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lundi 13 septembre 2010

Commentaires

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Peut-être que la société évolue et qu'elle n'est pas prête à accepter aujourd'hui ce qu'elle a accepté hier ? Les erreurs passées des uns ne pouvant, de toute façon, excuser les erreurs présentes des autres.

Peut-être aussi que le contexte actuel (crise économique + endettement et réduction des déficits + tendance à l'éclatement du "vivre ensemble") fait que la capacité d'indignation est augmentée sur un certain nombre de sujets... Ce qui ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle, à condition, je te l'accorde, d'avoir en face un programme alternatif cohérent et crédible.

Peut-être aussi que la détestation est à la hauteur du matraquage : Sarkozy partout, tout le temps, sur tous les dossiers, une seule voix que répètent mot pour mot, jusqu'à l'écoeurement, ses innénarables lieutenants. En décidant de tout et en étant tout le temps en première ligne, on s'use nécessairement plus vite.

Peut-être aussi qu'une bonne partie des Français (d'où le résultat de l'élection) a cru naïvement que Sarkozy serait en "rupture" avec ses prédécesseurs, y compris du point de vue de la "République irréprochable" (il faut dire aussi qu'il est doué pour vendre sa came). La déception pour certains serait donc à la mesure de l'espoir suscité.

Peut-être enfin que Sarkozy est un personnage tout particulièrement "clivant" et qu'il fait tout pour cultiver le clivage (par exemple pour aller chercher sans faire dans la dentelle le tiers de électeurs du FN dont il a besoin pour être élu). Objectivement, il commence vraiment à accumuler sur son dos au minimum un paquet de "symboles" plutôt négatifs dont il aura du mal à se débarrasser.

C'est aussi une exagération et une caricature, et pas de petites, que de prétendre que toute personne que Sarkozy indispose est immédiatement disposée à marquer un point Godwin.

En fait, je suppose que tu dis ça surtout en pensant aux indignations les plus récentes -- comme par exemple un article remarqué d'Eolas, notre maître à tous, où il tenait à souligner la pertinence d'une comparaison entre les politiques vis-à-vis des étrangers de MM. Sarkozy-Hortefeux, on the one hand, et de MM. Pétain-Laval, on the other. Je pense que tu devrais y réfléchir à deux fois. Ce n'est pas anodin qu'Eolas réagisse comme ça, même si tu le juges excessif; note que ce n'est pas du tout son habitude. Ce n'est pas anodin qu'un aspect de la politique française, le même, soit dénoncé quasi-simultanément par le New York Times et l'ONU (entre autres). Je ne pense pas que de telles choses se produisaient si couramment que tu le prétends sous Giscard et Pompidou.

Je suppose que tu vois la sale ambiance xénophobe actuelle comme un simple et énième dérapage de notre bien-aimé président, voué à durer ce que durent les roses ou les déclarations ronflantes sur la nécessité de préserver la mémoire de Guy Mocquet. C'est ton droit, et le caractère tape-à-l'oeil de toutes les gesticulations sarkozyennes t'y incite assurément. Mais des tas de gens sérieux craignent au contraire qu'il ne faille voir dans les délires expulsifs récents le franchissement d'un palier, nous faisant entrer pour un moment dans une zone démagogique dangereuse. Parce que, vois-tu, une forte part de l'électorat se montre très séduite par ce que tu penses être -- et que Sarkozy en personne pense probablement être -- de simples gesticulations médiatiques. La xénophobie est une drogue dure, or notre président en distribue bel et bien des doses inhabituellement élevées. Gare à l'accoutumance! Le risque est réel -- et ta tranquillité aurait d'ailleurs plutôt tendance à m'en convaincre.

Tu hausses les épaules avec la moue désabusée de l'ancêtre qui en a vu bien d'autres (pensez: la Porsche de Pompidou, voilà un souvenir bien frais!). Eh bien je te recommande d'y réfléchir davantage, pépère: il t'est déjà arrivé -- de ton propre aveu -- d'avoir eu tort contre tout le monde et dans les grandes largeurs essentiellement parce que tu avais tenu à t'offrir la satisfaction d'une pensée indépendante et non moutonnière. Tu l'as admis mèzunpeutard pour les mensonges de Blair sur l'Irak. Tu devrais peut-être y réfléchir maintenant quant aux dangers d'une xénophobie d'Etat décomplexée.

