L'extrême-droite suisse veut interdire la construction de minarets, pas assez couleur locale. Les clochers survivront-ils à cette vision de l'architecturalement correct ?
Moi, je suis un peu comme Caroline Fourest : je me méfie de Tariq Ramadan. Avec cette espèce de BHL musulman, dont la barbe bien taillée remplace la chemise blanche comme punctum barthésien dans les magazines people, on ne sait jamais vraiment si c'est du lard ou du cochon… Intellectuel honnête ou faux nez des nostalgiques du califat, je réserve mon jugement. Il faut dire qu'il est difficile à cerner, le dandy genevois. Appeler à un moratoire sur la lapidation des femmes adultères, est-ce une reconnaissance en creux de cette barbarie ou plutôt le moyen de faire avancer le schmilblick à moyen terme ? Et suggérer que la question palestinienne est essentiellement une question religieuse, est-ce un appel au choc des civilisations ou une forme de pragmatisme ?
Délocalisé quelques jours au bord du lac Léman, je suis, au moins ponctuellement, tenté de lui accorder le bénéfice du doute. La Suisse est en effet sur le point d'organiser un référendum sur l'érection de minarets et il est bon qu'elle puisse s'adosser à un Tariq Ramadan pour bousculer un Oskar Freysinger, le député d’extrême-droite anti-mosquées à l’origine d’une pétition sur ce thème en Romandie. Enfin, quand j’écris « anti-mosquées », il s’agit évidemment d’un raccourci : l’homme politique valaisan, s'il n'est pas très subtil dans l'expression de son racisme, préfère insister sur les problèmes esthétiques posés par les tours d’appel à la prière pour l’harmonie architecturale helvète et marteler qu’en Arabie Saoudite, on n'a pas le droit non plus de construire des cathédrales ou des synagogues…
Hum, difficile de faire plus primaire comme opposition à la construction de lieux de culte pour la troisième religion de Suisse (les musulmans représenteraient 4% de la population). Et l'Arabie Saoudite en modèle démocratique, c’est assez inédit. D'autant plus qu’il ne s’agit pas précisément d'équiper jusqu’au moindre petit village fleuri des alpages : au dernier décompte, on ne recensait d’ailleurs que quatre minarets dans tout le pays et il n’est pas encore nécessaire de remettre à jour les catalogues de cartes postales histoire de rester en phase avec les skylines islamisées de Genève ou de Zurich.
Réunis mardi soir par la Télévision Suisse Romande, frère Tariq et cousin Oskar cherchaient donc à convaincre leurs concitoyens de voter « comme il faut » en novembre prochain (les minarets sont de simples édifices religieux pour l’un ; ils préfigurent le remplacement prochain des curés et des pasteurs par des imams pour l’autre). Bon, comme Caroline Fourest, je réalise que Ramadan est avant tout un fin politique, parfaitement conscient des défis que représente la transformation d’une société majoritairement blanche, conservatrice et chrétienne en melting-pot multiculturel et multiethnique. Son attitude « circulez, il n’y a rien à voir : l’arrivée d’un grand nombre de musulmans en Suisse n’est pas différente de celle des Italiens ou des Portugais dans le passé », parce qu’elle fait l'économie d'une pédagogie des transformations concrètes qui s’annoncent, est donc particulièrement agaçante.
De fait, elle renforcerait même la suspicion à l'égard de cet universitaire qui assure que c’est en tant que lecteurs du Coran que les musulmans doivent aborder le conflit israélo-palestinien, mais qui reste infichu de comprendre les angoisses du Suisse moyen... Car c'est qu'il n’a pas tort d'avoir peur, l'Helvète lambda. Il n’a pas tort de craindre que son petit paradis prospère et conformiste soit menacé d’évolution — une évolution dont la démographie religieuse n’est finalement qu’un aspect assez mineur, entre le réchauffement de la planète, le soja dans le chocolat et la fin du secret bancaire.
