Lance Armstrong est un héros. S'il n’était pas américain, il y a longtemps qu’on s'en serait rendu compte.
Si le cyclisme était un peu plus comme le catch, Lance Armstrong serait le méchant masqué, celui que tout le monde adore détester par principe. La brute sans cœur dont la seule présence sur le ring est une insulte à la tradition et au bon goût. On peut comprendre : le Texan est en décalage complet avec la mythologie gauloise du vélo. D'abord, il gagne et ça, au pays de Poulidor, c'est toujours un peu louche. Ensuite, il se concentre sur le Tour de France au lieu de passer son temps dans les critériums de province sponsorisés par le garage Trucmuche ou la boucherie Tartempion. Mais surtout, il aborde la course reine en professionnel, avec les moyens techniques et financiers d'un pilote de F1 ou d'un basketteur de la NBA.
Pas pour lui, l'improvisation sympathique et la découverte en touriste des difficultés du parcours le jour de l'étape. Non, le Tour de France, c'est une affaire de big boys, de spécialistes, de stratèges et, oui, de médecins… Car, personne n'en doute, le septuple vainqueur de la Grande Boucle fait régulièrement appel à la science pour améliorer ses performances. Mais dans un sport où le dopage est un art de vivre depuis plus d'un siècle, est-ce vraiment LE problème ? Évidemment non. On s'extasie d'ailleurs (et avec raison) sur l'incroyable carrière de Jeannie Longo qui, à 50 ans, continue d’enchaîner les victoires tout en glosant sur la « VO2 max » hors-normes d'Armstrong et en fouillant ses poubelles à la recherche de seringues usagées. Si ça n'est pas un paradoxe, c'est au minimum du Canada Dry...
A vrai dire, je n'aime pas particulièrement le dopage même si j’ai souvent fantasmé sur l'organisation, en parallèle des courses classiques, de compétitions pour dopés officiels, financées par les grands labos et permettant à la vitesse moyenne du Tour de se rapprocher de celle des 24 heures du Mans. Les deux spectacles seraient tout aussi excitants, les générations de coureurs dopés se succédant simplement un poil plus rapidement.
Mais quiconque est déjà monté sur un vélo qui ne soit pas qu'un Vélib' doit être capable de comprendre qu'une lampée de corticoïdes ne vous mettra jamais au coude-à-coude avec Ullrich ou Pantani. Et doit pouvoir, dans la foulée, saisir qu'un gars qui se relève d'un cancer des testicules métastasé au cerveau et aux poumons, monte sur un vélo et remporte sept fois l’épreuve physique la plus difficile au monde est un héros. Un vrai héros. Comme dans les films. Un héros qui passe à travers les balles, saute du haut des immeubles, libère les otages, bla bla bla…
C'est d’ailleurs ce qui est le plus terrible, cette incapacité du public français à reconnaître la dimension héroïque du personnage. Ce refus de trouver formidable qu'un homme à ce point méprisé, attaqué, sali, puisse avoir envie, à 37 ans, fortune faite, de reprendre le chemin des cols avec deux cents autres types à vélo, deux cents autres types tout aussi chargés en substances illicites mais manifestement un poil moins obstinés, un chouïa moins déterminés — un peu moins forts, quoi.
Bien malin qui dira, à ce stade, si Lance Armstrong est effectivement en mesure d’ajouter une nouvelle victoire à son palmarès. Il est certainement bien parti mais la concurrence est rude. Mon pari à moi, mon souhait même, c'est qu’il se retrouve en maillot jaune sur les Champs Elysées le 26 juillet. Et si la capacité de Bruce Willis ou de Han Solo à se tirer de toutes les mauvaises passes et à embrasser la nana à la fin du film peut servir de précédent, je suis particulièrement confiant. Go for it, Lance !
