Le NPA est devenu un parti essentialiste et populiste comparable au FN. Ilhem Moussaïd, si ses convictions sont sincères, ferait bien de changer de crèmerie.
Cette histoire de « candidate voilée » est en train de transformer une intuition en conviction : le NPA est bel et bien un Front National d'extrême-gauche.
Bien sûr, la preuve de sa capacité de nuisance électorale avait déjà été apportée, mais elle ne suffisait guère à pareille démonstration. Après tout, ni les Verts, ni le PRG, ni même le PC ne sauraient être assimilés au FN au prétexte qu'ils contribuent eux aussi à l'atomisation du vote de gauche. Porteurs de valeurs ultimement compatibles avec celles du parti socialiste, capables du pragmatisme indispensable au rassemblement ou à l'exercice du pouvoir dans les moments-clés, ces mouvements demeurent, nolens volens, en phase avec l'objectif général qu'ils affirment viser : l'amélioration des conditions de vie des Français dans le cadre des institutions démocratiques de la République.
La métamorphose de la LCR ― un authentique parti politique, certes groupusculaire mais doté d'un appareil théorique intelligible, d'une équipe de dirigeants individuellement identifiables et de militants formés ― en un fan club besancenotien à l'idéologie floue n'était pas non plus déterminante. Le MoDem n'est pas moins « le parti de François » que le NPA n'est « le parti d'Olivier » et personne ne songe à traiter Bayrou de Le Pen béarnais. La mégalomanie a beau être un défaut, elle n'a rien d'un crime...
Même la volonté du NPA de faire du passé table rase ― au sens où rien de ce qui existe aux plans économique et politique ne sera sauvé pour construire le « socialisme du XXIe siècle » ― ne peut être retenue contre lui dans une comparaison avec la posture anti-establishment du Front National. Ce baratin révolutionnaire est justement tout ce qui reste de la vieille LCR et il finit, ironiquement, par être plus rassurant dans sa familiarité que les références aussi constantes que grotesques au Venezuela chaviste.
Et ce n'est pas non plus le foulard porté par la fameuse candidate qui pourra être renvoyé à la figure joufflue du facteur comme preuve terminale de son statut de « Le Pen du camp d'en-face », bien que le chef du FN soit à peu près la seule personnalité politique ― avec Christine Boutin ― à ne pas être hostile à cette « fantaisie vestimentaire ». Car ce voile, et même si Caroline Fourest a raison d'en faire l'équivalent de la messe en latin chez les catholiques puisqu'il témoigne d'une approche ultra-conservatrice de l'islam, n'est pas la burqa. L'on voit donc mal en quoi le porter empêcherait une citoyenne française de faire de la politique. A Échirolles, dans l'Isère, une conseillère municipale communiste porte également un foulard pour des raisons religieuses et personne ne semble s'en émouvoir.
Mais là où une correspondance véritable entre NPA et FN peut légitimement être établie, c'est dans ce refus commun d'une critique du système fondée sur l'analyse de rapports de force sociaux et économiques au profit d'une lecture ethnique et essentialiste des difficultés rencontrées par une partie de la population française. Comme Le Pen, pour qui les émeutes de 2005 ou le sous-emploi dans les banlieues sont la marque de déterminismes religieux et l'indice d'antagonismes indépassables entre « Français de souche » et « Français de papiers », Olivier Besancenot estime désormais qu'une candidate voilée est « l'image de l'intégration [du NPA] dans les quartiers ».
Camouflant lui-même les convictions politiques de la jeune vauclusienne derrière le fichu dont elle refuse pourtant de faire un étendard, il n'hésite pas à qualifier ce bout de tissu « de symbole de ceux qui subissent la crise dans les quartiers sensibles » ! Hum, quel meilleur miroir de la cosmogonie lepéniste et de ses petits-blancs subissant le joug de « parasites allogènes » que cette opposition absurdement a-politique « exploités musulmans/exploiteurs chrétiens » ?