"Être contre" est terriblement vague. Contre quoi? Sa personne ("je pense qu'il est idiot/méchant/avide etc."), sa politique ("il gère mal le pays"), sa représentation (il ridiculise la présidence")? Ne proposez-vous pas de remplacer une formule imprécise par une autre tout aussi floue?

Comme tout le monde j'ai lu des articles en ligne consacrés à Nicolas Sarkozy. Beaucoup étaient critiques à l'égard de sa politique, de ses discours. Quelques-uns mettaient aussi en doute son adéquation avec la fonction présidentielle, ce qui a du sens quand on pense qu'il est notre "représentant". D'autres sont sans doutes plus excessifs, mais je ne fréquente que le meilleur de la blogosphère. ;) Je ne crois pas que la majorité des citoyens et journalistes expriment leur haine de façon aussi criante que vous le ressentez.

Dire qu'on "déteste Sarkozy" sera souvent une façon de dire qu'on déteste sa politique, ses idées (enfin, celles du moment), sa façon de représenter la France/d'incarner la fonction présidentielle (un certain mépris pour la culture, arrogance et vulgarité, goût affiché de l'argent...), et surtout tout cela à la fois. Je m'imagine assez bien cédant à cette facilité de langage, sans pour autant vouloir dire que j'irais le frapper si je le croisais dans la rue sans son armée de gardes du corps (ce qui au final est plus dans l'idée d'une détestation personnelle).

Cet homme est président, nous sommes naturellement amenés à juger de son action : on "n'aime pas" ce qu'il fait/dit, puis "vraiment pas", puis on "déteste". A l'inverse il serait possible "d'aimer" puis "d'adorer" sa politique et son style. Pas sûr que cette forme d'expression - peut-être excessive ou inexacte, mais assez naturelle - ne traduise un rapport plus personnel des français à leur président. Tout au plus une intensité supplémentaire dans le désaccord entre eux, qui peut s'expliquer par des motifs rationnels (politique, discours, représentation).

Je m'étais mis à lire ce blog par habitude. Je viens de me souvenir pourquoi il m'avait tant plu, au début... avec des billets intelligents et rigolos comme celui-là (avec, en plus, une ligne bobo-blairiste, mais nul n'est parfait, et pis tfasson c'est comme ça qu'on aime com-vat).
J'en redemande, cher Hugues.

Michel B.,
Ok, la société évolue et c’est tant mieux. Mais ce n’est pas de ça qu’il est question. L’anti-sarkozysme devient une sorte de raccourci pour l’expression de toutes les frustrations d’un pays incapable d’intégrer que le monde change et qu’il faut s’adapter.

Il y a mille chose que je n’aime pas chez Sarkozy et ce ne sont pas les même mille que chez Giscard et Mitterrand. Mais là, c’est totalement déraisonnable et il y a manifestement un effet moutonnier délirant. Même les gens de droite donnent le sentiment qu’ils ont besoin de se dédouaner en posant qu’ils détestent Sarko avant de dire quoi que ce soit.

Effectivement, il n’a rien de l’artisan de la rupture qu’il promettait d’être, mais rappelons tout de même que cette promesse de rupture était précisément ce qui a démarré la névrose obsessionnelle. On ne peut pas, à la fois, lui reprocher d’être pareil et différent.


Poil de lama,
Wow… Les Nations-Unies, le New York Times… et Eolas ! Ok, la coupe doit être pleine ! Mais plus sérieusement, je n’accepterais l’idée que nous sommes retournés aux heures les plus sombres que lorsque nous serons retournés aux heures les plus sombres… Et ce n’est pas le cas, Blair/Irak ou pas Blair/Irak…

Regarde l’histoire du jour, avec le contre-espionnage qui s’occupe des journalistes du Monde. C’est totalement scandaleux, mais il faudrait pas mal de culot à un ancien ministre de Mitterrand (l’homme des Irlandais de Vincennes, du Rainbow Warrior et des écoutes) pour expliquer que c’est du jamais vu.

Quant à Pompidou et ses Porsche, excuse moi de rappeler les heures les plus bling-bling de notre histoire, mais la 5e République n’est pas si riche en présidents. C’est un truisme complet mais les chefs d’Etat français finissent tous par se prendre pour des monarques, l’actuel comme les autres. On n’a pourtant pas l’habitude de leur faire le sort dévolu à Sarko et c’est la raison pour laquelle on devrait se demander ce que sont les vraies raisons de ce délire.