© Commentaires & vaticinations
Sur le même sujet, un autre américain :
http://www.lemonde.fr/sports/article/2009/07/08/l-annee-ou-l-epo-a-change-le-velo-par-greg-lemond_1216520_3242.html
Sur le fond, je ne parviens effectivement pas à bien aimer Armstrong. Le problème principal n'est pas tellement qu'il triche ou qu'il soit le meilleur des tricheurs, le problème est que contrairement à Armstrong, tout le monde ne passe pas entre les balles; à force de défendre ces "héros", on incite en réalité les jeunes à se charger, et les chroniques nécrologiques des magazines sportives se retrouvent pleine de jeunes espoirs de 25 ans morts soudainement sans raison apparente.
Rédigé par: Tom Roud | mercredi 08 juillet 2009 à 14:27
Ouf , j'ai un instant cru que la ligne du billet allait être : "mais qu'on lui foute la paix, il ne s'est jamais fait prendre : c'est qu'il ne s'est pas dopé".
J'aurais alors pu objecter 'marion jones'! La sprinteuse américaine a passé 160 controles, tous négatifs, avant d'avouer qu'elle se dopait.
J'aurais également objecté le tour 99 ou Armstrong a eu chaud aux fesses : ces andouilles de dirigeants ont rajoutés à la dernière minute je ne sais quel corticoide sur la liste des produits interdits à la dernière minute. fort heureusement, un certificat médical fourni à posteriori (en contradiction avec le règlement qui stipule qu'il doit être fourni au moment du contrôle) le disculpera.
J'aurais également objecté cette analyse de 2005 au cours de laquelle les urines d'armstrong datant de 99 ont été positives à l'EPO, dans un controle n'ayant fort heureusement aucune valeur légal, puisque'il s'agissait d'un essai experimental. (on remarquera quand meme que rien que pour 1999 on en est à EPO + corticoides).
Au final, il n'en n'est rien. Je suis assez d'accord avec ce que tu dis, même chargé de corticoide, d'EPO, etc, je ne gravirai jamais l'alpe d'huez en moins d'une heure, ou bouclerai un marathon en 2h03m59.
Et oui, la survie à son cancer doit lui avoir donné un mental de fer.
Et oui il est dopé ( comme d'habitude en fait, et comme ses concurrents directs.)
Reste que je diverge sur la conclusion : un héros? il ne suffit pas d'avoir un gros mental pour être un héros. Non seulement ne pas être le seul tricheur ne légitime pas le dopage, mais c'est un hypocrite.
En gagnant en se dopant au vu et au su de tous, il incite les plus jeunes à l'imiter. Je ne suis pas inquiet au sujet de lance Armstrong, gageons qu'il est bien entouré, et que ses pratiques dopantes sont régulièrement suivies par des medecins. Mais qu'en est-il de tous ceux qui voulant l'imiter, absorbent du pot belge de mauvaise qualité dans un coin de garage?
Rédigé par: nicolas | mercredi 08 juillet 2009 à 15:28
La légende sur les français qui n'aiment pas les vainqueurs ne m'a jamais parue pertinente (Le pays de Poulidor, c'est quand même aussi celui de Hinault).
Ma théorie, c'est que les français n'aiment pas ceux qui traitent leurs adversaires de grasse merde dès lors qu'ils ont réussi à les battre. Ce que les français n'aiment pas, ce sont les conférences de presse des boxeurs qui avant un match convoquent les caméras pour expliquer que leur but n'est pas de gagner, mais de détruire leur adversaire, de lui 'faire mal' (alors qu'il arrive que les boxeurs en question puissent être, des partenaires d'entrainement).
Les français ont plutôt la 'morale rugby' (le fameux viril mais correct) combiné à la devise de Coubertin. Les français aiment les héros, mais considèrent comme héros, non pas l'homme qui a de super pouvoirs, mais celui qui aura su se surpasser... la victoire n'est que la cerise sur le gateau. (et je suis très fier de partager ces valeurs).
Rédigé par: JaK | mercredi 08 juillet 2009 à 16:17
Désolé pour le happy end que tu souhaites mais Amstrong ne gagnera pas le tour cette année. Il est promis (à moins d'un accident) à son co-équipier Contador, nettement plus fort aujourd'hui en montagne et dans le contre la montre. Une place dans les cinq premiers à l'arrivée serait déjà une excellente performance pour ce come-back. Et le podium, la cerise sur le gâteau.
