« La porte ! | Accueil | Mes voisins de Port-au-Prince »

jeudi 14 janvier 2010

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Interdire la burqa c’est traiter la conséquence du problème et pas la cause. L’islam radical n’est pas apparu ex nihilo en France. C’est le résultat d’une immigration massive et incontrôlée. Tant qu’on refusera de s’attaquer au vrai problème on ne résoudra rien.

En 1905 (loi de séparation de l'église et de l'état), dans les débats, certains députés par la voix du député de la Drôme Charles Chabert demandent que soit inscrit dans la loi l'interdiction du port de la soutane par les prêtres en arguant que:
- la soutane est une marque insupportable de la soumission de ceux qui la portent à l’autorité ecclésiastique ;
- les prêtres eux-mêmes attendent avec une impatience muette que la République les en délivre ;
- la soutane est « une prédication vivante, un acte permanent de prosélytisme ».

Ça vous rappelle quelque chose comme arguments?
classiques.uqac.ca/collec...
page 17 à 20

Réponse d'Aristide Briand (même document page 20):
"Messieurs, au risque d’étonner
l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique, qui paraît le préoccuper si fort n’a pas été le résultat d’une omission mais bien au contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule , que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la coupe de leurs vêtements."

D'accord sans réserve avec ce billet. L'interdiction qui se profile à l'horizon serait une immense victoire des extrémistes islamistes sur la démocratie. Le simple fait que tant de gens censés être très intelligents se rallient à cette idée est déjà un clair signal de faiblesse.

Bah moi de mon côté c'est un des rares sujets où je suis prêt à déroger à mes principes libéraux et à accepter une restriction de mes libertés pour un objectif donné.

Mais la position n'est pas très confortable et je ne peux nier que ce que tu exposes dans ton billet est justifié.

à quand une loi interdisant le port de la cravate en public.

Normalement, le port de la laisse est réservé aux animaux.

Il est des villes balnéaires ou en pleine canicule les flics éjectent sans ménagement des rues commerçantes les touristes qui osent se balader en maillot de bain et en tongs. Cette horrible restriction de nos libertés a depuis longtemps mis à bas les principes républicains, et le débat sur le filet de camouflage islamique me paraît donc anecdotique en comparaison. De toute façon, il n'y a plus eu de liberté de se balader à loilpé en France depuis la défaite de Vercingétorix (1), et si c'est seulement aujourd'hui qu'on s'en aperçoit, c'est bien le signe que nous sommes effroyablement aliénés.

Bon, j'arrête de déconner. Ce débat sur la burqa est microscopique et d'intérêt nul. Bien que trouve un tel symbole d'asservissement totalement vomitif, ça commence à me les briser menu que des questions aussi totalement secondaires monopolisent le débat public. Au cas où personne ne l'aurait remarqué, le sujet qui mérite l'attention en ce moment, c'est l'économie en général, le chômage et l'obscénité des inégalités en particulier. Dans ce contexte, la burqa est à l'évidence une tentative de diversion, et ce qui est absolument consternant, c'est que ça marche à fond.

(1) Les Gaulois allaient nus au combat. Si, si, je n'invente rien.

Répondre à ce que beaucoup d'entre nous perçoivent comme une provocation par une interdiction brutale permettrait aux intégristes de réussir à démontrer que nos valeurs de libertés et de tolérance sont toutes relatives. Interdire la burqa est aussi absurde que dans certains pays voir interdire la mini-jupe. Il leur serait dès lors facile de dénoncer l'hypocrisie et la double mesure.

Au final, si nous n'appliquons pas nos propres valeurs cela revient à faire passer le message que entre nos pays et des régimes comme l'Iran, par exemple, la seule différence est la puissance. Quelque part cela justifie la recherche des attributs de celle-ci comme la bombe atomique. Un raccourci rapide ? Pas tant que ça.

Il n'y a pas à ma connaissance d'épidémie de port de burqa qui nécessiterait une législation d'urgence. Nous sommes là encore dans l'exploitation des peurs de nos concitoyens par la droite en vue de justifier une politique sécuritaire et liberticide.

