On aimerait d'ailleurs voir le PS, les Verts, ou encore les rares intellectuels qui osent se réclamer du libéralisme, refuser de s'enfermer dans le même Jurassic Park que ces dinosaures dans l'affaire de la burqua. Las, nous n'aurons pas cette chance, d'où le débat surréaliste dans lequel nous sommes plongés depuis des mois : faut-il interdire à n'importe qui de s'habiller n'importe comment ? Et les tenues de mauvais goût inventées ailleurs risquent-elles de faire vaciller l'identité du pays de la haute-couture ?
Car c'est bien de cela qu'il s'agit, n'est-ce pas ? Et certainement pas d'une quelconque défense des « droits de la femme » ou de la laïcité modèle 1905 ― un concept dont les dogmes sont désormais gravés dans le même marbre que ceux des religions qu'il prétendait civiliser. Bien sûr, chacun sait que la burqua est une horreur médiévale qui isole et contraint. Et alors ? D'abord, la majorité des (très) rares françaises qui s'en enveloppent le font de leur propre chef. Et si une adulte justifie par la foi ses pulsions sadomasochistes, ça ne regarde ni André Gerin ni Jean-François Copé.
Mais surtout, d'où sort ce recours de nos laïques de choc aux imams pour déterminer si le voile intégral est ou n'est pas une « prescription religieuse authentique » ? Le législateur en serait-il réduit à s'informer auprès des exégètes avant de dire le droit ? Et quels exégètes, d'ailleurs, dans une religion sans Vatican ni pape, où mille interprétations des écritures, toutes aussi valides les unes que les autres, coexistent depuis septembre 622 ? Une reconnaissance de la burqa par les autorités « officielles » de l'Islam de France ferait-elle changer d'avis Nicolas Sarkozy lui-même ?
Plus que la légitimité islamique de ce drap housse à manches, qui ne concerne jamais que les musulmans qui ont envie de se sentir concernés, c'est la défense de nos libertés individuelles et de nos choix philosophiques qui devrait préoccuper nos élus ― vieux staliniens et archéo-gaullistes compris. Qu'ils imposent à l'usager d'une préfecture de montrer son visage lorsqu'il se fait établir un permis de pêche, fair enough. Mais qu'ils envisagent sérieusement d'envoyer des pasdarans tricolores donner des leçons de francité vestimentaire à des rebelles en costume de carnaval et l'on bascule dans « autre chose ». Un « autre chose » qui, même paré des atours de la démocratie comme une princesse saoudienne d'un niqab Yves-Saint-Laurent, n'est jamais qu'un diktat intolérable ― incidemment totalement inapplicable, ce dont nos cousins belges, parfois à la hauteur de leur réputation, apporteront bientôt la preuve...
Le monde bouge et la France est bien forcée de bouger avec lui. Les certitudes d'autrefois, qu'elles concernent le travail, les retraites, les équilibres internationaux, les échanges commerciaux et, oui, le fait religieux en sont nécessairement bousculées. D'ailleurs, tiens, j'en prends l'engagement : si la burqa devient susceptible de vous envoyer en prison, je cours m'en acheter une. Moi, les bousculades, ça ne me fait pas peur.
© Commentaires & vaticinations
"si la burqa devient susceptible de vous envoyer en prison, je cours m'en acheter une"
Vous ne prenez aucun risque, c'est une peine d'amende qui est prévue !
Rédigé par : Paul | vendredi 23 avril 2010 à 13:44
Paul,
Une amende ? A fortiori, alors.
Rédigé par : Hugues | vendredi 23 avril 2010 à 14:29
[...]D'abord, la majorité des (très) rares françaises qui s'en enveloppent le font de leur propre chef.[...]
qu'elles sources avez vous pour affirmer cela ?
Je suis souvent d'accord avec vous mais pour une fois non.
Je n'aime pas avoir quelqu'un de masqué face à moi (que ce soit une burqua ou le GIGN). Le visage est la partie la plus expressive du corps humain. Un sourire permet d'atténuer toutes les tentions.
Je ne vois pas comment vivre en société le visage couvert.
Rédigé par : michael | vendredi 23 avril 2010 à 14:29
Michael,
Je vous retourne la question : de quelles sources disposez-vous pour affirmer le contraire ?