Mais bon, comment ne pas se sentir terriblement « ramadien » en écoutant un Le Pen à catogan expliquer à son contradicteur, en substance, que son passeport n’en fait pas un Suisse authentique. Qu’il y aura toujours un « eux » et un « nous ». Que les musulmans ne vont pas se contenter de construire des minarets mais qu’ils finiront pas imposer la charia à tout le monde, patati patata... Qu’ils seront les fossoyeurs d’une égalité des sexes et de droits des homosexuels dont on subodore que le bonhomme, dans d’autres circonstances, pourfendrait avec autant de vigueur que n'importe quel ayatollah…
Oui, la Suisse se transforme et Oskar Freysinger fait tout son possible pour l'en empêcher, un peu comme ces bonnes âmes qui bloquent la construction d’une grande mosquée à Marseille depuis des décennies à coups d’arguments urbanistiques en carton-pâte. Mais à tout prendre, la visite du musée de la cathédrale Saint-Pierre de Genève serait un excellent moyen de faire avancer ses thèses : on y trouve en effet une maquette de la cité au VIe siècle, ainsi qu’une reproduction de l’église de l’époque sans clocher ! Et pour cause, les chrétiens de l’époque n’en avaient pas encore inventé le concept, ne commençant que bien plus tard à massacrer le capital architectural de la Suisse gallo-romaine.
Clairement, s’il souhaite vraiment convaincre les électeurs de la menace que présente l’édification de minarets pour l’avenir culturel et esthétique du pays, c’est un référendum pour la démolition des clochers d'églises qu’il doit exiger. Sa lutte contre l’obscurantisme religieux serait toujours aussi pathétique, mais elle gagnerait en cohérence.
© Commentaires & vaticinations
encore un qui n'a lu de T. Ramadan aucun ouvrage, écouté aucune conférence et qui se laisse contaminer par la perfide analyse d'une essayiste de pacotille. Bizarre que la Fourest ait systématiquement refusé de débattre avec Ramadan, malgré ses multiples appels, et bizarre qu'il n'y ait jamais eu aucun contradicteur capable de lui tenir la dragée haute à ce Ramadan. Alors, au lieu de reconnaitre son honneteté, on jette l'opprobre sur sa personne en l'accusant de double discours et autre billevesées...c'est franchement lamentable, parce qu'il s'agt d'un intellectuel vraiment brillant et à mille lieues d'un BHL et autres consorts.
Mr Serraf, je vous invite à reconsidérer votre jugement sur cette personne.
MErci.
un lecteur fatigué des idées reçues et des opinions toutes faites
Rédigé par : Anonyme | jeudi 05 mars 2009 à 18:27
Sans être un spécialiste du bonhomme, je n'ai jamais lu ou entendu une phrase de Tariq Ramadan qui me choque.
Le sempiternel "argument" selon lequel ce n'est pas parce qu'on ne trouve rien à reprocher à son discours que l'homme n'est pas irréprochable me semble pour le moins étrange et, pour tout dire, franchement malhonnête. Comme le faisait remarquer T. Ramadan lui-même, depuis le temps qu'on l'accuse de double discours et qu'on le tient pour absolument suspect, il est évident qu'il est étroitement surveillé par les RG et autres officines de renseignement. Tous ses discours sont enregistrés, ses livres et articles décortiqués, le moindre de ses déplacements est notifié, ses contacts et rendez-vous sont épiés, etc. et malgré tout cela, on n'a jamais pu produire une citation qui prouverait sa noirceur foncière.
En ce qui concerne la comparaison avec BHL, je n'en vois pas bien la pertinence. Le rapprochement que vous tentez entre la chemise blanche et… la barbe de l'autre (?!) reste plutôt hasardeux. BHL se prétend philosophe sans avoir jamais forgé un concept ni même écrit un seul livre de philosophie. Tariq Ramadan se prétend islamologue et il enseigne ou a enseigné l'islamologie à l'université de Fribourg, l'université catholique Notre-Dame dans l'Indiana, à Oxford…
Pour autant, T. Ramadan est non seulement un spécialiste de l'islam, c'est aussi un musulman et je n'ai pas beaucoup d'attirance pour les religieux, quels qu'ils soient.
