Google Maps condamné pour cartographie déloyale sur la plainte d’un concurrent français : parfois, on a presque envie de défendre Goliath contre David…
Surprenante, la décision du tribunal de commerce de Paris de condamner Google Maps suite à la plainte d’une boîte française de cartographie. Je ne connais pas grand chose au droit de la concurrence, mais l’idée qu’il soit possible d’interdire la fourniture gratuite d’un service au prétexte que d’autres cherchent à facturer exactement la même chose a quelque chose d’un peu dérangeant.
Bottin Cartographes reprochait en effet au géant US de mettre ses cartes et ses systèmes de géolocalisation à la disposition gracieuse du public et des professionnels et de se rémunérer sur la pub. On comprend que ça soit casse-pied, surtout si c’est tout ce que l’on à vendre soi-même, mais de là à obtenir 500 000 euros de dédommagement (en sus d'une amende de 15 000 euros)…
S’intéressant à d’autres univers ― la presse, les petites annonces ― le même tribunal serait sans doute fondé à condamner Atlantico pour concurrence déloyale à l’égard de ses confrères de papier vendus en kiosque et le "Bon coin" pour méchanceté à l’égard de feu Paris Boum-Boum et ses vendeurs payants de clic-clacs d'occasion.
Bon, pour le coup, c’est davantage pour abus de position dominante que Goliath est puni (et Atlantico n’en est pas encore là bien que l’avenir lui appartienne), mais tout de même !
Google, qui fait appel, réfute d’ailleurs toute idée d’absence de concurrence dans ce domaine, même si l’on se doute que se bagarrer contre Google Maps n’est pas exactement une bonne idée pour qui craint d’en prendre plein la figure. Dans l’attente d’une seconde décision, ses juristes doivent toutefois bien se fendre la poire : le tribunal lui impose de publier sa condamnation dans cinq quotidiens traditionnels mais ignore totalement la presse en ligne. Si c’était pour mettre les utilisateurs de Google Maps au courant, c’est râpé.
Les Indiens se seraient décidés à casser leur tirelire pour s'offrir 126 avions de chasse. Cette TVA sociale, c'est vraiment de la bombe !
Alléluia ! Ce coup-ci, c’est le bon : Dassault a vraiment réussi à le fourguer, son Rafale ! Et pas juste deux-trois modèles d’entrée de gamme sans peinture métallisée ni phares au xénon. Non, carrément une flotte de 126 appareils toutes options pour un montant faramineux de 12 milliards de dollars (en euros, ça ne fait plus que 9 milliards donc comptons en dollars pour nous sentir plus riches ― voire en francs, puisque c’est de nouveau la mode)…
Et qui sont les heureux clients de cette espèce d’interminable sitcom industriel ? Les Indiens, qui en ont besoin pour si vis pacem para bellum avec les Pakistanais et préfèrent menacer français plutôt qu’américain ou suédois.
Avouez que ça fait plaisir même si, depuis l’affaire brésilienne, on a appris à être prudent sur la capacité du vieux Serge à faire autre chose que simplement causer business. Et aussi parce que franchement, on commençait à douter du storytelling tricolore de rigueur (« les avions français sont les meilleurs du monde, mais personne n’en veut pour d’obscures raisons géopolitiques et de pressions yankees »)…
D’autant plus que ça va peut-être clouer le bec de David Cameron, qui s’est permis de rappeler que l’industrie britannique n’était pas plus en carafe que la nôtre, juste aussi naze (c’est vrai, mais ça n’est pas une raison pour remuer le couteau en inox made in France dans la plaie). Il en a même profité pour inviter la Société Générale et la BNP à venir s’installer à Londres pour fuir la taxe sur les transactions financières que notre leader ultralibéral souhaite mettre en place.
Bah, les banques traverseront peut-être la Manche, mais nous garderons nos chaînes de montage d’avions de chasse !
Enfin, il faut le dire vite parce que ça non plus, ça n'est pas si certain : des 126 coucous, seuls 18 seront construits ici, les Indiens s’occupant d’assembler les 108 autres histoire d’apprendre comment on fait et ne plus avoir besoin de nous la fois prochaine. D’ici à ce que nous perdions et les usines et les banques, il n’y pas loin.
