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mercredi 04 novembre 2009

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Voici les sites qui parlent de J'ai la mémoire qui flanche (j'me souviens plus très bien) :

Commentaires

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Une raison possible de cette intérêt français actuel pour la chute du mur de Berlin est-elle justement notre non-adaptation à l'environnement géopolitique mondial et européen actuel ?

On était mieux avant, je vous rejoins Hugues. Mais c'est plus par peur de l'avenir que d'amour du passé.

Je me souviens d'amis qui le 10 voulaient aller sur p^lace pour anticiper à l'événement

C'est peut-être le cas pour beaucoup de politique mais pour les gens du commun ces événement étaient quand même vu (probablement un peu naïvement) comme porteur de l'espoir d'un monde vraiment meilleur. En ce qui me concerne je n'avais que 17 ans à ce moment donc dans l'impossibilité de me déplacer mais avec quelques années de plus il est fort probable que cela m'aurait incité à y aller.

Honnêtement, je me souviens de l'année 90 et de l'acharnement de Mitterrand à lutter contre l'unification comme d'un énorme divorce entre les politiques (dont pas un n'osait dire que le vieux avait perdu la tête sur ce coup) et les citoyens (dont pas un ne comprenait pour quelle raison il fallait continuer à empoisonner l'existence des allemands).

C'est aussi pour toutes ces raisons que l'événement est important et heureux : il a un pue forcé les conservatismes français à ce remettre en cause à droite comme à gauche.

Malgré la survivances de forces réactionnaires des deux côtés, force est de constater que gaullisme et marxisme sont pour notre plus grand bien des reliques du passé qui ne pèse plus grand chose aujourd'hui.

Et c'est tant mieux.

Anonyme

Bino,
Je crois que vous m'avez mal compris (je dois avoir des problèmes d'expression en ce moment car on me comprend fréquemment de travers). Je ne suis pas du tout en train de dire que "c'était mieux avant". Je dis exactement le contraire.

La chute du Mur et la fin du communisme sont des événements majeurs dont je me félicite. Mais comme Raymond Aron il y a maintenant quelques décennies, je voudrais bien voir la gauche française s'en rendre également compte pour mieux se débarrasser de ce fameux "surmoi marxiste" qui l'empêche de penser l'avenir sans œillères ni limites mentales.


Verel,
Bien sûr, il y avait quand même des gens pour se réjouir, je ne dis pas le contraire. Mais rétrospectivement, je me demande pourquoi je n'ai pas moi-même immédiatement fait mon sac pour aller passer trois jours à Berlin histoire d'aller juger sur pièces de ce qui se passait.

Ma théorie (mais il faut encore que j'en discute avec moi-même), c'est que je faisais partie de cette gauche ambivalente. Ce matin sur France Culture, Michèle Cotta rappelait d'ailleurs qu'elle était avec Claude Cheysson sur les décombres du Mur et qu'il était encore en train de lui expliquer, tout en regardant les Ossies passer à l'Ouest par miliers, que les choses reviendraient vite dans l'ordre...


Lord Phoenix,
Je ne crois pas que les politiques étaient seuls à être méfiants. Je te recommande de lire les commentaires sous les articles de Libé qui parlent des vingt ans de la chute du Mur : tu verras que la vision du "globalement positif" pour le régime soviétique est encore vivace.

Ces commentateurs ne sont évidemment qu'une minorité à laquelle il ne faut pas accorder trop d'importance, mais tout de même...


N. Holzschuch,
Il faut tout de même insister sur le fait que la méfiance à l'égard d'une Allemagne réunifiée était aussi très sensible en Grande-Bretagne, et que Thatcher n'a pas été beaucoup plus clairvoyante que Mitterrand.

Anonyme,
Gaullisme et marxisme sont peut-être des reliques, mais leurs adorateurs restent bien encombrants.

Salut Hugues
Excellent article, mais tu oublies de noter, perdu dans ta dérive atlantiste, que la chute du mur de berlin n'est pas une victoire de la liberté, mais le nouveau visage de l'oppression !

Je t'invite à lire ce livre de Jean Salem "Rideau de fer sur le Boul’mich.
Formatage et désinformation dans le « monde libre »" (monde libre avec les guillemets qui s'imposent) et tu comprendra que l'illusoire liberté de l'après URSS n'est qu'un mensonge de plus, une ruse de la raison capitaliste !