Si elle est effectivement ce que vous en dîtes, son opinion sur la nature du conflit israélo-palestinien est ridicule. C'est un conflit colonial, point (au fait, vous avez vu — j'imagine que oui — que le nouveau gouvernement israélien ne s'entend sur rien, hormis l'opportunité de doubler les colonie dans les territoires occupés). La dimension religieuse n'est que secondaire et est instrumentalisée par les deux parties.
Quant à Caroline Fourest, c'est une "journaliste" dans un hebdo humoristique. Et elle ne gagne rien à sortir de son rôle.
Rédigé par : Antoine Block | jeudi 05 mars 2009 à 23:54
Sinon, je suis d'accord avec ce que vous dites du dossier des mosquées suisses.
Rédigé par : Antoine Block | jeudi 05 mars 2009 à 23:58
Amis suisses, queulqu'un pourrait me confirmer que c'est la deuxième votation sur le sujet des minarets en moins de deux ans ?!
Rédigé par : Bob | vendredi 06 mars 2009 à 00:20
Merci à Swissroll pour ça réponse précise et rapide : http://swissroll.info/?q=minaret
Rédigé par : Bob | vendredi 06 mars 2009 à 00:27
Anonyme,
Non, c'est vrai, je n'ai pas lu les livres de Ramadan et je n'ai pas écouté ses conférences. Mais j'ai lu ses tribunes un peu partout dans la presse française ou britannique et j'ai entendu ses interventions à la télé ou à la radio. Je me permets donc d'avoir quelques idées sur la personne, même si vous remarquerez que c'est sur ses ambiguités que j'insiste et que je me place en l'espèce (pour l'histoire des minarets) plutôt de son côté.
Si vous êtes fatigué des idées reçues, peut-être devriez vous lire l'article jusqu'au bout : c'est moins de boulot que de parcourir les œuvres complètes de Ramadan ou de BHL.
Antoine Block,
Je ne fais pas de "reproches" à Ramadan, j'évoque deux de ses points de vue ambigus (le fameux moratoire sur la lapidation et cette tribune sur le conflit israléo-palestinien que tu peux aller lire tout seul puisque j'en donne le lien).
Mais pour ce qui est de Caroline Fourest, disons que je l'apprécie beaucoup et que ça vient peut-être de cette solidarité entre journalistes d'hebdos humoristiques.
Rédigé par : Hugues | vendredi 06 mars 2009 à 14:48
Caroline fourest n'a pas tout dit malheureusement la vérité sur Ramadan est tellement énorme personne ne peut imaginer à quel point il est perfide.
Rédigé par : Laura | vendredi 06 mars 2009 à 18:26
J'ai lu l'article du Guardian concernant le conflit israélo-palestinien. Tariq Ramadan n'y écrit nullement que la "question palestinienne est essentiellement une question religieuse". Il remarque que la communauté musulmane internationale ne prend pas suffisamment la mesure (selon lui) de son poids politique et de ses responsabilités. Il incite donc cette communauté à davantage d'activisme, mais il ne dit nulle part que la nature du conflit est religieuse. C'est une forme de pragmatisme qui lui fait recourir à un aspect de ce conflit : le fait que ce sont des musulmans qui sont opprimés et tués.
Accessoirement, il est plutôt rassurant de lire, sous la plume de Ramadan, qu'il "devrait être clair que la résistance ne se fait pas contre les Juifs (l'antisémitisme est anti-islamique); viser des civils innocents doit être condamné des deux côtés; et l'objectif devrait, être pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans (avec les gens d'autres religions et les athées), de vivre ensemble dans une égalité de droits et de dignité".
Ce discours est bien loin des appels à la destruction d'Israël et à la haine des Juifs.
Quant au moratoire sur la lapidation, ce me semble être la position la plus juste et, sans doute, la plus efficace. Pousser des cris d'orfraie médiatiquement (ou électoralement, suivez mon regard) payant pour condamner cette pratique barbare est à la portée du premier crétin venu. Parvenir à y mettre un terme dans les faits est une autre paire de manches. Même notre super-omniprésident ne semble pas y être parvenu, en dépit de ses rodomontades indignées lors de son mini-débat télévisé avec T. Ramadan, lors de la campagne présidentielle.
Un processus de réflexion, de pédagogie et de réformes théologiques est la seule solution. Mais cela est long, difficile et non-spectaculaire.
