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lundi 12 septembre 2005

Commentaires

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http://www.redcross.org/faq/0,1096,0_682_4524,00.html#4524

Un seul mot : merci. Votre soutien me va droit au coeur, surtout à l'heure où tous mes compatriotes me tombent sur le rable.

Vous vous rendez compte : avec cette connerie d'ouragan, j'ai dû interrompre mes vacances et ma popularité est tombé à 38%. Avouez que c'est vraiment pas de chance. J'étais justement en train de perfectionner mon swing. Même les journalistes de Fox News se mettent maintenant à me critiquer alors que j'avais réussi à leur faire avaler les couleuvres des armes de destruction massive et des liens entre Saddam et Al-Qaida. C'est à n'y rien comprendre.

Que pouvais-je faire face à une catastrophe de cette ampleur ? Pas grand-chose, comme vous le dites si bien. Ce réconfort est d'autant plus précieux pour moi qu'il émane d'un Français, reconnaissant en outre ne pas appartenir à l'avant-garde éclairée des néocons (personne n'est parfait).

On me reproche pêle-mêle d'avoir ignoré des rapports alarmistes, d'avoir tardé à réagir, d'avoir rogné sur les crédits publics, d'avoir négligé la protection civile au profit de la lutte contre le terrorisme, d'avoir envoyé tous nos boys en Irak, d'avoir nommé des gens incompétents (que j'ai dû, sous la pression, me résoudre à licencier), d'avoir laissé les noirs se noyer, j'en passe et des meilleures. Vous voyez jusqu'où peut aller la mauvaise foi.

Certains (sans doute des communistes) vont même (mais heureusement vous êtes là pour dénoncer ces loups qui hurlent ensemble comme des moutons) jusqu'à mettre en cause ma politique qui creuserait les inégalités et génèrerait des ghettos dans nos bonnes villes américaines. Ils voudraient remettre en question notre objectif sacré de "l'Etat minimal", qui est pourtant à la base de la réussite économique de notre pays et prétendent que cette catastrophe révèle "les déchirures de la société du chacun pour soi". C'est vraiment n'importe quoi !

Si ça continue comme ça, je rentre dans mon ranch de Crawford, j'arrête de croire en Dieu et je me remets à la coke...

Yo W, tu m'as donc parfaitement compris. Je suis effectivement ton dernier soutien, quand même la télé Murdoch t'abandonne. Et ma défense de l'Etat minimal, de l'envoi des boys en Irak et de la réduction des crédits publics est vraiment éclatante. Bêêê chez toi.

Métropole de plusieurs millions d'habitants ? Peste, comme vous y allez. Au dernier recensement pré Katrina, la ville avait 484 674 habitants, et l'agglomération du Greater New Orleans culminait à 1 337 726 habitants, alligators non compris. Tout n'est pas systématiquement gigantesque aux Etats Unis.

Hugues, personne ne vous a demandé de tomber à bras raccourcis, ni accusé de racisme ou d'intolérance, bref personne ne vous a reproché d'exonérer systématique Bush Jr., mais comprenez à votre tour que l'on puisse faire des reproches ciblés sur la gestion de cet ouragan, sans pour autant être abonné à l'Huma ou au Monde diplo. A moins que le monde entier ne soit qu'un immense troupeau de moutons, sauf vous bien sûr, qui seriez éventuellement notre bien-aimé berger? C'est parfois l'impression que j'ai à la lecture de vos commentaires sur Katrina.

Vous écrivez qu'un sans faute était inimaginable. Sans blague? Mais personne ne reproche aux autorités d'avoir raté le sans faute! Je ne sais pas si vous avez essayé de lister toutes les erreurs, incompétences, absurdités et autres, ou même simplement de lire des témoignages... On est en tout cas très très loin du sans faute. Et si certaines fonctions ont été confiées à des incompétents, la moindre des choses est que ces personnes sautent. Et les hurlements de loups que vous dénoncez font partie de ce processus.

