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samedi 22 mai 2010

Commentaires

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Très juste.
Nous pourrions aussi évoquer les commentaires des blogs (ou des journaux ou de la presse "pure players"), tous courageusement anonymes, bien que (parfois) franchissant la limite de l'insulte.
Jean-Hébert Armengaud (ceci n'est pas un pseudo)

Il est vrai qu'avant le Net, par exemple, il n'existait pas d'Emile Ajar, d'Erik Orsenna, qu'aucune Cassandre n'a écrit récemment de pamphlet... De sorte que l'on peut penser qu'Internet ne fait que rendre accessible au plus grand nombre la pratique de quelques-uns.

Tiens, "les Gracques" ?

Quant aux hallebardes, à part Autheuil et Eolas, qui ? Le second n'ayant d'ailleurs réagi à ce stade que parce que Rue89 l'a sollicité. Il est vrai que, parce qu'il en interrogé... deux, l'auteur de l'article titre sur "les blogueurs". A part ça, quoi ? Il avait écrit un tweet. Le mec du Post ? Tu en connais l'existence, toi, hier ?

Alors, non, à te lire, tu n'es pas pour l'obligation de donner son nom mais au bout du compte, pour toi, un anonyme derrière son clavier tient du corbeau. Entre l'autoritarisme du sénateur et le mépris de cette comparaison (et que vient faire Jean Moulin dans l'affaire : c'est pour le point godwin ?), difficile de savoir ce qui vaut mieux.

Il semblerait que les journalistes se voient enseigner qu'un propos ne vaut que si l'on peut en nommer l'auteur, afin d'en vérifier l'autorité. L'idée qu'un propos vaut davantage par ce qu'il est que par celui qui le tient ne parait pourtant pas stupide. On pourrait même penser qu'il serait intéressant.

Et résumer la question à savoir si les auteurs en question assument leurs propos, ou s'ils sont un peu lâches en fin de compte, est un peu facile.

Tu négliges aussi un point : la mémoire du web. Assumer ses opinions est une chose, mais tout le monde ne souhaite pas les diffuser au tout-venant, et l'archiver par la même occasion. On peut, aussi, il est vrai, se taire, et renoncer à la forme de débat que permet le Net.

Enfin, une dernière chose : si l'on veut se donner les moyens de lutter contre les propos insultants, on peut. Les personnalités, les élus, qui s'estiment insultés savent retrouver l'auteur des propos. Quant aux commentaires, ils peuvent être modérés. Même si nombre de sites ne le font pas, par fainéantise.

Et puis, franchement, le débat en vaut-il la peine ?

[Note que je ne me sens pas spécialement visé par ton billet, et que je sais bien que tu n'as évidemment aucune animosité à mon égard, ni ne me considère comme un corbeau, même light]

Une petite réécriture s'impose :

"Quant aux hallebardes, à part Autheuil et Eolas, qui ? Le second n'ayant d'ailleurs réagi à ce stade que parce que Rue89 l'a sollicité. A part ça, quoi ? Il avait écrit un tweet. Il est vrai que, parce qu'il en interrogé... deux, l'auteur de l'article titre sur "les blogueurs". Le mec du Post ? Tu en connaissais l'existence, toi, hier ?"

Jean-Hébert Armengaud,
Mais je les évoque, je les évoque...

Koz,
En préalable, je le rappelle, je ne suis pas favorable à l'obligation de ne plus être anonyme. C'est comme pour la burqa : je n'aime pas mais je ne me sens pas le droit de l'interdire.

C'est d'ailleurs intéressant, ce parallèle, et je pense qu'il est assez aisé de trouver une tripotée d'anonymes sur le Web, qu'ils soient blogueurs ou juste commentateurs, favorables à l'interdiction de la burqua parce qu'"il faut" montrer son visage.

Maintenant, et puisque tu cites les Gracques, ou même des gens comme toi ou Authueil, je peux comprendre, comme je le dis dans mon papier, que vous ayez plus ou moins de difficultés à écrire sous vos vrais noms.

Les Gracques sont des hauts-fonctionnaires tenus à un droit de réserve. Authueil et toi avez effectivement des jobs qui imposent une certaine discrétion même si, au moins dans ton cas, des avocats on fait un choix différent.