D'ailleurs, comme Rocard et Veil, j’ai envie de dire « halte au feu ! »…


Kemmei,
"Être contre", s’opposer à ce qu’il dit et à ce qu’il fait, OK… C’est dans la norme et la logique des choses.

Mais, et je prends un exemple de poids, le PS marque des points dans le débat sur les retraites sans propositions concrètes ni même harmonie des positions d'une Aubry ou d'une Ségo sur la seule base de leur hostilité au recul de l’âge légal, mesure sarkozyenne par excellence. Incidemment, ce n'est pas le cas de DSK, mais de toute manière, personne ne s'intéresse encore vraiment à ce que pense DSK (je m'attends d'ailleurs à ce qu'il soit rapidement diabolisé à la manière Sarko dès qu'il mettra un pied dans la campagne).

Dans le discours public, les questions de la retraite, des sans-papiers, des Roms, de l’Afghanistan, que sais-je encore, se mélangent dans un grand magma indifférencié qui oblige à jurer, sous peine d’être considéré comme une crapule infra-humaine, que l'on est officiellement hostile à tout le package et, par voie de conséquence, favorable à son contraire exact.

Non, franchement, je crois bien que nous vivons les heures les plus connes de notre histoire et que c’est à cette période que les gens feront référence dans trente ans lorsqu’ils voudront taper sur le président Trucmuche.


Emm,
Tu en redemandes ? No problemo, il y en aura encore…

Merci de votre réponse, mais je ne suis pas sûr de bien comprendre votre exemple. Ni M.Aubry ni S.Royal ne disent "il faut maintenir l'âge légal de la retraite car Sarkozy est détestable et donc qu'il faut rejeter tout ce qu'il propose." Elles disent : "c'est une mauvaise réforme, injuste, etc." On peut certes déplorer l'absence de propositions concrètes et réalistes du PS sur certains sujets et se demander ce que pense DSK, mais en quoi le fait que les électeurs puissent être convaincus par des propositions fantaisistes et/ou démagogiques prouve sa détestation du camp opposé? Dans une situation inverse : les français qui adhèrent aux propositions tout aussi électoralistes de l'UMP sur d'autres sujets manifestent-ils ainsi leur haine de l'opposition?

Comme vous le relevez, le "package Sarko" est vaste et très chargé idéologiquement, il n'y a rien de surprenant à ce que tout un chacun puisse y trouver une ou plusieurs raisons d'y être fortement opposé et de ne pas souhaiter une réélection. Pour autant, il me semble pas que toutes les positions s'inscrivent dans cette monochromie que vous décrivez dans l'article, ce qui m'amène à ce point : de qui parlez-vous vraiment dans cet article?
- tous les français/électeurs : vos parents, amis, voisins, collègues? A Paris et en province?
- les français/électeurs qui sont "contre" N. Sarkozy? les électeurs socialistes?
- tous les médias? certains média? les blogueurs? les commentateurs?
Quel est l'environnement qui vous a fait écrire cet article? Est-il vraiment représentatif de l'état d'esprit des français aujourd'hui? L'anti-sarkozysme est-il nécessairement "primaire"?

Je me fiche pour une fois de la bienseance et de la reflexion: je ne supporte plus ce bonhomme qui usurpe la qualite de President de la Republique.
Je souhaite sa demission, son depart, et j'en veux a tous ces chipoteurs qui ont refuse de voter Segolene Royal sous pretexte que ....
Je suis certain que cela aurait ete bien loin d'etre aussi mauvais !
Bref, je tente de rester patient jusqu'a mai 2012.
PS: meme avec sa visite de Lascaux ou la mort de Chabrol, il a ete NUL ! cet homme est indigne d'etre la ou il est.

On doit quand même se demander pourquoi, à droite, de nombreux électeurs ont fini, eux aussi, par le détester cordialement.

A mon avis cela n'a rien à voir à proprement parler avec ce qu'il fait, mais vraiment avec ce qu'il EST.

C'est le genre de mec, si tu pars en vacances avec lui, au bout de trois jours tu veux le jeter par-dessus bord.