Mais bon, trêve de défaitisme. L’heure est à la victoire et même les Suisses pourraient eux aussi changer leur missile d’épaule et se laisser tenter (mais c’est d’après Le Figaro, qui est imprimé dans les mêmes usines que les avions alors il faut se méfier). D’accord, Pierre Lellouche a un peu douché l’enthousiasme des traders ayant immédiatement propulsé l’action Dassault vers la stratosphère en précisant qu’il restait encore des trucs « à finaliser » ici et là (sans doute le montant des rétro-commissions pré-électorales, persifleront les mauvais esprits) mais y a pas à dire, cette TVA sociale, sacré booster !
L’INPS confirme que travailler est à la limite du supportable et stimule les addictions mais qu’être au chômage, c’est pire. On ne va pas en sortir.
C’est dingue le nombre de gens qui souffrent d’une addiction ou d’une autre, dans notre pays de flippés. Et je ne parle pas des antidépresseurs dont nous sommes les champions incontestés de la consommation avec autorisation médicale (et bénédiction du trou de la Sécu) mais bien d’accoutumance pathologique à une « substance psychoactive » ― comme on dit dans le jargon des épidémiologistes.
L’INPS (Institut National de Prévention et d’Éducation à la Santé), parce que c’est sa mission mais aussi parce que ça donne matière à des chroniques désabusées dans les journaux, évalue d'ailleurs à 19% la proportion des Gaulois « actifs » ayant du mal à se passer d’un petit remontant liquide pour supporter la vie au boulot (six verres ou plus en une seule occasion) !
Et ça n’est pas une estimation au doigt mouillé mais le fruit d’une étude portant sur 27 654 personnes (autant dire tout le monde à l’heure où le chômage est au plus haut).
Notez que la grosse trouvaille de l’INPS, ce n’est pas tant la proportion d’addicts dans le monde du travail mais plutôt la prévalence des addictions par secteurs d’activité. Cinq branches spécifiques (bâtiment, information-communication, restauration, arts et spectacle, agriculture) trustent en effet toutes les premières places, qu’il s’agisse de la consommation excessive d’alcool et de tabac mais également de cannabis, de cocaïne, d’ecstasy, d’amphétamines, de poppers ou de champignons hallucinogènes.
Dans le même temps, c’est chez les enseignants, les fonctionnaires administratifs et les personnels de ménage que l’on repère les comportements les plus vertueux. Hum, un cynique qui n’aurait pas repéré les employés de nettoyage dans la liste suggérerait sans doute que ce sont aussi les travailleurs moins stressés par nature…
Autre indication remarquable : les femmes restent largement sous-représentées chez les addicts, y compris dans les professions où les paradis artificiels sont particulièrement populaires. On suppose qu'elles doivent avoir besoin de garder la tête sur les épaules pour leur boulot d’après le boulot.
Mais si le travail est à ce point insupportable, en être privé pourrait apparaître comme un formidable tremplin vers la désintoxication (après tout, tout le monde ne peut pas être prof ou agent de préfecture). Que nenni, répond l’INPS qui constate que la perte de son job renforce au contraire les conduites addictives.
Les concurrents de Free Mobile l’accusent de n’être qu’un passager clandestin sur leurs réseaux. Avec un million d’abonnés glanés en une semaine, il aurait effectivement tout compris…
C’est la dernière rumeur à la mode, le coup de pied de l’âne des opérateurs de téléphonie mobile au « new kid on the block » : Free ne disposerait pas d’un réseau réellement fonctionnel et se contenterait de faire circuler les communications de ses clients sur les infrastructures d’Orange (avec lequel il possède un accord d’itinérance).
Ça serait embêtant, parce qu’avec son quasi million d’abonnés recrutés en une semaine, le Robin des bois du GSM, qui pique de la bande passante aux riches pour la donner (littéralement) aux pauvres, tiendrait plus de l’opérateur virtuel que du briseur de monopole…
« Pff... N’importe quoi », ricane-t-on en substance à l’ARCEP, l’autorité chargée de réguler le secteur, qui vient tout juste de valider « l’objectif de couverture à 27% de la population » imposé au nouvel entrant pour son démarrage.
Des huissiers auraient pourtant été envoyés se promener dans les rues à la recherche d’un signal Free Mobile et seraient revenus bredouilles, affirme Le Figaro, le réseau n’étant toujours pas « allumé ». « Des huissiers ? C’est pas nous ! », protestent toutefois de concert SFR, Bouygues et Orange, qui n’aimeraient surtout pas passer pour les adversaires d’une concurrence libre et non-faussée ― comme on dit du côté de Bruxelles.