Si Ilhem Moussaïd est sincère dans ses engagements ― et il n'y pas de raison d'en douter a priori même si son « féminisme » est, disons, légèrement paradoxal ―, l'instrumentalisation démagogique et populiste dont elle fait l'objet, tout comme la négation de son militantisme au profit (sic) de sa religion ne peuvent être qu'un encouragement à changer de crèmerie. Et au vu du caractère particulièrement passe-partout de sa profession de foi (re-sic), elle ne devrait pas avoir trop de difficulté à trouver un autre point de chute tout aussi naïvement anticapitaliste...
© Commentaires & vaticinations
Bien sûr, la preuve de sa capacité de nuisance électorale avait déjà été apportée, mais elle ne suffisait guère à pareille démonstration. Après tout, ni les Verts, ni le PRG, ni même le PC ne sauraient être assimilés au FN au prétexte qu'ils contribuent eux aussi à l'atomisation du vote de gauche. Porteurs de valeurs ultimement compatibles avec celles du parti socialiste, capables du pragmatisme indispensable au rassemblement ou à l'exercice du pouvoir dans les moments-clés, ces mouvements demeurent, nolens volens, en phase avec l'objectif général qu'ils affirment viser : l'amélioration des conditions de vie des Français dans le cadre des institutions démocratiques de la République.
La métamorphose de la LCR ― un authentique parti politique, certes groupusculaire mais doté d'un appareil théorique intelligible, d'une équipe de dirigeants individuellement identifiables et de militants formés ― en un fan club besancenotien à l'idéologie floue n'était pas non plus déterminante. Le MoDem n'est pas moins « le parti de François » que le NPA n'est « le parti d'Olivier » et personne ne songe à traiter Bayrou de Le Pen béarnais. La mégalomanie a beau être un défaut, elle n'a rien d'un crime...
Même la volonté du NPA de faire du passé table rase ― au sens où rien de ce qui existe aux plans économique et politique ne sera sauvé pour construire le « socialisme du XXIe siècle » ― ne peut être retenue contre lui dans une comparaison avec la posture anti-establishment du Front National. Ce baratin révolutionnaire est justement tout ce qui reste de la vieille LCR et il finit, ironiquement, par être plus rassurant dans sa familiarité que les références aussi constantes que grotesques au Venezuela chaviste.
Et ce n'est pas non plus le foulard porté par la fameuse candidate qui pourra être renvoyé à la figure joufflue du facteur comme preuve terminale de son statut de « Le Pen du camp d'en-face », bien que le chef du FN soit à peu près la seule personnalité politique ― avec Christine Boutin ― à ne pas être hostile à cette « fantaisie vestimentaire ». Car ce voile, et même si Caroline Fourest a raison d'en faire l'équivalent de la messe en latin chez les catholiques puisqu'il témoigne d'une approche ultra-conservatrice de l'islam, n'est pas la burqa. L'on voit donc mal en quoi le porter empêcherait une citoyenne française de faire de la politique. A Échirolles, dans l'Isère, une conseillère municipale communiste porte également un foulard pour des raisons religieuses et personne ne semble s'en émouvoir.
Mais là où une correspondance véritable entre NPA et FN peut légitimement être établie, c'est dans ce refus commun d'une critique du système fondée sur l'analyse de rapports de force sociaux et économiques au profit d'une lecture ethnique et essentialiste des difficultés rencontrées par une partie de la population française. Comme Le Pen, pour qui les émeutes de 2005 ou le sous-emploi dans les banlieues sont la marque de déterminismes religieux et l'indice d'antagonismes indépassables entre « Français de souche » et « Français de papiers », Olivier Besancenot estime désormais qu'une candidate voilée est « l'image de l'intégration [du NPA] dans les quartiers ».
Camouflant lui-même les convictions politiques de la jeune vauclusienne derrière le fichu dont elle refuse pourtant de faire un étendard, il n'hésite pas à qualifier ce bout de tissu « de symbole de ceux qui subissent la crise dans les quartiers sensibles » ! Hum, quel meilleur miroir de la cosmogonie lepéniste et de ses petits-blancs subissant le joug de « parasites allogènes » que cette opposition absurdement a-politique « exploités musulmans/exploiteurs chrétiens » ?
