Hyper-président, c'est vrai, c'est nouveau. Omniscient, on a tout de même un peu plus l'habitude.
Il ne s'en est pas si mal sorti, le président, hier soir à la télé. Tour à tour spécialiste de la formation marketing-communication en école de commerce, des quotas agricoles communautaires, du transport de marchandises et du système de retraite des artisans et commerçants, on peut dire qu'il les a éblouis, les « vrais gens » de son panel représentatif et corrigé des variations saisonnières…
Tout juste s'est-il planté ici ou là, sur le nombre d’exploitations laitières qu'il situe aux alentours de 100 000 alors que chacun sait qu'il est tout de même bien plus près des 80 000, par exemple. Mais bon, que celui qui n'a jamais confondu un enseignant titulaire de la fonction publique avec un simple contractuel lui jette le premier Tétra-Pak d'UHT ! Et puis quoi, il ne s'est même pas démonté lorsqu'un syndicaliste à boucle d'oreille lui a envoyé les délocalisations automobiles à la figure ! Mieux, c'est tout juste s'il ne lui a pas expliqué comment, désormais, se répartiraient la production et la commercialisation de la Clio IV à l'échelle internationale ! Incollable, qu'il était, le président…
Remarquez, on en a un peu l'habitude, de ces présidents qui savent tout. Chirac, aussi, il pouvait répondre à n'importe quelle devinette au pied levé. Qu'un PPDA le soumette à la question avec l'agressivité qui le caractérise lorsqu'il s'adresse à un puissant, et l'autre grand escogriffe rigolard sortait la bonne réponse de son chapeau sans la moindre hésitation. Et Mitterrand, imperturbable malgré la fesse d'Yves Mourousi posée sur son bureau, débitant sa litanie de statistiques ultra-pertinentes avec l'aisance du spécialiste de l'économie qu'il était de notoriété publique… Et Giscard. Et Pompidou. Et de Gaulle…
Parions que Ségolène Royal, si elle accède un jour à la magistrature suprême, deviendra LA spécialiste incontestée de la flotte française de sous-marins nucléaires. Ou du moins qu'un brave technicien de la Direction des Constructions Navales, sans doute sélectionné par la méthode des quotas pour participer à une joute télévisée sans complaisance avec la présidente, lui offrira l'occasion de nous épater sur ce thème.
C'est d'ailleurs l'une des preuves les plus éclatantes de la supériorité de nos leaders sur ceux des autres pays, cette omniscience spectaculaire et ce sens inouï de l'à-propos. C'est sûr, les mauvaises langues aiment bien rabâcher que même un âne à qui l'on proposerait de choisir la chaîne, le format du débat, le modérateur, les sujets et l'ordre dans lequel ils seront abordés s'en sortirait aussi bien que le chef des irréductibles Gaulois mais, bon, qu'attendre d'autre des mauvaises langues, hein ?
© Commentaires & vaticinations
Tout juste s'est-il planté ici ou là, sur le nombre d’exploitations laitières qu'il situe aux alentours de 100 000 alors que chacun sait qu'il est tout de même bien plus près des 80 000, par exemple. Mais bon, que celui qui n'a jamais confondu un enseignant titulaire de la fonction publique avec un simple contractuel lui jette le premier Tétra-Pak d'UHT ! Et puis quoi, il ne s'est même pas démonté lorsqu'un syndicaliste à boucle d'oreille lui a envoyé les délocalisations automobiles à la figure ! Mieux, c'est tout juste s'il ne lui a pas expliqué comment, désormais, se répartiraient la production et la commercialisation de la Clio IV à l'échelle internationale ! Incollable, qu'il était, le président…
Remarquez, on en a un peu l'habitude, de ces présidents qui savent tout. Chirac, aussi, il pouvait répondre à n'importe quelle devinette au pied levé. Qu'un PPDA le soumette à la question avec l'agressivité qui le caractérise lorsqu'il s'adresse à un puissant, et l'autre grand escogriffe rigolard sortait la bonne réponse de son chapeau sans la moindre hésitation. Et Mitterrand, imperturbable malgré la fesse d'Yves Mourousi posée sur son bureau, débitant sa litanie de statistiques ultra-pertinentes avec l'aisance du spécialiste de l'économie qu'il était de notoriété publique… Et Giscard. Et Pompidou. Et de Gaulle…
Parions que Ségolène Royal, si elle accède un jour à la magistrature suprême, deviendra LA spécialiste incontestée de la flotte française de sous-marins nucléaires. Ou du moins qu'un brave technicien de la Direction des Constructions Navales, sans doute sélectionné par la méthode des quotas pour participer à une joute télévisée sans complaisance avec la présidente, lui offrira l'occasion de nous épater sur ce thème.
C'est d'ailleurs l'une des preuves les plus éclatantes de la supériorité de nos leaders sur ceux des autres pays, cette omniscience spectaculaire et ce sens inouï de l'à-propos. C'est sûr, les mauvaises langues aiment bien rabâcher que même un âne à qui l'on proposerait de choisir la chaîne, le format du débat, le modérateur, les sujets et l'ordre dans lequel ils seront abordés s'en sortirait aussi bien que le chef des irréductibles Gaulois mais, bon, qu'attendre d'autre des mauvaises langues, hein ?
© Commentaires & vaticinations
l'exercice n'est pas un oral de connaissance mais un exercice de cohérence, les sujets peuvent donc être connus, les fiches apprises,
il ne saurait y avoir un échange "peer to peer" entre un citoyen et le président.
l'un connaît son sujet perso, l'autre a bossé les sujets de chacun.
mais répondre aux "vrais gens" qui ont chacun leur difficulté reste un exercice difficile, que chirac avait d'ailleurs magnifiquement raté en avril 2005, pour le référendum TCE...
Rédigé par : francis | mardi 26 janvier 2010 à 15:03
Bouba-Olga a repéré en quelques minutes des erreurs nettement plus manifestes, croire qu'un taux de chômage des jeunes de 25% signifie qu'un sur 4 est au chômage (la majorité sont étudiants ! le vrai taux est beaucoup plus faible), confondre l'ESG, école privée, avec une formation universitaire, expliquer que les 35 heures ont provoqué le chômage des jeunes (le bilan officiel des 35 heures est une création nette d'emploi, c'est plus sur le pouvoir d'achat qu'on peut s'interroger, ainsi que sur la compétitivité à long terme, mais pas de raison que cela touche particulièrement les jeunes).
L'article Désintox de Libération listait un certain nombre d'autres erreurs et approximations, mais il n'est plus en accès libre http://www.liberation.fr/politiques/0101615841-sarkozy-et-l-impot-le-grand-raccourci
Rédigé par : jmdesp | mercredi 27 janvier 2010 à 13:50