Xavier Niel, lui, garde son calme et dément formellement les rumeurs, le fonctionnement de son réseau « se vérifiant facilement ». Il faut dire que, dans le cas contraire, Orange serait effectivement fondé à dénoncer son accord, mettant son compétiteur dans une sacrée panade. Ce qu’il se garde bien de faire.
Mais qu’importe, allumé ou pas, le réseau Free Mobile, qui a bien le droit d’avoir ses bugs de mise en route, a déjà suffisamment mis le feu à l’oligopole pour déclencher une avalanche d’offres à prix plus fracassés les uns que les autres. Certainement de quoi me donner envie d'aller lui filer mes deux euros par mois, passager clandestin ou pas. Et si mes appels continuent de transiter par Orange, no problemo : moi aussi j'ai tout compris.
Les victimes masculines de PIP n'intéressent pas grand monde. Et le cancer du testicule encore moins.
C’est étonnant, mais l’info selon laquelle nos amis de chez PIP garnissaient également des prothèses de pectoraux et de testicules avec du joint de double-vitrage est passée totalement à l’as.
On aurait pu croire qu’une révélation aussi croustillante fasse les gros titres au moins quelques jours durant, mais non : c’est à peine si le scoop du Parisien a été repris par les confrères. D’accord, les volumes (de vente, ne commencez pas s’il vous plait !) sont sans doute encore assez marginaux, mais tout de même…
C’est un peu comme avec les hommes battus par leur femme, ça. Omerta totale. D’autant plus qu’un mauvais esprit pourrait inférer que ce sont les mêmes, les tabassés domestiques et les amateurs de gonades artificielles.
Après (brève) enquête, les possesseurs de testicules bioniques ne sont pourtant pas plus vains ou moins honorables que l’immense majorité des adeptes du sein gonflé à l’hélium. Et c’est souvent après un cancer qu’ils en passent par cette étape de reconstruction chirurgicale légitime d’un organe passé par profits et pertes (pour les pectoraux factices, la faculté est évidemment moins complaisante).
Le truc, c’est qu’ils ont tout de même tendance à se faire discrets dans les manifs anti-PIP et sur les plateaux de télé, l’admission d’un déficit de virilité ― ou plus exactement de quelque chose qui pourrait être perçu comme l’admission d’un déficit de virilité ― étant médiatiquement moins acceptable que son équivalent féminin. Avoir besoin de gros seins pour s’assumer en société, OK. Avoir besoin de roubignolles présentables pour aller à la pistoche, maintenant que les bermudas flottants y sont prohibés, no way…
Notez que le silence des médias peut être interprété de manière assez différente selon le regard que l’on porte sur la société française : soit la presse est aux mains d’un gang de machos refusant de s’étendre sur les malheurs de frangins qu’ils ne trouvent pas à la hauteur ; soit c’est plutôt la victoire d’un féminisme radical qu’il faut incriminer, les victimes masculines de Jean-Claude Mas n’étant dignes d’aucune compassion.
C’est au tour des Anglais de découvrir que 80 000 prothèses PIP ont été posées chez eux. Nous n’exportons plus grand chose mais lorsqu’on le fait, c’est remarqué…
A l’heure où nos élites se triturent les méninges pour relancer le Made in Gaule, l’exportation et l’innovation industrielle dans ce cher et vieux pays, l’affaire PIP devrait en faire roucouler plus d’un… Car enfin, dans le registre de la success story à l’américaine, c’est certainement ce qui s’en approche le plus sous nos latitudes !
Il y a tout ce qu'il faut là-dedans : un autodidacte visionnaire et ambitieux (Jean-Claude Mas, spécialiste de la bidoche puisqu’il a démarré dans la vie comme charcutier), inspiré par le charisme télévisuel de Pamela Anderson, se lance dans la fabrication de prothèses mammaires dans un patelin varois surtout connu pour ses chantiers navals en déshérence et devient le troisième acteur mondial du secteur en une quinzaine d’années à peine…
Elles sont partout, ses prothèses low-cost. En France bien sûr, c’est bien la moindre des choses, mais aussi en Grande-Bretagne, en Italie, aux États-Unis, en Argentine, au Venezuela, dans la jet-set, chez les caissières de supermarchés… 65 pays en tout : un immense succès, on vous dit.
