La bombe iranienne n'est pas une bombe progressiste. Faut-il attendre qu'elle nous saute à la figure pour que l'on s'en rende compte ?
Mon tout premier problème avec Ahmadinejad, c'est l'orthographe de son patronyme. C'est vrai, quoi, je sais qu'il y a un « h » quelque part, mais il m'est généralement impossible de le caser de manière satisfaisante avant d'avoir fait un saut par sa notice biographique sur Wikipedia...Mon second problème avec le président iranien, c’est l’énergie qu’il consacre à l’accélération de la course de l’humanité vers son auto-extinction. Mais parce qu’il est désormais établi que l’Iran sera bientôt en mesure d’atomiser quiconque n’est pas d’accord avec les ayatollahs (oui, oui, le « h » est bien à la fin, j’ai vérifié), parce que cette entrée au club des puissances nucléaires incitera fatalement ses voisins arabes à exiger à leur tour une carte de membre, parce qu’Israël n’attendra sans doute pas que celui qui promet régulièrement de l’annihiler soit en mesure de le faire pour intervenir, mon second problème est aussi un peu le vôtre.
Je n’ai personnellement aucun désir de voir se rejouer la tragédie irakienne, mais je m’interroge tout de même sérieusement sur le discours des colombes pour lesquelles le risque iranien n’est qu’une fabrication des faucons. Cette idée que, pour de mystérieuses histoires de gros sous, d’hydrocarbures et d’asservissement aux intérêts israéliens, Wall Street, la Maison-Blanche, Downing Street et l’Elysée n’aient qu’une envie : bombarder Téhéran et déclencher la troisième guerre mondiale…
Bien entendu, il existe de nombreuses raisons « progressistes » de ne pas s’inquiéter des ambitions nucléaires iraniennes. Après tout, la bombe, un tas d’autres pays la possèdent, à commencer par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’on ne voit pas en quoi l’atome iranien serait intrinsèquement plus dangereux que les protons, neutrons et autres électrons made in USA. De surcroît, la prolifération nucléaire au Moyen-Orient ― si l’Arabie Saoudite, la Libye ou la Syrie emboitent le pas à l’Iran ―, en plaçant tout le monde sur un pied d’égalité, conduira sans doute à un nouvel « équilibre de la terreur » incitant tout ce petit monde à garder son sang-froid. Enfin, Israël possède déjà sa bombinette et personne ne semble s’en formaliser.
Ces raisons sont belles et bonnes et l’on serait même tenté de les adopter, compte tenu de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons tous ― faucons, colombes et non-alignés dans mon genre. Elles franchissent pourtant difficilement le cap de l’examen dépassionné (si tant est que l’on puisse examiner sans passion la perspective de la destruction de l’humanité). Ainsi, l’Iran n’est pas un pays comme un autre, mais une puissance régionale contrôlée par des fanatiques religieux dont le président s’est maintenu au pouvoir à la suite d’élections truquées et pour qui la bombe doit effectivement servir à détruire un voisin encombrant. L’Arabie Saoudite, de son côté, est suffisamment perméable au fondamentalisme islamiste pour que l’on s’inquiète ce qui se passerait si un plateau d’Albion était aménagé en banlieue de Ryad. Les probabilités de voir Israël utiliser sa bombe autrement que dans un cadre défensif tendent vers zéro. Quant à la guerre froide, si elle s’est bien terminée, elle aurait tout aussi bien pu mal tourner…
Mais le relativisme teinté d’anti-impérialisme réflexif qui empêche une partie de la gauche occidentale de considérer le danger objectif du non-respect, par l’Iran, de ses propres engagements en matière de nucléaire militaire nous ramène clairement quelques années en arrière. Oh, pas à l’affaire de Munich ― les références à la seconde guerre mondiale sont désormais réservées aux adversaires de la politique migratoire de Nicolas Sarkozy et des réformes sociales de Barack Obama ―, mais plutôt à la crise des euromissiles du début des années 80, lorsqu’il fallait refuser d’être protégé par les Américains de la menace russe pour être politiquement correct (on ne disait pas encore « politiquement correct » à l’époque, mais le concept était tout de même déjà là).
