Moi, je suis à fond pour la réponse progressive à une nuisance. Parce que passé les bornes, y a vraiment plus de limites.
Il paraît que la possibilité — après soixante-douze avertissements — de couper le robinet à téléchargement des freedom fighters convaincus que la propriété intellectuelle est du vol est une « nouvelle étape vers le fascisme ». C'est amusant car, depuis le temps que ce gouvernement fonce comme la Williams d'Ayrton Senna vers le mur du totalitarisme, il y a longtemps que nous devrions nous être crashés en enfer. Franchement, on se demande comment Sarkozy se débrouille pour dénicher de nouvelles idées « fascistes » avec une telle régularité. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est créatif...
J'ai déjà donné mon avis sur la question du piratage de musique ou de films via le Net, et je suggère à ceux qui souhaitent en connaître le détail de se reporter aux épisodes précédents. Mais en deux mots, j'ai tendance à penser que ce n'est pas parce qu’il est techniquement facile de voler quelque chose que le vol devient légitime. Oui, Internet oblige à repenser la manière dont les biens réductibles à des données informatiques seront désormais distribués. Non, décider que les artistes et créateurs dont le travail est pillé sur le Web n’ont qu'à trouver d’autres moyens de gagner leur croûte n'est pas raisonnable.
Et qu'on ne vienne pas, à nouveau, me seriner que le vol d’une chanson ou d’un film n'appauvrit pas les auteurs au motif que la copie d’un fichier est indolore et ne prive personne de quoi que ce soit... Ce point de vue est presque aussi inepte que celui qui met les terribles profits des majors de la musique ou du cinéma en avant pour justifier le pillage.
Vous voulez continuer à écouter de la musique, à regarder des films, à lire des livres ? Ben il faudra payer pour tout ça quel que soit le support. Sauf, bien sûr, si vous pensez que la pub sera là pour financer leur production à votre place, cette pub déjà supposée faire vivre les journaux en ligne depuis que vous avez déserté les kiosques. D’autant plus que les annonceurs achètent souvent de l’espace pour vendre des disques, des films et des livres, soit tous ces machins que vous préférez télécharger gratuitement au nom de la liberté…
*
MK2 Gambetta, dimanche, séance de 19h00. Elle vient s’installer à côté de moi alors que la salle est encore aux trois-quarts vide. Ok, le cinéma va sans doute finir par se remplir mais je n’ai jamais compris pourquoi les gens ont besoin de se coller les uns aux autres, lorsqu’il y a de la place pour poser son blouson sur le fauteuil d’à-côté et prendre ses aises.
Les lumières s’éteignent et le spectacle commence. Un Sean Penn démachisé fait son apparition dans le rôle de Harvey Milk, un politicien des années 70 sans lequel San Francisco ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui. Le film est excellent mais ma voisine n’en déballe pas moins un sandwich préalablement enveloppé dans une feuille d’alu. Elle a très faim, ça se voit, et elle froisse l’emballage avec l’enthousiasme d’une militante de la cause gay qui viendrait de voir la proposition 6 blackboulée par les électeurs. L’odeur de son sandwich (jambon ? Fromage ?) sature l’espace alors que je tente de me concentrer sur la vie politique américaine de la période Gerald Ford-Jimmy Carter.
Ah, je croyais qu’elle avait enfin terminé son repas mais la voici qui s’autorise quelques cookies au chocolat — cookies qu’elle croque bruyamment pendant que Sean Penn s’adresse à la foule sur Castro Street (« My name is Harvey Milk and I want to recruit you ! »). Je me tourne vers elle pour lui glisser qu’il serait sympa de faire une pause dans son festin, évitant soigneusement d’évoquer la référence de sinistre mémoire au bruit et à l’odeur. Mais elle sait qu’elle est dans son droit, qu’il n’y a aucun règlement qui puisse l’empêcher de joindre l’utile (la leçon d’histoire contemporaine qui se déroule sur l’écran) et l’agréable (le remplissage de son estomac) et m’envoie balader. Tiens, elle aurait eu un poil d’humour en plus de ce vaste appétit et elle m’aurait plutôt conseillé d’aller me faire cuire un œuf. Mais non. Elle continue d'actionner ses mandibules avec énergie, chomp, chomp, chomp…
C’est au moment où Scott, le petit fiancé d’Harvey, décide de le quitter pour reprendre une vie normale qui ne serait pas entièrement consacrée au militantisme que l’affamée dégage une banane de son cabas, la déshabille soigneusement et s’avise de lui fait un sort que je me permets à nouveau de lui expliquer à quel point c’est horripilant :
— « Ecoutez, le sandwich au jambon, les cookies, la banane… Ca commence à bien faire… »
— Comment-ca, au jambon ?! Il n’était même pas au jambon, mon sandwich ! répond-elle comme si mon erreur d’analyse olfactive était la double-preuve de ma mauvaise foi et de mon statut d’emmerdeur.