D’ailleurs, on l’aurait laissé tranquille, notre Steve Jobs du bonnet D, qu’il aurait justement pu en rester un (de gros bonnet) et transformer la Seyne-sur-Mer en authentique vallée du silicone. Mais patatras, tout s’effondre : parce qu’il s’est rendu compte qu’il existait un moyen de faire baisser les coûts en remplaçant un produit par un autre, ni vu ni connu j’t’embrouille, le monde entier lui tombe dessus au prétexte que du joint de salle de bain ça ne reste pas en place dans un nibard.
Quelle mesquinerie !
Ah, qu’est-ce que vous voulez, on a vraiment un problème avec l’innovation. C’est comme avec le Mediator. On a un labo qui fabrique des coupe-faim tellement efficaces que les gens qui les prennent finissent par ne plus avoir besoin s’alimenter du tout et au lieu de s’en féliciter, c’est l’hallali...
Mais les Chinois, vous pensez qu’ils se prennent le chou avec de pareilles vétilles ? Allons donc, on ne devient pas l’usine du monde sans biberons aux phtalates, canapés qui donnent de l’eczéma, ou chaussures qui font puer des pieds… Il faut faire des choix. Et si la France veut vraiment récupérer son rang dans le concert des nations qui ont des trucs à vendre, ce n’est pas avec des TGV (tout le monde en fait, désormais), des avions de chasse (personne n’en veut) ou des centrales nucléaires (tout le monde en fait et personne n’en veut, sur ce coup) qu’on va réindustrialiser la Creuse.
Franchement, un tel manque de pragmatisme, ça fait mal aux seins...
Les meilleures écoles de commerce et de management d'Europe sont françaises. Mais quel est donc le secret de leur réussite ?
Croyez-le ou non, la France compte quelques unes des meilleures écoles de commerce et de management d'Europe (et carrément du monde pour certaines d'entre elles) !
Année après année, le classement du FinancialTimes, qui est un peu l'équivalent thématique du classement de Shanghai pour les universités ― vous savez bien, celui où nous sommes régulièrement humiliés ―, assure que HEC, l'INSEAD, l'ESSEC ou l'ESCP font la course en tête et laissent littéralement sur place leurs homologues des pays voisins...
C'est bien simple : s'il y avait un championnat d'Europe des business schools modelé sur celui du foot, la France serait l'Espagne et l'Angleterre serait, hum, l'Angleterre, ce pays étant à peu près aussi bien pourvu que le nôtre en centres de formation de porteurs d'attaché-cases en croco.
Le truc c'est que l’Angleterre, on s'y attend un peu, à les trouver là. Business school, attaché-case, c'est bien de l'anglais, non ? Bon OK, attaché-case, en fait, c'est du franglais mais vous voyez ce que je veux dire, ne jouez pas au plus malin...
Donc la France possède quelques une des meilleures écoles de commerce de la planète et même les deux premières toutes catégories pour le Vieux-Continent. Ah, ils font moins les malins, les Allemands, dont la star du genre, WHU, pointe timidement à la 20e place, à égalité avec l'EM Lyon, une école dont il faut pourtant vraiment être du sérail pour avoir entendu parler (ou être de Lyon, d'accord)...
Je ne veux pas faire de mauvais esprit, ou plutôt oui, je tiens absolument à en faire, mais il y a tout de même quelque chose d’un poil ironique à former des cadres sup de première division avant de les envoyer bosser dans des entreprises de second ordre. A moins bien entendu qu'ils n’imitent leurs cousins des centres de formation du foot et, diplôme en poche, se dépêchent de filer dans les pays où le talent managérial est davantage en demande...
Car enfin, si la France et l'Angleterre avaient vraiment les meilleurs managers du monde et les Allemands les pires, Peugeot s'appellerait Porsche et Rover Mercedes, non ?
Le truc, c’est qu’alors que l’on classe les universités sur la base de la qualité de leur recherche, leur densité de prix Nobel au mètre carré ou le nombre de publications de leurs ouailles dans les grandes revues scientifiques, c’est le salaire des diplômés et la rapidité de sa progression qui fait vibrer le jury du Financial Times. Ce qui, pour résumer, signifie qu’une business school haut de gamme est une business school qui fait gagner un maximum de pognon à ses élèves. Un MBA de l’INSEAD de Fontainebleau, par exemple, c’est 147 000 dollars par an dès la première année de boulot, par exemple.
