude 5, 6, ou 7 à Nice, alors que la fatalité et le caractère naturel et exceptionnel de l'évènement catastrophique n'expliquent pas tout), ces arguments relèvent de toute façon d'une pure politique fiction où l'on peut justifier ce que l'on veut sur ce que l'on veut (si ma tante en avait...) et ont en effet le don de me "remonter" un peu. Mais en toute amitié, faut pas exagérer quand même. Ce ne sont que des Américains après tout:-)

Ouaip, nous on sait y faire, pas comme eux.

On attend des orages dans le Languedoc. Bon il y en a déjà eu un ce matin. Et bien ils ont tout fermé. Renvoyé les gosses chez eux. le préfet ne veut personne dans les rues à partir de 18 h, ce soir !!!!

Comment dire ? Ca fait qqs temps que je connais cette région. Les orages y sont violent en cette saison, les zones inondables sont alors inondés, certes. Mais comment dire ? Il y a bien chaque année qqs dégâts, parfois un malheureux électrocuté ici ou là, ok. Mais depuis 3 ou 4 on nous fait le même cirque, on ferme tout. C'est sympa ça fait un jour de congés (at minima).

Mais bon c'est quoi ce couvre-feu ? Pourquoi tout fermer bien 8 heures avant le déluge annoncé ? La pluie ça mouille, mais l'état il nous protège.

Oui, bon ben, Hughes, - du pays de ceux qui craignent que le ciel leur tombent sur la tête - je suis d'accord avec toi, une catastrophe est une catastrophe... cette tautologie pourtant, loin d'être creuse, est là, je l'espère pour stigmatiser la machine médiatique qui essaye à chaque fois d'extraire le symbole, voire la bonne formule d'une situation. D'accord, dans ce sens, pour stigmatiser "L'impuissance de l'hyper-puissance". Mais c'est bien du côté de l'espace de la représentation que ta critique, ou ce réajustement, porte, mais pas sur celui du phénomène. Encore que, phénomène pour phénomène, tu ne m'ôteras pas de l'idée qu'avec le train, on invente l'accident de train. Donc, avec la digue, l'accident de digue. Il s'agit donc bien d'une tragédie américaine qui glace le sang. D'autant qu'elle résonne médiatiquement avec cette putain de rhétorique du réchauffement de la planète et autre scénario catastrophe de nos édiles...

Par contre, côté architecte et urbanisme, il y a bien dans cette situation une faiblesse. Ni proprement américaine, ni française d'ailleurs, mais bien mondiale, celle de la prise de risque inhérente à l'agencement fonctionnel du village global. Tu connais certainement la figure de style qui consiste à faire de la goutte d'eau, la responsable d'un carambolage par le truchement d'un déplacement d'un caillou qui tombe sur la route au moment où un camion passe... Loin de de faire le coup de l'effet papillon, je te fais l'effet Challenger, celui du maillon faible. Tout le monde l'éprouve à travers son satané électro-ménager qui tombe en panne deux ou trois mois après la fin de la garantie à cause d'une petite pièce - inconnue de l'utilisateur - mais qui a une durée de vie plus limitée que l'ensemble des autres composants. Tout cela pour dire, qu'au-delà de l'impuissance d'une super-puissance, il y a bien une impuissance latente dans notre puissance moderne et fonctionnelle, et qu'elle est souvent le fruit d'une intention humaine. Je ne parle pas, bien évidemment, des conséquences, qui sont abandonnées aux sorts...

Loin de moi l'idée de vanter les avantages mirifiques du finage traditionnel, issu de la répétition inlassable des siècles passés qui ont fondés le paysage de nos grand-parents, mais il se trouve que la puissance d'autrefois, sans doute moins grande que la nôtre actuelle, est pourtant plus stable. Dans ce monde, nous préférons être sur-muscler, quitte à avoir une scoliose, que d'avoir une musculature équilibrée et stable dans le temps. A chacun son but !... Mais, tu me diras, dans tout cela, où est la sociale démocratie ? Je me le demande aussi... bien qu'elle soit issue de l'organisation de ce monde moderne qui fait qu'à certain moment le moteur s'emballe et, fait de Le Pen une acteur du second tour... Sans vouloir parler de transcendance religieuse, ni du matérialisme contemporain, il y a bien un juste milieu à trouver aujourd'hui... Celui qui projette l'état du monde dans 2 ou 3 générations, pas plus...

