Car comment apprécier autrement la proposition de Noël Mamère d'en faire la tête de liste d'Europe Ecologie en Aquitaine ? On pourra bien sûr affirmer que Bové junior est compétente et qu'il est scandaleux de l'empêcher de se faire un prénom au prétexte qu'elle a un papa célèbre. L'on subodore pourtant qu'il faudra prestement se mettre en mode Balkano-Lefebvriste pour défendre cette initiative avec un minimum d'ardeur…
Pour Nicolas Sarkozy, cette nouvelle affaire de népotisme ne saurait d’ailleurs mieux tomber : elle lui permet de ridiculiser les critiques venues de la gauche depuis que son fiston envisage d'emménager à la Défense ; elle l'autorise même à en remettre une couche sur la différence entre « ceux qui commentent » et « ceux qui agissent » ! Mais pour quiconque est d'accord pour oublier cinq minutes qu'un pistonné de gauche ou de droite, c'est toujours un pistonné, c'est surtout l'occasion de rappeler que les dynasties professionnelles ou politiques ne sont pas ce que la démocratie républicaine produit de meilleur.
Je m'amusais, la semaine dernière, à comparer la carrière express de Jean Sarkozy à celle de tous ceux qui, en France, disposent d'un appui, aussi modeste soit-il, pour contourner les procédures censées générer de l'égalité. Je m'agaçais ainsi des travers d'une cette société où 80% d'insiders s'escriment à empêcher 20% d'outsiders à participer à la fête ― du locataire de l'Elysée à l'agent SNCF obtenant que ses enfants aient priorité sur les enfants de chômeurs pour un simple boulot d'été gare d'Austerlitz. Marie Bové, pour toutes ses qualités présumées, est mal partie pour me faire changer d'avis.
J'ai entendu quelque part qu'un type sur deux embrassait la même carrière que son père par une sorte de déterminisme familial irrésistible : les fils de bouchers deviennent des bouchers, les fils d'acteurs des acteurs et les fils de Debré... des Baroin. Dans le cas d'un commerçant transmettant la boutique à son rejeton, rien à dire. C'est sa boutique, c'est son rejeton. Dans le cas d'un politique transmettant un fief, c'est une autre paire de manches, ne serait-ce que du point de vue des serfs qui ont le malheur de l'habiter, le fief en question. Tout comme lorsqu'une entreprise publique supposée appartenir à tous les Français devient la propriété transmissible de ses agents...
Mais le plus triste, avec toutes ces histoires, c'est qu'elles alimentent davantage le discours du tous-pourris qu'elles ne stimulent l'exigence de plus de démocratie. Qui sait, c'est peut-être que les marchands de tous-pourris font plus de gosses que les autres…
© Commentaire & vaticinations
Il y a quand même une énorme différence entre la fille Bové et Jean Sarkozy : elle doit passer par les urnes. Peut-on encore parler de népotisme quand l'accession à une responsabilité dépend du suffrage universel et non du fait du prince ?
Alors que pour le fils Sarko, c'est un "vote" par des représentants de l'état, de maires principalement à droite et d'un représentant de la chambre de commerce. Autant dire une nomination...
Je trouve donc la comparaison assez osée, et le raisonnement d'autant plus faux que si les "fils de" ne peuvent ni se présenter à une élection ni être nommés, ça revient à leur interdire de faire de la politique. Alors que le but est qu'ils soient sur un pied d'égalité avec des "outsiders", ce que permet une élection au suffrage universel mais pas une nomination.
Rédigé par : FFB | mercredi 21 octobre 2009 à 13:50
Je dirais même plus que FFB : elle passe par les urnes dans un bastion ennemi, elle ne rechigne pas au combat alors que le fils Jean ce fait élire à l'arrachée dans le fief de son père...
Rédigé par : NiCo | mercredi 21 octobre 2009 à 14:05
FFB,
Effectivement, il faut faire du Balkano-Lefebvrisme pour justifier le choix de la fille de Bové... Tu dis qu'elle doit passer par les urnes et tu expliques que ce n'est pas le cas de Jeannot Lapin. Mais il est tout de même assez difficile de soutenir que le présidentiel rejeton n'est pas lui-même élu, d'abord par les électeurs, puis par ses, hum, pairs.
Le problème n'est donc pas la procédure, irréprochable, mais le symbole et la main mise d'un clan sur la boîte à fric des Hauts-de-Seine pour la génération qui vient.
Pour ce qui est de Marie Bové, dont on comprend qu'elle est militante depuis plus longtemps compte tenu de son âge, lui offrir la tête de liste consiste à marketer le nom de Bové auprès des électeurs aquitain et à offrir à cette inconnue un rôle de "player" de premier rang en évitant les étapes intermédiaires.