Personne ne parle d'"éviter" un ouragan ou le futur Big One qui rayera San Francisco de la carte. Mais de s'y préparer, et d'afficher un minimum d'efficacité dans la gestion de la crise. Ce qui n'a pas été fait, tout le monde est d'accord pour le reconnaître (sauf le berger que vous êtes, indispensable gardien du troupeau bêlant que nous formons tous).

Et soi-dit en passant, le fait que ce tremblement de terre ne se soit pas encore produit ne signifie pas qu'il ne faille pas s'y préparer. Pour info, cette région connaitra de manière certaine, mais à un moment inconnu (qui peut être demain comme dans 100 ans) une secousse d'une ampleur encore inégalée. La faille sur laquelle les ondes se propageront étant très longue, il faut s'attendre à une durée de l'ordre de 5 mn, et il n'est absolument pas certain que les bâtiments antisismiques, prévus pour résister à des secousses tournant autour d'1 mn, tiennent le coup (je ne suis pas spécialiste, qu'on me corrige le cas échéant). Alors oui, ça peut valoir le coup de s'y préparer un minimum. Surtout quand on voit l'incurie dont ont fait preuve les autorités américaines face à cet ouragan.

Cordialement,

Mathieu

p.s. Dur dur d'être pareillent tiraillé entre l'écriture de vos commentaires, que j'apprécie tant, et leur contenu, avec lequel j'ai un peu de mal depuis cet ouragan. Ne vous en déplaise, :-)

Bon toute cette histoire me fatigue. Sans doute moins que les Louisianais, qui se foutent évidemment de ces débats qui ne les aideront pas beaucoup à traverser la crise, mais elle me fatigue tout de même.

Mon point de vue, je l'ai donné. Je ne vais pas répéter sans fin les mêmes arguments, qui n'exonèrent évidemment pas Bush et ses amis mais qui expriment l'agacement devant l'utilisation hypocrite d'une gigantesque catastrophe naturelle par des gens qui ne voient en Katrina qu'un moyen bien pratique de dénoncer un tas de choses sans rapport avec la situation.

Maintenant, je ne suis pas complètement crétin et je me garde bien de considérer que toute critique des autorités américaines est orientée ou calculée. Je n'ai donc certainement pas décidé que le monde se partageait désormais entre moutons bêlants et bushistes, ce qui ne me laisserait d'ailleurs plus beaucoup d'espace.

Au niveau des secours et de la prise en charge des évacués, le fiasco a l'air assez évident. Personne ne dit le contraire. Pas moi, en tout cas. Mais là n'était pas mon sujet.

Oui, tu as raison, change vite de sujet, Hugues. Arrête de te perdre dans les bayous et de t'enliser dans les marécages de la Louisiane. Le pays cajun ne te réussit pas (même si ta prose aérienne te maintient, heureusement, toujours hors de l'eau). Tu es plus rock que jazz, plus Memphis que New Orleans, ça crève les yeux. Vite un nouveau post donc !

Je te suggèrerais (si tu me le permets) quelques sujets :

- L'UDF est contre le contrat nouvelle embauche. Les syndicats aussi (y compris la CFDT). Et la gauche sociale-démocrate, que doit-elle penser de cette mesure ? Quelle est sa position ? Tentative louable et courageuse pour lutter contre le chômage ou régression sans précédent et inacceptable du Code du travail ?

- A qui profite vraiment la baisse des impôts décidée par Villepin et celle annoncée par Nicolas "toujours plus" Sarkozy ? Aux classes moyennes, vraiment ? Que disent les chiffres ? La mort de l'impôt citoyen est-elle programmée (comme le dit Laurent Mauduit dans Le Monde ce week-end) ? Faut-il vraiment en passer par là pour retenir les capitaux, créer de la richesse et de l'emploi ? Ou s'agit-il avant tout d'une politique de classe, où la solidarité n'a plus sa place, ici comme ailleurs (sauf en Suède, en Norvège et au Danemark, cela va sans dire) ?