Mais vous n'êtes pas spécialement concernés par mon propos dans la mesure où vous avez, d'une certaine manière, créé des "marques" qui vous imposent à peut près autant de responsabilité due si vous avanciez sous vos noms véritables. C'est aussi le cas de Jules de Diner's room ou d'Eolas qui, s'ils se mettent à débloquer, doivent assumer leurs propos face à leurs lecteurs (je ne parle pas du risque juridique, puisque celui-ci est couvert par ailleurs).

Mais je parle de l'anonymat comme norme d'expression sur le Web, utilisé par des gens qui peuvent effectivement attaquer, insulter, calomnier en toute impunité (encore une fois, pas au sens légal) et peuvent toujours, s'ils se sont vraiment déconsidérés, réapparaitre sous un autre pseudo.

Donc, oui, j'ai le sentiment que dire qui l'on est force à n'exprimer que ce que à quoi l'on croit vraiment et que, si risque il y a, pourquoi pas ?

Je ne mélange d'ailleurs pas Ajar et Cassandre. Je crois que la démarche de l'artiste et celle de l'auteur anonyme d'un pamphlet à visée politique un peu malsaine sont assez différentes. Disons, et tant mieux si ça te flatte, que ton blog serait plus proche d'Ajar (même si l'on ne voit pas trop par quel biais) et que Cassandre ressemblerait davantage à un site NPA que je connais, sur lequel un petit homme pansu passe son temps à appeler à la guerre sainte sous l'étendard de Léon Trostki et fait la liste des têtes qu'il faudra trancher.

Car franchement, que risquerait-il à débiter les mêmes conneries sous son nom ? La prison ? Je ne crois pas, même s'il est sans doute convaincu, comme tant de gens, que nous sommes en 1942. Le ridicule ? Certainement.

Enfin, et c'est sans doute mon point principal, je suis surtout très agacé par la manière dont tout ce qui se passe sur le Web est off limits en matière critique, comme si tout prévention émanait forcément de vieux croutons n'ayant rien compris à rien. Je suis sur le Web professionnellement depuis plus de dix ans et je blogue depuis six ans. Ça fait peut-être de moi un vieux crouton, mais certainement pas un analphabète en ce qui concerne l'évolution des usages du réseau et de la finalité des ces usages.

Je trouves ton article très pertinant d'autant plus la dernière partie de ton commentaire :

"Enfin, et c'est sans doute mon point principal, je suis surtout très agacé..."

Je vois l'Internet simplement comme une nouvelle "place publique", un réseau de télécommunications déployé au grand public mais ce dernier n'est même pas encore apte à en comprendre l'essence...

Aujourd'hui, je constate que beaucoup de jeunes (même ceux de mon âge et je n'en ai que 23) prennent l'Internet comme référence et oublient l'histoire de l'humanité...

"Je suis né dans ce monde à cette époque et rien à f***** de ce qui sont morts avant moi... Ils sont morts et ne feront pas mon avenir"

Voilà ce que j'entends trop souvent d'une minorité de mon entourage quand on m'amène au débat de l'histoire de l'humanité et des dérives de l'Internet.

L'esprit est peut-être plus facilement corrompu par des images dynamiques et colorées... Ou l'individualisme l'a emporté grâce aux "15 minutes of fame" qu'offre l'Internet...

Mais l'Homme de demain lira il encore les livres qui forment son raisonnement, sa culture, ses valeurs, son humanité? (Bien entendu, si il sait encore lire, écrire et compter...)

Ou, cet Homme se contentera t'il de suivre en bon mouton la parole "divine" de l'Internet et autres groupes obscurs assoifés de pouvoir, par "flème" de réfléchir et décider ce qui a de mieux pour lui?

Seul l'avenir pourra nous dire si le DARPA a eu raison de débloquer ce réseau, qui ne date pas d'hier, au public et qui remet en cause la principe de la Démocratie...

PS: Si çà peut te rassurer (ou pas), on me considère aussi comme un vieux croûton...

Bon, Hugues, je peux sans problème partager votre agacement à l'égard de ceux qui font de l'Internet une espèce d'entité semi-consciente qui aurait toujours "raison" quoi qu'il arrive. Je peux aussi trouver qu'il s'écrit énormément de conneries, et, relativement, peu de choses intelligentes, sous couvert d'anonymat.