Un gosse de politique a parfaitement le droit de faire de la politique. Mais s'il passe du néant à la présidence de l'Epad ou de la région Aquitaine (c'est bien le but, non ?), on a le droit de parler de népotisme.
Nico,
Il n'y a donc népotisme que lorsque le fiston ou la fistonne de la star, mis ou mise en orbite par le clan, n'est pas 100% certain de remporter une élection ?
Rédigé par : Hugues | mercredi 21 octobre 2009 à 14:07
Hugues, les "étapes intermédiaires" dont tu parles ( à savoir poste de responsable local, par exemple dans une petite ville, ou poste subalterne dans la circonscription où elle se présente ) sont justement les éléments sur lesquels les électeurs sont censés choisir pour qui ils votent. Les "faire sauter" n'est donc pas forcément très intelligent.
En clair : si on présente un "fils de" sorti de nulle part à la tête d'une entité importante, les électeurs ne devraient pas voter pour lui vu qu'il n'a pas fait ses preuves à une échelle réduite. Et donc on ne peut pas vraiment dire que ça l'"aide" ( certes une tête de liste a de grandes chances de passer, mais même élue si son camp fait un score minable elle aura du mal à s'en remettre politiquement ).
Après tu peux penser que les électeurs sont des moutons qui votent pour qui on leur présente, à titre personnel j'estime que si quelqu'un est élu, il est légitime. C'est un peu le principe dans une démocratie.
Et pour revenir sur Jean Sarkozy, dire que le fait qu'il soit élu conseiller municipal de Neuilly le rend légitime au poste de président de l'établissement gérant le plus grand quartier d'affaires de France est assez osé, surtout après avoir qualifié mon argumentation de "Balkano-Lefebvriste".
Rédigé par : FFB | mercredi 21 octobre 2009 à 14:47
Il y a clairement aussi népotisme dans le cas de Marie Bové.
José Bové est simplement moins bien placé que NS pour lui proposer un poste dans un fauteuil, et les électeurs ont un peu plus l'occasion de réagir face à cela (je doute fortement qu'ils le fassent réellement cela dit).
Mais il faut dire justement que le cas de Jean Sarkozy est une bonne occasion de réfléchir un peu plus au népotisme qui passe inaperçu tous les jours, et non le népotisme ordinaire une bonne raison de ne rien dire concernant Jean Sarkozy.
Rédigé par : jmdesp | mercredi 21 octobre 2009 à 14:55
FFB,
"Si quelqu'un est élu, il est légitime". C'est le discours de base des soutiens à Jean Sarkozy ce qui prouve bien que le problème se situe à un autre niveau. Dans le cas contraire, pourquoi se fatiguer à parler de fiston ou de fistonne ?
Incidemment, la Défense est bien un important quartier d'affaires qu'il ne faut pas confier, même de manière purement honorifique, à un simple "fils de", mais l'Aquitaine n'est pas exactement une petite bourgade de trois habitants en Ardèche.
jmdesp,
Le népotisme ordinaire, c'est justement ma cible. Celui des puissants, dont José Bové fait indiscutablement partie à sa manière, n'en est que la caricature.
Rédigé par : Hugues | mercredi 21 octobre 2009 à 15:08
Hugues,
réponse difficile, j'ai tendance à croire que même si une élection n'est jamais complètement joué d'avance il faut tout de même un minimum d'incertitude, c'est une manière de prouver qu'on se bat vraiment.
Pour le cas Bové, c'est à la fois népotique et marketing. Si elle n'était pas "la fille de" elle cravacherait sûrement encore dans l'ombre, mais d'un autre côté "Bové" c'est une marque que certains Verts tentent d'exploiter (non sans risque d'ailleurs mais eux sont dans l'obligation de tenter des coups pour gagner).
Rédigé par : NiCo | mercredi 21 octobre 2009 à 15:24
euh...je découvre ce blog, donc désolé d'arriver comme un cheveu sur la soupe.
Comparer la fille Bové au fils Sarkozy est plutôt osé, voire relevé du foutage de gueule.
Si j'en crois mon copain Wikipédia : "En politique, le népotisme est caractérisé par les faveurs qu’un homme au pouvoir montre envers ses parents ou amis, sans considération du mérite ou de l'équité, de leurs aptitudes ou capacités."
Quel est le réel pouvoir de José Bové ? En quoi est-il comparable en Aquitaine, à celui de Sarkozy dans les Hauts-de-Seine (et en France, par extension) ?