Pour une fois, je ne suis pas d'accord. Ces débats et leurs arguments sont les mêmes que ceux qui ont agité le pays lors de l'affaire du voile dans les établissements scolaires.
En gros la gauche contre une loi et la droite pour.
Bilan : la force du texte législatif a balayé toutes les arguties qu'on entendait avant. De nombreuses jeunes filles s'appuient sur la loi pour imposer à leur famille le non-port du voile à l'école. C'est prouvé.
Ce sujet n'est pas religieux. Il concerne l'égalité homme-femme dans notre démocratie et offre, une fois de plus, certes d'une manière coercitive, une porte de sortie aux musulmans de France qui désirent vivre chez nous sans histoires.
Ces derniers ont tant de mal à s'opposer à ceux qui, de leur confession, prônent un extrémisme qui gagne du terrain et contre lequel le juste milieu, comme chacun sait, est sans effet.

Jak : dommage que l'URL de l'université du Québec soit coupé !

Tu marques quelques bons points mais ta conclusion est trop orwellienne pour ne pas mettre la puce à l'oreille.

La burqa, c'est la liberté. Non. Au mieux peut-on dire que l'interdiction de la burqa est une entorse à la liberté, ce qui est très différent.

Dans une situation "normale", il n'y aurait pas de burqa à interdire parce qu'il n'y aurait pas de burqa dans les rues. La pression sociale l'aurait naturellement rendue absurde.

La bonne question n'est donc pas de savoir s'il faut ou non interdire, elle est de savoir comment quelque chose d'impensable est devenu routinier et comment on peut le rendre à nouveau impensable.

"Dans une situation "normale", il n'y aurait pas de burqa à interdire parce qu'il n'y aurait pas de burqa dans les rues. La pression sociale l'aurait naturellement rendue absurde."

Dans "une situation normale" selon votre raisonnement, la pression sociale aurait depuis longtemps du mener à l'interdiction des Ferrari, de nombreux parfums pour femme, de quelques musiques offensantes pour les oreilles, de la publicité en grands placard, de l'essentiel de l'architecture inspirée et du discours politique.

Mais pourtant non : notre soif de comprendre autrui nous rend tolérant vis à vis de tout ce qu'il croit nécessaire de nous dire en s'exprimant comme il peut : en achetant une Ferrari, en portant l'aburqa, ou même, en revendiquant dans la rue.

Et pourquoi le faisons-nous ? Parce que chacun de nous a avantage à ce que chacun reste dans son jus : jus de Ferrari, jus de burqa, jus Saint-Laurent, jus CGT.

Forza,
Ah bon ! Et comment préconisez-vous de résoudre ce « vrai problème » ? Il est dommage que vous ne prolongiez pas.

Jak,
Bof, la soutane n’est pas précisément un outil d’asservissement de qui que ce soit et l’on voit tout de même le visage du porteur. Mais il est vrai que dans les deux, il est difficile de courir après son bus.


Gwynfrid,
Je suis aussi très étonné. J’ai d’ailleurs bien aimé la réaction de Peillon l’autre matin sur Inter (c’était un jour où il n’avait pas la pétoche de s’exprimer en public), comparant certaines porteuses adolescentes de burqa aux punks ou au gothiques, lesquelles sont plus dans la provoc que dans n’importe quoi d’autre.

C’est sans doute un peu court, mais il y a de ça.

Gemini,
Un principe qui n’est plus un principe, ce n’est plus un principe, si tu vois ce que je veux dire.


Passant,
Ça serait rigolo. Mais on comprend que quelqu’un dont le pseudo est Passant ne suggère pas l’interdiction de la ceinture.


Poil de lama,
Pour les Gaulois, peut-être confonds-tu avec la Guerre des boutons ! Astérix et Obélix à poil, c’est interdit par la fameuse loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Mais autrement, je ne pense pas que le débat soit nul : on ne peut pas passer son temps à dire de tout débat qui ne serait pas « fondamental » (sic) soit une tentative de diversion. Sur Libé et Rue89, il y a même des gens pour expliquer que le tremblement de terre d’Haïti est une diversion sarkozyste !

Donc, oui au débat, mais non à la crétinerie qui imagine le clore avec une loi.

Valéry-Xavier Lentz,
Tout à fait d’accord.


Thierry,
Je pense que le voile et la burqa sont deux choses de nature très distinctes. J’étais moi-même favorable à l’interdiction du voile à l’école, mais évidemment pas dans la vie de tous les jours et dans la rue.