Mais quand même je vous trouve franchement outrancier.

D'abord, une connerie écrite sur Internet, ce n'est que rarement une dénonciation, anonyme ou non. C'est bien plus souvent un mouvement d'humeur. On est plus proche du graffiti que de la lettre du corbeau.

Et puis, invoquer les mânes de Jean Moulin est pour le moins excessif, non ? Encore plus fort, l'équivalence entre un trader et un corbeau: une notion que ne renierait certainement pas votre ennemi intime sur un certain site NPA, qu'il vaut mieux ne pas nommer, de peur de réveiller le troll...

Quant au sénateur à l'origine de cette éruption de boutons, il ne se contente pas de "suggérer que l'anonymat des blogueurs est susceptible d'être un problème". Il se fend d'une proposition de loi pour l'interdire, point.

Si par hasard cette proposition passait (on ne sait jamais, avec la fièvre interdiseuse qui se manifeste dans les cénacles du pouvoir depuis quelques années), il ne fait pas de doute que nombre de blogs fermeraient. Certes, il s'écrirait beaucoup moins de conneries. Et alors ? Le droit d'écrire des conneries n'est jamais qu'un des pseudos sous lequel se dissimule la liberté d'expression. À moins que ce ne soit l'inverse... En tout cas, vous n'éliminerez pas l'un sans supprimer l'autre.

Donc, si je comprends bien, il y a des bons et des mauvais anonymes (un peu comme les bons chasseurs et les mauvais chasseurs).

Eolas, Jules, Koz, Authueil, les Gracques : bon chasseur.

Tout un tas d'autres : mauvais chasseur.

Bon, en même temps, j'en arrive un peu aux mêmes conclusions. Mais ce qui me gêne, c'est de ne pas arriver à distinguer subtilement le bon chasseur du mauvais chasseur. Si quelqu'un a une idée (autre que la "marque", qui me semble ne pas tenir).

Car sur le fond, je suis plutôt d'accord avec le maître de céans, mais un critère un peu précis me permettrait de l'assumer vraiment...

A vrai dire, je peux comprendre ton propos, que je partage en partie. Il y a une certaine démagogie à s'aplatir devant ce qui vient du web. Sans surprise, on constate que certains sont très dépendants des utilisateurs, qu'ils caressent, du coup, dans le sens du poil.

Il me semble tout de même que tu y vas un peu fort et que certaines références sont excessives ou insuffisamment expliquées (pour Jean Moulin, voulais-tu dire que les "blogueurs masqués" se réfèrent trop facilement à la Résistance ?).

Juste pour info : il n'est nul besoin de la porposition de loi Masson pour condamner les blogueurs anonymes : il suffit juste de contourner la Loi sur la Presse comme le fit le député-maire UMp d'Orléans à mon égard.
J'ai porté l'affaire en cassation.
(voir l’arrêt de la cour d’appel d’Orléans : http://coteboulevard.com/include/jugement-fansolo-appel.pdf).
fansolo2008@aol.com

Franchement, je ne vois pas bien le rapport avec Jean Moulin. Je connais peu de blogueurs qui utilisent leur anonymat pour dénoncer des juifs ou dire des atrocités. Sachons donc raison garder sur les parallèles qu'on emploie.

Comme tu le dis, il est parfois difficile d'envisager d'écrire sous son propre nom, par souci professionnel. Mais tu as aussi raison de dire que c'est devenu une norme, et que c'est dommage.

J'avais attendu avant de me lancer sur le sujet, et j'ai bien fait, puisque la baudruche semble se dégonfler. Je partage tout à fait ton avis sur les loups d'internet, qui hurlent dès que leur précarré est visé par quelqu'un d'extérieur.

Le chafouin,
Tu n'as pas compris la mention de Jean Moulin dans ma note : je ne suggère pas que les blogueurs anonymes seraient des dénonciateurs de résistants, mais qu'il leur arrive de se prendre pour les journalistes clandestin qui informaient les gens comme Jean Moulin.

Il faut faire attention au parallèles que l'on emploie, certainement. Mais il faut également faire attention aux textes que l'on commente.

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