"Mais pour ce qui est de Caroline Fourest, disons que je l'apprécie beaucoup et que ça vient peut-être de cette solidarité entre journalistes d'hebdos humoristiques."
C'est vrai, j'avais négligé cela ! ;-)
(Quoique Autoplus ne me laisse que peu de souvenirs de fous rires, mais peut-être ne le lis-je pas assez).
Rédigé par : Antoine Block | samedi 07 mars 2009 à 19:45
Tut tut tut, Caroline fourest est bien plus qu'une amuseuse :
son livre La Tentation obscurantiste a obtenu le Prix du livre politique 2006 de l'Assemblée nationale. Le livre pose cette question : « la complaisance voire la fascination pour l'islamisme – une idéologie réactionnaire, intégriste et totalitaire – a-t-elle sa place à gauche ? ».
l'Assemblée nationale lors de la remise du prix, Richard Descoings, directeur de l'Institut d'études politiques de Paris a salué l'ouvrage comme réunissant tout particulièrement les qualités requises pour ce prix : « le sérieux, la capacité au discernement et le courage de dire ». Fait rare, le livre a été plébiscité dès le premier tour, par 80 % des membres du jury composé de journalistes de tous horizons. Les deux précédents livres de Caroline Fourest, Tirs croisés (co-écrit avec Fiammetta Venner) et Frère Tariq étaient finalistes les années précédentes. Ce prix n'avait jamais été attribué à une lauréate de trente ans.
Rédigé par : mat | dimanche 08 mars 2009 à 01:14
@Mat :
Caroline Fourest s'est vu décerner le prix du livre politique de l'assemblée nationale pour son essai. Fort bien. Mais ce prix — comme son nom l'indique — est à connotation plus politique que scientifique. En clair, il récompense les thèses favorisées par le pouvoir en place, plutôt qu'un travail de recherche exigeant et indépendant.
J'en veux pour preuve la composition du jury. Vous en trouverez la liste complète ici :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/evenements/livre-politique-2006.asp
Notons qu'il s'agit exclusivement de journalistes politiques et en aucun cas de politologues, de chercheurs, d'universitaires. Parmi les plus connus, je retiens : Jean-Pierre Elkabbach, Arlette Chabot, Brice Teinturier, Laurent Joffrin, ou encore Anita Hausser. Sans commentaires.
Les précédents lauréats étaient Fadela Amara pour "Ni Putes, ni Soumises" (ouvrage et auteur de référence, comme chacun sait) et Alexandre Adler pour "J'ai vu finir le monde ancien - Le nouvel échiquier mondial" (ouvrage et auteur de référence, comme chacun sait, bis).
Vous signalez que "Les deux précédents livres de Caroline Fourest, Tirs croisés (co-écrit avec Fiammetta Venner) et Frère Tariq, étaient finalistes les années précédentes".
Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai comme le sentiment d'une constance suspecte dans l'orientation de ce prix…
Vous relevez que, dans son discours, Richard Descoings a souligné « le sérieux, la capacité au discernement et le courage de dire » de l'ouvrage. Mais, heu, c'est assez normal qu'il ait une opinion positive sur le livre qu'il venait de primer, en tant que président du jury. C'est difficile de comptabiliser cela comme une critique indépendante, non ?
En revanche, un certain nombre de chercheurs se sont offusqués de l'attribution de ce prix au livre de Caroline Fourest. Ainsi, dans "Le Monde" du 18 avril 2006 un article de protestation est signé par les personnalités suivantes :
Jean Baubérot (historien, sociologue, spécialiste de la sociologie des religions, président d'honneur de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Bruno Étienne (politologue et sociologue, spécialiste de l'islam, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, membre de l'Institut Universitaire de France, fondateur et directeur de l'Observatoire du Religieux, récemment décédé), Franck Fregosi (sociologue, chercheur au CNRS, professeur à l'université Robert Schuman, Strasbourg), Vincent Geisser (politologue et sociologue, chercheur au CNRS, à l'Institut de Recherche et d'Etude sur le Monde Arabe et Musulman) et Raphaël Liogier (spécialiste de l'Islam, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, directeur de l'Observatoire du Religieux depuis le Décès de Bruno Etienne).