Pour le reste, même si c'est un grand champion, même s'il n'est pas le seul à s'être dopé, même si son histoire et sa volonté sont édifiantes (bientôt un film hollywoodien avec Matt Damon), on peut quand même lui reprocher une hypocrisie certaine sur le dopage (et la condamnation sans appel de ceux qui ont osé parler) et une certaine arrogance avec ses adversaires et les médias qui font leur boulot. Un grand champion, américain ou pas, n'est pas nécessairement sympathique...
Rédigé par: Michel B. | mercredi 08 juillet 2009 à 17:09
Pour moi, un sportif ne sera jamais un héros pour ce qu'il est: une personne entrainée.
Un pompier qui sauve une vie grimpe déjà beaucoup plus haut dans mon estime, mais quelque part, il a été formé à cela.
Non, un héros pour moi, ce sera plutôt un anonyme qui par son courage ou son abnégation réalisera quelque chose de grand sans avoir été programmé pour cela (et en général loin des caméras).
Un tricheur reste un tricheur, même s'il transpire beaucoup pour cela.
Rédigé par: Zythom | mercredi 08 juillet 2009 à 18:06
Outre tout ce qui a été ajouté à votre texte sur la nature ambiguë de l'héroïsme d'Amstrong, champion exceptionnel aux méthodes (je ne parle pas de dopage) passablement misérables (ce qui ne le distingue pas de nombreux illustres prédécesseurs, mais sans doute n'avait-il pas su jusqu'à aujourd'hui construire l'image iconique indispensable pour estomper de tels travers tel Maradonna et la coke, Zidane et les coups de tête, etc.), je me séparerais de vous sur un second point : il se pourrait bien, après tout, qu'il devienne un héros à l'occasion de ce tour. Comme si quelque chose s'était décrispé chez lui, sans pour autant entamer l'essentiel, cette inextinguible soif de vaincre.
Rédigé par: Thomas | mercredi 08 juillet 2009 à 21:58
Mouais, moi non plus je ne crois pas que les Français méprisent Amstrong pour ses victoires. D'autres ont gagné avant lui, pour certains de la même nationalité, et ils n'ont pas récolté les mêmes insultes.
Pour moi, il y a 2 raisons à cette attitude: d'abord le grand public a maintenant tendance à mépriser les cyclistes en général, et surtout Armstrong a toujours fait preuve, comme l'a noté Michel B., d'une hypocrisie sans nom (en se posant comme le grand opposant au dopage) et d'une arrogance assez hallucinante.
Quant à son envie de revenir que tu admires, Hugues, ses vues sur le poste de sénateur du Texas n'y sont pas étrangères. Et son impopularité ici étant inversement proportionnelle à sa popularité là-bas...
Rédigé par: Mathieu | mercredi 08 juillet 2009 à 22:14
Le problème, quand tu prends des contrepieds, parfois, c'est que tu dis - aussi - des bètises...
Exemple 1 : Armstrong est impopulaire.
C'est totalement faux. Surtout aux Etats-Unis, et, plus largement, dans les pays anglphones (l'Australie notamment). Là-bas, c'est un héros, médiatique, rédempteur, personnage totalement mythifié comme seuls lémédia savent nous les fabriquer. Et il en vit, grassement, de cette belle image du héros doublement gagnant. Il se dit très fortement qu'il va d'ailleurs entrer en politique, et sa fondation, livestrong, au marketing exemplaire, est un modèle du genre (grandes causes sans réel effet, image pure, opacité des actions...).
Mais ça marche. Regarde sur facebook le nombre de profils qui affichent sur leur image un petit bandeau jaune, actuellement.
Exemple 2 : un peu de corticoïdes, ça ne va pas tout changer.