- Coupe dans les emplois, limitation des salaires, allongement de la durée du travail, sous-traitance à tous les étages... "libéralisation" du marché du travail, contrôle sévère des chômeurs... baisse de l'impôt sur les sociétés, diminution de la durée de l'indemnisation chômage... Pour ne pas décrocher de son partenaire allemand, la France n'a-t-elle d'autre choix que d'en passer aussi par là (comme le dit ton ami Eric Leboucher, également dans Le Monde de ce week-end) ? Comment la gauche sociale-démocrate doit-elle se positionner sur tous ces sujets ? Faut-il voter Sarkozy pour sortir notre pays de l'ornière ?

- Avantages et inconvénients comparés de la course à pied et du vélo pour la santé d'un fumeur repenti.

- Pronostic pour les élections présidentielles de 2007. Trouve le pourcentage au 1er tour de chaque candidat et déduis-en la configuration du 2nd tour. Hypothèse 1 ("le bal des ambitions personnelles") : 10 candidats : Le Pen, de Villiers, Sarkozy, Villepin, Bayrou, DSK ou Lang, Fabius, Voynet ou Mamère, Buffet, Besancenot. Qui contre Le Pen au 2nd tour : Sarkozy ou Besancenot ? Hypothèse 2 ("vive l'union") : 6 candidats : Le Pen, de Villiers, Sarkozy, Bayrou, DSK ou Lang, Bové. Que diriez-vous d'un petit Sarkozy-Bové au 2nd tour ?

- Le retour de Zidane en équipe de France va-t-il permettre, à terme, de faire baisser le chômage en France à moins de 5%, de réduire à néant l'insécurité, d'atteindre l'objectif de "zéro SDF" et de mettre fin aux incendies d'immeubles insalubres dans la capitale ?

- Exception française : le 14 juillet.

Tu as raison, Hugues, Lee Arvey Oswald a tué Kennedy ...

Ou alors, pour positiver un peu, parle-nous de démographie, c'est l'un des domaines où la France se défend le mieux. Et il y a tant à en dire...

Si je peux ajouter un petit commentaire, vous faite le parallèle avec le Big One de San Francisco, ce qui n'est pas pertinent à mes yeux.
En effet, un séisme se déclenche de manière parfaitement imprévisible (ou, au mieux avec quelques heures de préavis). Un cyclone comme Katrina était parfaitement visible par satellite et, que je sache, sa trajectoire n'a pas surpris les météorologues.
Il était donc tout à fait possible :
- de lancer les évacuations (ce qui a d'ailleurs été fait mais uniquement avec les moyens de transport personels des gens, ceux qui n'en n'avaient pas et bien... il restaient chez eux.
- De prépositionner des secours (ce que d'ailleurs, curieusement, ils font maintenant que la deuxième tempête de la saison va aborder la Caroline du Sud) et des forces armées. Rappelons que les militaires, en dehors de passer toutes leurs heures de bureaux à envahir bruyamment l'Irak, ont aussi dans tous les pays dit civilisés la mission d'assurer l'ordre public et le secours aux populations si la situation l'exige.

Quand aux erreurs de l'administration, avouez qu'elles sont quand même énormes : tout le monde en vacances pendant le drame et ne se soucie pas de les écourter, les digues non entretenues (bon, sur ce point, nous n'avons surement pas de leçons à donner) et le service de sécurité intérieure (dont j'ai oublié le nom exact) qui a siphoné tous les crédits au nom de la lutte antiterroriste et dirigé par une ancien président de club hippique (il me semble que c'est ça en tout cas, c'est du même niveau de ridicule) dont il se dit maintenant qu'il aurait gonflé son CV.

Bref, c'est vraiment pas joyeux.
Au fait, avez-vous lu cette interview d'Emanuel Todd dans le Figaro ? : http://www.lefigaro.fr/debats/20050912.FIG0354.html
Franchement, ses arguments sont, il me semble, très pertinents.