Leur critique porte essentiellement sur la faiblesse méthodologique, le manque d'exigence et les parti-pris idéologiques de C. Fourest :
"Ce choix [l'attribution du prix, donc] ne peut manquer de laisser pantois les chercheurs en sciences sociales, politologues, historiens, universitaires qui ont la faiblesse de considérer que l'intelligibilité de notre société, le présent comme le futur de ses rapports avec d'autres cultures, notamment musulmanes, mais pas uniquement, requièrent une analyse minutieuse".
Parce qu'il avait, lui aussi, émis des critiques sur l'attribution du prix du livre politique de l'Assemblée Nationale, Pascal Boniface (politologue, diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, docteur d'Etat en droit international, fondateur et directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques, chevalier de l'Ordre National du Mérite, aisni que de la Légion d'Honneur) s'est vu attaquer par Caroline Fourest. Vous trouverez sa réponse ici :
http://www.communautarisme.net/Reponse-de-Pascal-Boniface-a-Caroline-Fourest_a867.html
Cette citation donne le ton de l'article :
"De deux choses l’une : soit vous l’ignorez [les écrits de Pascal Boniface] et vous vous permettez de me mettre gravement en cause sans avoir pris la peine de vérifier la véracité de vos accusations, ce qui en dirait long sur le sérieux de vos méthodes. Soit vous déformez sciemment mes propos et ma pensée, et alors ce serait votre honnêteté intellectuelle qui serait en cause."
Xavier Ternisien (journaliste au Monde, publication qui ne me semble pas moins sérieuse que Charlie Hebdo) répond aux mêmes attaques en déplorant les mêmes méthodes :
http://lmsi.net/spip.php?article203
"Il y aurait beaucoup à dire sur le peu de sérieux de cette enquête à charge. On sourit des erreurs, qui feraient honte à un étudiant en première année de journalisme".
Cette rapide enquête me confirme donc que Caroline Fourest est réellement une "amuseuse", pour reprendre votre terme. Et que, comme Dieudonné, elle aurait intérêt à se cantonner à son domaine de compétence, plutôt qu'à prétendre à l'analyse socio-politique.
Rédigé par : Antoine Block | dimanche 08 mars 2009 à 04:32
"Jean Baubérot (historien, sociologue, spécialiste de la sociologie des religions, président d'honneur de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Bruno Étienne (politologue et sociologue, spécialiste de l'islam, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, membre de l'Institut Universitaire de France, fondateur et directeur de l'Observatoire du Religieux, récemment décédé), Franck Fregosi (sociologue, chercheur au "CNRS, professeur à l'université Robert Schuman, Strasbourg), Vincent Geisser (politologue et sociologue, chercheur au CNRS, à l'Institut de Recherche et d'Etude sur le Monde Arabe et Musulman) et Raphaël Liogier (spécialiste de l'Islam, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, directeur de l'Observatoire du Religieux depuis le Décès de Bruno Etienne)."
Mais bien sur, et dans cette jolie enfilade de "spécialistes", pas une seule femme, juste une kyrielle de bonshommes occupés à crier haro avec véhémence sur Caroline Fourest (pour laquelle je ne nourris pas par ailleurs une sympathie particulière).
Il aurait été intéressant de savoir ce que pense de l'ouvrage de la dite Fourest des personnes comme Christine Fauré, Margaret Maruani ou Françoise Héritier, par exemple, qui me semblent au moins aussi compétentes pour en juger que les sus-nommés. Pour le moins je ne pense pas qu'elles auraient qualifié Fourest d'"amuseuse", meme si elles n'auraient sans doutes pas manqué de faire des objections critiques. Il est vrai qu'elles sont aussi certainement plus compétentes en la matière qu'un Antoine Block.
Je te laisse gloser à plaisir sur ton blog de mâles, "mon cher Hugues", où les femmes ne se hasardent que timidement sur la point des pieds (aujourdhui je te tutoie, c'est le 8 mars, une journée égalitaire, une fois n'est pas coutume).
Et je ne rêve pas d'une Europe hérissée de minarets hauts comme des gratte-ciel, donc quelque part, je comprends les suisses.