C'est comme le colocataire qui finit par se faire virer de concert de l'appartement par tous les autres qui en ont marre de son ramener à soi (cf intervention US, mon Dieu), de son nombrilisme, son ignorance (ah, Sarko parlant de la recherche, de l'agriculture, de tout et n'importe quoi d'ailleurs...), de son arrogance (l'homme africain etc). Non pas que les autres colocataires lui soient nécessairement moralement supérieurs, non, mais, au jour le jour, ce type est juste insupportable.

C'est horrible à dire, je sais, mais sa manière d'être est VRAIMENT insupportable. Sa syntaxe de merde qui prend les gens pour des cons, ses roulements d'épaule, ses assertions assénées sur le ton de l'évidence avec 300 mots de vocabulaire.

A force, avec le matraquage médiatique dont il nous a gratifié, il s'est pris les pieds dans le tapis : ce qui pouvait vaguement passer au second plan a fini par nous chauffer les oreilles, c'est comme une sorte de machine à baffes qui s'est déclenchée. Dès qu'il l'ouvre, une vaste quantité d'individus a juste envie de lui en coller une.

On sature, Hugues, on sature...

Tiens, comme il me plaît cet article!

j'ai le plus grand mal autours de moi à convaincre les gens que Sarkozy ne provoque en moi que de l'indifférence. Si bien que chaque conversation sur ce sujet ressemble immanquablement à cela : "Mais tout de même, pas un peu de haine? ne serait-ce qu'une légère colère?
- non non...
- Mais... tu es sarkozyste?
- non, non plus... je n'ai pas voté pour lui, je reste de gauche!
- mais alors, tu ne l'aimes pas?
- euh, non, je n'ai aucun sentiment à son égard..."
le tout se terminant généralement par un "bref" asséné sur un ton ostensiblement sceptique par mon interlocuteur.

En fait, j'en suis venu à penser que la plus grande faiblesse de Sarkozy vient de ce qu'il ne ment pas. Il est en quelque sorte le "ça" surgi dans un pays qui a le génie de la guerre civile, et qui ne s'aime plus.

Il nous tend un miroir grossissant dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus, collectivement. C'est bien ce qui le rend impardonnable.

En fait, Hugues, ta critique de la critique de notre président ne semble viser que les excès du type "Sarko = facho" ou "Sarko, le retour aux heures les plus sombres de notre histoire" ou encore "il pleut, c'est la faute à Sarko", qui restent quand même minoritaires.

Comme l'écume d'un ras-le-bol qui, pour de multiples raisons évoquées plus haut, semble, lui, largement partagé. Personnellement je n'ai pas de haine, mais une accumulation d'indignations... qui me semble saines (en particulier sur toute sa politique d'"identité nationale" pour siphonner les voix du FN, ses lois sécuritaires qui se multiplient au rythme des faits divers et sa pratique du pouvoir, même s'il n'est pas le premier à ne pas être irréprochable, loin s'en faut, sur ce point). A cela s'ajoute, je l'avoue, un agacement grandissant par rapport au personnage et à son comportement (c'est comme ça, ça ne se contrôle pas).

Sur les mesures économiques, je te l'accorde, c'est simplement une politique de droite classique, injuste, qui pourrait être menée par Fillon, Copé, Villepin ou Chirac en son temps.

En une phrase : ce n'est pas parce qu'on ne peut pas comparer le démantèlement d'un camp de Roms à la rafle du Vel d'Hiv qu'on ne peut pas pour autant condamner fermement les méthodes, la rhétorique, la mise en scène, les voisinages historiques et politiques et le véritable objectif de ces mesures.

Je partage ton sentiment et l'idée de faire un article sur la haine développée contre Sarko me trottinait dans la tête depuis quelques temps

Personnellement, je suis heureux de l'action du president, je comprends que son style ne plaise pas a tout le monde, mais il fait des reformes necessaires - que personne avant lui n'a ose faire (cf. Jospin et les retraites par exemple).

Je revoterai avec un enorme plaisir pour Sarkozy en 2012. Ha oui, aussi preparez-vous au 21 avril 2012: Marine Le Pen vs. N. Sarkozy au second tour. Je prends les paris (en ligne).

La presse de gauche et les medias de gauche peuvent detester Sarkozy autant que bon leur semble.

Cependant, la France que le petit monde politico-mediatique microscopico-parisien ne voit pas, cette France votera en majorite pour Sarkozy.

Cela s'appelle la democratie, la vraie. La CGT et et ses amis gauchistes qui beuglent dans la rue contre telle ou telle reforme, ca ne pese rien face a pres de 11,5 millions d'electeurs qui ont vote pour une programme: celui des reformes, celui de Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas vote pour la CGT.