Je pense que la stupeur réelle de l'opinion française à l'époque était beaucoup moins due à la fascination envers le socialisme "réel" que tu fantasmes qu'au souvenir de la dernière époque où nous nous étions coltinés une Allemagne-mastodonte. T'en souvient-il? C'était sous Tonton Adolf... "J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux" disait, je crois, Mauriac, qui n'était pas particulièrement fasciné par le léninisme.

J'ajouterais, à la suite du commentaire du Lama, cette évidence recuite qui n'a pas grand chose à voir avec gaullisme ou léninisme : on ne comprend rien aux débuts de la construction européenne si on ne garde pas en tête la peur qu'inspirent le souvenir encore brûlant de la grande Allemagne (de Bismarck au 3e Reich) et, quarante ans plus tard, dans les mois qui précèdent la chute du mur, la possibilité de son ersatz (fantasmé par Mitterrand, homme de la première moitié du siècle).

P.S. ramenard : j'étais à Berlin quelques jours après que le mur eut chu, c'était "très chouette", pour le dire à la manière d'un Fabrice waterlooisé. Il y avait du bruit, de la couleur, de la joie.

Fêtera-t-on dans 20 ans, la chute du mur de l'argent ? Et parlera-t-on en 2028 d'un "sur-moi capitaliste" subsistant encore chez certains nostalgiques de l'ordre ancien ?

Je m'en souviens vachtement bien de ce moment, la guerre froide me terrorisait petit et j'étais tellement heureux de voir sa fin.

Sur le moment je n'ai croisé personne qui mettait de bémol sur cet événement, c'était simplement joyeux, spontané, rempli d'espérances. Il a fallu qqs mois pour que les "gauches pures" osent commencer à regretter la situation.

Sur les politiques, eh bien, qu'il y ait une des discussions, des tensions, des hésitations me semble parfaitement compréhensible et positif. Les enjeux n'étaient pas insignifiants et il est plutôt heureux que tout se soit bien passé. Ils y sont pour quelques choses, non ?

Guillermo,
Ah, ce n’était donc que ça, une ruse capitaliste ?! Tout de même, avoue que c’était bien organisé. Tu vas voir que c’est à Bouygues que Die Linke proposera la reconstruction du Mur…

Poil de lama,
La peur d’un mastodonte allemand était aussi pas mal le fruit d’une propagande qui présentait la RDA comme un géant économique au PIB par habitant à peu près aussi élevé qu’à l’Est ! On a pu juger sur pièce.

Mais je pensais surtout, ici, chez nous, à ceux que 70 ans de totalitarisme n’ébranlent pas dans leurs convictions. Y compris à l'écoute des témoignages de ceux qui étaient aux premières loges.


Thomas,
Encore une fois, je pense qu’il y avait des raisons variées de ne pas sauter de joie à l’annonce de la chute du Mur, que l’on soit effrayé par le retour du Léviathan ou amateur de stalineries.

Mais le fait est que l’on est en train de nous seriner que les Français se félicitaient, dans leur majorité, de la liberté retrouvée de leurs cousins est-européen et que ce n’était pas le cas.
Pire : 20 après, on trouve encore des gens pour nous expliquer à quel point l’ouvrier de Moscou, de Leipzig ou de Bucarest était finalement plus heureux dans son appartement collectif sans chauffage et sans nourriture dans son frigo éteint.

Michel B.,
Le problème, avec ce commentaire que je sais ironique, c’est que faire un parallèle entre 70 ans de totalitarisme (soit de purges staliniennes, de Stasi, de Securitate, de Goulag, de Katyn, de Prague et de Budapest) et la société dans laquelle nous vivons n’a pas de sens.

La France, ce pays dont plus de 50% du PIB est collecté par l’impôt et redistribué par l’Etat est-elle le meilleur exemple d’une jungle ultranéolibérale soumise aux diktats du « mur de l’argent » ?

Et de toute manière, pourquoi ce binarisme ? Comme si l'humanité n'avait le choix qu'entre le Kremlin et Wall Street ?
Nous, les social-démocrates, nous avons pourtant inventé la troisième voie, non ? Merde alors !


Eviv Bulgroz,
Mais je ne dis pas non plus que toutes les raisons d’être circonspect étaient illégitimes. J’évoque juste mes souvenirs du moment, lesquels ne sont pas exactement en phase avec ce qu’il m’est donné de lire ici et là sur notre prétendue liesse…

Ironique, ironique... Pas si sûr. Ou pas seulement.