Ben si. Le problème du dopage, c'est qu'il est très virtualisé, très imagé. On se dit que ça ne fait finalement pas grand chose, pas de grosse différence. Or, un excellent dopage, ça fait beaucoup de différence par rapport à un bon dopage.
Antpoine vayer raconte ça très bien, dans Libé, ce fanzine que personne ne lit. Tiens, un pdf : http://q.liberation.fr/pdf/20090705/13981_quatre-ascensions-a-chronometrer.pdf
Par exemple, un dopé "avéré", dans une belle pente de montagne, il peut enchainer, sans effort, plus de cent 400 mètres de niveau mondial, après 5 heures de course, sans fatigue.
Tandis qu'un dopé miraculeux, lui, peut enchainer, sans fatigue, le fait de lever 1000 fois de suite ses jambes avec des poids de 45 kilos attachés.
Armstrong, lui, c'est le mutant. Un cocktail de vitamines qui te permet de développer 450 watts. Soit faire du vélo à 10km/h dans une pente de 10% (un truc qui n'existe pas en France), avec une remorque de 100 kilos derrière la bicyclette.
Donc, non, le dopage, c'est pas juste un truc qui met tous les salauds à égalité.
Enfin, exemple 3 : ta course fantasmée de dopés sponsorisée par les labos, elle existe. C'est le tour de Californie. Sponsorisé par Amgen, créateur et exploitant de l'EPO. Et oui !
Tu vois, dans ce joyeux monde, les choses avancent.
Mais Armstrong, le catcheur, ne gagne pas en Californie : ça n'est pas très bon pour le business, le tour de Calif ne séduit pas beaucoup. Y'a que Le tour de France qui génère du mythe, de la reconnaissance. Au-delà de l'ancienneté et de l'institution, c'est aussi parce que c'est sur ce tour que les contrôles sont les plus difficiles. Un mythe, ça se fabrique à gros moyens, en profitant des neuneus qui croient bêtement qu'un sport peut aussi être autre chose qu'un spectacle cynique...
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Mais bon, ces gaulois et leurs absurdités, sont cons, hein...
Rédigé par: NV | mercredi 08 juillet 2009 à 23:22
Mais les Français adorent Federer alors qu'il est pire qu'Américain : il est Suisse.
Quant au coté héroïque d'avoir surmonté le cancer, je ne peux m'empêcher de me demander si ce cancer n'a pas été provoqué par les injections répétées de substances diverses...
Rédigé par: Liberal | jeudi 09 juillet 2009 à 09:36
Tom Roud,
J’ai lu ce truc de LeMond dans le Monde. Ca me laisse plutôt dubitatif. Il y a tout de même un peu trop de coureurs pour affirmer que l’univers du cyclisme s’est subitement déréglé à leur retraite.
Ils sont même peut-être plus nombreux encore que ces jeunes espoirs mourant soudainement le guidon en main.
Mais, encore une fois, je ne fais pas l’apologie du dopage. Je constate seulement qu’il s’agit d’une constante dans le vélo, qu’il y a tout de même de grands champions et qu’Armstrong fait partie de cette petite élite.
Nicolas,
Ah, il y aurait donc du pot belge de bonne qualité alors ?
Jak,
Ce n’est pas une légende mais une observation que chacun peut faire à chaque grande occasion sportive. La fameuse devise de Coubertin (qui était d’ailleurs une crapule raciste et sexiste) est parfois le rempart abritant l’absence de motivation de certains athlètes et c’est très agaçant. Lorsque je cours, lorsque je fais du vélo, je n’ai moi-même aucune ambition au-delà d’être en forme et de m’amuser : j’ai fait 4h20 au marathon, ce qui est un temps de pépé.
Mais lorsqu’un type est un professionnel du foot, de la perche, de la natation et qu’il représente son pays aux JO, il n’est pas là pour « participer », il est là pour gagner. Et ça ne l’empêche pas de partager les valeurs du sport dont tu parles.