Todd ?

Comme d'hab, il se met en avant, vend son truc. C'est "Mr moi je sais, d'abord j'avais prédis la chute du communisme". Rien de plus.

"L'industrie américaine est fortement anémiée, et c'est bien le déclin industriel qui explique, surtout, l'incurie de la nation confrontée à une situation de crise ; pour gérer une catastrophe naturelle, on n'a pas besoin de techniques financières sophistiquées, d'options d'achat à telle ou telle date, de conseillers fiscaux ou d'avocats spécialisés dans l'extorsion de fonds à l'échelle planétaire, mais on a besoin de matériel, d'ingénieurs et de techniciens et d'un sentiment de solidarité collective."

Ca veut dire quoi ? C'est un jugement moral (quoiqu'il s'en défende par ailleurs), un tour de passe passe intellectuel. Son passage sur les pillages est un rien ridicule. Il n'y aurait pas pillage dans une situation équivalente dans notre belle Europe. Oui oui, c'est ça.

J'en ai assez de cette histoire, c'est vrai, mais j'aime bien avoir le dernier mot. J'entendais ce matin sur France Inter, dans la chronique de David Abiker, un truc sur un blogger de Lousiane ayant transformé son site en journal des sinistrés de son quartier de Covington. On y trouve, au détour de descriptions de la manière dont s'organisent les gens qui se retrouvent dans ce genre de situations incroyables, ceci :

"No one is at fault and everyone is to blame

All of the blame is an example of man’s arrogance. An extreme force of nature devastated the entire Gulf Coast and little men rail against each other as if anyone could have done anything about it. Hurricane Katrina was certainly a power greater than our self."

http://johnstrain.blogspot.com/2005_09_01_johnstrain_archive.html#112623428522830709

A la NO je n'y étais pas ; toi non plus apparemment. Les seuls élément objectif dont nous disposons sont les données Géographiques et économiques de la ville et de sa région. En gros la plus grande partie de la ville est un polder coincé entre le Mississipi et la mer, dans une région subtropicale régulièrement balayée par des hurricanes. La digues sont notoirement sous-dimensionnées et fragiles, bâties pour résister à un cyclone de force 3 ; Certains quartiers de la ville (une bonne partie en fait) réputées pour être des foyers de misère et d'insécurité.
Y'a pas besoin de sortir de polytechnique (Salanie si tu nous regardes :D) pour calculer une probabilité d'évènement catastrophique (en matériel et humain) supérieure au Big One à SF.
Réponse de Bush : Nommer une crétin-texan incompétent à la tête d'une FEMA aux crédits vampirisés par la guerre. Rester dans son ranch pour terminer ses vacances. Survoler la NO à 10.000 pieds dans Air Force One. Défendre Brown.

Ceci dit on a la même chose chez nous en Camargues avec moins de surface, moins de noirs, moins de pauvres.

Je crains qu'on soit pas mal dans le coin à aimer avoir le dernier mot :-)

Pas trop le temps de lire tout son site, j'y retournerai plus tard, mais je note quand même dans son commentaire sur les responsabilités qu'il commence par expliquer que toute la population était dans un état d'esprit de "déni" (denial) par rapport à l'arrivé des ouragans.

Ce qu'il n'écrit pas, c'est que c'est compréhensible de la part de la population, mais moins de la part des fonctionnaires dont une des premières responsabilités consiste à ne pas se voiler la face quand la saison des ouragans arrive.

Evidemment, c'est plus facile de piocher une phrase bien choisie et de l'utiliser, ou de la démonter, comme ça nous arrange. Comme le fait E. Bulgroz avec l'interview d'E. Todd...

