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février 2008

01/02/2008

Sainte Marie-Rose, priez pour nous !

Les poux, ces petites bestioles dont la présence en milieu scolaire est aussi emblématique qu'un appel à la grève, ne seraient qu’une « exception française » ? Allons donc !

Epouillage_4 Mon amie Jane K. est mortifiée. Son fiston de dix ans, expédié trois semaines en Californie dans le cadre d’un programme d’échange scolaire, s’est retrouvé, avec une trentaine d’autres petits Gaulois, entre les paluches gantées de latex des pompiers d’Orange County. Son crime : l’importation, fortuite certes, mais néanmoins illégale, de ces petits parasites du cheveu si communs sous nos latitudes, mais virtuellement inconnus outre-Atlantique.

Clairement, cette affaire risque de conforter notre réputation de peuple en délicatesse avec l’hygiène : la contamination des kids locaux par leurs correspondants ayant fait l’effet d’une bombe (de Parapoux). Pour l’Américain moyen, en effet, les poux sont une sorte d’affection dickensienne dont ne sauraient souffrir les rejetons de parents propres et responsables ― une maladie de la crasse et de la misère, quoi, un trouble pour étrangers sous-développés... Pas encore la peste ou le choléra, c’est sûr, mais pas loin...

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02/02/2008

Ponce Pilate, où est ta victoire ?

Ignaz-Philipp Semmelweis devait démontrer, dès 1847, l'impact positif du lavage de mains sur la transmission des agents infectieux. Ignaz qui ?

WashhandsIl est parfois conseillé aux touristes d'éviter, lorsqu’ils séjournent en France, de se laisser tenter par les petites coupelles de cacahouètes ou de mini-bretzels que l'on trouve sur les comptoirs des bars et dans les réceptions mondaines. Une recommandation ne concernant pas les seuls sujets allergiques, que l’absorption de la moindre particule d’arachide risque d’envoyer à l’hôpital le visage déformé par un œdème de Quincke, mais bien tous les étrangers que leurs défenses immunitaires n’ont pas préparés à la rudesse de nos manières.

Plusieurs expériences « scientifiques » démontreraient, en effet, que l’on peut déceler la trace de dizaines d’urines différentes dans la plus minuscule des assiettes apéritives, nos compatriotes négligeant de se laver les mains après être passés aux toilettes et partageant généreusement le souvenir de leur dernière miction avec leurs semblables... En vérité, je ne sais pas si de tels tests ont réellement été pratiqués : les légendes urbaines ont la vie dure et les ressources limitées de nos chercheurs ne leur permettent probablement pas de traîner dans les cocktails. Mais je subodore que l’on peut tout à fait en arriver à de telles conclusions sans mener une vie sociale trépidante.

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03/02/2008

Barrages de caniveau

A défaut d'être pavées d'or, les rues de la capitale sont couvertes de moquette. Et pour une micro-exception, c'est une sacrée micro-exception, Paris étant la seule ville au monde à développer cette surprenante pratique...

RouleauJe me souviens encore de la première fois que j'ai remarqué ces rouleaux de moquette traînant dans le caniveau. Je venais de débarquer à Paris et j'habitais Maison-Alfort, une commune de la banlieue-est doublement réputée pour l'excellence de son école vétérinaire et la puanteur dégagée par l'usine de levure de bière qui la jouxte... Je les avais d'abord pris pour une forme originale et micro-locale d'incivisme : dépôts sauvages de vieux machins comparables à l'abandon sur le trottoir d'une cuisinière déglinguée ou d'un matelas hors d'âge.

En quelques semaines, j'allais pourtant me rendre compte du caractère universel de ces affreux cylindres d'épais tissu retenus par deux morceaux de ficelle, baignant dans la rigole et s'imbibant goulûment de l'eau grisâtre y circulant. Car enfin, la présence à tous les coins de rue ou presque, à l'intérieur comme à l'extérieur du périphérique, de ces rouleaux dégoûtants ne pouvait procéder d'une simple coïncidence ! Non, quelqu'un, quelque part, les confectionnait avec habileté et détermination pour mieux les disperser à travers l'agglomération capitale !