C'est bien le moins, direz-vous, compte tenu des frais de scolarité maousses qu’elles exigent en en contrepartie mais ça refroidit tout de même un peu question bénéfice pour le pays qui les héberge, ces top-écoles. Bah, pourquoi bouder son plaisir : nous avions déjà le plus grand nombre de millionnaires d’Europe, n'étions pas trop mal placés dans le classement Forbes des plus grandes fortunes mondiales et, en cette période où les raisons de chanter cocorico se font rares, c’est toujours ça de pris. Allez, je me ressers un peu de caviar...
Un site de rencontre se charge de “chatter” vos futures conquêtes à votre place et vous épargne des heures de conversations humoristico-romantiques à l’issue incertaine. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
Un violoniste grippé descend chez son concierge et lui demande le service suivant :
― Je ne suis pas dans mon assiette et je ne suis vraiment pas en état d’assurer mon concert de ce soir, ça ne vous dérangerait pas de me remplacer ? Si je n’y vais pas, c’est sûr je suis viré... ― Qui moi ? Mais je ne sais pas jouer du violon enfin... ― Pas de problème, ça se fait tout le temps. Il y a une trentaine de violonistes dans l’orchestre, il suffit de faire semblant et personne ne s’en rendra compte...
Le concierge qui pense à ses étrennes et trouve l’idée marrante, après tout, accepte, enfile le smoking du musicien et file à l’opéra. Il s’installe avec les seconds violons, prêt à faire son cinéma. Le chef arrive, lève sa baguette et... rien. Pas un son. Sur la scène, il n' y a que des concierges.
Bon, l’histoire ne tient pas debout, évidemment, les probabilités qu’un aussi grand nombre de concierges soient exactement de la même taille qu’un aussi grand nombre de violonistes et puissent se glisser dans autant de smokings étant proches de zéro mais pour le reste, c’est crédible.
La preuve ? Un site de rencontre pour gens pressés propose désormais un service de séducteur(trices) par procuration permettant de s’épargner des heures de dialogues bourrés d’humour et de romantisme avec des dizaines de partenaires potentiels(ielles) et d’en venir directement au fait. C’est vrai quoi, on discute avec une nana toute une soirée, on rate Marseille-PSG sur TF1, on la rebaratine toute la semaine pile pendant le JT et pourquoi ? Pour rien peut-être si elle est mal lunée et incapable de se décider rapidement à passer à la casserole (après un délicieux repas à l’Hippopotamus, bien sûr, on n’est pas des bêtes).
Non, avec ce nouveau service, on ne débarque que lorsque le fruit est mûr pour être cueilli. Un étudiant en littérature famélique, payé 9 euros bruts de l’heure même les soirs de foot, s’est chargé de causer Ronsard, Picasso et Comencini le temps qu’il fallait avec votre prochaine conquête pour la convaincre de ce que vous étiez vraiment un type formidable !
Le risque existe, malheureusement, si le système s’emballe, de retrouver deux étudiants pauvres en conversation l’un avec l’autre. A moins qu’ils n’aient eu la riche idée de se faire remplacer par leur concierge respectif ce jour-là mais, à 9 euros de l’heure, c’est pas gagné...
On rigole on rigole, mais l’idée n’est pas si saugrenue. Il existe déjà des moyens de faire trimer des gens à votre place dans des jeux en ligne afin de faire progresser un score et de franchir des paliers de difficulté sans avoir besoin de passer des plombes derrière un clavier. Alors la drague speedée dans ce genre, hein...
Je trouve toutefois que l’on ne va pas assez loin et que s’économiser quelques “chats” sur le Web, c’est encore trop timide. Eh oui : il faut sortir avec l'heureuse élue, rester au niveau conversationnel requis pendant le dîner (et ces petits cons d’étudiants, ils risquent d’avoir placé la barre assez haut) pour finir par une nuit de gymnastique un peu glauque dans un hôtel bon marché près de la gare du Nord.
Tout ça pour ça ?
Le vrai progrès, ce sera plutôt lorsqu’un site de Web 3.0 vous économisera jusqu’à cette ultime corvée et vous permettra de rester à la maison sans vous soucier de savoir si oui non vous l’auriez franchi, le dernier palier. Hum, mais ça viendra, j’en suis certain. Et là, ce sont les concierges qui vont s’éclater. Ou pas.