Alors, oui, on a compris que cette histoire de fille Bové a été allumée comme contre-feux au scandale Sarkozy/EPAD, mais faudrait quand même qu'elle ait une certaine crédibilité intellectuelle.
De plus, outre le procès en compétence et légitimité qu'on peut faire aux deux (au désavantage patent de Jean S.), la situation est très différente :
- l'une est envisagée pour être candidate (vote des militants) à la candidature pour des élections régionales (scrutin à 2 tous au suffrage universel), vs. l'autre qui (certes élu conseil général, de façon régulière) est ensuite nommé par ses pairs affidés au père (haha...) comme leur représentant au conseil d'administration de l'EPAD, puis probablement nommé par les représentants de l'Etat et de par 4 autre élus UMP.
Mais, bon, j'ai bien peur d'avoir mis du carburant dans le moteur à troll...
Rédigé par : Stef_Paris | mercredi 21 octobre 2009 à 15:41
"Pour Nicolas Sarkozy, cette nouvelle affaire de népotisme ne saurait d’ailleurs mieux tomber : elle lui permet de ridiculiser les critiques venues de la gauche depuis que son fiston envisage d'emménager à la Défense"
Méthode Coué mise à part, ne pensez-vous pas que c'est aussi un moyen pour cette partie de la population qui voit une différence entre ces deux cas là où vous n'en voyez aucune de prolonger utilement la polémique bien au delà des jours à venir, voire, jusqu'à la fin de la campagne des régionales ?
Rédigé par : Gigi l'amoroso | mercredi 21 octobre 2009 à 16:34
Stef_Paris,
Comparer les deux rejetons n'est du "foutage de gueule" que si l'on considère qu'il y a des népotismes acceptables parce qu'ils sont pratiqués par les gentils.
Gigi l'amoroso,
C'est un commentaire intéressant. D'abord pour cette étrange mention de la méthode Coué à propos de rien. Veux-tu dire que j'essaie, moi-même, de me rassurer ? Mais pourquoi ? Comment ? Parce que je suis en fait un supporter de Sarkozy tout content de découvrir que ce genre de turpitudes est universel ?
Je ne suis pas supporter de Sarkozy, le papier en dessous de celui-ci parle justement du fiston Sarkozy et cette habitude du piston tous azimuts est justement ce que je passe mon temps à critiquer.
Un second point est tout aussi intéressant : tu sembles croire que cette nouvelle affaire est un moyen de prolonger la polémique jusqu'à la campagne. Je suppose que tu veux dire qu'il s'agit d'un écran de fumée permettant de camoufler je ne sais quelle autre crapulerie, mais je me demande comment Sarkozy s'est débrouillé pour inciter Mamère à proposer la fistonne Bové comme tête de liste chez les Verts !
On sait qu'il est fort, mais à ce point, il mérite le Nobel (s'il en reste).
Rédigé par : Hugues | mercredi 21 octobre 2009 à 16:48
Pour ma part, la question que je me pose, au-delà de l'évident cas de népotisme dont la définition est ci-dessus judicieusement rappelée (et José Bové, bien que sympathique à mes yeux, est plus puissant qu'un simple quidam, par sa force de relais politique et médiatique), c'est : comment peuvent-ils être assez bête pour promouvoir la fille de José Bové en pleine campagne contre Jean Sarkozy, alors même que Mamère participe activement à cette lutte ?
Rédigé par : Souplounite | mercredi 21 octobre 2009 à 16:52
[Troll]
Comment peuvent-ils être aussi bêtes ? Ben, c'est les verts, ça t'étonne encore ?
[/Troll]
Sinon Hugues, tu dis dans ton deuxième commentaire qu'il ne faut pas confier la Défense à un "fils de", et que ca s'applique aussi à l'Aquitaine : on est parfaitement d'accord, mais en l'occurence présenter la fille Bové à une élection en tant que candidate écolo n'est pas exactement la placer directement à la tête de la région...
Je trouve dommage que pour toi toute personne capable de faire cette distinction soit nécessairement un Lefebvriste qui défend les "gentils" de son camp.
Rédigé par : FFB | mercredi 21 octobre 2009 à 17:13
Les régionales, c'est un scrutin de liste, je vois pas bien comment on peut dire "les électeurs choisiront". On veut voter pour les écolos, la tête de liste est imposée. Qu'aurait-on dit si sarko avait sorti un fils de nul part (JS a au moins une petite expérience de politique derrière lui) pour le bombarder tête de liste en IdF ?
Et un président de région a bien plus de pouvoir de décision (et c'est heureux !) qu'un président du conseil d'administration d'un organisme public...