(desole pour les accents, je suis sur qwerty).

J'aime bien ce billet.
Je suis frappé moi aussi par ces excès, par ces critiques ad nominem qui suintent la haine. Je me souviens comment réagissait la droite en 81 après cette alternance tant attendue pour laquelle j'avais votée. L'opposition a alors fait son boulot sans faire, jour après jour, le procès des gagnants.
Il me semble qu'il s'agit là d'un refus du jeu démocratique émanant, non pas du peuple, qui a voté pour Sarko et qui va recommencer, mais d'une minorité médiatico-bourgeois. Celle-ci, qui tient le haut du pavé, ne se reconnait pas dans ce personnage totalement étranger à ses codes et ses valeurs.

Sur les comparaisons, ce serait encore plus convaincant si on comparait avec l’autre candidat à la présidentielle, à qui on peut imputer largement les mêmes défauts que ceux reprochés à Sarko (sans prendre position sur la justesse de ses reproches) :
_ "liens trouble avec les puissances de l'argent" (Bilger qui finance largement son association/parti politique)
_ "liens troubles avec la presse" (embaucher une journaliste de France Inter à la région, qui plus est à un poste qui vise clairement 2012, et non une problématique régionale)
_ "Autoritarisme" : tout document de la région doit être signé par Royal, pas de délégation de signature, Royal a fait le vide autour d’elle
_ "démagogie, électoralisme" : moult exemples (fonctionnaires raccompagnés, acheter une paire de charentaise à chaque lycéen...)
_ "parler vrai" : idem (bravitude, fausses colères...)
_ "mise en avant d'une vie privé pas claire ": je me souviens d'une interview du fils de Royal qui vantait la vie commune de ses parents, à un moment où ils étaient déjà séparés de fait, et que dire du rôle de son compagnon pour son site web…

Autant dire qu'en France on aime ce genre de profil... Et je suis d’accord avec le commentaire précédent, il ne faut pas surestimer le poids du système intelectualo-médiatique, même si Sarko a pris un sacré risque en ne cherchant pas assez à le caresser dans le sens du poil, et en s’exposant sur des sujets casse-gueule.

Aux sarkozystes venus visiter ce site : non, ce n'est pas antidémocratique de critiquer le président en place.

Oui, c'est épidermique et irrationnel de vouloir lui coller des baffes. Je m'en excuse si vous l'aimez bien.

Mais antidémocratique, non, je ne crois pas.

Et non, cela ne se réduit pas au petit monde parisien. Les élections régionales ont démontré que non. Que la gauche ne parvienne pas à présenter d'alternative crédible au niveau national ne suffit pas à démontrer que l'exaspération face à Sarkozy (davantage que la "détestation") n'est pas répandue en France.

C'est, précisément, très bobo-parisien de ne pas tenir compte du dernier scrutin régional...

Sur la réputation de l'étranger, bon, j'ai vécu pas mal à l'étranger, hors Europe, et je sais à quel point les français sont perçus comme ridicules et péteux(ils se croient le centre du monde, le modèle de la planète, rdiculement anti-marché, aggripés à leur statut et maladivement flippés de le perdre, etc.).

Justement, Sarkozy ne dépareille pas. Il est dans le prolongement de ces français qui croient avoir inventé le fil à couper le beurre, et qui nous ridiculise un peu plus.

Je préfère une Merkel droite dans ses bottes, qui se déplace pas avec un aéropage de gardes du corps et de CRS, qui la ramène pas toutes les trois secondes pour dire une ineptie et qui est capable d'appliquer une VRAIE rigueur, pas du blabla.

Sarko au fond est une caricature de tout ce qui m'horripile le plus dans mon pays.

Cela n'a rien à voir avec le fait d'être une prétendue "bobo de gauche" soi-disant coupée des réalités.

Je ne suis pas une "bobo" coupée des réalités (contrairement à vous apparemment). A titre d'exemple j'ai connu au cours de ma courte existence l'insécurité, la VRAIE, pas celle qu'on ressent en regardant le journal de TF1, mais celle qui vous prend à la gorge quand vous vous faites agresser par un connard à capuche et que vous ne pouvez rien faire, strictement rien, pour l'empêcher d'agir.