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04/02/2008

Serviettes non comprises

José Bové le sait bien : rien ne ressemble plus à un McDo qu’un autre McDo. Les franchises gauloises n’en ont pas moins développé leur propre style...

Serviettes J’entretiens une relation étrange avec ma boulangère. Oh, rien de sérieux, rassurez-vous, et surtout rien qui ne puisse être évoqué en présence de mon épouse. Mais une relation étrange tout de même, dont les ressorts nous dépassent ― la boulangère et moi. D’ailleurs, elle n’est pas vraiment boulangère. Enfin, pas au sens de la loi 98-405 du 25 mai 1998 sur l’obligation « d’assurer toutes les étapes du processus de panification » pour se prétendre telle... Non, à vrai dire, elle serait plutôt « vendeuse de croissants et de pains au chocolat industriels décongelés à la va-vite » dans le four électrique crasseux de son arrière-boutique. Mais, au moins dans le contexte de cette histoire, baptisons la rombière « boulangère » et passons à autre chose.

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05/02/2008

Des études pour de rire

On accuse souvent les étudiants de nos facs de faire les zouaves. C’est très injuste : ils font surtout les clowns.

Bouglione L'université Louis-Lumière de Lyon vient de prendre une initiative majeure, propre à lui permettre de gravir plusieurs marches dans le prochain classement de Shanghai, équivalent académique de la remise des Oscars. Depuis cette année, il est en effet possible d'y préparer une licence professionnelle de clown.

Trop longtemps abandonné à une poignée d'analphabètes formés sur le tas et d’une manière ridiculement empirique, l'art de faire rire les p’tits zenfants avec un nez rouge et de grandes chaussures est enfin abordé scientifiquement, dans une optique réellement « qualifiante ». Une sélection rigoureuse permet d'ailleurs à la faculté de ne pas ouvrir cette formation à un public insuffisamment ciblé ou motivé : seuls les étudiants ayant déjà suivi deux années d'enseignement supérieur dans des matières proches des arts du clown (lettres, sociologie, anthropologie...) sont encouragés à présenter un dossier...

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06/02/2008

Gestion des stocks en milieu scolaire

En d’autres temps, la France avait su éradiquer la rage. Elle se révèle aujourd’hui impuissante à vaincre la scoliose  endémique chez ses citoyens d’âge scolaire...

Gros_cartable Vous n’êtes peut-être pas directement concerné, mais vous avez certainement remarqué ces malheureux gamins qui, de septembre à juin, peinent à trimbaler d’énormes sacoches multicolores et multipoches. Vous n’êtes peut-être pas directement concerné, donc, mais il est probable que vous ayez vous-même été transformé en bête de somme au moment le plus critique de votre processus de croissance. Vous n’ignorez pas, dans ce cas ― et en dépit du vif intérêt de nos gouvernants actuels pour le rétablissement du travail des enfants ―, que ces portefaix miniatures ne sont pas nécessairement les victimes d’indignes exploiteurs de la jeunesse...

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07/02/2008

Gestion des flux en milieu scolaire

Toutes les 55 minutes, les 5,5 millions d’élèves du secondaire évacuent leur classe en hurlant pour en rejoindre une autre, rigoureusement identique. Quel est le sens de cet étrange rituel ?

Couloir Ce recensement des micro-exceptions françaises nous ayant déjà permis d’étudier la gestion des stocks en milieu scolaire, soit la troublante question du poids excessif des cartables, il était logique d’en arriver à cette autre mini-énigme logistique  de l’organisation éducative à la française : la gestion des flux d’élèves entre deux cours.

Prenons l’exemple d’un collège « moyen » dont l’effectif serait de 450 élèves, répartis sur une quinzaine de classes. Toutes les cinquante-cinq minutes, durée légale d’une « heure » de cours, c’est la totalité de cet effectif qui devra s’élancer à travers les couloirs et les escaliers de l’établissement pour la leçon suivante. Le prof, lui, restera confortablement installé sur sa chaise à feuilleter le catalogue de la CAMIF en attendant sa prochaine fournée d’ados boutonneux...

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08/02/2008

Y a quoi à la télé ce soir ? Ben rien puisqu’on est mercredi. Ou vendredi. Ou samedi...