Moi, je me contente de constater que les femmes qui la portent et qui sont interrogées assurent être volontaires. Elles peuvent mentir sous la contrainte, c'est toujours possible, mais il y a quantité de femmes à qui leur mari fait vivre un enfer et il s'agit alors d'une question plus générale sur la violence conjugale, pas d'une question religieuse.
Et vous pouvez ne pas apprécier que quelqu'un se balade avec le visage couvert (moi non plus), mais ça ne vous donne pas le droit de lui demander de faire autrement.
Il y a un tas de choses que l'on peut ne pas aimer chez les gens que l'on croise dans la rue : leurs vêtements, leur attitude, l'affichage de leurs opinions sur un badge ou un T-shirt, etc. Mais dans un contexte démocratique, où les libertés individuelles sont essentielles, il faut apprendre à vivre avec.
Rédigé par : Hugues | vendredi 23 avril 2010 à 14:35
Hugues,
je trouve un peu léger l'emploi du mot "majorité", si l'on se base sur les réponses des femmes interrogées par les médias.
Elles vont dans le sens inverse du gouvernement ce sont donc de bonnes clientes.
Ensuite je suis d'accord que le problème n'est pas un problème religieux.
[...]mais ça ne vous donne pas le droit de lui demander de faire autrement[...]
Au contraire, un décret a été promulgué contre les cagoules dans les manifestations.
Ici, le problème est le même, dans une société les individus ne peuvent pas vivre le visage masqué (excepté par grand froid, ou tempête de sable :) ) et si certains ne sont pas capable de le comprendre seul, l'état doit le leur rappeler.
Rédigé par : michael | vendredi 23 avril 2010 à 14:48
Vos débats de principe sont bien jolis, mais si vous croisiez régulièrement des burquas en faisant vos courses vous réagiriez sans doute un peu différemment.
Vous me faites penser à un des mes amis. Il habite le sud, a une magnifique maison avec piscine et ne risque pas de rencontrer des burquas près de chez lui.
Son épouse est adjointe au maire et la mairie est de gauche. Moi aussi je voterai à gauche quand j'aurai une piscine.
Rédigé par : Michel | vendredi 23 avril 2010 à 15:19
Michel,
Personnellement, je déteste la piscine.
Mais que savez-vous de l'endroit où je vis et du nombre de burqas que l'on y rencontre.
De fait, j'habite un quartier populaire de Paris, où l'on voit pas mal de voiles de toutes dimensions mais très peu de burqas (en fait, je ne me souviens même pas d'en avoir vu ne serait-ce qu'une seule par ici).
Rédigé par : Hugues | vendredi 23 avril 2010 à 15:26
@ Hugues : en fait c'est la PPL de Copé qui prévoyait une peine d'amende. On se dirigerait pour le projet gouvernemental vers une peine genre stage civique ou médiation sociale. Que du bonheur.
@ Michel : j'habite dans un quartier musulman et je croise régulièrement des emburkannées en faisant des courses. Ça ne m'empêche pas de respirer.
Rédigé par : Paul | vendredi 23 avril 2010 à 15:32
Avez-vous déjà été cherché votre enfant à une fête d'anniversaire, et avez du attendre dehors en allant la chercher parce les mamans qui assistaient à cette fête étaient dévoilée.
Avez-vous été troublé de constater qu'il n'y avait aucun symbole chrétien dans les décorations de Noel du centre culturel de votre ville, et qu'aucun chant de Noel ne pouvait être entendu dans les rues ou dans le centre commercial. A contrario, j'étais à Kyoto au début du moi de décembre il y a deux ans. On entendait des chants de Noel partout.
Je vais bientôt déménager et je vais vendre ma maison. Les acheteurs seront, pour reprendre les termes d'Autueil, des français "discriminables" par leur origine. Désolé, je suis obligé d'employer ce terme barbare, parce que le politiquement correct m'interdit d'employer un autre terme qui disqualifierait mon discours. L'agence immobilière m'a prévenu, jamais je ne pourrai pu vendre ma maison autrement.
Je sais que ma voisine qui est serbe en sera désolée. Elle vote FN, car elle a peur qu'un jour la France ressemble au Kosovo.
Rédigé par : Michel | vendredi 23 avril 2010 à 15:53
Hugues, vous habitez un quartier populaire de Paris,et vous ne voyez pas de burqas. Si vous avez la chance d'être propriétaire, et si vous déménagez, vous aurez toutes les chances de vendre votre bien à un français "non discriminable", vu les prix pratiqués. Chacun peut constater que les quartiers populaires de Paris, comme ceux de la toute proche banlieue, sont de moins en moins populaires . Nous sommes d'accord.