Ce coup-ci, il serait bon de voir les colombes que la préservation de la paix sur terre intéresse réellement davantage que la possibilité de marquer un point contre Oncle Sam & Co. s’associer aux efforts d’Obama, de Sarkozy et de Brown pour qu’une vraie négociation s’impose enfin aux Iraniens ― une négociation avec carottes, mais aussi avec bâtons. C’est à peu près la seule chance que j’ai de voir régler mon second problème avec Ahmadinejad. Pour l’histoire du « h », promis, je vais me débrouiller tout seul…
© Commentaires & vaticinations
Mais enfin, il s'agit de nucléaire civil on vous dit. L'Iran n'a rien de belliqueux enfin : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jJ3wQXBfWbiPDE_xtRFEBvTrF0HQ
Rédigé par : aymeric | samedi 26 septembre 2009 à 18:08
Ceci-dit, même si je trouve également que les casuistes contorsions des promoteurs de l'innofensivité iranienne sont absurdes, on ne m'ôtera pas de l'idée qu'aller au conflit serait une catastrophe.
Et puis, quel triste gâchis si la population iranienne délaisse l'opposition aux mollahs pour se retourner contre un occident agresseur.
Bref, je ne suis pas moins perplexe qu'il y a trois ans : http://cinquieme.typepad.com/le_cinquime/2006/04/le_poker_persan.html
Rédigé par : aymeric | samedi 26 septembre 2009 à 19:07
Aymeric,
Ah mais il ne s'agit pas d'aller au conflit. On peut commencer par parler de sanctions. Ce serait un bon début.
Rédigé par : Hugues | samedi 26 septembre 2009 à 19:36
"If we want to stop an Iranian bomb (as opposed to halting its nuclear enrichment activities), we are going to have to convince Iran that it doesn't need a nuclear deterrent to be safe. That won't be easy to do, given that Iran has three nuclear neighbors (Pakistan, India, and Israel), and a very bad relationship with the United States, which has given millions of dollars to Iranian opposition groups and formally committed itself to regime change on several past occasions."
source
http://walt.foreignpolicy.com/posts/2009/09/25/what_is_iran_up_to
Si les iraniens veulent la bombe pour agresser Israël, on ne voit pas bien pourquoi des sanctions économiques les arrêteraient. Ce n'est pas en lui parlant de son intérêt que vous convainquez un fanatique.
S'ils veulent la bombe pour des raisons défensives (sécurisation du régime)ils peuvent aussi considérer que cela vaut la peine de payer le prix de sanctions économiques.
Dans la première hypothèse il faut un plus gros baton que les sanctions économiques, dans la seconde il va falloir une belle carotte...
Rédigé par : Elias | samedi 26 septembre 2009 à 19:59
J'avoue ne pas comprendre ce qu'est une bombe nucléaire progressiste!
Une bombe nucléaire, c'est d'abord une bombe nucléaire !
Ensuite, il est clair que plus il y a de membres au club, plus le risque d'une utilisation augmente, que ce soit aujourd'hui ou dans 50 ans
Rédigé par : Verel | samedi 26 septembre 2009 à 21:25
Effectivement, comme le relève Aymeric (avec ironie, cependant), Iran n'a JAMAIS prétendu vouloir la bombe. Ce qu'il réclame, c'est le nucléaire civil. Je vous accorde qu'il semble raisonnable et prudent de ne pas accorder une confiance aveugle à quelqu'un comme Ahmadinejad sur une question aussi importante, mais il ne me semble pas non plus acceptable de considérer ipso facto que l'Iran est un Etat voyou qui ment par nature.
Donc, prudence oui, mais je trouve pour le moins léger (et en fait tout-à-fait révélateur du processus qui est d'ores et déjà mis en place) de passer purement et simplement sous silence les déclarations répétées de l'Iran. Ainsi, au sein du TNP, le porte-parole iranien a déclaré en 2005 : "nous considérons l'acquisition, le développement et l'utilisation d'armes nucléaires comme inhumain, immoral, illégal et allant à l'encontre de nos principes de base. Elles n'ont aucune place dans la doctrine défensive de l'Iran".