Lib,
Elle n’est pas orwellienne : disons qu’il s’agit d’un raccourci. L’interdiction de la burqa, c’est une entorse aux libertés individuelles. C’est un constat indépassable.

Du jus,
Je ne sais pas ce que c’est, une « situation normale ».

@ Lib:
"Dans une situation "normale", il n'y aurait pas de burqa à interdire parce qu'il n'y aurait pas de burqa dans les rues. La pression sociale l'aurait naturellement rendue absurde."

La pression sociale est bien sûr considérable, je n'imagine pas qu'une balade en burqa dans la rue soit confortable. La seule explication envisageable est la provoc, dans le même genre que ceci: http://edensanglant.forumpro.fr/mouvement-gothique-f12/gothique-en-laisse-t586.htm.
(Hugues : on fait comment pour mettre des liens proprement, chez vous ?).

"La bonne question n'est donc pas de savoir s'il faut ou non interdire, elle est de savoir comment quelque chose d'impensable est devenu routinier et comment on peut le rendre à nouveau impensable."

La première partie de la question est bonne (comment en est-on arrivé là). Je suis moins chaud sur la deuxième partie: rendre la chose à nouveau impensable est une impossibilité - surtout si on passe par une loi pour tenter d'obtenir ce résultat.

@ Gemini: "c'est un des rares sujets où je suis prêt à déroger à mes principes libéraux et à accepter une restriction de mes libertés pour un objectif donné".

Vous avez au moins l'honnêteté d'assumer cela. Mais une telle dérogation n'est envisageable que si 1) vous avez ainsi une chance raisonnable atteindre votre objectif et 2) les restrictions ne sont pas disproportionnées par rapport au dit objectif. Comme en plus il n'y a pas de consensus évident sur l'objectif en question (il faudrait pour cela définir ce qu'est une tenue acceptable en public), vous êtes parti sur une voie bien imprudente.

Hugues: je ne pense pas (moi, JaK de 2010) que la soutane soit un signe d'asservissement. Cependant, les tenant, en 1905, d'une loi pour interdire le port de la soutane arguaient que c'était un vêtement qui symbolisait la soumission à la hiérarchie catholique.
Si tu relis les débats de l'époque, les arguments sont très exactement les mêmes que ceux qui arrivent aujourd'hui (à part masquer le visage qui serait depuis peu le miroir de l'âme... alors qu'on m'avait dit que c'était les yeux....

Burqa ou niqab, le débat ne se situe pas à un niveau religieux.

Je ne suis contre tout vêtement, accessoire vestimentaire, accoutrement (religieux ou pas) dont le but ou les effets est de dissimuler l'identité, la physionomie et l'expression du visage

Le regard et le visage tiennent un rôle primordial dans la communication verbale et non-verbale. Ils sont à l'origine de facultés développées chez l'être humain (et autres animaux) qui consistent:

- à pouvoir découvrir un être dans son environnement
- à être capable d'en connaître ou reconnaître l'identité
- à choisir l'attitude relationnelle à adopter avec cet être
(éventuellement à s'en méfier ou s'en défendre en cas de danger)

Notons au passage que ces facultés de communication, de reconnaissance et de réaction face au danger sont présentes aussi chez les nourrissons, quelque soit leur sexe, race et croyance.

Je considère que le refus unilatéral de ces facultés de la part d'une minorité qui cache son visage, peut être interprétée comme une négation du genre humain dans ses droits naturels. (découvrir son environnement, le reconnaître, communiquer et assurer son intégrité)


http://www.la-convergence-ethique.org/

vous qui portez la burqa n'oubliez pas que vous êtes dans un pays laïque dont sa tolérance à des limites

C'est marrant. Mais j'avais compris que l'argument le plus fort contre le port de la burqa était la sécurité.

Pour être concret: Vous laisseriez vous un individu drapé de la t^te aux pieds entrer dans une banque?

Sans aucune considération éthique ou de valeurs, je trouve que cette approche clos efficacement le sujet.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

www.com-vat.com, blog de gauche ?

Le nouveau livre du siècle !

Identité française : le livre !

Blogroll mal assortie

Bousculeurs d'idées reçues

Sur le Net

Trousse à outils

Blog powered by TypePad
Membre depuis 10/2004