Rédigé par : floreal | dimanche 08 mars 2009 à 15:21
Antoine Block,
Il ne dit pas qu'il s'agit d'une affaire religieuse mais se fend d'une tribune pour enjoindre les musulmans à l'apprécier en tant que communauté ?!
Comme je le disais, je préfère réserver ma position sur un type très ambigu, du côté duquel on peut se retrouver sur cette affaire de minarets en Suisse, mais sans plus. Je vois que de ton côté, tu choisis de le considérer comme un intellectuel brillant et enthousiasmant, allant même jusqu'à trancher en sa faveur sur la question de la lapidation. Grand bien te fasse.
Mais pour Caroline Fourest, dont j'ai tout de même lu deux trois livres (oui, c'est plus que le temps que j'ai consacré à la lecture de Ramadan), elle fait un excellent travail. Oui, il y a des gens qui ne l'apprécient pas mais je me souviens d'avoir été très agacé par la tribune du Monde publiée par la brochette que tu cites à la sortie de la Tentation obscurantiste. Faut-il aller chercher l'académie pour prouver que le travail de réflexion qui se fait en-dehors d'elle est sans intérêt ? Quant à l'histoire avec Xavier Ternisien du Monde, elle n'a rien à voir avec ce bouquin.
Et pour Auto-Plus, moi non plus je ne le lis pas.
Mat,
Farpaitement.
Floreal,
Mon blog est un blog de mecs ? J'en suis l'unique auteur et, oui, la dernière fois que j'ai vérifié, j'en étais un moi-même. Mais je ne vois vraiment pas en quoi il est interdit aux lectrices et commentatrices. Journée de la femme ou pas, je trouve cette réflexion assez bizarre. Et tu peux me tutoyer : je tutoie tout le monde ici, même Antoine Block au-dessus que ça ennuie car il pense que nous n'avons pas gardé les cochons ensemble, moi qui apprécie Caroline Fourest et lui qui préfère les universitaires plus lourdement titrés.
Rédigé par : Hugues | dimanche 08 mars 2009 à 17:10
Carabinier d'Offenbach (j'ai passé la semaine en Suisse, justement, où cette question agitait les foules), je me contenterai de faire les remarques tardives et suivantes :
- A quoi sert un minaret sans muezzin ? C'est un clocher sans cloche.
- J'ai vécu plus de deux ans à Alger juste en-dessous d'un minaret et en plein dans l'axe du haut-parleur (à l'époque, c'étaient des disques, et ça grattait, maintenant, je suppose que ce sont des CD). On s'habitue, mais c'est difficile à vivre les premières semaines.
- Architecturalement, je vois mal comment on pourrait critiquer Haghia Sofia ou la mosquée bleue, ou d'autres exemples de l'art musulman.
- J'habite actuellement près d'un église à Schaerbeek, et je peste chaque dimanche d'entendre sonner les cloches à toute volée et me priver du plaisir de faire la grasse matinée.
- J'en conclus : oui aux minarets, non au muezzin, oui aux clochers, non aux cloches.
Quant à C.Fourest, j'avoue que l'âge avançant, je commence à moins aimer les polémistes, et même à ne plus les aimer du tout.
Rédigé par : cdc | mardi 10 mars 2009 à 10:50
Lorsque je dit que Caroline Fourest n'a pas tout dit, qu'on se comprenne, je parle du sieur Ramadan je pense qu'à l'époque de "frère Tariq" elle n'avait pas les informations nécessaire pour une enquête convenable. A ce jour des éléments nouveaux ont vu le jour qui sont vont démasquer l'illusionniste.
Rédigé par : LAURA et cie | jeudi 12 mars 2009 à 18:27
A propos de Caroline Fourest et de Tariq Ramadan
Ramadan Tariq - Lettre ouverte à Caroline Fourest
http://www.dailymotion.com/video/xbbnil_ramadan-tariq-lettre-ouverte-a-caro_news
http://ak2.static.dailymotion.com/static/video/964/910/19019469:jpeg_preview_large.jpg
Rédigé par : blaise | mardi 05 janvier 2010 à 13:36