Encore une fois, il ne s'agit certainement pas de se contenter de ces déclarations d'intentions, mais au moins faut-il en prendre acte, voire rappeler que ni les membres permanents du Conseil de Sécurité, ni l'Inde, ni le Pakistan, ni la Corée du Nord, ni Israël n'ont jamais officiellement déclaré l'arme atomique "inhumaine, immorale et illégale".
(au sujet d'Israël : Israël frappera certainement, il l'a fait à plusieurs reprises dans le passé (au Liban, en Irak, en Tunisie lorsque Yasser Arafat y avait trouvé refuge…) et n'a jamais été plus inquiété pour ces bombardements intempestifs de pays souverains que pour ses violations permanentes du droit international. Israël apparaît dans ce genre de dossiers comme l'homme de main chargé des basses besognes)
Hugues, vous avancez vous-même un certain nombre de raisons de ne pas céder à l'hystérie dominante concernant le nucléaire iranien (raisons que vous taxez bizarrement de "progressistes", sans doute est-ce une condamnation sous votre plume) et vous vous montrez plutôt convaincant sur ce point. Un bémol : l'accusation gratuite — mais néanmoins toujours payante, semble-t-il — d'"élections truquées" en Iran. Je sais combien Washington (et la "communauté internationale" dans son ensemble) enrage que ses plans de remodelage du pouvoir iranien aient échoué, mais tout de même, faute de preuves, l'Iran ce n'est pas le PS.
Par ailleurs, je ne vois pas en quoi "bombarder Téhéran" reviendrait à "déclencher la troisième guerre mondiale". À peu de choses près, cela reviendrait à bombarder l'Afghanistan ou l'Irak. Les faucons ne sont pas si inconséquents, ni si imprudents, voyons. Aventuriers, tout au plus, mais toujours pour les autres, jamais lorsque leur propre sécurité est réellement en jeu (souvenez-vous ce merveilleux concept de la guerre zéro mort).
Les objections apportées par Elias sont pertinentes : les sanctions seraient inefficaces (ce genre de choses ne concerne que le petit peuple) et l'agression de l'Iran ne ferait que renforcer l'opposition internationale à l'impérialisme américain.
Verel écrit que "Ensuite, il est clair que plus il y a de membres au club, plus le risque d'une utilisation augmente, que ce soit aujourd'hui ou dans 50 ans".
Mais l'histoire démontre le contraire : c'est lorsque le club ne comptait qu'un membre unique que celui-ci s'est permis d'utiliser la bombe, à deux reprises, contre des populations civiles (à sa décharge, il faut reconnaître que l'arme nucléaire semble intrinsèquement rétive au concept de frappe chirurgicale).
C'est un fait tout bête mais qui nécessite apparemment d'être rappelé.
Rédigé par : Antoine Block | dimanche 27 septembre 2009 à 03:00
Je suis entièrement d'accord avec tout ce que vous écrivez Hugues. J'espère seulement que vous ne me taxerez pas de "progressiste" si je remarque que les occidentaux rassembleraient plus facilement des moyens militaires et des soutiens diplomatiques, nécessaires pour interdire la bombe atomique à l'Iran, si les états-unis n'avaient pas déjà attaqué l'Irak sous le même prétexte - qui s'est avéré inexact, voire mensonger.
Rédigé par : Ulpien | dimanche 27 septembre 2009 à 10:22
J'ajouterai que l'avis des gauchistes anti-américains qui semblent vous obséder n'a aucune importance.
La différence essentielle avec la crise des euromissiles, c'est que pour appliquer des sanctions à l'Iran (je ne parle pas d'action militaire), les réticences qu'il importe de surmonter sont moins celle de l'opinion publique occidentale que celles des dirigeants russes et chinois.
Rédigé par : Elias | dimanche 27 septembre 2009 à 10:58
Ceux qui traitent avec légèreté la perspective de voir la dictature iranienne se doter de l'arme nucléaire me semblent devoir être de la même espèce que ceux qui s'offusquaient des euromissiles alliés mais pas des euromissiles soviétiques. Mitterrand les avait correctement remis à leur place. Il ne faut en effet pas hésiter aujourd'hui à faire de même. J'espère que nos gouvernements saurons réagir avant qu'il ne soit trop tard.
