Ce coup-ci, pas de doute, l'été est vraiment terminé. Mes occupations estivales ― professionnelles ou ludiques ― définitivement derrière moi, je reprends le chemin du blog comme d'autres celui de l'école (il y a bien des gosses qui aiment l'école, non ?).
Les reproches qui me sont régulièrement adressés, en commentaires ou par mail, lorsque je m’autorise une escapade sur le terrain de la futilité ne me font, clairement, ni chaud ni froid. Ainsi, lorsque l’idée me vient de consacrer une note au port de la sandale quand mes lecteurs ― enfin, certains de mes lecteurs ― m’attendent sur le délicat sujet du Contrat Nouvelle Embauche, les réactions indignées se font rarement attendre.
Alors que les colons israéliens se retirent de Gaza, que flambent les squats sordides de l’est parisien, que s’exacerbent les querelles intestines du PS à La Rochelle, que se négocient les constitutions irakiennes, que se renchérissent les barils d’hydrocarbures, que mergiture la Louisiane, com-vat.com, lui, se préoccupe de déterminer si, oui ou non, se promener en galoches dominicaines est un moyen acceptable de lutter contre les conséquences du refus américain de ratifier le protocole de Kyoto ! Franchement, l’agacement des habitués des rubriques Europe ou Politique est plus que compréhensible.
Mais c’est ainsi, je n’y peux rien… L’inspiration étant ce qu’elle est, le développement d’une analyse originale et coruscante sur les moyens de mettre un terme aux malheurs du monde n’obéit chez moi à aucune règle, à aucun diktat. Et si c’est vers l’interdiction des cendriers sur les zincs parisiens ou celle des poignées dans le métro parisien que la muse m’entraîne, so be it. Si vous n’aimez pas, n’en dégoûtez pas les autres. Et si personne n’aime, où est le problème ? Le Web regorge de sites capables de répondre à d’aussi légitimes attentes.
En tout état de cause, je reviens au blog après une interruption estivale imposée par un étonnant cocktail de travail acharné et de micro-vacances, bien décidé à poursuivre le développement d’une expérience passionnante dont je fêterai bientôt le premier anniversaire. Les projets de notes, les idées d’articles, les concepts inédits d’exploitation de ce « merveilleux outil de communication », comme dirait Loïc le Meur dans le cadre d’une interview exclusive accordée à Micro-Hebdo, sont de toute façon si nombreux que les textes sérieux seront fatalement au rendez-vous. La seconde livraison de ma note sur les heurs et malheurs de la discrimination positive à l’embauche finira donc par être publiée, de même que mes considérations sur la nécessité d’un schisme au sein du socialisme français.
Mais surtout, je reviens au blog avec un niveau de décontraction que je ne m’étais pas autorisé jusqu’à présent, mon statut IRL de journaliste m’ayant souvent conduit à respecter un certain nombre de règles pourtant sans objet sur un blog. « Linker » ses chiffres et statistiques, adosser ses analyses aux meilleures sources… tout ça est bien fastidieux. Et lorsque vos détracteurs se fichent éperdument de la qualité de vos arguments et privilégient les confrontations de dogmes sur les débats politiques ou économiques, le recours aux histogrammes de l’INSEE ou de l’OCDE n’a plus vraiment lieu d’être. La mauvaise foi, à chaque fois qu’elle me permettra d’appuyer une démonstration, sera donc d’usage – éventuellement confortée par une source électronique censément crédible mais malheureusement inaccessible sans Carte Bleue.
Autre nouveauté sur com-vat.com, l’apparition d’un répertoire pointant vers quelques-uns des blogs que je consulte sur une base réellement régulière, l’idée étant que, à l’instar des recommandations croisées des grands libraires en ligne, certains d’entre vous puissent être intéressés par d’aussi disparates combinaisons. La Critique de la raison pure m’ayant un jour été suggérée par Amazon alors que je m’informais des tarifs d’un CD de Leonard Cohen, au motif que les lecteurs du premier apprécient parfois le second, les interrogations existentielles de Vinvin pourraient attirer les amateurs de données sur la « valeur travail des Français » selon Emmanuel (celui de Ceteris Paribus, pas celui de la Critique de la raison pure, qui n’est pas dans mon blogroll).
Mais avant de conclure cette note de rentrée, l’affaire des sandales étant définitivement derrière nous, permettez-moi de rassurer les beta-testeurs de « Commentaires & vaticinations : ze book », anxieux de savoir où en sont Albert et son canari. La prochaine livraison est quasi prête et leur sera adressée automatiquement. Les petits nouveaux souhaitant faire connaissance de ces étonnants personnages peuvent néanmoins recourir à la procédure déjà explicitée dans ces colonnes : ils seront livrés en même temps que leurs camarades plus expérimentés.
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