Si Ilhem Moussaïd est sincère dans ses engagements ― et il n'y pas de raison d'en douter a priori même si son « féminisme » est, disons, légèrement paradoxal ―, l'instrumentalisation démagogique et populiste dont elle fait l'objet, tout comme la négation de son militantisme au profit (sic) de sa religion ne peuvent être qu'un encouragement à changer de crèmerie. Et au vu du caractère particulièrement passe-partout de sa profession de foi (re-sic), elle ne devrait pas avoir trop de difficulté à trouver un autre point de chute tout aussi naïvement anticapitaliste...
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C'est marrant, moi je dirais que l'analyse "essentialiste" de la société, c'est la droite en général, pas l'extrême-droite. Cf par exemple les propos d'éminents représentants de l'UMP sur les gènes de la pédophilie, de Jean Sarkozy ou des footballeurs. J'ai toujours pensé que lorsque Sarkozy parle de rémunérer le "mérite", c'est de l'essentialisme déguisé, dans le sens où les plus méritants le sont intrinsèquement et sont révélés par leurs actes, au contraire de la posture méritante et existantialiste de gauche qui consiste à récompenser les actes pour eux-mêmes. C'est pour cette raison qu'un Jean Sarkozy peut-être méritant sans jamais avoir rien fait, et qu'un délinquant peut croupir en prison toute sa vie puisque son crime révèle sa mauvaise nature profonde. D'ailleurs, les concepts de "réhabilitation" et "rédemption" ont me semble-t-il complètement disparu de l'inconscient politique de ce fait...
Rédigé par : Tom Roud | lundi 08 février 2010 à 17:47
L'essentialisme est comme une survivance issue de notre cerveau reptilien : une tentation permanente contre laquelle la pensée doit lutter sans relâche.
C'est pour cela, Tom, que tu as raison d'en retrouver les traces au sein de la majorité : l'essentialisme, en effet, c'est un peu l'élitisme du pauvre. Ou plutôt, c'est l'élitisme affiché de celui qui préfère en réalité protéger son pré carré. Une posture que l'on ne retrouve pas qu'à droite, d'ailleurs, même si à gauche elle prend parfois d'autres formes.
Mais parce que l'essentialisme est généralement un relâchement coupable de la pensée — une sorte de mauvais instinct primitif — , il n'est pas étonnant de le retrouver dans sa forme la plus assumée — la moins refoulée, si l'on préfère — à chaque extrême du spectre politique.
Rédigé par : Rubin | lundi 08 février 2010 à 18:42
Tom Roud,
Je ne sais pas si l'histoire de Sarkozy et des gènes pédophiles est vraiment du même tonneau. Je l'attribue plutôt à l'ignorance pure et simple.
Mais ça nous entraîne assez loin du choix que vient de faire le NPA en instrumentalisant cette fille dans le but de passer pour le représentant de ces gens en souffrance dont l'identité est apparemment résumée dans un foulard.
Rubin,
On constate effectivement à quel point l'essentialisme est bien distribué aux extrêmes. Mais les réactions négatives aux prises de position de leurs conducators respectifs sont tout de même plus marquées à gauche qu'à droite (on a rarement vu des membres du FN s'offusquer d'une sortie raciste de Le Pen). C'est pour ça que, même libéral, je reste de gauche !
Rédigé par : Hugues | lundi 08 février 2010 à 18:58
Ce qui me gêne c'est plus qu'elle ait un keffieh, porter un voile n'étant pas forcément synonyme d'incompétence politique.
Adhérer au NPA par contre oui.
Rédigé par : Dav | lundi 08 février 2010 à 19:04
Bof.
