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vendredi 03 juin 2011

Commentaires

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Cela fait déjà un moment que l'activité du gouvernement sur les questions d'immigration est fortement influencé par le FN. Mme Le Pen, à raison, pousse son avantage: influencer ne suffit plus, elle cherche maintenant à carrément lui dicter sa conduite.

Pour le moment, les dégâts ont été limités à des éléments minoritaires de la société, comme les Roms. Avec la double nationalité, on va voir que la droite "populaire" casse sévèrement les pieds d'une tranche beaucoup plus large de la population, comme les Français mariés à des étrangers, qui sont de plus en plus nombreux et qui ne sont pas tous, loin de là, d'origine étrangère eux-mêmes. Autre exemple, en tant que Français installé à l'étranger, je me sens directement concerné, même si je n'ai pas pour le moment l'intention de prendre la nationalité de mon pays d'accueil.

Avec la lecture de la lettre de Mme Le Pen, mon café matinal avait eu un peu de mal à passer. J'apprécie donc beaucoup que vous traitiez ce sujet vraiment pas drôle avec humour: ça aide.

La vache ! Les commentaires de ce billet chez Atlantico... Ca rigole pas.

Sur le fond, tu a raison. Mais je crains que les petits déjeuners de Gwynfrid ne s'arrangent pas de sitôt.

J'écoutais hier un reportage de France Info sur le centre historique d'Athènes qui est apparemment envahi par des migrants et où sont apparus des milices d'extrême droite avec semble-t-il l'élection d'un conseiller municipal neo-nazi.

Mais ça ne risque pas d'arriver en France. Les mécaniques de levée de bouclier antifasciste à la moindre évocation du sujet sont bien huilées. On peut dormir tranquille.

Mais les britanniques n'ont à peu près rien coulé à Mers-el-Kébir, à part un vieux cuirassé datant de la première Guerre Mondiale. La flotte s'est repliée à Toulon où, comme chacun sait, elle a été presque totalement sabordée en 1942. Car quand il s'agit de couler ses propres navires, la Marine française est parfaitement capable de se débrouiller seule.

Beau billet... traiter avec humour comporte toujours un risque: celui de ne pas répondre sur le fond, et nier le débat d'idées. C'est ainsi que la cohorte d'humoristes issus du moule Bedos n'a jamais réussi à chatouiller le Front National.

Là, c'est un humour qui va droit au but.

Sur la double nationalité:

1. Moi-même porteur d'une double nationalité (et issu de 5 nationalités sur 3 générations), je me suis bien demandé ce que Marine Le Pen me voulait... Je ne trahis la France qu'en football, et passe déjà assez de temps à vitupérer contre ceux qui confondent regard critique et critique sans égards de ce pays.

J'ai cherché ce qui pourrait poser problème -j'ai l'avantage, par rapport à vous M. Serraf, d'être dans le rôle de votre femme, ma compagne étant aussi française que la Moselle le permet.

J'en vois quand même deux:
-le premier est celui des élections nationales. Je peux voter dans deux pays, pour deux communautés de destin distinctes. Il est quand même cocasse d'avoir une seule personne inscrite dans deux destinées collectives en même temps.
Je remarque au passage que cela me permet de compter deux fois plus qu'un mono-national dans les négociations européennes, étant représenté par deux exécutifs.

-le second, c'est celui de ma situation au regard de l'armée. Etant encore en âge d'être appelé en cas de guerre mondiale, je souhaiterais de tout cœur ne pas avoir à choisir un camp contre l'autre. J'ai heureusement une grande chance: hormis sur Parmalat, la Libye et d'autres situations, je vis assez bien les tensions sporadiques entre France et Italie. Et depuis que la France a, comme il est de coutume depuis François Ier, adapté d'Italie le meilleur, en l'espèce le Bunga Bunga dans ses variantes new yorkaises, marocaines ou innocemment réflexologiques... je sens se fondre toujours plus en une mes deux destinées nationales.

2. Il y a un point sur lequel je comprends que ma binationalité puisse irriter. Passeport ou pas passeport, FN ou pas, il est vrai que j'ai derrière moi deux cultures. Un mononational peut toujours se construire une deuxième identité (c'est souvent le cas des immigrés, moins de celui des flaneurs autocongratulés du Quai Branly), elle n'en demeure pas moins un projet à postérori. Je n'ai rien eu à faire: juste à naître, et amender mon héritage à loisir. J'ai alors cette chance d'avoir perpétuellement en mon esprit l'alternative.
Contrairement à une personne mononationale, mon ici est perpétuellement comparé à un ailleurs. Là où les uns vont devoir fournir un effort de projection, je n'ai qu'à réveiller mon acquis.
Revers de médaille: difficulté identitaire pour les personnes culturellement fragiles (cf débat français sur les "jeunes"), paresse intellectuelle où l'on s'enferme dans des clichés, alors que l'ouverture d'un mononational, démarche positive par définition, est plus enrichissante.
Et je peux aussi en permanence rappeler à mon interlocuteur que j'ai toujours cet "ailleurs" comme possibilité immédiate et naturelle. D'où un sentiment de désolidarisation permanente que donnent beaucoup de binationaux. Le "frenchie", lui, ben si ça va mal "il a pas le choix entre deux soupes".
Je suis alors extrêmement sévère vis-à vis de ces binationaux qui manquent de tact. Et je comprends la trahison que peuvent ressentir certains allemands quand une jeune leader des turcs d'Allemagne de passeport allemand déclare "les nazis, c'est pas mon histoire". Il y a l'histoire personnelle, que personne ne peut vous ôter; et l'histoire collective, qui s'endosse comme un même manteau pour deux amoureux frigorifiés. Si vous pensez que ça m'arrange d'être l'héritier de l'esclavage nantais alors qu'à l'époque mes ancêtres étaient petits scribouillards sardes et marchands arméniens en Géorgie...

Mais toutes ces implications psychiques, je vois mal comment le FN pourrait les éradiquer.

Bonne soirée,

LA Alciator

@ Lib: je crois qu'on aurait tort de dormir trop tranquille. Le réflexe antifacho a été utilisé pour tout et n'importe quoi depuis 30 ans, et il commence à être drôlement usé à force de surchauffe. Si l'élection d'un néo-nazi affiché est peu probable, le passage de lois visant à couper la France de tout ce qui est étranger reste possible. Point n'est besoin pour cela d'avoir des élus FN, Bloc Identitaire ou autres.

J'avoue que j'ai du mal à voir vraiment l 'impact de cette histoire sur l'électorat. Est-ce que l'UMP va vraiment prendre ce train-là ?
Un truc marrant : l'un des membres de la droite populaire, le groupe de sinistres UMP qui veulent ficher les traitres de naissance à leurs deux nations, Mariani, voulait se présenter aux élections des députés de l'étranger, et du coup se garde bien d'embrayer sur ses amis.

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