ça me fait toujours marrer d'entendre les gosses gâtés de l'UMP bien à l'abri de leurs quartiers de Neuilly récupérer les victimes dont je suis pour faire croire qu'elles en ont quelque chose à faire.

En fait, Sarkozy et les mécheux blondinets de l'UMP s'en foutent.

S'il ne s'en foutaient pas, il chercheraient à réduire l'insécurité pour de bon, au lieu de faire des moulinets avec les bras.

Par exemple en ne fermant pas les commissariats de banlieue, en ne dissuadant pas les victimes de porter plainte (vous avez déjà essayé de déposer plainte dans un commissariat? ils vous disent que c'est inutile parce que blablabla....)

Que ce mec récupère la souffrance des vraies victimes pour sa gueule et uniquement pour sa gueule, sans rien faire d'efficace (et non pas de la pure annonce publicitaire), cela le rend vraiment insupportable.

Quand, en plus, il fait croire que ce sont *les autres* qui sont déconnnectés des réalités, là, ça devient une plaisanterie.

Coline,

Votre pratique du cliche (pratique deja lue et entendue 1000 fois dans Nouvelobs-Libe-LeMonde-LesInrocks-Marianne-FranceInter-Canal+, etc)a la louche me donne envie de voter encore plus fort Nicolas Sarkozy en 2012. Merci. Continuez.

Coline,
dommage ça commençait bien et puis ça part en vrille :
"Je ne suis pas une "bobo" coupée des réalités (contrairement à vous apparemment)."
"ça me fait toujours marrer d'entendre les gosses gâtés de l'UMP bien à l'abri de leurs quartiers de Neuilly"
"Sarkozy et les mécheux blondinets de l'UMP s'en foutent"
Pour ma part, je ne suis ni bourgeois, ni bohème, je n'habite pas Neuilly et je ne suis pas blond mais je soutiens Sarko.
Si ce sont là vos arguments, vous êtes mal partie.

Je me suis souvenu de ça :
http://www.acontresens.com/livres/52.html
Alain Badiou De quoi Sarkozy est-il le nom ? Du « pétainisme » Paru en 2007 (déjà)

Après l'Eglise, l'ONU, l'Europe, voilà que les Américains aussi critiquent la politique de stigmatisation de certaines catégories ethniques du pouvoir français. Anti-sarkozysme primaire ? Tous des imbéciles sauf Sarko ?

Ben moi je suis, tout bêtement, d'accord avec ce billet. Même si mon probable vote, au fur et à mesure de l'avancement du quinquennat, devient de plus en plus TSS, je ne vois pas pourquoi il est besoin d'être plus violent avec le bonhomme qu'avec sa politique.

Bon, OK, il ne fait rien pour se rendre sympathique. Mais les présidents sympathiques, on a déjà donné. Donnez-nous un type pas sympa mais avec une politique qui marche ! Bon, je sais, ce critère élimine Sarkozy aussi. Mais il n'est pas besoin pour cela de faire preuve d'une agressivité aussi désagréable que contre-productive à l'égard de sa personne.

"Regarde l’histoire du jour, avec le contre-espionnage qui s’occupe des journalistes du Monde."

Le contre-espionage ne s'occupe pas des journalistes, mais des taupes dans un cabinet ministériel. Rien d'illégal, rien de scandaleux.
Sur cette histoire, le monde a bien touché le fond.

Plusieurs commentateurs s'interrogent sur ce que vous visez exactement. S'il s'agit d'une ambiance générale, le propos est assez vaporeux.

Le fait est que de nombreux sujets déclenchent des polémiques violentes. D'une part sur le fond ces polémiques sont tout à fait fondées dans de nombreux cas (je revendique de m'indigner d'un ministère de l'identité nationale et de ses suites, d'un discours sécuritaire hystérique couplé à une inaction de terrain dramatique, comme Coline le rappelle très justement, d'un renforcement très nette des inégalités à l'école, etc., renseignez-vous...), parfois, elles sont même espérées par le pouvoir en place.

D'autre part sur la forme, l'agressivité et l'ironie est une composante du discours sarkosiste, il a créer le désir de lui répondre par la même agressivité. Mais naturellement, lui-même et ses supporters (y compris parmi les commentateurs) supportent d'en user mais pas d'en recevoir...

Bon, c'est sûr, c'est plus commode de dire qu'il s'agit d'un microcosme parigomondain ou d'un effet de mode.