Personnellement, je me suis réjoui sans aucun état d'âme de la chute du mur, et j'ai même (pour l'anecdote) vécu l'événement en direct avec enthousiasme (par téléphone) avec une amie berlinoise, qui était sur place. Et, s'il faut le préciser, je n'ai évidemment aucune nostalgie pour les horreurs du communisme.

Même s'il ne génère évidemment pas d'horreurs comparables, il n'empêche que l'explosion actuelle du capitalisme américain peut être, à mon avis, comparé à la chute du mur de Berlin, en tant qu'événement marquant la fin d'un système (ou, à tout le moins, le début de la fin d'un système).

Je crois aussi, comme toi, qu'une troisième voie est possible. La différence, c'est que je pense qu'elle reste encore à inventer. Et de toute façon, à mon avis, nous n'aurons pas le choix. Car le "business as usual" qui tente de renaître des cendres encore bien chaudes de la crise systémique que nous vivons actuellement nous mènera droit dans le mur, même si on l'accompagne de l'amortisseur de la social-démocratie. D'ailleurs (et là encore je suis sérieux) est-on vraiment en démocratie quand les dirigeants que nous élisons, quels qu'ils soient (Obama compris puisqu'il est le premier concerné) se soumettent aux diktats d'une oligarchie financière pour laquelle l'intérêt général ou le sort des citoyens n'a tout simplement pas de sens ?

Michel B.
« Même s’il ne génère évidemment pas d’horreurs comparables ».

Voila, tout est dit. Et je continue à ne pas voir l’intérêt de renvoyer dos-à-dos le totalitarisme communiste et une société fondée sur les libertés individuelles et l’économie de marché parce que ça permet de dénoncer les excès de la seconde.

Bonjour Hugues,
pour répondre directement à ta question : moi je me souviens d'avoir fait la fête. Mais je me souviens aussi d'un certain, disons, désintérêt de mes collègues de l'époque face aux changements en cours à l'Est ("- mais vous le savez que la Hongrie, la Pologne ne sont plus communistes ? -Boaf, on s'en fout/c'est pas vrai").

J'ai l'impression que le rideau de fer, vu de France, c'était (c'est) vu comme une réalité très abstraite. C'était loin, et en plus c'était chez les étrangers. Alors que quand on voyageait en Europe, plus on se rapprochait, plus c'était (c'est) vécu comme quelque chose de très concret.

En Autriche, en Allemagne, le rideau de fer c'était les barbelés, le champ de mine, les miradors, tout à fait visibles au bout du champ. Du concret. Aujourd'hui encore, quand tu parles à un Autrichien du communisme, il évoque 1956, 200 000 réfugiés en Autriche, chaque famille hébergeant au moins un réfugié. Quand tu parles avec un suédois, un finlandais, c'est encore du très concret, très proche.

Et je ne te dis pas quand on passe de l'autre côté du rideau de fer, évidemment. Quand tu parles avec un hongrois, un polonais, un letton, tu sens encore plus un lourd passé (et un lourd passif).

Bref, à l'époque, les français ne s'intéressaient pas beaucoup à ce qui se passait hors de nos frontières. Mais heureusement, nous avons bien changé depuis, et nous suivons bien la vie politique en Europe. D'ailleurs, nous connaissons tous le nom du président allemand (Horst Köhler), ou celui de la présidente finlandaise (Tarja Halonen)...

J'étais un peu jeune à l'époque pour être très actif (je devais être au lycée); mais les souvenirs que j'ai sont plutôt une espèce de stupeur, d'étonnement, d'incrédulité généralisée. Mêlée de l'impression d'assister à un moment historique, et tout en même temps de me dire "c'est donc ça, un évènement historique ? Bof, ça ne change rien à ma vie de tout les jous, je continue à aller au bahut tous les matins".

Je ne me souviens pas spécialement d'entousiasme, non plus que de méfiance ou de nostlagie (on l'aurait presque plus maintenant, la nostalgie). Mitterand... oui bien sûr, mais pour le coup j'ai l'impression qu'on exagère un peu ses réticences, qu'on transforme un "oui, mais" en un "non", jamais", qui n'a jamais étéson point d vue.