Rédigé par : Valéry | dimanche 27 septembre 2009 à 13:17
Elias,
Ahmadinejad est peut-être un fanatique, mais l’Iran est, pour ce que j’en sais, un pays bien plus complexe qu’une bête dictature soumise à ses ayatollahs. On l’a vu dans la période qui a suivi les élections. Donc, on peut espérer qu’il existe, dans la classe politique iranienne et dans la société civile, des gens qui n’ont pas envie de suivre leur président dans cette espèce de course ridicule vers l’affrontement et la mise au ban des nations.
En tout cas, je crois qu’il faut effectivement de belles carottes et un gros bâton.
Verel,
Moi non plus, je ne sais pas ce qu’est une bombe progressiste. C’est tout le problème.
Antoine Block,
Le nucléaire civil, l’Iran pourrait l’avoir et ça ne poserait aucune difficulté majeure. Les Russes ont même proposé d’enrichir leur uranium pour éviter toute ambigüité. Mais comme on ne peut pas faire régner la terreur à Ryad sans la bombe, ni menacer de faire disparaître Tel-Aviv, ce n’est pas le problème.
Et je ne crois pas que l’Etat iranien soit voyou « par nature » (quelle idée !), mais plutôt par contexte. Un régime authentiquement démocratique remettrait effectivement les pendules à l’heure. Tiens, même dans ce contexte, s’il devient possible d’inspecter le site qui vient d’être découvert, la tension peut retomber.
Mais sur les bonnes raisons de ne pas céder à l’hystérie, comme tu dis (je ne crois pas être hystérique), je fournis les contre-arguments au paragraphe d’après. Et sur les élections truquées, même les spécialistes de la chaussettes de Perpignan et les assesseurs des bureaux de vote de la fédération du Nord du PS sont d’accord pour se dire épatés par la technique iranienne de bourrage d’urnes.
L’Iran est un pays menaçant. Il y a déjà bien trop de bombes. N’en rajoutons pas.
Ulpien,
Mais je suis moi-même un progressiste (sans guillemets !). Et je suis d’accord pour dire que la situation irakienne a plutôt tendance à pourrir les possibilités de réaction à ce qui se passe en Iran.
Valéry,
Tiens, c’est intéressant, ça. Qu’en penserait Mitterrand (dans le contexte de la France de 2009, avec un PS dans les trente-sixièmes dessous et un Sarko à l’Elysée) ?
Rédigé par : Hugues | dimanche 27 septembre 2009 à 16:12
@ Antoine Block,
Il me semble me souvenir que l'Iran s'était engagé à tenir au courant l'AIEA de tout développement de nouvelle centrale.
Ce qu'elle n'a pas fait.
J'y vois une assez bonne raison de pas accorder trop de crédit aux déclarations de Téhéran sur "l'acquisition, le développement et l'utilisation d'armes nucléaires" dont vous parlez plus haut.
Rédigé par : aymeric | dimanche 27 septembre 2009 à 16:55
@ Antoine Block (eh oui, encore un)
Le soucis, c'est que pour mettre au point une industrie nucléaire civile, il ne sert à rien de posséder autant de centrifugeuses ( = de matériel permettant d'enrichir l'uranium )
En effet, l'uranium naturel comprend moins de 1% d'uranium 235 ( le seul isotope fissile ), et enrichir jusqu'à un taux de 3% est suffisant pour une application civile, alors que l'uranium militaire est enrichi au delà de 90%. Donc il y a bien un problème, les infrastructures dont l'Iran s'est doté ne collent pas avec leurs déclarations de pacifisme ( sans compter que des centrifugeuses, ca consomme une quantité énorme d'énergie, donc ca coute très cher ; on ne les fait pas tourner pour rien... )
Là où je pense qu'il ne faut pas s'affoler non plus, c'est que même si l'Iran réussit à fabriquer la bombe, il leur faudra longtemps pour la perfectionner suffisamment pour la mettre sur un missile. ( Seuls des bombardiers lourds ou des missiles énormes, comme au début de la guerre froide, peuvent trimbaler des bombes A de première génération )
@Ulpien :
Tout à fait d'accord, le problème aujourd'hui est effectivement que les américains ont crié au loup pour l'Irak, qu'on sait désormais que c'tait faux, et cela gêne terriblement les représailles envers l'Iran qui, elles, seraient justifiées.