Ce n'est ni l'un, ni l'autre. l'opposition radicale (que vous appellez "détester Sarkozy") à son comportement, à ses discours ou à ses actions est répandue et rationnelle.

Cela étant dit, les je-sais-tout-de-la-Vraie-France continueront, comme leur mentor, à affirmer et à systématiquement dicréditer l'interlocuteur sans argumenter.


Qui ne regarde pas la réalité en face ?

"il a "créé" le désir de lui répondre", bien entendu... Plusieurs changements de syntaxe ont abouti par inadvertance à cette horreur. Désolé.

le "renforcement très nette des inégalités à l'école" c'est quoi ?

ami sarkozyste,

Il ne faut pas qualifier les gens qui n'aiment pas Sarkozy de "parigomondains" pour, ensuite, s'étonner de se prendre quelques salves, je le reconnais, plutôt débiles.

Vous avez été piqué au vif, concevez donc que moi, qualifiée de "parigomondaine", je l'aie été.

Sur ce, le fond de la critique que j'exprime (sur le discours "sécuritaire" assorti du zéro intérêt pour la sécurité réelle des cityens) est loin d'être absurde et je m'étonne d'avoir si peu de réponses claires sur ce point.

Coline,

Ne vous meprenez pas. Personne n'a parle de Mondain ou Parigomondai. Mondain n'a rien a voir. Je parlais d'un microcosme parisien (souvents petit bobo) qui tourne sur lui-meme, sur ses propres certitudes, et utilise souvent le meme prisme pour la lecture de la vie politique francaise et de ceux que les Francais pensent. Mon discours consiste a pointer que ce type de micrososme parisien qui domine le discours mediatique est en forte rupture avec la France reelle qui ne lit pas Liberation ou Le Monde, par exemple. Journaux ecrits par un microscosme en rupture avec le pays reel.
Bonne journee.

Il est vrai que Le Figaro, lui, est en prise avec le "pays réel". Il est toujours très amusant de lire nos amis sarkozistes nous parler de cette fameuse "France reelle", que naturellement eux savent décoder et avec lequel notre Président et ses amis politiques sont en phase. Ca, c'est de l'argumentaire.

ami sakozyste,

je suis soulagée. Je m'étais sentie visée. En fait ce n'était pas le cas.

puis-je vous rassurer à mon tour?

Bien des gens, sans aimer Sarozy, appartiennent au "pays réel" et ne sont pas des bobos. Il y a des gens qui veulent plus de rigueur, plus de libéralisme (eh oui), plus de sécurité, et qui ne sont pas sarkozystes. Malheureusement le bruit des Inrockuptibles, Télérama et autres "bien-pensants" est tel qu'il réussit à vous faire croire que l'opposition à Sarkozy se réduit à cela. C'est bien évidemment faux.

Je présume bien entendu que l'on peut trouver des qualités à la politique de Sarkozy sans être un abruti bling bling (en fait, j'ai un cerveau et parfois je m'en sers).

Pensez-vous possible, sur cette base, d'avoir dans notre pays une vraie discussion sur le bien fondé de la politique et de la geste sarkoziennes, sans être soupçonné de boboisme attardé ?

Chere Coline,

En tout honnêteté, je me fiche de la "geste" sarkozienne - il peut etre bling bling bof ce que vous voulez, cela m'importe peu. Par contre qu'il applique son programme pour lequel il a ete elu, ca oui, cela m'importe.
Je ne soupconne personne de boboisme attarde, j'ai vote pour un programme et j'attends que celui-ci soit applique. Apres que ceux qui n'ont pas vote pour ce programme ne soient pas contents, ok, mais il ne faut pas nous faire croire que toute la France est contre. Les Francais ne sont pas stupides - ils ne votent pas pour un programme tres clair et ensuite se retractent au bout de trois ans parce que les medias montent cela de fil en aiguille. Excuse my French, but this is bullshit.

Alex Bied, Il ne s'agit pas de dire qu'un groupe comprend mieux le pays reel que l'autre. Il s'agit de dire qu'un certain groupe qui domine les medias a tendance a etre completement deconnecte du pays reel en plaquant sur la France son anti-sarkozysme avance.

J'aime Com Vat - Best forum ever.

Cher électeur sarkozyste, Merci de votre réponse, qui confirme mes propos.

