La rébellion cycliste est à la portée de tous : il suffit seulement de savoir faire du vélo. J'ai beau frimer, là, avec mes histoires de rébellion vélocipédique, de feux grillés, de sens interdits ignorés, de policiers défiés, mais je n'ai pas toujours été le James Dean du cyclisme urbain que vous connaissez ― loin s'en faut.
J'ai même commencé par ne pas être cycliste du tout, n'ayant appris qu'assez tardivement à tenir sur un vélo. La faute à mon paternel, en fait, qui nous prenait à ce point, ma sœur ainée et moi, pour des empotés, qu'il refusait de nous laisser utiliser les mini-bécanes offertes par mon grand-père ailleurs que sur le balcon de l'appartement marseillais de ma petite enfance… On a connu mise en selle plus enthousiaste. Tout juste avions-nous pu passer aux choses semi-sérieuses lorsque, par la grâce d'un déménagement vers une maison équipée d'un minuscule jardinet, la possibilité de faire le tour du potager en tricycle a transformé nos vies.
Pour autant, et à l'âge où l'on commence généralement à s'aventurer sur le bitume, j'étais toujours aussi vélocipédiquement incompétent qu'à l'époque de ma terrasse avec vue sur le Stade Vélodrome. Du moins jusqu'à ce que, fatigué des moqueries de mes petits camarades plus dégourdis, je ne décide de me débarrasser de ce handicap : j'avais huit ans passés et je ne savais toujours pas faire du vélo, bon sang ! Il fallait bien faire quelque chose.
Un terrain vague du voisinage, idéalement abrité des regards, allait donc nous servir de champ d'expérience, à moi et au pliant de ma cousine. C'était un vélo de fille, il était moche et rouillé, mais j'avais déjà le sens du sacrifice. Une disposition d'ailleurs indispensable à l'accomplissement de mon objectif, compte tenu du nombre impressionnant de gamelles que je me souviens de m'être infligé jusqu'à ce que le déclic ne se fasse.
C'est un portrait émouvant des premiers pas à vélos qui me rappelle nombre de chansons de Georges Brassens ("la première fois trallala..."
Rédigé par : anthropopotame | mercredi 17 mars 2010 à 17:20
Hugues,
rien n'empêche de ne pas passer par la ligne droite.
depuis peu le trajet fait 20km parce que la longue côte c'est tout de même moins violent que le 15% de monté.
Rédigé par : michael | mercredi 17 mars 2010 à 18:31
Anthropopotame,
Heureusement qu'on peut copier-coller ton pseudo...
Mais si tu as été ému, j'en suis très satisfait. Ce texte est censé ramener le lecteur aux heures les plus gaies de son histoire (pour changer des heures les plus sombres).
Michael,
Je me suis permis de rapatrier ton commentaire sous cette note, puisque j'imagine que c'est bien à elle qu'il était destiné. Mais c'est juste pour dire qu'un gamin de huit ans n'a pas le droit (même si son père est d'accord) de prendre l'autoroute à vélo (qu'il soit fils de poissonnier ou non, d'ailleurs) sous prétexte que c'est plus court.
Rédigé par : Hugues | mercredi 17 mars 2010 à 18:38
Cela me rappelle le jour où j'ai offert à mon fils un vélo avec stabilisateurs pour qu'il puisse aller tourner avce les "grands" dans la cour de l'immeuble.
Après quelques chutes, il en a déduit que c'était à cause des roulettes, la preuve étant que les grands n'en avaient pas et ne tombaient pas. Ne réussissant pas à le convaincre de l'utilité de ces stabilisateurs, de guerre lasse, je les ai démontés.
A peine laché, après quelques coups de pédale, il est parti triomphant, sans chuter une seule fois.
Mon prestige était atteint et par la suite, mes conseils étaient écoutés avec un scepticisme, non dissimulé.
Rédigé par : Michel-Pascal | mercredi 17 mars 2010 à 19:03
Ah! les petites reines et les chevauchées grisantes qu'elles autorisent!
Que ce soit dans les jungles urbaines ou dans les "paisibles" campagnes, je vous y accompagne sans hésiter.
Signé : un cycliste urbain des plaines rhénanes qui rouspète devant les "bagnolards" qui prennent ( à son goût) tant de place sur l'espace public.
Mais, ainsi vont majoritairement les peuples :il aiment faire vroum-vroum!
Rédigé par : Jacques Postic | jeudi 18 mars 2010 à 00:11
Hugues, il est vrai que bicyclette et dictature ne font pas bon ménage. S'il est courant d'entendre "on entend un bruit de bottes", on n'entend jamais, en revanche "on entend un tour de roue".
PS c'est vrai que mon pseudo est difficile, mais on s'y fait.
Rédigé par : anthropopotame | jeudi 18 mars 2010 à 07:16
Bon, il sort quand, ce bouquin sur le vélo?
Rédigé par : emm | jeudi 18 mars 2010 à 07:31
Emm,
Ben tu crois qu'il s'écrit tout seul ? Il faut du temps pour ces petites choses...
Rédigé par : Hugues | jeudi 18 mars 2010 à 10:01
Ça veut dire qu'on va encore bouffer du billet sur ton vélo et toi? Ça risque de devenir lassant...
Rédigé par : emm | vendredi 19 mars 2010 à 12:18
Lassant ? Le vélo c'est la santé. Et aujourd'hui, je parle de culture de cannabis en franchise. Ça change un peu.
Rédigé par : Hugues | vendredi 19 mars 2010 à 12:31