Michel B.,
Alors là, tu t’avances un peu. Il semblerait que rien ne soit vraiment joué sur ce point : http://www.lemonde.fr/sports/article/2009/07/08/tour-de-france-un-maillot-pour-deux-leaders_1216509_3242.html#ens_id=1210866
Thomas,
« Comme si quelque chose s'était décrispé chez lui, sans pour autant entamer l'essentiel »
C’est possible. D’où l’intérêt de ce retour à 37 ans.
Mathieu,
L’arrogance, c’est pourtant le trait de caractère que les étrangers remarquent le plus fréquemment chez les Français. Mais dans le vélo, c’est un peu comme si on reprochait à un boxeur de déstabiliser son adversaire en proclamant avant le match qu’il va l’écrabouiller.
Et s’il veut devenir sénateur, grand bien lui fasse. Est-ce une ambition scandaleuse pour une reconversion ? Mais franchement, je ne pensais même pas à ça.
NV,
Ah, dire des bêtises… C’est sûr, c’est difficile à éviter lorsque l’on est simultanément perçu comme militant de la pensée unique et spécialiste du contrepied.
Mais quand je parle de l’impopularité d’Armstrong, je me concentre évidemment sur la France. Un septuple champion du Tour est logiquement populaire dans son pays même si, pour la Bulgarie et le Lesotho, j’avoue que je ne sais pas.
Quant au dopage, je ne suis pas très versé en la matière mais je sais que je peux me procurer à peu près n’importe quoi à ma salle de gym et que les coureurs de série Z qui s’engagent dans les fameux critériums locaux sponsorisés par la boucherie Tartempion savent aussi où trouver ce qu’ils veulent. Pour les pros du Tour, on imagine donc que les mêmes cocktails haut de gamme sont plus ou moins disponibles dans toutes les équipes et on ne va tout de même pas se mettre à exiger le rétablissement républicain de l’égalité des coureurs devant le dopage avec remise officielle de seringues par les organisateurs.
Liberal,
Mais Federer est un Français honoraire puisqu’il est francophone et qu’habiter en Suisse, c’est la norme pour nos tennismen.
Rédigé par: Hugues | jeudi 09 juillet 2009 à 10:31
Comme dit plus haut, les français adorent Federer qui gagne presque tout ce qu'il tente mais avec modestie. Les français ont adulé Laure Manaudou qui gagnait toute les courses dans lesquelles elle s'inscrivait, las français admirent Jeannie Longo qui écrase le cyclisme féminin depuis des temps immémoriaux... etc... les contre exemples à la légende ne manquent pas.
Ce ne sont pas les champions que nous détestons, ce sont les vainqueurs arrogants. Dans son dernier livre modestement intitulé :"The world's greatest champion" Lance Amstrong expliquait que le Tour de France était une "vraie blague" depuis qu'il n'y participait plus, et qu'en gros les vainqueurs après lui étaient des chèvres. Comment ne pas détester ce type?
Oui, j'aime beaucoup un Voeckler qui reconnait qu'il n'est au dessus du lot dans aucune des spécialités du cyclisme, mais qui avec pas mal de roublardise et beaucoup de volonté arrive à faire le coup d'hier.
PS: FEDERER n'est pas Suisse francophone (il est de Bale dont la langue officielle est l'allemand) : c'est juste qu'il est trilingue et qu'il a la gentillesse de faire ses conférences de presse dans les trois langues (et parait-il il accepte même de multiplier les conférences de presses pour les trois supports journalistiques: papier radio TV).
Rédigé par: JaK | jeudi 09 juillet 2009 à 12:41
Federer, c'est tout simplement la grande classe ! Tennistiquement et moralement. Il est unanimement respecté et apprécié par tous les joueurs du circuit, par le public du monde entier et par les médias. Rien à voir avec Amstrong. Et ce n'est pas un hasard : c'est une question de personnalité et pas de de nationalité.
Pour les rapports de force dans le Tour 2009, première réponse dès demain soir au sommet d'Arcalis en Andorre. Mon pronostic : Amstrong à au moins une minute de Contador, histoire de mettre d'entrée les pendules à l'heure, y compris en matière d'horloge biologique (Contador a 26 ans et Amstrong 37 ans)...