Soutenir l'industrie du cinéma est une cause légitime. L'organisation technocratique de notre temps libre est-elle le meilleur moyen d'y parvenir ?

Tloche Vous avez certainement déjà constaté, et sans doute avec agacement, que certains soirs de la semaine étaient peu propices à la distraction télévisuelle. Ҫa se passe généralement comme ça : vous rentrez du boulot harassé, vous n’avez pas particulièrement envie de sortir ou de faire un Scrabble et rien ne semble pouvoir vous sortir de la torpeur qui s’est emparée de vous dès la sortie du bureau — pas même l’éventualité d’activités conjugales en horaires décalés.

En fait, la seule chose que vous feriez avec un vague enthousiasme, c’est de vous vautrer sur le canapé du salon en regardant un film à la télé. Oh, n’importe quoi, vous n’allez pas faire le difficile — surtout en début de soirée. Même une rediffusion des Visiteurs avec Christian Clavier ferait l’affaire. C’est dire. Las, votre hebdomadaire télé favori est formel : nous sommes vendredi et vous n’avez le choix qu’entre Arthur, Nikos Aliagas et Patrick Sébastien. A moins que nous ne soyons mercredi ou samedi, l’arbitrage se faisant alors entre Patrick Sébastien, Arthur et Nikos Aliagas...

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09/02/2008

Dis maman, à quoi sert le timbre fiscal ?

Rien ne justifie plus l'usage du timbre fiscal. Sauf, peut-être, la dimension poétique d'un instrument fiduciaire totalement dépassé. Mais la poésie fait-elle partie des attributions du ministère des Finances ?

Timbre_fiscal Considérons un instant ce petit bijou de bureaucratie, ce joyau paperassier, cette survivance d’un autre temps administratif : le timbre fiscal. Sans contester les raisons ayant un jour conduit à l’invention de ce micro-document (les moyens de s’acquitter d’une taxe n’ont pas toujours été aussi variés, du chèque à la carte de crédit, du virement au prélèvement), comment peut-on justifier sa survivance autrement que par un haussement d’épaule blasé augmenté d’un « ben, on a toujours fait comme ça… » ?

Prenons l’exemple de l’établissement d’un passeport. L’administration exige, pour se rembourser des frais engagés par la collectivité dans cette opération, un écot de 60 euros. Ok, pourquoi pas. Il faut bien manger et rester propre. Mais attention, pas question, pour régler ce montant, de recourir aux modes d’échanges fiduciaires cités plus haut — ni même à l’argent liquide, ce serait trop simple. Non, il faut préalablement se procurer un timbre fiscal dans un bureau de tabac ou dans un centre des impôts.

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10/02/2008

L'homme qui a vu l'ours

C'est sympa, la campagne, les arbres, les fleurs, tout ça.... Le seul problème, c'est qu'il y a des bêtes. Mais que fait le gouvernement ?

Yogi La Lozère est un département charmant, très apprécié des Britanniques auxquels les locaux se font un devoir de céder leurs granges dilapidées au prix d'une villa sur les hauteurs de Saint-Tropez. C'est qu'il y fait bon vivre, dans l'ancien « Gévaudan » : un vrai petit paradis rural protégé des horreurs de la vie moderne par son isolement routier et la faiblesse de sa démographie (15 habitants au kilomètre carré).

Enfin, il y fait bon vivre aujourd'hui. Et il aurait été bien difficile de trouver le moindre investment banker en rupture de City à qui fourguer une longère « à rafraîchir » dans les années 1764-1767, période à laquelle une version languedocienne du loup-garou terrorisait les populations de Mende à Florac. Il faut dire que la bestiole était une sacrée nuisance, avec sa manie d'égorger sauvagement brebis et paysans avant de les dévorer tout crus. Même ce bon Louis XV, alerté par la baisse des recettes touristiques, avait fini par s'en émouvoir, dépêchant alors une escouade d'arquebusiers en renfort des pandores du coin...

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Mais qui est donc Hugues Serraf ?

Et où va-t-il chercher tout ça ?

  • www.com-vat.com
    "Commentaires & vaticinations", le blog de l'auteur. Politique et trucs en vrac...

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Il n'est pas le premier !

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