Cordialement,

Mathieu

En fait, Hugues, dis-le, ce ne sont pas les critiques de l'administration américaine, en soi, qui sont un problème, mais d'où elles viennent et pour quels motifs.
Qu'Emmanuel, observateur régulier et non caricatural (loin s'en faut) des US parle des débats internes aux US, et se range du coté majoritaire de la critique (que je rejoins, en tant qu'observateur), celà ne me choque pas. Mais quand j'entends sur des radios, ou que je lis dans des canards que Katrina est le révélateur de toutes les failles du modèle américain et du capitalisme, alors là, effectivement, moi aussi, je vois rouge.
Il y a plusieurs critiques possibles. Si l'Allemagne avait eu un typhon pareil, avec des inepties dans sa gestion similaire, jamais on n'entendrait la phrase "c'est le modèle allemand". On dirait : schröder est nul, machin est mauvais, ça a vraiment déconné ici, ou bien l'Allemagne de l'est a encore beaucoup de pauvres. Mais surtout pas des remises en cause globales.
Voilà? Sachons retenir les enseignements (des transports collectifs, c'est bien, et si en France on mettait en place une cellule de prévention des risques naturels efficace ?, ...) et gardons un peu de compassion pour les gars qui sont morts là-bas.

J'ajoute que Todd m'insupporte de plus en plus, avec son fonds de commerce, installé depuis "paèrs l'empire" (qu'il est tenté de radicaliser ?). Et que'il se "défend de tout jugement moral" en disant des choses comme : "La mise à sac des supermarchés n'a fait que répéter au niveau le plus bas de la société le schème de la prédation qui est aujourd'hui au coeur du système social américain.
" ou "Cette posture individualiste et inégalitaire désorganise la capacité d'action américaine. Là est pour moi le vrai mystère : comment une société peut-elle à ce point renoncer au bon sens, au pragmatisme et entrer dans un tel processus d'autodestruction idéologique ? ".
Todd était pourtant un démographe intéressant, il est parti dans un combat déchaîné.

Michel B. : allez chez moi, je pronostique 2007 !

Il y a un thème qui m'insupporte dans ces commentairezs sur la destruction de la Nouvelle-Orléans, c'est celui des pillages. Notamment des pillages de supermarchés : pas des boutiques de hi-fi, des boutiques de bouffe.

Les réfugiés enfermés dans le stade, sans eau ni nourriture, aurait du regarder les stocks pourrir dans les supermarchés sans y porter la main ?

Bien sûr qu'il y a eu des viols, des agressions, des meurtres… mais il y eu aussi des « bandes armées » qui ont organisé les distributions d'eau et de nourriture, en veillant à ce que les plus faibles aient leur part, etc. Et qui se sont fait tirer dessus par les autorités, qui elles étaient incaapbles de minimum.

Je me rappelle d'un reportage d'Antenne 2 illustrant la « démission » de la police de NO par une image d'une fliquette se servant dans un supermarchés en monceaux de couches-culottes. oui, de couches-culottes. Le journaliste disait en substance : « Même les policiers participent aux pillages. » Croyait-il qu'elle allait les revendre, ses couches ? les bouffer elle-même ? Est-il si dur de concevoir que cette fliquette participait à l'approvisionnement d'un groupe de sinistrés ? Et que c'était bien plus son devoir, de flic, de citoyen, et d'homme, que de s'y opposer par la force ?

Mathieu,

Je suis un décu du Toddisme, voilà tout. Ce garçon peut tenir des raisonnements très intéressant .... mais pas là, de mon point de vue. Il ressasse. Veut faire rentrer la présente réalité dans son modèle, et il y va à coup de burin pour que ça rentre. Là, encore, son raisonnement peut s'appliquer à n'importe quel pays qui a subi une très grosse cata, dont l'importance a été mal estimée. Et puis. Et puis, ça m'énerve prodigieusement ces petits intellos, qui les corps à peine refroidi, se lancent dans de confortables spéculations. On ne connaît pas encore le nombre de mort 600 ou 152 361 ça ne change pas quelque chose ? On ne connaît pas encore bien les points où ça a déconné. Pourquoi ne pas mettre en cause les états (c'est fédéral ce pays), les municipalités, après tout ? Bref en bon sceptique (je n'ose dire en bon scientifique) j'attend d'avoir du recul pour porter un jugement. Ca n'exonère en rien W. Mais à charger la barque n'importe comment....