"il ne s'agit pas de dire qu'un groupe comprend mieux le pays réel que l'autre". Bien, alors épargnez-nous votre analyse sur un "certain groupe qui domine les médias" (laissez-moi rire,les médias anti-Sarkozy" !) qui aurait tendance à être déconnecté du pays réel, que vous prétendez donc toujours, même en niant, le connaître mieux qu'eux. Nous sommes donc bien d'accord, vous, vous comprenez ce fameux et mythique "pays réel"... toujours du puissant argumentaire. c'est comme les sondages : lorsqu'ils vont dans le sens espéré, ils montrent la voie (on pourrait espérer le contraire de la part de leader politique...), mais lorsqu'ils montrent l'incroyable impopularité du Président, ils ne sont sans doute pas en phase avec le pays réel. Hihihi.

Si un peu de rationalité pouvait irriguer de temps à autre la communication officielle, on n'en resterait pas qu'à l'invective.
La novlangue comme seul outil rhétorique, ça échauffe les âmes plus que ça ne les apaisent.
En même temps, on ne fait que récolter les conséquences d'un régime politique aussi personnalisée et centralisé, et qui dépend avant tout des qualités de l'élu. Les espérances qu'il suscite sont telles qu'on joue sur un registre irrationnel, et donc non serein. Le pb de Sarkozy est qu'il n'a pas la personnalité requise pour être un président d'une Vème république : elle (sa personnalité) est trop clivante.

Un peu tard, mais cela me semble l'opportunite revee pour citer un philosophe meconnu: mon cousin, alors age de quelque chose comme 7 ans.
Revenant de l'ecole, il declare a ses parents, a propos d'un de ses congeneres: "A l'ecole, Machin il me fait chier".
Ses parents, soucieux a juste titre d'enseigner les bonnes manieres a leur progeniture, lui signalent alors qu'on ne dit pas "il me fait chier" mais "il m'embete".
Mon cousin eut ces mots immortels: "ah mais non, il m'embete pas, il me fait chier!"

La detestation presidentielle, ca ne me semble pas si different.

"Electeur sarozyste" nous dit: "Par contre qu'il applique son programme pour lequel il a ete elu, ca oui, cela m'importe..."

Et quand il applique autre chose, quelque chose qu'il avait caché, voire nié,cela vous importe t il ??

Des exemples , il y en a beaucoup:
de l'augmentation de son traitement par le Président, qu'il avait oublié de présenter avant son élection, de la suppression de la pub à la télépublique, alors qu'il s'était prononcé en 2007 dans le nouvel économiste pour plus de pub...au plus récent, important, l'affirmation plusieurs fois répétée qu'il n'avait pas reçu de mandat pour remettre en cause la retraite à 60 ans, ce qu'il fait aujourd'hui...
ce dernier point justifie la demande de référendum du PS...

Pourquoi ne pourrait-on pas se contenter d'être contre, à l'ancienne ? Peut-être parce que cette présidence n'est plus "à l'ancienne" justement. Pas de "France Unie", mais au contraire une politique et un discours qui clivent et divisent les Français. Je ne pense pas que l'on puisse faire grand-chose de bon dans un climat de peur, de stigmatisation de certaines catégories et de suspicion permanente et généralisée...

A l'attention de Corto : les manœuvres de recherches de la taupe ont été tout à fait illégales, de l'aveu (involontaire)des protagoniste se déduisant des déclarations successives et contradictoires des patrons du renseignement, de la police et pour finir... du porte parole de la commission de contrôle des interceptions de sécurité qui n'avait en réalité pas été saisie, contrairement à l'affirmation du chef de la police... Non seulement pas saisie, donc pas d'accord et qui plus est qui signale que si elle avait été saisie, elle aurait refusé la requête ! Bonjour la crédibilité et la tentative de passage en force par mise sous pression... Lamentable. En cas de violation du secret de l'instruction, ce n'est pas à des services "secrets" par des méthodes illégales qu'il convient d'agir. Renseignez-vous, c'est réellement consternant cette histoire. Moins lamentable que de désigner une ethnie comme critère d'opérations de police. Hallucinant. Mais ils ne voient pas le problème. Le pays réel non plus sans doute (si c'est vrai, ce n'est pas moins grave, c'est pire, cher électeur sarkoziste). Alors non, quand on est capable de sortir ce genre d'ignominie sans voir le problème, oui, on peut être détesté.

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