La couleur de Paris, c’est le vert. Le vert des conteneurs à ordures encombrant ses trottoirs. Les technologies d’aspiration aideront-elle la capitale à jeter cette terrible spécificité à la poubelle ?
Le truc que les touristes remarquent le plus à Paris ― et qui n’est pourtant jamais mentionné dans les guides, même les moins complaisants ―, ce sont les poubelles. Elles sont partout, les poubelles. Partout et tout le temps.
Le soir, parce qu’ils n’ont pas encore été vidés, les conteneurs en plastoc de l’ami Delanoë encombrent les trottoirs et débordent d’ordures ménagères soigneusement triées par une armée de bobos ne reculant devant aucun sacrifice pour réduire leur empreinte carbone.
Le matin, parce qu’ils n’ont pas encore été récupérés par les derniers concierges toujours pas remplacés par des codes de porte, ils offrent leur béance odorante au regard du passant, les éboueurs se donnant rarement la peine de leur refermer le clapet…
Le pire, c’est lorsque vous prenez un pot en terrasse avec votre nouvelle conquête Meetic ― Paris est simultanément la capitale des tables de bistrots d’extérieur chauffées au gaz naturel et des poubelles sur les trottoirs ― et que vous vous retrouvez coincés entre un conteneur à couvercle jaune (pour les déchets recyclables) ou vert (pour tout le reste sauf le verre).
On a connu plus romantique.
C’est assez curieux parce que Paris est à peu près la seule ville en France à exposer à ce point ses poubelles. A part Marseille, peut-être, même si la cité phocéenne préfère étaler directement ses déchets sur les trottoirs, histoire d’économiser sur l’achat de conteneurs…
«Vous êtes un peu dur, grommelle François Dagnaud, adjoint chargé de la collecte et du traitement des déchets auprès du camarade Bertrand. S’il y a toutes ces poubelles, c’est justement parce que Paris est l’une des seules grandes métropoles au monde à les ramasser tous les jours. Ce n’est pas le cas de Londres, par exemple. En fait, dans une ville aussi densément peuplée, si le service est de qualité, vous verrez fatalement beaucoup de conteneurs et de camions pour les vider… »
OK, OK. Dont acte. Mais est-ce que ça peut changer? Est-il possible qu’un jour, les trottoirs soient rendus aux piétons, aux scooters à trois roues et aux crottes de chiens inexorablement chassés par l’extension du domaine des ordures?
Assurément. «Help is on the way», comme aimait bien dire Obama avant de baisser les bras.
Ainsi, et des années après la flopée d’agglomérations espagnoles (Barcelone, Bilbao, Pampelune, Valence…) déjà équipées, Paris va enfin tester la collecte des déchets «par aspiration», seul moyen de faire un sort définitif aux conteneurs en goguette.
Le principe de base: un réseau de tuyaux souterrains relie votre immeuble à un centre de tri, vos pots de yaourts vides et autres épluchures de légumes effectuant leur ultime voyage «pneumatique» à 70km/h après avoir été précipités dans une sorte de vide-ordures à la Star Trek...
Formidable, non ? Mais pourquoi avoir attendu si longtemps?
― On n’a pas attendu «si longtemps». On a juste attendu que ce soit possible financièrement et pratiquement. Paris est une ville dont le bâti est très ancien et dont le sous-sol est déjà très encombré par de nombreux réseaux. C’est pourquoi nous allons d’abord tester la collecte par aspiration sur le nouveau quartier de Clichy-Batignolles (XVIIe arrondissement), où elle sera d’emblée intégrée aux infrastructures…
― Ce n’est pourtant pas la première ZAC parisienne; tout de même! Vous auriez pu faire ça du côté de la Grande Bibliothèque, par exemple…
― Oui, mais ces projets ont de nombreuses implications. D’abord, faire disparaître les poubelles et les camions, ça revient cher: pour les 8.000 habitants (à terme) des Batignolles, le système va coûter 21 millions d’euros. Mais il y a aussi la dimension sociale puisque c’est l’équivalent de six à huit tournées de camions qui disparaissent et donc les emplois d’éboueurs qui vont avec…
Tout juste Auguste. Ce qui n’empêche pas plusieurs communes communistes de banlieue de se lancer dans l’aventure avec l’enthousiasme des convertis, Vitry et Romainville en tête. «Bah, changer c’est toujours bouleverser un peu, lâche d’ailleurs un Dagnaud spécialiste des poubelles et philosophe. Et c’est aussi être capable de flexibilité dans la mise en place de systèmes de ce genre. Par exemple, le nouveau Tribunal de Grande Instance qui sera installé dans la ZAC continuera de voir ses déchets enlevés par camions parce qu’il s’agit surtout de documents confidentiels et qu’ils ne peuvent pas être mis avec le tout-venant…»
― Mais le tout-venant, justement, il sera récupéré comment concrètement?