Alors, impuissance de l'hyper-puissance, non ! mais instabilité de l'hyper-puissance, oui ! et ça ne s'applique pas uniquement à l'hyper...

Mais surtout je ne vois pas pourquoi tant de personnes perdent leur temps à gloser à l'infini sur le comment du pourquoi, à dire et répéter à l'envi que Bush est méchant et coupable des horreurs auxquelles nous avons assistées depuis nos confortables living-room.

ça sert à quoi toutes ces gesticulations?

- ça aide des gens là-bas? non. Alors si on veut aider, au lieu de pousser des hauts-cris, on leur envoie de la tune, point, barre, et on la ferme

- ça va faire changer les américains? Non mais franchement c'est ridicule. Les américains se contrefichent éperdument de ce que nous pensons de tout cela, c'est proprement grotesque et limite mégalo que de se figurer qu'ils puissent avoir, ne serait-ce qu'une demie-seconde, l'idée d'aller lire sur nos forums internet et tribunes de presse, ce que nous pensons de Bush-Kyoto-Katrina

- ça va nous aider en France? biensûr que non. Qu'on s'occupe de nos fesses au lieu de se réjouir secrètement de découvrir une nouvelle occasion de se dire qu'on est des génies en secours et gestion de catastrophes...

Quand on reproche à une superpuissance de se mêler des affaires des autres et d'administrer des leçons de morale (quoique...je n'ai pas vu que les américains aient créé des forums consacrés à la canicule française : ils s'en tapent), le moins qu'on puisse faire, c'est de la fermer quand tout un peuple n'a pas encore commencé à faire le deuil de cette tragédie.

Bonjour,

Le traitement français de la canicule ne change rien au fait que les mesures, les réactions et les débats suscités par Katrina aux Etats-Unis sont tout simplement hallucinants!

Ni que l'envoi de troupes armées au lieu de médecins est un peu douteux, qu'un simple ordre d'évacuation, qui ne prend pas en compte les personnes invalides ou sans moyen de locomotion, est carrément léger, que les autorités ont mis beaucoup de temps à réagir et que les hésitations face aux propositions d'aide internationale font désordre dans une telle situation.

Je ne vois pas ce qui empêche de dire que le désengagement permanent de l'Etat peut comporter certains risques, et que la réduction drastique du budget des digues de la Nouvelle-Orléans peut en être un exemple.

Quant aux insinuations (parfois accusations) de racisme, ou du moins de lien entre la couleur de peau de la population concernée et le traitement de la catastrophe, je ne peux pas en juger, mais les déclarations débiles d'une Barbara Bush au sommet de l'idiotie ou les commentaires biaisés de certains journaux TV US (qui parlent de pillage pour qualifier les images de noirs, et de recherche d'aliments quand les intéressés sont blancs) ne me paraissent pas anodins.

On peut tout aussi bien trouver choquants le débat qui oppose maintenant démocrates et conservateurs pour repousser la faute sur le camp adverse (jusqu'à Frontpagemag qui allait jusqu'à accuser les écolos), et surtout le soutien accordé par Bush Jr. à son copain planqué Michael Brown.

Je vois d'autant moins de problème à s'étonner de tout ça que c'est précisément ce que font les médias US, tous bords confondus.

Mais bon, toute vague idée passagère est bonne quand il s'agit d'écrire des lignes...

Bonjour,

Je partage en gros le commentaire de Mathieu.
La catastrophe de La Nouvelle-Orléans était annoncée depuis plusieurs années, Katrina n'a fait que lui donner un coup de pouce. Ceux que cela intéresse peuvent trouver ici une synthèse scientifique qui explique le "mécanisme" qui a causé son AMPLEUR : http://pierresansleloup.joueb.com/news/176.shtml

Qu'on soit bien-pensants ou mal-pensants, il y a là une responsabilité politique indéniable, et tout ce qu'on peut en dire, à mon avis, c'est que l'orgeuil, la présomption et la soif de profit sont bien plus destructeurs qu'un cyclone ou un tremblement de terre, quel que soit le pays.

"c'est que l'orgeuil, la présomption et la soif de profit sont bien plus destructeurs qu'un cyclone ou un tremblement de terre, quel que soit le pays."