Moi, j'ai surtout l'impression que le coup de la trotskiste voilée n'est qu'un coup de marketing permettant au NPA de rappeler qu'il existe au moment où l'électorat était en train d'oublier complètement son existence... Toute publicité est de la bonne publicité, et ça marche: on reparle du NPA qui n'a pourtant à peu près rien d'intéressant à dire (défaut qu'il partage d'ailleurs avec deux partis de droite: le PS et l'UMP).
J'ai tendance, une fois de plus, à n'avoir pas d'autre avis que de dire que je m'en fous complètement. Je n'avais pas l'intention de voter trotskard avant le voile léger, je n'en ai toujours pas l'intention. Tout au plus ai-je tendance à penser que le parti du grand soir est en train de virer au parti du grand n'importe quoi... ce qui est, au fond, plutôt une bonne nouvelle: on tranche beaucoup moins de gorges avec une idéologie fumeuse et contradictoire qu'avec la rhétorique sanguinolente à laquelle les trotskards nous avaient habitués.
Rédigé par : Poil de lama | lundi 08 février 2010 à 20:07
Et dire que la droite est essentiellement essentialiste, c'est quoi?
Accessoirement, je serais ravi qu'on me fournisse un lien avec un commentaire de Sarkozy sur le "gène de la pédophilie". Ce sympathique exercice permettrait à Tom Roud de découvrir que sa certitude "essentialiste" que la droite c'est mal "par essence" l'amène à se reconstruire la mémoire tout seul. Moi ça me ferait flipper.
Pour ma part, je tendrais comme Rubin à considérer que la dérive essentialiste est un risque très largement partagé. J'ajouterais que ce risque est d'autant plus fort qu'on s'est autoproclamé supergentil (TM).
Après, si on veut comparer la gauche et la droite sur le sujet, on peut. On peut par exemple comparer la propagation respective dans chacune des familles de pensée du déterminisme génétique et du déterminisme social.
Car c'est là, pour en revenir au billet, que nous divergeons, Hugues. L'essentialisme, ce n'est pas préférer le déterminisme ethnique au déterminisme social, l'essentialisme c'est nier le libre-arbitre, pour quelque raison que ce soit. Lis le lien wikipedia que tu fournis, la définition prend 2 lignes. Nier le déterminisme génétique ne suffit pas pour éviter le piège essentialiste; il faut refuser tous les déterminismes.
Ainsi quand Tom Roud aura terminé sa recherche Google, il aura identifié l'entretien entre Sarkozy et Onfray dans Philosophie Magazine qui a fait couler tant d'encre. Il ne trouvera pas de référence au "gène de la pédophilie" mais il trouvera une citation qui, sortie de son contexte, est presque aussi bien "on naît pédophile". Mais s'il pousse jusqu'à lire la totalité de l'entretien, il découvrira une réalité très déroutante (pour lui).
Il découvrira que Sarkozy expose une philosophie de la vie dans laquelle les individus sont mus par leurs origines ET par le libre-arbitre (on naît avec une prédisposition à la pédophilie, mais on choisit ou non d'y donner libre cours) alors qu'Onfray ne voit que le déterminisme social. Malgré tous les efforts de Sarkozy, Onfray refuse d'admettre le libre arbitre.
Eh oui, dans cet entretien, c'est Sarkozy l'humaniste et Onfray l'essentialiste!
Rédigé par : Lib | lundi 08 février 2010 à 20:11
@ Lib : sur Onfray et Sarkozy, cf bacterioblog
http://bacterioblog.over-blog.com/article-6405687.html
Je reconnais volontiers qu' il ne parle pas de gène de la pédophilie et que c'est un raccourci de ma part, mais il y a effectivement la phrase "on naît pédophile", il dit également "Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense". "la part de l'inné est immense", même en contexte, ça me paraît un peu contradictoire avec une interprétation très libérale de Sarkozy.