― Eh bien nous allons installer 200 bornes de collecte, dont 180 à l’intérieur même des immeubles. C’est important car, dans certains pays, on fait plutôt le choix de bornes collectives en extérieur mais ça suppose un civisme dont les Français manquent peut-être un peu…
― Mais non voyons, quelle idée! Et si c’est un succès, que tout le monde est content, que la vie est (pou)belle, on étend ça à tout Paris ?
― Mouais… On va d’abord attendre d’évaluer cette expérience, laquelle ne démarre qu’en 2013. Ensuite, on verra. Mais avant que l’on puisse installer des tuyaux d’aspiration dans le Marais ou dans les quartiers où existent encore des immeubles datant du Moyen-âge, il va se passer un certain temps même si c’est sans doute l’objectif à très long terme.
«A très long terme»? Hum, dans l’intervalle, vous pourrez toujours aller prendre un pot en terrasse dans une rue super-clean des Batignolles, avec votre fameuse conquête Meetic. A moins qu’elle ne préfère le Marais et ses conteneurs pittoresques, évidemment. Avec les nanas, on ne sait jamais.
Ce n’est pas parce qu’ils n’ont jamais rencontré un Américain que les extra-terrestres n’existent pas. La soupe aux choux, c’est un plat de chez nous !
Je les trouve assez gonflés, à la Maison-Blanche ! L’impérialisme yankee dans toute sa splendeur…
En gros, ils ont confirmé qu’en dépit de toutes ces histoires de Roswell et autres triangle des Bermudes, il ne s’était jamais rien passé qui vaille la peine d’être examiné par telle ou telle National Agency for the Study of Strange Things et que les paranoïaques obsessionnels et autres théoriciens du complot n’avaient plus qu’à filer se laver les pieds…
Bon, je ne m’étendrai pas outre-mesure sur l’absence de pertinence d’une telle déclaration : si les États-Unis dissimulent effectivement des informations sur les aliens depuis des décennies, ce n’est pas un mail groupé de 17 000 illuminés qui va les faire changer d’attitude.
Un secret qui se divulgue sur demande, ça n’est plus vraiment un secret.
Je ne m’étendrai pas davantage sur la logique tordue des pétitionnaires qui, s’ils pensent que le gouvernement leur a toujours menti et leur ment à nouveau sur ce coup, auraient pu s’épargner une initiative vouée à l’échec.
Tout ça, on s’en fiche. Ce sont des trucs de Ricains. Ils ne fonctionnent pas comme nous et on aimerait d'ailleurs voir l’Élysée répondre aussi sérieusement à un courrier de l’amicale des raëliens de la Gironde exigeant la fin du secret sur la recette de la soupe aux choux !
Ce dont on ne se fiche pas, en revanche, c’est de cette idée que si les Martiens, les Vénusiens ou les Alphaducentauriens devaient contacter un Terrien, il s’agirait nécessairement d’un Américain ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?!
Ce n’est pas parce que le grand catalogue des clichés science-fictionnesques nous enseigne qu’un extra-terrestre ― que ses intentions soient bonnes ou mauvaises ―, commence invariablement son séjour par les États-Unis que ça doit se passer comme ça dans la réalité.
D’ailleurs, si j’étais moi-même un extra-terrestre en goguette et que je me préparais à prendre le contrôle d’une petite planète bleue et provinciale, je ne me pointerais pas chez les gens les mieux préparés au conflit par Orson Welles et Steven Spielberg. J’essaierais plutôt d’aborder par la Belgique ou l’Italie, où les gens ne s’étonnent plus de rien et seraient même enchantés de voir que quelqu’un a vraiment envie de les gouverner…
Non, à la réflexion, cette réponse aux pétitionnaires ne prouve rien du tout. Au pire qu’on leur ment, au mieux que les Martiens n’ont jamais posé un tentacule à Washington et que c'est du côté de Clermont-Ferrand qu'ils se posent le plus souvent !
Allez, je lance la pétition et je vous tiens au courant : www.elysee.fr
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