Par ailleurs désolé d'avoir été lapidaire sur Todd, mais bon pas le temps/envie de me lancer dans une analyse de son texte, dont certains passages me semblaient très faibles, c'est juste ce que je tenais à faire savoir avec un exemple clef, que je ne pense pas avoir dénaturé ?...

D'accord avec Eviv et Versac sur son premier post.

Concernant le second, je ne connais sans doute pas assez Todd, mais je pense qu'on peut voir quelques excès dans son analyse sans en rejeter pour autant la totalité.

C'est clair que son "schème de la prédation", s'il sonne bien quand il le résume, peut sembler un peu bancal quand il est utilisé pour stigmatiser la société américaine. Mais le raisonnement en soi, qui revient à dire qu'un individualisme exacerbé peut entraîner la généralisation de comportements nuisibles (prédateurs, comme il dit), ne me paraît pas forcément faux: évidemment on pourrait l'appliquer à d'autres sociétés, mais les Etats-Unis ayant toujours eu une longueur d'avance en matière d'individualisme (qu'ils revendiquent d'ailleurs), on peut s'attendre à les voir stigmatisés dans ce genre d'analyse.

Maintenant, Todd nous vend sans doute sa soupe, comme le font tous ceux dont le métier est de "réfléchir": tiens, en recherchant cet entretien, je suis tombé sur l'article suivant de Guy Sorman (pour changer légèrement d'optique): http://www.lefigaro.fr/debats/20050913.FIG0289.html?080154

Il faut lire le 3e paragraphe, et notamment le passage suivant:

***********
"Mais la réputation des Etats-Unis étant déjà au plus bas, sa dégradation ne changera rien ni à l'intérieur ni en dehors. Les non-Américains qui en imagination avaient deux fois voté contre George Bush ont perdu deux fois ; les Américains en sont peu influencés, la ligne de partage chez eux entre républicains et démocrates n'est pas affectée par Katrina ou al-Qaida, et moins encore par ce que l'on pense ailleurs. Politiquement, idéologiquement divisés selon une ligne de fracture radicale, les Etats-Unis l'étaient avant et le resteront."
*************

Donc, en gros, ce type qui vit de son intelligence et de ses facultés d'analyse nous dit que c'est pas grave si ça va de plus en plus mal, puisque ça allait déjà très mal avant. Que le pays se divise de plus en plus, mais qu'il était déjà divisé avant. Un raisonnement pareil de la part d'un "intellectuel"... Et la suite est bien sûr du même acabit.

Et là, moi aussi je me dis, comme l'écrivais Eviv, que "ça m'énerve prodigieusement ces petits intellos, qui les corps à peine refroidis, se lancent dans de confortables spéculations".

Cordialement,

Mathieu

Est ce qu'Eviv est tout autant énervé devant les énonomistes , qui à peine les corps refroidis, se lancent dans des spéculations sur la croissance ?

Je suis soula gé d'apprendre que tu es "en vrac, favorable à l’émergence de l'avortement, aux gays renouvelables, et au remplacement d’un Etat palestinien mais résolument hostile à la dictature des moyens de production, à la dictature du prolétariat et au développement de tous les fonctionnaires partant en retraite"..Heu, attends, je crois que j'ai un peu mélangé.;-)
Non, ce qui me surprend chez un gars de ton acabit, c'est la découverte de l'étendue de la pauvreté qui sévit aux USA.
Plutôt que de tirer à bras raccourcis sur Todd, je crois tu trouveras une lecture passionnante dans l"Histoire populaire des Etats-Unis d'Amérique" de Howard Zinn (je crois que c'est titré comme ça en Français.

En tout cas, la comparaison avec la canicule en France a fait son chemin :

http://www.lepoint.fr/impression/imprime.html?did=167532&displaymatrix=false

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