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lundi 15 novembre 2004

Commentaires

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Cher Hugues S.,

Etant une nouvelle fois cité dans ton blog (j'ai effectivement l'impression de te servir d'"outil rhétorique"), je me permets de donner mon sentiment sur ton dernier "commentaire" et tes récentes "vaticinations".

Petite précision en préambule : je ne suis absolument pas "fabiusien" et je pense même que Fabius a désormais peu de chances de représenter le PS à la prochaine présidentielle après sa surprenante erreur stratégique de positionnement sur la constitution européenne (sans préjuger de ses convictions profondes qui, je l'admets, sont difficilement lisibles). Je pense en effet que le "oui" va finalement l'emporter au sein du PS et je ne comprends pas qu'un homme politique aussi chevronné que Fabius ait pu un instant penser le contraire et tenter ce pari fou (alors qu'il lui suffisait de coller à Hollande et à DSK pour tenter de faire valoir son expérience dans la dernière ligne droite).

Ceci étant dit, je pense que ton commentaire repose sur un contresens. Quand Fabius dit que dans l'hypothèse où le "oui" l'emporte au sein du PS, il y aura "une conjonction entre Sarkozy, Chirac et le PS", il ne veut pas dire que le PS se trahira ainsi en s'alliant avec la droite, il fait seulement une analyse politique simple et juste : l'Elysée, le gouvernement, l'UMP et le PS appelleront à voter "oui" au référendum, alors que le PC, l'extrême gauche, les souverainistes et le FN défendront le "non". C'est un fait. Il ajoute d'ailleurs : "Pour moi, ce n'est pas un argument déterminant, mais cela créerait une situation politique extrêmement particulière". Et il a raison, surtout si l'on pense à la réaction, malheureusement connue, des nombreux "mécontents" qui peuplent l'Hexagone et qui risquent de trouver une nouvelle fois dans le vote aux extrêmes l'expression de leur insatisfaction.

Cette "situation politique extrêmement particulière" dont parle Fabius n'est pas sans rappeler d'ailleurs les conditions du référendum sur Maastricht : le principal parti d'opposition, seule alternative de gouvernement, défendra la même position que le parti majoritaire, actuellement au pouvoir. Il faudra donc compter sur "l'intelligence" des électeurs qui devront uniquement se prononcer sur la constitution européenne et non en fonction d'enjeux politiques nationaux.

Par exemple, les électeurs de gauche qui sont mécontents de la politique menée par Chirac et Raffarin, inchangée malgré les sanctions électorales des régionales et des européennes, devront quand même voter comme leur diront de le faire Chirac et Raffarin. Au moment de se rendre aux urnes, il ne faudra pas trop qu'ils pensent qu'ils avaient déjà été obligés de voter Chirac en 2002, après l'"accident" catastrophique du 21 avril...

Je pense que c'est de cette "situation politique particulière" dont parle Fabius et elle est effectivement préoccupante. Cela ne veut pas dire pour autant que le PS doit appeler à voter "non", mais sa campagne pour le "oui" devra néanmoins se distinguer de l'autre campagne pour le "oui" menée par Chirac et Sarkozy. Espérons que les électeurs percevront toutes ces subtilités.

Je pense également par ailleurs que pour représenter une réelle alternative en 2007, la gauche devra présenter un programme, un projet de société et des valeurs clairement distincts de ceux de l'UMP. Et pour gagner, elle devra absolument rassembler toute la gauche. La gauche bien pensante ne doit donc pas se tromper d'adversaire. Aucun candidat de gauche, fût-il DSK (comme dans tes rêves les plus fous), ne pourra gagner sans les voix des électeurs des Verts, du PC et de l'extrême-gauche... Rassembler d'abord son camp : c'est l'une des bases intangibles de la politique.

Yo Michel B. !

Je le sais bien que tu n'es pas fabiusien... Je n'en connais même pas, moi, des fabiusiens. Disons simplement que tu tends à lui accorder le bénéfice du doute et à lui reconnaître un certain courage pour ce que tu perçois comme une démarche "courageuse" (ou suicidaire ?) quand je n'y vois qu'une manoeuvre.

Maintenant, et c'est que je disais dans ma note de ce matin, je ne vois pas comment on peut être aussi certain de la victoire du Oui. Et quand la maison brûle, chercher à distinguer si les uns ou les autres voteront Non en fonction d'enjeux nationaux, de stratégies politiciennes ou de convictions intimes sur l'avenir de l'Europe n'a plus grand intérêt. Le Non est dangereux, le Oui est une nouvelle étape. Je préfère continuer à avancer.

Et l'Europe dans tout ça ?

Dans vos considérations, ce qui est surprenant, c'est que personne ne se pose la question des implications et des enjeux EUROPEENS. Est-ce que vous croyez que l'électeur espagnol, irlandais, portugais ou danois -qui va lui aussi s'exprimer par referendum- se pose la question de savoir s'il doit rejeter le Traité établissant une Constitution parce qu'il a été signé par Jacques C. et J-P Raffarien ?

Pour rappel, le PP d'Aznar se battait bec et ongle pour l'inclusion d'une référence à Dieu et au "christianisme" dans le texte. Cette revendication n'a pas été satisfaite, est-ce qu'il qualifie pour autant le texte de torchon laïc ? Non.

Les autres pays ne vont évidemment pas se déterminer sur la seule position française. Mais outre le fait qu'il suffit d'un refus pour mettre le Traité à la poubelle, le Non de la France a une valeur symbolique évidente (un Non allemand serait du même ordre).

Mais d'une manière générale, on constate que le Non des autres pays est globalement à droite et leur Oui globalement à gauche. Il n'y a qu'en France où le Non rassemble une coalition allant du Parti des Travailleurs au Front National, en passant par l'ensemble des partis de gauche (hors une fraction du PS).

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