Il me semblait avoir entendu que les verts avaient une chance de rafler l'aquitaine aux socialistes. Je me pose donc la même question que souplounite : pourquoi sont-ils si cons ? Sarko a pu mal appréhender la réaction du public (très con aussi de sa part), mais les verts ne pouvaient pas ignorer ce que ça allait donner.
Rédigé par : Corto | mercredi 21 octobre 2009 à 19:11
le népotisme, c'est user de son pouvoir, son entregent pour placer les siens.
Aucun élément ne laisse penser que cela aie été le cas en Aquitaine, contrairement au 92.
Le marketing, c'est utiliser un nom connu pour "faire acheter", cela marche que ce nom soit Bové, Douillet, Mamère, ... tous noms très largement connus par la télé,
ce qui en favorise la mémorisation, critère crucial en politique.
à mon sens, pas grand chose à voir, même si l'amalgame est tentant pour l'UMP....
Rédigé par : francis | mercredi 21 octobre 2009 à 19:23
Donc, Francis : utiliser son entregent pour placer une fifille connue en tête de liste, c'est du népotisme à usage marketing. L'un n'empêche pas l'autre, et les critiques ne sont pas exclusives.
Rédigé par : Souplounite | mercredi 21 octobre 2009 à 20:55
Martine Aubry, c'est la fille de qui déjà ?
On lit avec intérêt ce passage dans sa fiche Wikipedia:
"Suite à l'élection à la présidence de la République de François Mitterrand en 1981, elle occupe divers postes au ministère du Travail et des Affaires sociales, dans les cabinets de Jean Auroux"
On se demande, est-ce que le fait que son papa était Jacques Delors a facilité son accès aux postes gouvernementaux sous la présidence de tonton ?
En voilà une bonne question...
Rédigé par : Concombre a l'huile | mercredi 21 octobre 2009 à 21:08
Alors là, bravo! Je commençais à désepérer de trouver un point de vue aussi percutant sur Rue89.
Les commentaires démontrent bien que vous n'avez pas caresser les lecteurs dans le sens du poil. Mais comme les résultats d'élections ne semblent même plus avoir d'effet sur leur bonne conscience, votre travail est salvateur.
Alors que l'affaire du prince Jean était du pain-béni pour l'opposition, Mamère a carrément tirer une rafale de kalachnikov dans son pied...
Si l'affaire du prince Jean n'en est pas pour autant réglé, la crédibilité des pastèques est à reconstruire.
Les Verts ont actuellement 8 élus au conseil régional d'Aquitaine... comme tête de liste, Marie prend des risques :)) Une chèvre pourrait être élue.
Rédigé par : Plouc | mercredi 21 octobre 2009 à 23:01
Rien à ajouter à ce qu'a dit FFB dès le premier commentaire. Mais il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, n'est-ce pas Hugues ?
Quant à l'élargissement de la discussion (Martine Aubry, hérédité profesionnelle, un "fils de" peut-il légitimement ambitionner une grande carrière ?, etc.), il risque d'amener des questions gênantes. Ainsi, pourquoi parmi les étudiants des Classes Préparatoires et des Grandes Ecoles, 52% sont des enfants de cadres supérieurs ou professions libérales, et seulement 6% des enfants d'ouvriers ?
Faut-il encore parler de népotisme (c'est-à-dire des vilains travers des individus) ou d'orientation structurelle ?
À moins que ce soit, là encore, la génétique, comme les homosexuels, les assassins et les gauchistes.
Rédigé par : Antoine Block | mercredi 21 octobre 2009 à 23:55
FFB: Aux européennes comme aux régionales, la tête de liste est imposée par les partis aux électeurs.
Il s'agit donc bien d'une volonté exprimée de politiciens professionnels de "caser" le rejeton de l'un d'entre eux, volonté rendue possible par le choix d'un mode de scrutin particulièrement accomodant.
Rédigé par : Passant | jeudi 22 octobre 2009 à 08:26
Certes, il s'agit de la volonté de "caser" un rejeton. Je n'ai jamais dit le contraire ! Seulement, ici, les électeurs ont leur mot à dire dans l'attribution ou non de la fonction au parachuté.
Je suis également d'accord qu'en plaçant la fille Bové en tête de liste, le risque qu'elle ne soit pas élue est faible. Mais ce risque n'est pas nul, et elle fait prendre un risque au reste de la liste. Dit plus clairement, aucun parti ne caserait un rejeton à la tête d'une liste pour qu'il ait de fortes chances d'être élu si cela fait perdre les 3/4 des sièges que les autres membres de sa liste pouvaient espérer.
