Les diplômés étrangers sont une chance pour la France. Et non, ce n’est pas un slogan mièvre et vide de sens pour ultra-gentils en quête d’un nouveau combat moral. C'est même le contraire.
L’immigration, c’est le sujet qui affole les esprits binaires plus mécaniquement que n’importe quelle rencontre sportive :
« Il faut laisser entrer tout le monde, assurent les gentils, la France est responsable d’à peu près tous les malheurs de la planète et a une dette éternelle à rembourser. Au besoin, on taxera davantage Liliane Bettencourt et l’intendance suivra ».
« N’importe quoi ! répliquent les méchants. La France est déjà pleine comme un œuf et il n’y a plus de place pour de nouveaux allocataires du RSA. Et en plus, ces étranges étrangers diluent notre culture nationale aussi drastiquement qu’une préparation homéopathique à 40 ch ».
Là où méchants et gentils devraient pourtant se retrouver sur la même longueur d’onde, à l’instar de deux équipes de rugby à l’heure de la troisième mi-temps, c’est bien sur la question des diplômés étrangers ― ceux-là même qui donnent de l’eczéma à Claude Guéant.
Le ministre de l’Intérieur cherche en effet à rendre plus difficile l’intégration professionnelle de jeunes gens venus d’ailleurs et formés dans nos facs au prétexte qu’il n’y a de boulot pour personne (snif) et qu’ils se rendraient plus utiles en rapatriant leurs compétences toutes fraîches au pays (quelle générosité !)…
Il faudrait toutefois être un méchant doublé d’un cornichon pour ne pas se rendre compte de l’inanité du raisonnement : les diplômés en question sont précisément les importations dont la France a le plus besoin pour relancer sa machine économique poussive, ne serait-ce qu’en compensant les départs de ses crânes d’œufs endogènes eux-mêmes tentés par des cieux plus cléments (la mondialisation, c’est pas simple).
Surtout si c’est au moment où ils décrochent un job dans une boîte qui peine à recruter et rumine une délocalisation qu’on les reconduit à l’aéroport…
Non vraiment, quel point de rencontre plus évident entre partisans de l’accueil de tout ce que la planète compte de malheureux et égoïstes chauvins favorables à l’érection de nouvelles lignes Maginot ? Troisième pays d’accueil pour les étudiants internationaux derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne (12% des inscrits dans l’enseignement supérieur, soit 28 000 personnes), la France compte justement sur eux pour freiner la transformation de ses universités en collèges de province autocentrés et conserver un peu de prestige à son idiome mal en point.
Structurellement déficitaire en ingénieurs et autres matheux depuis que les gosses d’ici préfèrent s’entasser par centaines en socio ou en psycho avant d’aller frire des potatoes chez McDo, elle table même sur eux pour l’aider à reconstruire son industrie maintenant que le Made in ici revient à la mode.
Mais Guéant, qui avait déjà un problème avec l’immigration illégale (ça se défend), l’immigration familiale (ça se discute), l’immigration de travail (c’est plus étrange) se soucie désormais de l’immigration hautement qualifiée (et formée en Gaule par dessus le marché) histoire de s’attirer les bonnes grâces des méchants. Il devrait se méfier : il ne s’attirera bientôt plus que celles des cornichons.
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Article rédigé pour Atlantico
ReBonjour
Afin d'illustrer cet article, permettez moi de vous narrez mon expérience personnelle. Vers mai, j'ai eu besoin d'engager un informaticien. Parmi l'ensemble des CVs que je reçoit, la moitié sont ceux d'étudiants étrangers à la recherche d'un premier travail. Sur tous les entretiens que je fais, au final, la candidature la plus convaincante est celle d'une chinoise. Je décide donc de l'engager.
C'est là que les choses se compliquent.
Comme elle n'a pas le bon gout d'être mariée à un authentique français, il faut que son titre de séjour soit en relation avec son travail. Mais il faut attendre "environs 6 mois" pour qu'il lui soit délivré. Or, j'ai besoin de l'engager rapidement (et elle accessoirement de travailler pour gagner sa vie). L'état, dans sa grande prévoyance a prévu la possibilité pour elle de travailler environs 6 mois, dans le cadre de ses études, pour les financer.
Sitôt dit, sitôt fait, nous signons un CDD de 6 mois en attendant le sésame lui permettant de travailler.
Las, l'administration ayant une définition élastique du temps, au bout de 6 mois, son titre n'est toujours pas là. Nous reconduisons donc son titre pour 6 autres mois.
Si vers le mois de juillet elle n'a toujours pas son titre, je ne pourrais pas l'engager (au risque d'aller en prison). J'aurais donc perdu du temps à former une employée (qui a beaucoup appris en 6 mois, ce qui m'a couté de l'argent), elle aura perdu du temps (difficile pour elle de rechercher un autre employeur en France, et comme son maris lui à un titre de travaille, elle est peu motivée pour rentrer en Chine chez lui).
Cette situation est pénible pour moi, et plus encore pour elle, car dans 6 mois, après plusieurs années d'études et une de travail, la perspective de devenir femme au foyer l'enchante moyennement.
Moralité, au mois de décembre, j'ai voulu engager une autre personne, et là, les CVs des candidats étrangers ont été systématiquement écarté pour ne pas avoir à gérer les mêmes galères.
Allez donc créer des emplois tient.
Rédigé par : FrancoisC | dimanche 01 janvier 2012 à 12:45