C'est vraiment l'étonnement, la surprise, voire l'incrédulité qui me semble être le sentiment dominant de cet automne-là. Rappelez-vous : pour les ados que nous étions (enfin, moi en tout cas) depuis toujours (en tout cas bien avant notre naissance) l'Europe de l'Est c'était ailleurs, c'était l'autre bout du monde, un autre univers. C'était ces zones rouge sang sur les cartes de géographie, en face de notre bleu marine (avec la France en bleu roi, et la Finlande avec des hachures rouges). On nous aurait dit que l'Atlantique s'était asséché et qu'on pouvait aller à pied à New-York, que les Alpes s'effondraient ou que le soleil se levait à L'Ouest, que ce n'aurait pas été plus étonnant : le monde qu'on commençait à comprendre, du haut de nos 15 ou 17 ans, disparaissait et changeait radicalement.

La joie, la peur, la méfiance ou l'allégresse, tout ça c'était plus tard. Ou alors peut être que c'était vos réactions d'adultes ? Pas les notres en tout cas (ça fait longtemps qu'une différence d'âge de 5 ou 10 ans ne m'a pas parue aussi significative).

@JF: je dirais que c'est pas une différence entre 15 et 20 ans, c'est une différence entre concret et abstrait.

En 1989, j'avais déjà vu le rideau de fer, je l'avais même traversé (il n'était pas totalement hermétique dans le sens Ouest->Est). L'Europe de l'Est, je l'avais vue et touchée du doigt. Les gens qui changent de conversation quand un inconnu s'approche, les restaurants avec rien à manger, le sentiment d'oppression, c'était du concret. Encore aujourd'hui, quand j'en parles à ceux qui ne l'ont jamais vue, je sens une grosse incompréhension.

Un peu la même que quand on parle d'Afrique du Sud à ceux qui ne l'ont pas touchée, vue de près (et encore, maintenant, on a "District 9" pour aider).

Hugues,
Il ne s'agit pas de renvoyer dos à dos communisme et capitalisme, mais simplement de constater que, comme le communisme il y a 20 ans, le capitalisme tel que nous le connaissons aujourd'hui (appelons-le le capitalisme américain ou le capitalisme financier) est en train de s'effondrer. Et à court terme, ce n'est certainement pas une bonne nouvelle pour le monde (vu les conséquences sur les gens), mais il faudra faire avec et effectivement inventer une troisième voie, dont on peut espérer (il faut toujours espérer) qu'elle sera bénéfique à long terme (même si la transition risque d'être particulièrement douloureuse).

(J'ai toujours pas réussi à voir District 9, à mon grand regret...)

Je suis allé à Prague, si je ne m'abuse, en Juillet 91. Deux an après donc. Je ne sais pas ce qui avait changé en deux an, ou pas; j'ai des souvenirs un peu confus (peut être étais-je jeune et naïf) d'une espèce de décalage entre ce que je voyais -- une ville finalement pas si différente des villes Allemandes, par exemple--, et les discours officiels d'alors ("après 50 ans de destruction de notre vie culturelle et intellectuelle, nous retrouvons la liberté").

En fait, je ne voyais pas ce qui était si terrible dans ce "juste avant" qu'on n'évoquait que à mots couverts. Prague en 91 ne me donnait pas l'impression d'un champ de ruines, ni d'une ville en train de sortir d'une dictature. Mais c'était la Tchécoslovaquie, c'était déjà deux an après, et c'était mon point de vue de gamin...

J'y suis, du reste, retourné en 94; pour tomber dans un autre monde, une ville où il y avait bien moins de murs lépreux et de chantiers abandonnés, plus d'enseignes, de touristes, de marques internationales ... Tout était 5 fois plus cher, et au lieu d'être seul à flaner dans le Cimetière Juif, on était 1000 à défiler sur des allées limitées par des barrières...

C'est peut être l'image la plus frappante du décalage qui s'était crée en 50 ans avec le reste de l'Europe -- et de la vitesse à laquelle il s'est comblé.

@JF: en parlant de fossé, et de la vitesse à laquelle il se comble...

En 1989, en allant à Budapest, il y avait un grand supermarché sur le côté autrichien, juste à côté de la frontière. Que des voitures hongroises sur le parking, et dans les allées, des caddies remplis à craquer de café (vendu par sacs de 1 kg, et le plus souvent par packs de 6 sacs) et d'autres produits alimentaires (surtout)...

En 1997, en allant à Prague, il n'y avait pas de supermarchés sur le côté allemand. Mais sur le côté tchèque, juste après la frontière, que des sex-shops et des bordels, sur des km... Que des voitures allemandes sur les parkings, bien sûr.

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