On sent que tu as du vécu de tremblement de terre (etc.) pour proférer doctement de telles imbécillités. Ca me fait rougir de honte.

Et le prix de l'essence quelle misère, hein.

Et puis on évite le mot scientifique à tort et à travers, ça confine au ridicule.

Eviv Bulgroz : dommage que, - c'est évident -, tu n'aies pas pris le temps d'aller lire le lien que j'ai posté avant de proférer tes amabilités : cela t'aurait peut-être fait pâlir.

Ah! J'oubliais : oui, j'ai une certaine expérience des tremblements de terre. Et crois-moi, quand cela arrive, il vaut mieux se trouver au Japon plutôt qu'à Bam.

Bien amicalement :-)

Je ne vois pas vraiment le rapport entre le profit et les catastrophes naturelles. Enfin si mais plutôt à l'inverse. Les" pays riches" ceux qui ont "la soif du profit", sont précisément ceux qui sont capables de prévoir (enfin très partiellement le plus souvent et pas du tout concernant les tremblement de terre) ou d'en anticiper les conséquences (il vaut effectivement mieux être au Japon qu'en Turquie ou Iran).

Pour moi, je maintiens, c'est le prototype de phrase creuse véhiculant une idéologie de supermarché :-) .

Question : le jour (quand ?) où le Vésuve explosera, les milliers de mort ce sera la faute à qui ? Aux "pauvres" qui construisent illégalement dans les zones dangereuses, à l'état qui ferme les yeux, à la soif au profit, à la fatalité, à une certaine nonchalance ? J'ai pas de réponse simple, moi.

Bref, Pompei c'est la faute à qui ?

Très amicalement aussi, non mais :-)

Il peut y avoir un léger rapport entre les conséquences d'une catastrophe naturelle et le débat sur les pays riches et pauvres, et même sur la recherche du profit, etc.

Par exemple, quand on s'interroge sur la pertinence d'une course effrénée vers le profit et la croissance, on entend souvent (après les premiers sarcasmes d'usage) les partisans de la croissance à tout crin, les optimistes du progrès scientifique et les fervents admirateurs du génie humain proclamer que le progrès, la croissance, la richesse permettent à l'homme de vivre mieux, plus longtemps, dans un monde plus beau où le soleil brille éternellement.

Et c'est justement là que les conséquences de Katrina ont ébranlé beaucoup de convictions. C'est pas juste une catastrophe mal gérée: c'est la démonstration qu'un pays, estimé par tous comme le plus à même de se protéger contre tous types d'agressions, peut, dans une situation bien précise, se retrouver presque aussi démuni que des pays très pauvres.

Alors encore une fois, contrairement à ce qu'écrivait Hugues dans son commentaire, je crois que ça peut être assez instructif de s'interroger sur ce qui a permis une si mauvaise gestion de la catastrophe, et sur la pertinence de certains choix politiques, de certaines priorités nationales.

Encore plus amicalement que vous :-)

Mathieu

Merci à Mathieu de laisser le droit aux questions d'être posées.
Je n'ai pour ma part jamais considéré que les EU étaient une si grande puissance que cela, pas plus qu'un autre pays, ni qu'ils étaient un Exemple à suivre, ni qu'aucun autre le serait davantage...on peut chercher à comprendre les autres , pas forcément les imiter.

Trés trés trés amicalement moi aussi...

C'était un beau débat. Pour conclure l'échange entre Eviv et Impasse Sud, j'espère qu'il ne vous aura pas échappé que l'homme Bush a chargé de contracter et engager les sociétés qui doivent remettre en marche les infrastructures de NO est le même mec que celui qu'il avait chargé de faire pareil à Baghdad juste après l'invasion.
Avec les résultats, la probite et le manque de copinage que l'on sait...

Très intéressant Hugues, en attendant, tout cela ne nous donne pas la suite de votr roman. Toutes les excuses sont bonnes pour y couper, y compris un vulgaire cyclone.

Ne retourne pas le couteau dans la plaie : je n'ai pas le temps d'avancer là-dessus. Mais j'ai à peu près terminé la seconde livraison et il reste juste quelques petits détails à revoir.

je voudrais juste savoir ce qu'a fait notre grand ami bush lorsqu'il a apprit la catastrophe touchant la Nouvelle Orléans...

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