« Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée » professent en cœur Ptolémée et Newton, patrons laïques des cyclistes urbains. Si nos ancêtres les Gaulois, même les plus intrépides, craignaient de recevoir un morceau de ciel sur le coin de la figure, c'est sans doute que leurs druides avaient lu Ptolémée de travers. Le savant antique était peut-être lui-même à côté de la plaque (tectonique) dans son explication du mouvement des corps céleste, mais il n'a jamais mentionné un risque pareil.
Si les descendants des Gaulois, même les plus courageux, qui se déplacent à vélo dans les rues de Lutèce ont, de leur côté, l'angoisse de se prendre une portière de Ford Focus dans le museau, c'est au contraire qu'ils ont tout compris de la Troisième Loi de Newton dite du « principe des actions réciproques », qui postule que « tout corps A exerçant une force sur un corps B subit une force d'intensité égale, de même direction mais de sens opposé, exercée par le corps B ».
En langage vernaculaire, ce que le Guillaume Tell des Anglois suggère ici, c'est qu'un automobiliste qui ouvrirait brusquement sa portière sans regarder dans son rétroviseur au moment même où un cycliste dévale la rue de Ménilmontant le nez en l'air pourrait se rendre coupable de violences entraînant la mort sans intention de la donner. De tous les dangers qui menacent le pédaleur urbain, la portière baladeuse est en effet le plus terrifiant, qu'elle le frappe directement ou, dans sa variante deux-temps, qu'elle l'oblige à faire un écart et à se faire écrabouiller par un second véhicule innocent – comme dirait Raymond Barre si la scène se joue à proximité de la synagogue de la rue Copernic.
Et bien c'est très simple, il suffit de faire une loi qui interdise les portes sur les automobiles. Certains protesteront en arguant que les portes coulissantes ne présentent pas de danger pour les cyclistes et qu'il n'y a donc pas de raison de les prohiber. Mais une telle exception risquerait d'introduire une rupture de l'égalité entre les automobilistes. Il faut donc y renoncer.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | mardi 12 janvier 2010 à 22:06
Se prendre une portière qui vient de s'ouvrir devant soit est assez désagréable, surtout quand on est bien lancé. Et a chaque fois on se fait engueuler par le conducteur, plus soucieux de l'état de sa porte que de celui du cycliste. Des mes années de vélo a Paris j'ai particulièrement garder un mauvais souvenir des pistes cyclable de l'avenue d'Italie (ou boulevard, je sais plus trop, enfin la rue entre la place et la porte). La rue étant fréquemment embouteillées le soir les piétons décident toujours de traverser même quand le feu est vert pour les voitures. C'est pas grave les voitures n'avancent pas, mais les vélos oui. Je me suis donc une fois taper une poussette. Et bien sur c'est moi qui me suis fait insulter... Enfin bon c'était quand même bien le vélo a Paris, ca avait un coté sportif.
Rédigé par : john smith | jeudi 14 janvier 2010 à 15:02
Monsieur Prudhomme,
Je pensais interdire les voitures pour mettre tout le monde d'accord, mais je me rends bien compte qu'il s'agit d'une dérive fondamentaliste à laquelle je ne peux donc pas céder.
John Smith,
C'est bien ce que je dis, quand l'automobile gueule, c'est qu'il n'est qu'au tiers.
Rédigé par : Hugues | jeudi 14 janvier 2010 à 15:41
Zig-zaguer abondamment, c'est le bon moyen pour que le type de derrière ne vous serre pas de trop près en doublant.
Rédigé par : olivier | vendredi 22 janvier 2010 à 13:24
le pire c'est les portieres des poids lourds, la porte s'ouvre juste au niveau de la tete...
Rédigé par : Ceramik | vendredi 22 janvier 2010 à 16:12
Beuh, y'a plus simple
100 kg de bonhomme + 25 kg de vélo + portebagage avant "homemade" (en gros, récup de pb de vélo + ferraillage et soudures à outrance)
le tout lancé à 25 km/h minimum
Vous en connaissez bcp des portières qui encaisserait une telle énergie cinétique ?
Mon dernier contact, la c... p... conductrice de smart a pas aimé...
Le vrai pb, c'est que ce sont souvent les gosses (mal éduqués ?) qui trinquent et contre les 150 kg (cycliste + vélo + courses) de mon panzer lancés à 25 km/h, ils n'ont aucune chance
et ça , c'est moche
Rédigé par : Wombie | vendredi 22 janvier 2010 à 19:42
Joli billet, pour info qui peut servir, l'ouverture de portière est un des seuls cas où le défaut de maîtrise du véhicule n'est pas invocable, donc les torts sont systématiquement à l'automobiliste (que ce soit un vélo ou un autre véhicule qui lui rentre dedans, d'ailleurs).
En cas d'accident de ce type supérieur à une roue légèrement voilée, restez à terre et ne signez aucun constat même en présence des forces de l'ordre, c'est à l'assistance juridique de votre mutuelle ou votre avocat de prendre ça en charge.
Rédigé par : Marien Lebreton | vendredi 22 janvier 2010 à 20:36
Un ami commence à peine après un peu plus de six mois à pouvoir diriger sa main droite.
"Le coup de la portière", le coin supérieur dans la nuque, nerf tranché. Après une opération, une greffe, le nerf a repoussé lentement et l'individu sera bientôt physiquement complètement intègre.
Imaginez juste si vous l'osez que si l'aorte n'a pas pris, c'est qu'il y a certainement un dieu pour les cyclistes… (Hermès, dieu des coursiers?)
Ceci dit, en terme de vengeance cycliste, il y a encore plus efficace que le porte-bagage.
Mes collègues coursiers et moi fantasmont un peu tous secrètement d'avoir droit à une portière qui s'ouvre devant nous… en descente et au guidon d'un de nos cargo-bike. Un bon gros Bullit et sa caisse de transport n'aurait pas pitié de sa portière, je le cr… Je l'espère!
Rédigé par : inzebaba | samedi 30 janvier 2010 à 12:20