Un bon rire vaut un bon bifteck, dit-on. Mais quel est l'apport en cellules cancéreuses d'un bon trajet à vélo ?
Émergeant lui-même de ce cloaque qu'est le métro parisien, un ami me demandait, en m'observant arrimer ma bécane au tronc rongé par la pollution d'un marronnier moribond, s'il n'était pas, au bout du bout, « mauvais pour la santé » de circuler à vélo...
C'est vrai quoi : on connaît déjà le risque de se faire aplatir par un bus ou de glisser sur une plaque de verglas avant d'aller s'exploser la cervelle sur le rebord du trottoir, mais quid de l'impact à long terme de ce mode de déplacement sur les poumons du pédaleur ? Et la croissance rapide du nombre de cyclistes urbains se traduira-t-elle, d'ici une quinzaine d'années, par une augmentation du nombre de cancers liés à l'inhalation régulière de grandes quantités de saloperies hydrocarburées ?
Franchement, je n'en sais rien. Mais parce que je suis curieux et que j'aime bien me documenter sur tout et n'importe quoi histoire de ne jamais être à court d'un point de vue dans les diners en ville, j'ai vite découvert que personne n'en savait rien non plus ― ce dont Socrate, qui ne faisait pourtant pas de vélo rapport à ses rhumatismes, nous avait déjà informé il y a 2 500 ans. Oh, il existe bien quelques études sur la question, mais elles ont tendance à se contredire les unes les autres, un groupe de chercheurs toulousains ayant même récemment conclu à une plus grande dangerosité de la voiture, du bus et même du métro que du vélo !
Ah ... j'ai connu des grèves de métro qui, au hasard des promiscuités forcées et comprimées avec des représentantes du sexe opposé, ne laissaient pas tous les organes insensibles. Mais c'est tout de même la loterie.
Rédigé par : Yogi | jeudi 18 février 2010 à 20:16
Sur ce coup-là, une petite visite chez Airparif devrait rassurer même les hypocondriaques : http://www.airparif.fr/pages/polluants/evolution
Il est vrai qu'ils ne mesurent pas depuis longtemps les particules fines, et que la concentration ne baisse pas. Avec la prime à la casse et l'afflux de petits diesel sans filtres à particules, m'est avis que ça pourrait même augmenter. Mais oui, on peut les interdire : la moto diesel, on l'a toujours pas (vraiment) inventée.
Rédigé par : Denys | vendredi 19 février 2010 à 00:02
L'ORAMIP et AIRPARIF sont des associations agréées par l'état pour la surveillance de la qualité de l'air...et non des groupes d'obscurs chercheurs aux études douteuses.
Rédigé par : bar | vendredi 19 février 2010 à 10:09
Yogi,
Oui, tu fais bien de rappeler qu'il y aussi des pervers qui tripotent les jeunes filles dans le métro aux heures de pointe ! Une autre bonne raison de choisir le vélo...
Denys,
Je plaisante. Je ne veux pas vraiment interdire les voitures. Je me retrouverais alors tout seul avec les scooters et cette perspective est bien trop angoissante.
Bar,
Oui. Mais qui dit le contraire ?
Rédigé par : Hugues | vendredi 19 février 2010 à 10:17
Il faut garder à l'esprit une évidence : la pollution n'est pas la même partout. Certains gestes permettent d'éviter des expositions forcément nocives.
La principale : se glisser devant à un feu rouge. La plupart des feux sont équipés d'un sas à vélo qui est facile à trouver : il est sous les roues des premières voitures. C'est au démarrage que les moteurs atteignent leur plus gros régime en ville. Et au passage au vert, c'est tous les véhicules qui accélèrent à fond (sauf les scooters qui accéléraient inutilement quand le feu était rouge pour que son conducteur trompe son ennui en se rêvant au guidon d'un dragster.
Donc surtout ne pas rester au cul d'un bus ou d'un camion.
Rédigé par : Eolas | samedi 20 février 2010 à 10:45
Il y a quelques années, j'avais lu (sur le footing en ville, que tu pratiques aussi je crois?) que le fait de respirer plus profondément dans un environnement pollué permettait aux micro-particules d'atteindre les poumons plus "en profondeur". Je sais pas ce que ça vaut, mais on peut imaginer que ça s'applique aussi aux cyclistes, surtout s'ils ont le nez dans un pot d'échappement.
Après, pour une pratique douce du vélo, sans trop monter dans les tours, les risques doivent être assez proches de ceux que courent les piétons...
Rédigé par : Mathieu | samedi 20 février 2010 à 12:44
Eolas,
Bof, mieux que le recours au sas, l'idéal est de ne pas s'arrêter au feu rouge du tout pour ne pas être derrière une voiture qui redémarre.
Mathieu,
Je cours en ville, mais tôt le matin et la "vraie" circulation ne commence qu'après 7h15. C'est à partir de 8h00 que ça pue vraiment et j'imagine que l'odeur de la pollution est un bon indicateur, même si c'est exactement ce qu'on pourrait qualifier d'estimation au pifomètre !
Rédigé par : Hugues | dimanche 21 février 2010 à 18:49