Rédigé par : Michel | vendredi 23 avril 2010 à 16:06
"Je ne vois pas comment vivre en société le visage couvert."
Exemple type d'asociabilité : ne pas comprendre comment d'autres gens qui existent font pour exister sous le prétexte qu'ils ne sont pas comme vous.
Yen a comme ça, en 68, qui sont partis dans le Larzac vivre et se reproduire entre eux : ça leur a porté bonheur, ils sont tous devenus de pédants intellectuels.
Rédigé par : Crèmoir | vendredi 23 avril 2010 à 16:17
Michel: au risque de vous surprendre, avoir la garantie de pouvoir vendre sa maison à des cons sous prétexte qu'ils paient mieux n'est pas un droit fondamental du citoyen : mais rien ne vous interdit d'investir dans l'un où l'autre des innombrables Grolands de France et de Navarre (surtout au sud).
Rédigé par : Crèmoir | vendredi 23 avril 2010 à 16:21
Crémoir,
Il ne s'agit de savoir si je vendrai bien ou mal ma maison, mais de savoir le joli débat de principe sur la burqa ne prend pas un autre sens pour celui qui habite un quartier qui est en train de se transformer en ghetto.
Rédigé par : Michel | vendredi 23 avril 2010 à 16:28
Hugues, enfin un sujet où nous sommes en désaccord !
Même si je n'aime pas le "d'où tu parles toi ?" (un bourgeois du 16ème peut être réellement généreux quand un prolo du 9-3 peut être réellement égoïste, ni l'habitat ni le milieu social ne détermine une orientation), je tiens à préciser que je vis dans le 9-3, par choix, et que ce que j'y vois actuellement ne me plaît pas. Pas du tout.
Ce que j'y vois ?
Un territoire où la burqa devient la norme dans certains quartiers...
Une ville, Drancy, où je suis né et où je vis, où un groupe d'islamistes ultra-radicaux manifeste contre les "sionistes" (sic) pour prendre le contrôle de la mosquée où professe un imam qui entend lutter contre l'antisémitisme...
Et quand ce groupe, qui répond au nom très modéré de "Cheik Yacine" (sic) cherche à manifester devant la synagogue de Drancy le jour de Pessah pour dénoncer le pouvoir occulte des sionistes en France (je n'invente malheureusement rien...) mon sang de calviniste ne fait qu'un tour !!!
Le lien avec la burqa ?
La burqa n'est pas qu'un vêtement, c'est un uniforme, l'uniforme des femmes qui partagent une idéologie politique, que l'on a vue à l'oeuvre en Afghanistan. Une idéologie totalitaire, qui ne laisse aucune place à l'altérité, qui condamne "les autres" à la prison au mieux, à la potence bien souvent. Une idéologie qui est à l'oeuvre dans certains coins de nos banlieues, d'où elle expulse un couple de lesbiennes d'une cité HLM (ça aussi j'aurais préféré l'inventer).
Là où je te rejoins, c'est que faire voter une loi est une stupidité. Ce qu'il faut, c'est combattre pied à pied cette idéologie, et refuser que des femmes et des hommes se baladent avec l'uniforme de leurs idées politiques nauséeuses. C'est politiquement qu'il faut mener ce combat, mais là, il faut bien le reconnaître, il n'y a plus personne.
Rédigé par : Franck | vendredi 23 avril 2010 à 17:00
Je voudrais bien savoir en quoi l'interdiction de la burqua empechera le quartier de se transformer en ghetto. L'issue la plus probable pour ces femmes est qu'elles ne sortiront plus de chez elles, non?
Finalement, les seuls qui seront protégés, c'est ceux qui sont choqués par la vue de ces femmes, certainement pas les femmes elles-memes.
Moi, pareil qu'Hughes, si c'est interdit, je cours m'en acheter une, juste pour le plaisir de voir un flic me sermonner sur le sujet. (et soyez sur qu'ils ne viendront surement pas sermonner les femmes voilés dans les quartiers menaçant de se transformer en ghetto, ou ceux qui le sont déja depuis longtemps...)
