Se déplacer en se préoccupant des générations futures, ça peut aussi se faire au présent. Il semble avoir disparu depuis déjà quelques semaines, mais ça m'inquiète davantage que ça ne me rassure : si ça se trouve, il a fini par passer sous les roues du 96… « Il », c'est ce type que j'ai si souvent repéré en train de traverser le carrefour Parmentier-République ― l'une des intersections les plus mal-fichues de l'est-parisien ― les jambes en canard et les mains crispées sur les freins de son bicloune de collection.
Qu'il manque à ce point de style, passe encore. Tout le monde ne peut pas avoir, comme moi, l'allure d'un fier chevalier de la Table ronde en route pour Camelot lorsqu'il se promène à vélo. Et qu'il soit aussi manifestement dénué d'aisance et d'équilibre n'est pas non plus le problème : s'il fallait décrocher un permis avant de monter sur un vélo, le Vélib' ne serait pas un tel succès. Non, ce qui me dérange vraiment avec lui, c'est qu'il se sente suffisamment en confiance pour affronter le bitume de la capitale ses deux gosses en bandoulière. Pas juste un gamin à l'arrière, hein, étranglé par la sangle de son porte-bébé Ikea, mais bien deux ― le plus jeune précairement installé sur un petit promontoire ad-hoc, juste au-dessus du guidon.
Ici le moyen populaire pour transporter ses gamins, chiens et courses c'est ca:http://www.christianiabikes.dk/galleri.php
Pas sure que j'oserais a Paris par contre...
Rédigé par : BLS | lundi 22 février 2010 à 21:19
Oui, on parle vraiment de deux planètes différentes. Si j'habitais Copenhague, j'irais jusqu'à trimbaler toute une classe de maternelle en équilibre sur mon porte-bagages sans me poser de questions...
Rédigé par : Hugues | mardi 23 février 2010 à 14:15
Ici au Japon, le vélo est peut-être le moyen principal de trimballer sa marmaille entre chez soit et la crèche / maternelle.
Sur le chemin du boulot, je croise un grosse dizaine de vélos avec, en plus de l'adulte au guidon, entre un et trois enfants dessus.
La route est par contre probablement moins dangereuse par contre...
Rédigé par : Poupi | mardi 23 février 2010 à 14:30
Oulah, pour le Japon, je ne suis pas totalement convaincu que la route soit beaucoup moins dangereuse. L'automobiliste japonais est peut-être un peu plus respectueux des règles, mais il considère totalement le bitume comme son domaine réservé, et les intrus comme des gêneurs.
Rédigé par : jmdesp | mardi 23 février 2010 à 17:37