Le récépissé de harcèlement de rue, calqué sur celui des contrôles d’identité de la police britannique, peu aider à rendre cette pratique moins dérangeante.
Cette affaire de harcèlement de rue est terrible, mais j’entends dire que ce n’est pas tant le mec relou isolé qui dérange et plutôt la multiplication des mecs relous. « Une réflexion grotesque ça va encore, m’assurent d’ailleurs mes camarades à double-chromosome X, mais au-delà d’une dizaine pour parcourir 25 mètres, la tension monte ».
Une solution existe pourtant, qui doit au moins être envisagée histoire de se dire qu’on aura tout essayé. Ainsi, pourquoi ne pas instaurer le principe de la délivrance d’un récépissé de harcèlement de rue par le harceleur, ainsi que la mise à disposition de son numéro matricule de harceleur à la harcelée ?
Car enfin, même le plus enthousiaste des « T’es trop bonne, tu veux pas me faire une pipe derrière les poubelles ? » doit être capable de saisir qu’il est séduisant et plein d’esprit, OK, que les femmes qu’il croise seraient normalement ravies de lui rendre ce service, mais que là, il est déjà le 23eme et que ça commence à bien faire. La harcelée lui présenterait donc le premier récépissé obtenu dans la journée (« Harcèlement de 8h45, angle rue Saint-Maur/rue Oberkampf par harceleur numéro 4711963. Motif du harcèlement : circulation en jupe et non-accompagnée par un père ou un mari »), et serait autorisée à poursuivre tranquillement son chemin.
Bien entendu, tous les harceleurs ne seraient pas immédiatement d’accord pour jouer le jeu. Notamment ceux qui se lèvent tard et n’auront jamais la chance d’être le premier à harceler une passante particulièrement « bonne ». Mais il faut bien que des règles existent et il appartiendrait alors à la communauté des harceleurs honnêtes de les ramener à la raison en leur faisant valoir que c’est précisément ce type de comportement qui est à l’origine de la mauvaise réputation du harcèlement de rue.
Le harcèlement de rue, qui découle tout de même au droit inaliénable d’une femme d’être sifflée, apostrophée, insultée et réduite à la condition de bidoche ambulante lorsqu’elle va chercher le pain, n’a pas besoin de devenir un problème par la faute de quelques-uns. Le récépissé de harcèlement de rue, c’est le moyen de rendre leur dignité aux harceleurs. Et le sourire aux harcelées, bien entendu.
© Commentaires & vaticinations
Article refusé par Slate
Si je comprends bien, Slate manque de sens de l'humour!
Sinon, j'imagine que c'est effectivement une vrai plaie
Une de mes anciennes collègues, particulièrement jolie il est vrai, me disait qu'elle ne pouvait pas aller seule dans un restaurant sans se faire aborder par des types qui imaginent probablement qu'ils sont les premiers!
Rédigé par : Verel | vendredi 03 août 2012 à 11:06
Moi, je refuse de faire suivre à ma harcelée. Je pense que cela ne la ferait même pas sourire. Faut dire, que le sujet est délicat et là, on est dans l'humour masculin bordure Bigard...
Rédigé par : Massilian | vendredi 03 août 2012 à 17:59
Il faut dire que la plupart des mecs sont vraiment mauvais quand il s'agit d'aborder une nana... ils sont mauvais, ils font pas d'effort pour se remettre en question, et certains deviennent violents...
Rédigé par : Gemini | jeudi 16 août 2012 à 00:50