Rédigé par : Nicolas | vendredi 23 avril 2010 à 17:04
Par les temps qui courent, les libéraux (de gauche, ouarf) s'exposent sans doute moins au ridicule en parlant chiffons qu'en s'interrogeant sur les taux de chômage. Mais tout le monde se contrefout de savoir si Adam Smith était contre la burqa dans les lieux publics ou pour le monokini dans les wagons de banlieue. Ce n'est pas parce qu'un libéral aurait raison, ou tort, dans ce débat vestimentaire d'intérêt anecdotique voire nul, que ça donnerait une once de plus ou moins-value à ses options économiques. Le libéralisme, ça concerne l'économie (plus exactement, ça la gangrène), et tous ses autres aspects sont folklore, blabla, enculage de mouches et rideau de fumée.
Rédigé par : Poil de lama | vendredi 23 avril 2010 à 17:19
Tout en étant pleinement d'accord avec Frank, je note que pour pouvoir être entendu Frank est obligé de dire
(1) qu'il n'aime pas le "d'où tu parles toi ?" , (2) tout en prenant bien soin de préciser "d'où il parle lui", en ajoutant (3) qu'il "habite le 9-3 par choix". Ce préambule posé, ce que dit Frank devient audible et nul ne peut l'attaquer personnellement.
Rédigé par : Michel | vendredi 23 avril 2010 à 18:20
J'ajoute que, contrairement à Frank, je n'habite pas le 9-3 par choix, mais parce j'avais besoin d'une grande maison, et que je n'avais pas les moyens d'habiter ailleurs.
Rédigé par : Michel | vendredi 23 avril 2010 à 18:24
et moi je suis dans le même cas que Michel ci dessus (ce dont tout lemonde devrait se foutre )
par contre je trouve qu'une fois de plus, Poil de Lama a le mot juste et pertinent en la circonstance !
Rédigé par : kkg | vendredi 23 avril 2010 à 21:32
Je crois malheureusement que cette loi ne changera rien aux problèmes évoqués ci-dessus, ni la ghettoisation de certains quartiers, ni la situation d'infériorité qui est faite aux femmes obligées de porter cet isoloir en tissu.
je ne crois pas que cela puisse constituer un coup d'arrêt à la progression d'un islamisme radical. Les radicaux en question auront beau jeu de dire : "nous les musulmans, nous sommes les victimes d'une république injuste et intolérante" et ce discours trouvera un écho bien au-delà de l'hexagone.
Nous assistons à un nouvel épisode de démagogie pénale qui consiste à annoncer bruyamment des lois répressives dont les promoteurs se moquent de l'application dans les faits, mais dont ils espèrent des retombées dans les sondages et les urnes.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | samedi 24 avril 2010 à 08:28
La connerie a souvent rassemblé gaullistes et communistes sous la IVe République. On constate que cette charmante tradition persiste.
Rédigé par : Valéry | samedi 24 avril 2010 à 09:18
Je vais me lancer dans la religion. Lancer un mouvement ou il sera demandé de se balader à poil. Après tout moi ça ne me dérange pas et je le fais de mon plein gré. Mais le vivre ensemble, et plus largement le contrat social, m'impose de la décence pour que ceux qui ne partage pas mes convictions ne soient pas importunés. Et personnellement, une burqua mode intégrale, ça me dérange. Comme vous je préfèrerai qu'on ne légifère pas mais si c'est le seul moyen, je m'y résigne.
Rédigé par : C0rt0 | samedi 24 avril 2010 à 11:45
@ Hugues: les vieux staliniens et archéo-gaullistes ne se sont jamais caractérisés par un désir profond de défendre les libertés individuelles. Il est frappant que parmi les députés communistes, ce soit justement un "orthodoxe" endurci qui se mette en avant sur cette affaire. L'habitude de vouloir faire le bonheur des gens malgré eux est décidément encore bien enracinée chez ce gars-là - à moins que ce ne soit juste un prétexte pour écraser ce qui ressemble à de la religion dans l'espace public; il est difficile de faire le tri avec certitude dans les motivations.
@ Corto: la burqa mode intégrale me dérange autant que vous. Mais elle me dérange moins que l'idée que ma tenue vestimentaire puisse faire l'objet d'une loi applicable en tout temps et partout sur le territoire. Êtes-vous dérangé par la vue de ce vêtement choquant, au point de vouloir importer chez nous un concept tel que la Commission de la Vertu et de la Prévention du Vice ?
Rédigé par : Gwynfrid | samedi 24 avril 2010 à 13:46
Hugues , bien d'accord avec toi
et en plus, encore un texte inapplicable!