Rédigé par: Michel B. | jeudi 09 juillet 2009 à 13:54
Hugues, tu inverses le raisonnement là... Je n'ai pas reproché à Armstrong ses ambitions politiques, mais juste essayé de modérer ton admiration devant ce type.
Là où tu trouves "formidable qu'un homme à ce point méprisé, attaqué, sali, puisse avoir envie, à 37 ans, fortune faite, de reprendre le chemin des cols", je n'y vois que de l'ambition. Je ne la condamne pas, mais elle ne suffit pas pour me rendre intéressant ce type arrogant (défaut qu'on reproche aux Américains presque autant qu'aux Français), cynique et malhonnête.
Le fonctionnement opaque de sa fondation, qui lui permet de toucher 200 000 dollars pour une conférence sur son combat contre le cancer (selon Capital.fr) suffit à lui seul à me faire mépriser Armstrong, que je n'aimais déjà pas avant pour l'arrogance déjà évoquée.
La comparaison avec Federer est assez impressionnante tellement ces deux extrêmes s'opposent.
Rédigé par: Mathieu | jeudi 09 juillet 2009 à 22:31
Si Federer ne jouait QUE le tournoi de Rolland Garros en le gagnant systématiquement depuis 10 ans (ou plus), aurait-il la même aura ?? Si un athlète ne participait QUE aux JO (tels les chinois), serait il adulé ?? non bien sûr et c'est exactement ce que fait Armstrong avec le Tour de France. Pas de quoi pavoiser, je préfère 1000 fois un Hinault ou un Voeckler qui ont chacun fait vraiment leur métier (puisque c'en est un) sans se f... ouvertement de la gueule du monde.
Rédigé par: valerie | vendredi 10 juillet 2009 à 10:17
Pas d'accord du tout. Parce que comme disent déjà certains, qu'on le veuille ou non un tricheur reste un tricheur, peu importe qu'il transpire aussi et qu'il soit le meilleur des tricheurs, et surtout surtout, parce qu'il donne un exemple insupportable aux jeunes. Le dopage tue. Ce n'est pas dans les tabloïds très souvent mais c'est un fait. Il tue, et ce dès le niveau amateur. Et on fait quoi pour résoudre le problème? On accepte que tout le monde fasse pareil ? Ok ce n'est pas forcément à Armstrong de résoudre ça tout seul. Evidemment même. Mais on n'est bien obligé, pour des raisons de santé publique de condamner sans réserve ce comportement. Ou alors on n'est pas raisonnable. Et qu'on ne réponde pas que c'est à chacun de se prendre en main et que s'ils le font ils sont conscients des risques. Les jeunes de 16 ans qui entrent tout juste dans le milieu n'ont pas la capacité de gérer convenablement ces choses et eux-mêmes et leur environnement sont souvent bien trop aveuglés par l'argent et la gloire pour prendre la bonne décision.
Rédigé par: pikipoki | lundi 13 juillet 2009 à 02:00
J'arrive après la bataille, mais il semble me souvenir qu'au pays de Poulidor, Greg Lemond était en son temps très populaire. Pourtant il était américain et, pire, a pu arriver devant Hinault et Fignon (adulés par les français, donc loosers j'imagine). Franchement, ça devient agaçant ce cliché sur les français qui n'aiment pas les gagnants.
et pour le dopage, aussi vieux que le Tour, c'est vrai. Sauf que le vin rouge et les corticoïdes ne modifiaient pas ou peu l'échelle réelle des valeurs. Depuis l'EPO, ce n'est plus vrai, un type comme Bjarne Riis n'aurait jamais pu gagner le Tour en début de carrière, et pourtant on peut supposer qu'il était déjà dopé. Bref, depuis le début des années 90, impossible de réellement savoir qui est le meilleur. Peut-être qu'il s'agit d'Armstrong ou de Contador. Peut-être pas.
Rédigé par: archenemy | mercredi 29 juillet 2009 à 14:05