Sinon :
- La négation du libre-arbitre n'est pas de l'essentialisme. Et être déterminé par les circonstances sociales, ce n'est pas ce que j'appelle de l'essentialisme. Cela dit, le déterminisme social de la gauche, c'est effectivement un peu comme l'essentialisme pour la droite, une espèce de philosophie en tâche de fond, sauf que j'y adhère personnellement plus. De la même façon, je crois beaucoup plus aux effets de l'éducation sur le comportement, mais c'est peut-être parce que quelques psychanalyses m'ont fait réaliser à quel point mon psychisme à moi a été modelé par mon enfance et mon éducation (et qu'au moins, prendre conscience de cela, c'est déjà s'en libérer en partie, c'est plus positif comme philosophie de vie).
- comme le dit Benjamin du bacterioblog lié plus haut, on est déterminé en partie génétiquement. Simplement, je pense que la droite accorde typiquement plus d'importance à cela (et à l'inné en général) que la gauche dans sa vision du monde qui préfère le déterminisme social
- Rubin a bien expliqué pourquoi les conservateurs sont plutôt essentialistes pour cette raison, et je pense qu'il y a toujours plus de conservateurs dans l'électorat de droite que celui de gauche. C'est peut-être aussi parce que la plupart des gens de droite que je connais sont hyper essentialistes et en conséquence (selon moi) hyper conservateurs, mais bon.
En plus, vous ne retenez que ce qui vous arrange : les gènes du footballeur, Jean Sarkozy naturellement doué pour la politique parce que son papa l'est qu'on a entendu maintes fois répété au cours de la polémique sur l'EPAD, c'est quoi au juste ? La paternité réduite au test ADN, ce n'est pas aussi une interprétation essentialiste du monde ? Même l'obsession actuelle de l'identité nationale me paraît rejoindre cette tendance (certains ont même parlé de "l'ADN de la France"). Je pense aussi qu'on dérive collectivement de plus en plus vers une forme d'essentialisme, pour tout un tas de raison, moi-même en parlant du gène de la pédophilie je me suis fait avoir (c'est mon biais généticien qui me fait chercher des gènes de tout).
Rédigé par : Tom Roud | lundi 08 février 2010 à 22:02
Cet article mélange beaucoup de concepts et pose une vision assez réductrice du problème. En cherchant bien on pourrais trouver des exemples de dérives existentialistes dans tous les partis... Belle tentative que de ne mettre cote à cote que NPA et FN pour mieux leur inventer une ressemblance.
Là par contre où les partis se ressemblent, ce serait:
- le goût pour la provocation
- la maladresse
- l'intolérance
Jouer sur le terrain des religions est forcément casse gueule: les propos peuvent être si facilement déformés !
On ne peut cependant pas nier que par des tendances aussi bien racistes (de la part des français qui étaient là avant) que communautaristes (de la part des nouveaux arrivant) les immigrants maghrébins ont eu tendance à se rassembler dans des quartiers définis pendant la reconstruction d'après guerre. Hors pour beaucoup de raisons ces quartiers sont devenus ces fameuses banlieues défavorisées: il y a une plus forte proportion de français d'origine maghrébine dans les banlieues défavorisées qu'à Neuilly.
En ce sens elle cette demoiselle est en effet un symbole des "quartiers" et d'une génération de gens qui vivent comme des "sous français". Il est d'ailleurs assez rigolo de voir la gène des "bon français" lorsqu'ils sont confrontés à ce genre d'individu...
Rédigé par : yomaster | mardi 09 février 2010 à 01:30
Tom Roud, je ne vois pas bien la cohérence à donner un aussi bon lien, pour justifier un premier commentaire si réducteur...
A noter que si on dit que "Jean Sarkozy [est] naturellement doué pour la politique parce que son papa l'est ", on ne tranche pas si c'est en raison d'un déterminisme social ou génétique.
"Simplement, je pense que la droite accorde typiquement plus d'importance à cela (et à l'inné en général) que la gauche dans sa vision du monde qui préfère le déterminisme social"
Je dirai : pour la gauche, par principe, il n'y a que du déterminisme social. Pour la droite, en plus, il peut y avoir d'autres déterminismes (ça sent le souffre, donc il faut vraiment chercher les positions en ce sens...) ou du libre-arbitre.