Cela me rappelle une histoire vieille d'environ 15 ans, raconté par une copine qui enseignait dans une école juive
La direction de l'école s'était émue de la tendance des jeunes filles à se promener avec des jupes de plus en plus courtes et donc précisé dans un additif au règlement intérieur que les jupes devaient descendre d'au moins x cm en dessous du genou
la semaine suivante, quelques jeunes filles sont venues avec des robes qui descendaient jusqu'aux chevilles, mais qui étaient fendu jusqu'au haut des cuisses
Quand on veut légiférer bêtement, on s'expose à des retours inattendus..
Rédigé par : Verel | samedi 24 avril 2010 à 20:18
Autheil développe un oint de vue intéressant et inquiétant sur la question : il explique que le gouvernement pourrait faire passer un texte liberticide de ce type en redéfinissant la notion d'ordre public pour y inclure des valeurs faisant "consensus". Une telle redéfinition serait la porte ouverte à toutes les dérives conservatrices, venant imposer les valeurs de la majorité à toutes les catégories minoritaires ou attachées à des valeurs alternatives.
C'est le rêve des conservateurs et le cauchemard des libéraux que nous sommes.
cf. http://www.authueil.org/?2010/04/22/1606-debat-de-fond
Rédigé par : twitter.com/vlentz | dimanche 25 avril 2010 à 10:07
@cOrtO
Non seulement je suis totalement d'accord avec Hugues, mais je n'ai également aucun pb à ce que les gens se trimballent à poil.
La différence est que cela prendra du temps avant que les mentalités et contextes politiques évoluent suffisamment pour permettre cela dans nos contrées et de ne pas imposer le voile dans d'autres.
Précisément c'est bien parce qu'il existe déjà comme ça suffisamment d'atteinte à nos libertés justifiées uniquement par de vieilles coutumes sans fondement rationnel qu'il me semble ahurissant d' introduire de telles nouvelles atteintes. Il m'avait échappé que c'était (encore) un coup des gaullo-communiste, rien de surprenant, donc.
Et puis si la moitié des bonnes femmes se trimballent à poil et l'autre en burqua, ça risque de bien me faire marrer (oui en plus d'être un affreux libéral, je suis un pervers sexuel).
Rédigé par : Eviv Bulgroz | dimanche 25 avril 2010 à 17:00
Paul,
Un stage civique ? Comme pour le permis à points alors ! La nana qui vient d’être verbalisée pour conduite avec sa burqa pourra faire d’une pierre deux coups…
Michel,
Je suis également aussi hostile à la disparition (d’ailleurs très relative) des sapins et autres noëlleries que vous. Mais ça n’a pas grand chose avec le débat sur la burqa. On peut être contre toutes les interdictions de ce genre, non ?
Mais pour votre quartier en voie de ghettoïsation, et même si c’est aussi un enjeu fort, l’interdiction de la burqa, au-delà de la question des libertés individuelles, règle-t-elle quoi que ce soit ?
Par ailleurs, le quartier de Paris dans lequel j’habite a toutes les chances rester populaire, concrètement à toutes les idées reçues sur l’autre grand mouvement de ghettoïsation, la fameuse gentryfication.
Franck,
Il faut lever ce malentendu : la burqa est quelque chose d’affreux et il y a bien, dans certains coins, des intégristes poussant leurs feux et testant le système. Mais si le système réagit en remisant ses propres valeurs et ses propres principes, à quoi bon ?
Quelles que soient les raisons de porter une burqa, politiques ou, pourquoi pas, sincèrement religieuses, il n’appartient à personne d’établir si un vêtement est licite. A fortiori lorsqu’il faut aller chercher le témoignages de religieux d’obédiences diverses pour décider de ce qui est licite dans le cadre républicain.
Nicolas,
Oui enfin, les femmes en burqa ne sortent pas beaucoup de chez elles non plus… Mais là n’est pas la question et on peut trouver assez incroyable que l’on puisse prétendre que l’interdiction est une mesure visant à aider les femmes qui subissent la burqa.
Si tu t’achètes une burqa, dis-le moi, on ira ensemble et on négociera le prix. Ca me donne d’ailleurs une idée de groupe Facebook, ça…
Poil de lama,
Si je peux me permettre, tu as une vision assez restrictive du libéralisme, dont la dimension économique est très secondaire et dont tout l’objet est précisément de proposer un modèle d’organisation humaine fondé sur le respect des libertés (d’expression, religieuses, philosophiques, d’informations, etc.).