Rédigé par : FFB | dimanche 27 septembre 2009 à 22:14
Euh... C'est encore moi...
Je ne repasse que pour signaler que Timothy Garton Ash parle égalemnt de L'Iran dans sa dernière chronique et que, comme bien souvent, il me semble toucher juste.
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2009/sep/23/iran-struggle-back-wrong-side
Rédigé par : aymeric | dimanche 27 septembre 2009 à 23:25
Je n'ai pas de désaccord majeur avec tout ce qui a été dit, aussi bien par Hugues que par ses commentateurs. Je ne reviens donc pas sur le détail, mais seulement sur deux points.
Le premier, c'est la question de la fraude aux élections qui mérite, selon moi, un peu plus de prudence et un peu moins de naïveté que ce dont témoigne le bel unanimisme occidental (politiques + médias).
Hugues, il vous suffit, pour arrêter votre opinion, que "même les spécialistes de la chaussettes de Perpignan" savent que le scrutin a été truqué. Mmmh… J'aurais préféré un avis plus autorisé.
Le fait est que personne ne détient la moindre preuve de fraude. Cela ne signifie pas que le scrutin ait été régulier, mais le doute est au moins permis lorsque l'on pense aux enjeux et aux efforts de propagande et de soutien à l'opposition qui ont été déployés, en particulier par les USA. L'occident rêvait de se débarrasser d'un dirigeant "inapproprié" (selon la novlangue américaine) — et pas seulement pour de mauvaises raisons — et le faire à l'occasion d'élections aurait été idéal : pas d'ingérance (manifeste), pas de polémiques, pas de sanctions, pas d'intervention militaire… Malheureusement, cela ne s'est pas passé ainsi. Faut-il pour autant se montrer mauvais joueur ?
Le second point, c'est effectivement ce que plusieurs commentateurs ont relevé : le précédent irakien pèse lourdement dans le dossier. Néanmoins, faut-il considérer (avec FFB) que "les représailles envers l'Iran […], elles, seraient justifiées" ou bien, les expériences passées ne devraient-elles pas nous inciter à ne pas croire aveuglément les accusations de ceux qui ont tout intérêt à "remodeler le Moyen-Orient", selon leurs propres termes ?
Juste en guise de rappel, cette inoubliable démonstration logique de George W. Bush, lors des missions d'inspection, avant l'invasion :
"Si nous trouvons des armes de destruction massives, c'est que Saddam a menti, et si nous n'en trouvons pas, c'est qu'il les cache".
Rédigé par : Antoine Block | lundi 28 septembre 2009 à 00:02
Un petit livre qui repondra a certaines questions, afin d'eviter d'etre des idiots utiles (expression de Lenine, je crois) qui, par exemple, pensent ou font mine de penser que les elections sont democratiques dans l'Iran des mollahs.
http://livre.fnac.com/a2735011/Chahdortt-Djavann-Ne-negociez-pas-avec-le-regime-iranien
Rédigé par : totof | lundi 28 septembre 2009 à 12:24
comme elias, je ne suis pas certain que des sanctions économiques nouvelles soient efficaces, elles ne l'ont pas été jusque là et risquent de "souder" le peuple avec ses dirigeants (mal?) élus...
rappellons nous que les perses sont de bons maneuvriers (ils inventérent les échecs!)...
pour ma part je les vois se donnant les moyens de fabriquer une bombe nucléaire, mais sans la réaliser, préférant peser par la menace ...
ils pourraient aussi, lorsqu'ils s'en sentiront les moyens, demander, comme le préconisait la prix nobel de la paix iranienne, Shirin Ebadi, une zone dénucléarisée au proche-orient...
l'option militaire me paraît la pire: la crise des missiles en Europe de l'Est montre qu'effectivement, lorsque la destruction mutuelle est assurée, les états concernés sont plus sages...raison de plus pour ne craindre au proche orient qu'un déséquilibre des forces qui donne toujours envie à quelque "faucon" de profiter d'un moment de supériorité militaire, toujours ressentie comme provisoire...