Rédigé par : Corto | mardi 09 février 2010 à 14:20
"Tom Roud, je ne vois pas bien la cohérence à donner un aussi bon lien, pour justifier un premier commentaire si réducteur..."
Excusez-moi d'être réducteur, donc si je comprends bien, quand on dit que l' essentialisme est plutôt de droite, on est réducteur, mais quand on dit que " pour la gauche, par principe, il n'y a que du déterminisme social" (sous-entendu il n'y a pas de libre-arbitre ?) on ne l'est pas. Je note aussi que le libre-arbitre pour vous est associé à la droite. Intéressant, Sartre, Beauvoir and co, existentialistes (qui s'opposent à l'essentialisme), ne seraient peut-être pas d'accord.
Rédigé par : Tom Roud | mardi 09 février 2010 à 14:44
Ce voile me semble être un non-évènement mis en exergue par une droite qui cherche à faire peur plutôt qu'à convaincre.
Pas besoin de rechercher les mânes de Simone ou jean-Paul.
Ne mérite "ni cet excès d'honneur, ni cette indignité".
Rédigé par : francis | mardi 09 février 2010 à 15:21
J'aurai du effectivement écrire "pour la gauche, par principe, il n'y a du déterminisme que social".
Actuellement (si on remonte assez loin, toute valeur a été défendu un jour ou l'autre par la "gauche" et "la droite"), on a quand même du mal à voir le libre-arbitre comme une valeur de gauche, tant on y use et abuse de l'argument du déterminisme social, sur une infinité de sujet (crimes, délinquance, réussite scolaire et économique, intérêt pour la culture...), comme la seule explication possible. C'est devenu un dogme largement indépassable.
Rédigé par : Corto | mardi 09 février 2010 à 15:39
J'aurai du effectivement écrire "pour la gauche, par principe, il n'y a du déterminisme que social".
Actuellement (si on remonte assez loin, toute valeur a été défendu un jour ou l'autre par la "gauche" et "la droite"), on a quand même du mal à voir le libre-arbitre comme une valeur de gauche, tant on y use et abuse de l'argument du déterminisme social, sur une infinité de sujet (crimes, délinquance, réussite scolaire et économique, intérêt pour la culture...), comme la seule explication possible. C'est devenu un dogme largement indépassable.
Rédigé par : Corto | mardi 09 février 2010 à 15:39
Bonjour,
Je suis assez d'accord avec Lib pour dire que l'essentialisme comme croyance en un déterminisme trancende largement le clivage droite-gauche.
Pour Corto, un cas intéressant de renversement du cadre que vous présentez est la défense des gays et lesbiennes. Ce combat est indéniablement plutôt "de gauche" (malheureusement), et pourtant... En allant vite, les pro-gays n'hésitent pas à défendre la reconnaissance d'une "identité" sexuelle, innée, pour s'opposer à ceux qui voudrait faire de l'homosexualité un choix dépassable (ou une perversion qui doit être guérie pour les pires homophobes).
Ce n'est peut être qu'un cas particulier, mais il invite à s'intteroger sur le caractère absolu de "ce principe" de non déterminisme biologique, à gauche.
Rédigé par : Vivien | mardi 09 février 2010 à 21:26
Vivien
Il me semble justement que cette défense des gays et lesbiennes par le prisme "il y a un gene de l'homosexualité" fait recette aux USA (ou la "gauche" n'a pas les mêmes dogmes), et pas en France.
Quant à la défense des gays "indéniablement de gauche", ça été vrai, je pense qu'il faut se méfier. D'une part l'homophobie de droite a pratiquement disparu, d'autre part, il ne faut pas s'imaginer que l'accueil de femmes voilées et tout ce qui s'en suivra sera sans aucun impact sur la perception de liberté de moeurs par la gauche...
Rédigé par : Corto | mercredi 10 février 2010 à 09:25
@Corto
Je dois vous faire mon coming-out : je suis plutot de droite. Catholique en plus.