Défendre la possibilité de s’habiller comme on le souhaite, et quelles que soient ses raisons de le faire, c’est tout à fait dans les cordes du libéralisme.
Monsieur Prudhomme,
Il faudrait faire un break dans la rédaction de nouvelles lois, voire demander aux parlementaires de passer une législature ou deux à en supprimer une palanquée. Ca se serait de la rupture…
Valéry,
Oh, tu dis ça parce que tu t’appelles Valéry…
Corto,
Franchement, et même si je trouve ça peut pratique pour un tas de raisons (d’autant plus que je fais beaucoup de vélo) et même si je ne vais pas faire semblant d’évacuer des milliers d’années de relation complexes de l’homme à la nudité, je me ficherais totalement de voir des gens se balader à poil dans les rues. En tout état de cause, je n’exigerais certainement pas une loi pour demander leur rhabillage si 2 000 naturistes étaient lâchés sur le territoire national…
Verel,
Hé hé, si ça se trouve, la loi pourrait nous amener à voir des nanas en burqas fendues jusqu’en haut des cuisses et à dos nus… Elles seraient alors doublement verbalisées : pour exhibitionnisme sur la voie publique et visage masqué !
Rédigé par : Hugues | lundi 26 avril 2010 à 10:20
Je me fiche totalement de savoir si la burqua est une presciption religieuse ou pas.
Je me fiche totalement de savoir si le femme est volontaire ou pas.
Je me fiche de savoir que ces femmes préfèreront rester enfermées chez elles plutôt que de sortir avec un simple voile.
En fait, non, je ne m'en fiche pas. Au contraire.
Elle ne veulent pas sortir : bon débarras!
Ces bonnes femmes, on s'en fout. Ce qui importe, ce sont les autres, qui sont agressés par la vision de la burqua et du niquab.
De toutes façons, pour moi, toutes les vêtements religieux (voile, kippa, ...) me mettent mal à l'aise. D'où vient cette fierté d'exhiber ces étoiles jaunes volontaires?
Provocation à la discrimination afin de se victimiser?
Rédigé par : Jay | lundi 26 avril 2010 à 14:24
Moi qui pensait être aussi libéral, je pense que sur ce coup là Hugues, tu me montres que je n'en suis pas un.
Lorsque je vois une femme portant le niquab, je vois une femme qui crie son manque de droits : "je n'ai pas le droit d'être vue par un homme, car je ne vaux rien, je ne possède rien, je vis en prison chez mon mari... et en plus je suis consentante, parce que je n'ai pas le choix".
Hé bien j'en suis désolé, mais en France, on ne traite pas les femmes comme des animaux. C'est comme ça.
Si cela déplait à certains, qu'ils aillent vivre là où cette liberté existe, en Afghanistan, au Royaume-Uni ou même aux States.
Quand je vois une burqua, moi j'ai envie de l'arracher, ou de casser la g... du mari. Ce vêtement est pour moi une agression à beaucoup de valeurs auxquelles je crois. Une agression contre la démocratie, contre les droits des femmes.
Lorsque je vois un niquab, je vois des femmes battues, je vois l'excision, je vois des lapidations, je vois des femmes brulées vivantes.
Franchement, si vous me laissez au contact de femmes portant ce vêtement trop longtemps, je sens que je vais me transformer en français laïque anti musulman. Dès que je vois une de ces femmes, (cela m'est arrivé plusieurs fois, alors prétendre que seulement 2000 femmes portent le niquab en France c'est une blague à laquelle personne ne croit), je suis agressé dans mes valeurs les plus profondes et je sens ma haine monter.
Je ne souhaite vraiment pas en arriver à la haine anti musulman.
Donc mieux vaut nous débarrasser de ces vêtements et déconnecter le niquab d'un problème religieux.
Pour moi, la conclusion de cette affaire est que le niquab n'a rien à voir avec les musulmans et doit être interdit sur notre sol. Point barre.
Rédigé par : Jaggy | mercredi 28 avril 2010 à 08:55
en tant que femme je rejoins Guy Carcassonne qui hier soir s'exprimait en disant qu'il y a 10 ans il n'y avait pas une femme qui portait la burqa sur le territoire français,aujourd'hui elles sont 2000, donc une législation non brutale serait souhaitable, pour nous les femmes.
Rédigé par : humour japonais | mercredi 28 avril 2010 à 21:17