Rédigé par : francis | lundi 28 septembre 2009 à 14:22
"(...) une puissance régionale contrôlée par des fanatiques religieux dont le président s’est maintenu au pouvoir à la suite d’élections truquées (...)"
Vous parlez de George W. Bush ? Je plaisante.
__________
"Ah mais il ne s'agit pas d'aller au conflit. On peut commencer par parler de sanctions. Ce serait un bon début."
Il me semble que les sanctions économiques n'atteignent que le peuple et non les élites, et que les sanctions diplomatiques ne sont efficaces qu'à long terme (le temps pour l'Iran de construire l'arme atomique, justement).
Bref, admettons que les États-Unis détruisent l'Iran par Israël interposé, et que la Russie détruise Israël ; fin des problèmes au Proche-Orient ! Et les États-Unis seraient sans doute soulagés du poids de cet allié encombrant...
J'oubliais... les retombées radio-actives atteindraient l'Europe, mais bon... on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs.
Rédigé par : Gilles | mercredi 30 septembre 2009 à 02:26
Je ne vous trouve pas très charitable envers les colombes - dont je suis, en réduisant leurs arguments à un anti-atlantisme primaire ou à une vision naïve de la politique proche-orientale.
D'une part, le bâton. Je doute que vous songiez sérieusement à une guerre contre l'Iran, qui ferait des centaines de milliers de morts, aggraverait les relations entre Moyen-Orient et Occident, renforcerait les islamistes; voire, en cas de mise au point d'un missile nucléaire par l'Iran (heureusement improbable), donnerait des sueurs froides à Tel-Aviv. C'est la politique du pire, comme le dit si bien notre ministre des affaires étrangères.
Si ce n'est la guerre, quelle autre sanction? Les sanctions économiques s'apparentent à des punitions collectives: le peuple souffre, et le patriotisme, le régime en place s'en trouvent le plus souvent (mais pas toujours) renforcés. L'économie iranienne est déjà largement mise à mal par une trentaine d'années de sanctions américaines qui ont prouvé leur totale inefficacité; faut-il en rajouter?
D'autre part, les motivations. Il n'est pas besoin d'être un grand connaisseur de la politique iranienne pour se rendre compte que les discours et décisions du sieur Ahmadinejad sont essentiellement déterminés par des considérations de politique intérieure. Ahmadinejad est avant tout un dirigeant populiste, qui cherche à accroitre son pouvoir aux dépends de l'élite réformatrice (Rafsandjani), mais aussi les conservateurs les plus durs (Khamenei), en s'appuyant sur les pauvres et déshérités (notamment les basdijs, dont Ahmadinejad a été) et les gardiens de la révolution (pasdarans). Ces derniers tendent à noyauter de plus en plus la bureaucratie iranienne, et à contrôler les divers marchés noirs (issus des sanctions américaines).
A partir de là, on peut comprendre que les négociations et possibles sanctions, n'auront pas nécessairement une grande influence sur la politique iranienne; et que les discours d'Ahmadinejad à l'égard d'Israël sont essentiellement performatifs - ce sont des provocations qui s'adressent à son électorat, et on ne peut en déduire qu'il a l'intention (ni qu'il n'a pas l'intention) de détruire Israel.
La situation iranienne est évidemment très préoccupante - il ne s'agit pas de tomber dans l'angélisme; mais on doit prendre en compte sa complexité, et les retombées possibles des sanctions, avant de s'escrimer contre les colombes. J'ai l'impression que vous vous intéressez davantage au microscopique débat parisien opposant atlantistes et non-atlantistes qu'aux réalités iraniennes.
Dernier point: l'arsenal de la Realpolitik comprend d'autres moyens non conventionnels pour les faucons réalistes (assassiner Ahmadinejad; fomenter et financer une révolution orange etc.).
Rédigé par : Khroustaliov | vendredi 02 octobre 2009 à 16:27
Top Things you Think You Know about Iran that are not True
Rédigé par : MB | vendredi 02 octobre 2009 à 18:18
Pardon, je croyais insérer un lien...
Top Things you Think You Know about Iran that are not True : http://www.juancole.com/2009/10/top-things-you-think-you-know-about.html
Rédigé par : MB | vendredi 02 octobre 2009 à 18:19