La lutte pour l'homophobie et les discriminations fait heureusement l'objet d'un consensus de nos jours chez l'ensemble des modérés de l'échiquier politique.
Il n'en reste pas moins que le débat s'est déplacé sur des sujets beaucoup moins consensuels comme le mariage ou l'adoption, ou la gauche continue de représenter le plus souvent le camp "pro-gay".
Je trouve d'ailleurs cela malheureux d'ailleurs, la polémique sociétale engendrée par ces questions étant suffisante pour qu'on y rajoute pas une projection des luttes politiques.
Quand à la "non-essentialité" du débat sur l'homosexualité tel que le pratique la gauche en France, je ne suis pas convaincu.
Cette lutte est menée de manière pragmatique, j'ai l'impression que tout ce qui peut servir la cause est bon à prendre. l'argument "génétique" marche peut être mieux aux US, il est donc utilisé à fond. Mais quand le besoin s'en fait sentir aussi en France les pro-gays n'y rechignent pas non plus. Le terme d'identité sexuelle par exemple est tout sauf neutre.
C'est donc ce qui me fait dire qu'il n'y a pas de dogme sur la non-essentialité biologique à gauche. Ce n'est pas leur tasse de thé inttelectuelle, certes, surtout actuellement avec l'importance de l'anti-racisme dans leur discours, mais il n'y a pas de de principe absolu.
Rédigé par : Vivien | mercredi 10 février 2010 à 10:12
Au contraire, j'ai l'impression que le thème de l'homosexualité va dans mon sens : en présence d'un argument potentiel (certes à la validité scientifique très bancale, mais au fond c'est assez secondaire), les associations de gauche récusent en bloc cet argument, car dans leur tête "génétique=nazi" (et je force à peine le trait, il n'y a qu'à lire le lien ci-dessous), alors qu'aux USA on utilise ce "fait scientifique" pour le bénéfice de la cause.
Mais peut-être avez -vous des contre-exemples ? Si vous me trouvez une association ou un parti de gauche qui utilise l’argument du déterminisme génétique dans un papier, vous avez gagné…
http://www.france.qrd.org/actualites/article.php3?id_article=2976
Au passage, c'est marrant, on est dans une sous-polémique de la polémique initiale.
Rédigé par : Corto | mercredi 10 février 2010 à 13:38
arrogant, prétentieux, méprisant,
il a tous les défauts ce chroniqueur
issue des quartiers populaires, je n'ai pas votre avis
nous n'avons pas le pouvoir comme vous de divulguer de telles inepties!
nous restons bouche bâillonnée dans nos ghettos et pendant ce temps là , vous jouer de votre pauvre cerveau sans rien connaitre de notre milieu
les femmes françaises sont les plus grandes consommatrices au monde de tranquillisants, inquiétez vous en davantage et venez nous voir, nous ne sommes en rien des monstres.
Désolée d'être différente
et le NPA nous ouvrent ses bras, c'est le seul parti de gauche qui existe pour nous
ca vous ennuie?
Rédigé par : usuel | vendredi 12 février 2010 à 11:25
Bravo, Usuel, je n'aurais pas pu dire mieux !
On ne peut pas être libéral et de gauche: ce chroniqueur a assimilé le double-think orwellien à la perfection !
L'espoir vient d'Amérique du Sud et son socialisme du XXIème siècle: Chavez, Correa, Morales.
http://www.wsws.org ou, pour nos camarades (et non-camarades aussi, d'ailleurs, je lis bien les sites de (extrême-)droite genre Weekly Standard ou le blog ce ce chroniqueur, par exemple) ne lisant pas l'anglais http://www.wsws.org/francais
La lutte des classes et le combat contre les discriminations et contre les guerres coloniales sont intimement liés (Marin Luther King, commentaire sur la guerre du Vietnam). Dommage qu'une certaine «gauche» ne l'ait pas compris.
Rédigé par : christian | mercredi 24 février 2010 à 20:57