Je ne mets pas en cause les cas particuliers dont on discute ( si ca se trouve Jeannot est très capable de faire son job ), je dis juste que dans le cas d'une nomination on peut placer n'importe qui à la tête de n'importe quoi. Alors que dans le cas d'une élection, si on place un mec vraiment pas recommandable il peut ne pas être élu même en tête de liste, et si on place juste un incompétent il sera sans doute élu, mais sa liste risque de morfler, ce qui fait cher payé pour placer un rejeton...
Rédigé par : FFB | jeudi 22 octobre 2009 à 11:00
Dans la presse américaine, ce que tu fais, Hugues, ça s'appelle du "broderism" ou du "high broderism" (google). C'est cet espèce de fausse équité qui consiste à attribuer les mêmes torts aux deux partis politiques pour avoir l'air d'un journaliste équilibré et objectif.
En l'espèce, on est bien d'accord que les cas Jean Sarkozy et Marie Bové relèvent du népotisme, aucun problème là-dessus ; mais la suspicion d'illégitimité est plus forte pour Jean Sarkozy (23 ans vs. 34 ans) et le poste visé est plus important (la présidence de l'EPAD vs. la 1ère place sur la liste).
On est d'accord qu'un vol est un vol, mais on est aussi d'accord que voler 100 euros est moins pire que voler 1000 euros. En l'occurrence, le népotisme est mal, Marie Bové est un cas de népotisme, mais moins grave que celui de Jean Sarkozy.
Rédigé par : Raté | jeudi 22 octobre 2009 à 11:22
Pour enfoncer le clou :
budget de l'EPAD, autour de 115 millions d'euros
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-10-15/repere-le-fonctionnement-de-l-epad/920/0/386109
budget Aquitaine, un peu moins de 1.3 milliards d'euros
http://aquitaine.fr/institution/budget/budget-2009.html
De plus dans un cas, on parle de président exécutif de la région, dans l'autre cas, on parle de président du conseil d'administration, un poste non rémunéré de contrôle et d'animation de l'activité de l'organisme.
Bref, s'il y a "fausse équité", on peut trouver des arguments pour en inverser le sens...
Politiquement, on peut penser que ça se vaut...
Rédigé par : Corto | jeudi 22 octobre 2009 à 13:28
Ah parce que Marie Bové est directement nommée présidente exécutive de la région Aquitaine ?
Elue conseillère régionale, peut-être, mais présidente exécutive c'est n'importe quoi ; je rappelle la composition actuelle du conseil régional : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_r%C3%A9gional_d%27Aquitaine . Et comme vous l'aurez deviné, le président actuel est PS, pas Vert. Et ça a peu de chances de changer.
Je suis par contre d'accord que politiquement ça se vaut : c'est une erreur politique manifeste dans les deux cas. Techniquement en revanche, ça n'est pas vraiment la même chose...
Rédigé par : FFB | jeudi 22 octobre 2009 à 14:12
Quelle soit nommée ou candidate, le débat sur sa légitimité et sa compétence se pose pareillement.
Les vert ont (avait?) une chance de remporter l'Aquitaine. Aux européennes, ils ont fait jeu égal avec le PS, et l'ont dépassé en Gironde. Certes, c'est une autre élection, mais la situation du PS ne s'est pas franchement amélioré depuis, alors que les verts ont plutôt marqué des points.
Si ils présentent des listes autonomes partout, c'est bien qu'ils espèrent remporter le gros lot, et passer devant le PS dans plusieurs régions !
Et puis, à ce compte là, JS peut être tête de liste en Aquitaine : l'UMP a probablement moins de chance de gagner que les verts...
Rédigé par : Corto | jeudi 22 octobre 2009 à 14:29
" c'est une erreur politique manifeste dans les deux cas."
Pas une erreur : le symptôme du même raisonnement des deux côtés de l'échiquier politique : cette idée par laquelle on construit sa carrière en se rendant service entre gens du même monde.
Ce comportement commun qui nourrit les opinions les plus extrèmes.
Pensez-vous vraiment que les verts d'aquitaine avaient besoin de l'opinion de Mamère pour se choisir leurs candidats ?
Rédigé par : Passant | jeudi 22 octobre 2009 à 20:13
Bonjour,
au passage, il y a rien de plus énervant à mon sens qu'utiliser le mot "fief" pour désigner un territoire électoral. Dans ce billet il est à sa place par rapport au sujet, mais l'entendre dans la bouche des journalistes à tout bout de champ est insupportable.
Cela semble entériner l'héritage électoral !
Rédigé par : Before | vendredi 23 octobre 2009 à 11:09