— Ok, au fromage alors... je transige. Mais ça pue pareil et je veux voir le film en paix…
La nana n’en revient pas. Elle se tourne vers son compagnon, assis à sa droite, et lui explique qu’elle est importunée par un type qui prétend que regarder un film pendant que sa voisine reconstitue ses réserves de glucides est un problème. Le gars est d’accord avec elle, visiblement, puisqu’il se met lui aussi à croquer dans son sandwich-cookie-banane avec le même entrain. Qu’est-ce que je peux faire ? Je ne vais pas provoquer un esclandre alors que, sur l’écran, Harvey Milk est à deux doigts de se faire buter par un conseiller municipal maniaco-dépressif ? Je sens bien que ma lutte pour mes droits de cinéphile n’est pas de la même ampleur que le combat pour les droits civiques de Sean Penn…
Donc, je la ferme. Je me retiens. Jusqu’à ce que la lumière revienne, que je me lève et que je lui explique à nouveau que le principe du cinéma, c’est de partager un film sur grand écran avec tout un tas de gens, pas de se taper les effluves de la famille Groseille en pique-nique. « Ben t’avais qu’à rester devant ta télé ! » ricane-t-elle avec l’air satisfait de quelqu'un qui a passé tout le film à préparer une réplique mordante, provoquant le désarroi d'un camarade de dînette recroquevillé dans son siège (de gêne ? De peur ?).
Je laisse tomber. Elle m’a partiellement gâché le film, je ne vais pas lui permettre de me gâcher la soirée. Ma riposte graduée s’arrête-là. Mais c’est bien en hommage à la non-violence d’Harvey Milk. Parce que si ça avait été The Wrestler…
© Commentaires & vaticinations
Il me semble que le problème ne se pose pas simplement en termes "payer" ou "voler" une oeuvre...
Quel amateur de musique n'a pas eu de cassettes audio enregistrées gràce au fabuleux lecteur enregisttreur double cassette.
A peu près idem pour les films...
La question c'est le coté industriel du telechargement illégal.
Maisj e ne vois pas pourquoi les internautes porteraient suels le poids de l'immobilisme des grands acteurs de la "l'industrie culturelle".
Qu'ont-ils fait depuis 1999, et oui 10 ans! et Napster?
Ben quedalle, du coup d'autres ont su en profiter et personne ne remets en cause le modèle d'Itunes.
Je suis amateur de sons, Je telécharge, voire même rippe les spons streamés quand je ne peux pas les acheter car on ne peut les trouver en téléchargement légal.
On peut bien entendu en parler des heures, notons simplement que techniquement, la coupure de l'accès Web dans le cadre d'une offre triple play, n'est pas encore possible.
A-t-on, philosophiquement et techniquement une vraie solution avec Hadopi?
J'en doute.
Rédigé par : Moda | lundi 09 mars 2009 à 16:45
Et oui... Séance de la semaine dernière, 7 vies vu en retard.. 2 zigotos qui n'arrêtent pas de commenter le film à voix haute.
A la fin de la séance, un voisin : "merci, c'est grâce à des gens comme vous qu'on apprécie d'avoir une télé chez soi".
Je n'ai rien osé dire, mais je n'en pensais pas moins... Je croyais me retrouver à NY, dans ce ciné d'un quartier pas trop bien famé, où une dame, après avoir apporté le plateau repas à ses "grands" gamins, a commencé à langer le petit dernier qui braillait pendant le film...
Je crois que bientôt ce sera la première cause de piratage des films: pouvoir les voir en même temps que leur passage en salle, mais chez soi.
Rédigé par : sysedit | lundi 09 mars 2009 à 16:49
En tout cas, j'espère que l'époque où l'argent que je donne pour mon abonnement internet ne servira plus à favoriser la consommation massive de navets est proche.
Vivement que les FAIs posent des filtres dans les *box et fassent baisser le prix de l'abonnement.
Ou, à défaut, facturent les gigabits mensuels : n'ayant aucun intérêt pour la musique, la télé ou le cinéma, je n'ai que faire des x mégabits/seconde dont je dispose. Je proposerais donc bien d'imposer une taxe progressive sur la consommation de bande mensuelle pour financer la villa de Johnny.
Rédigé par : Passant | lundi 09 mars 2009 à 17:33
je n'ai pas un grand avis sur le projet de loi Hadopi. depuis mon dernier déménagement, je n'ai plus de connexion personnelle à internet. je n'ai jamais téléchargé de films ou de musique, ça ne m'intéresse pas. à la limite, pendant un temps, pour découvrir des morceaux (ou plutôt réécouter des vieux trucs), j'allais sur le site radioblogclub (du streaming si j'ai bien compris). je ne sais pas s'il existe encore. je vais au ciné une à deux fois par mois, à quelques concerts de temps en temps, m'achète un CD s'il est vraiment bon. il m'arrive d'acheter un DVD pour mes enfants (cf plus bas).
mais s'il y a un truc qui ne passe pas, c'est le discours qui entoure cette loi parce que j'ai l'impression qu'on nous prend vraiment pour des abrutis. évidemment qu'internet a bousculé les usages autour des produits culturels et qu'il devient facile de s'échanger des films ou des morceaux de musique à grande échelle. bien sûr, ce n'est pas respectueux du droit d'auteur et autres. mais quand on considère le prix de la culture (concert, CD, ciné ou DVD), on ne peut pas penser qu'il n'y a pas là une petite cause au problème. d'autant plus quand - et c'est là où ta mésaventure au MK2 tombe pile poil, hugues - les conditions d'accès aux oeuvres sont déplorables(moi aussi la bouffe au ciné, ça m'énerve - or, les exploitants de salles y incitent. autre exemple : un DVD de Wallace et Gromit. impossible de le lire avec le lecteur de mon ordinateur : il faut un code. et j'ai eu beau taper toutes les séries de chiffres inscrites partout sur le support et son emballage (acheté neuf à la fnac), rien ! ok, on peut le lire sur le lecteur de salon mais on n'emmène pas le salon quand on part en vacances).
je veux bien croire que le téléchargement soit un problème, mais l'honnêteté voudrait qu'on nous enfume pas avec des arguments spécieux. et puis, mes goûts me portent davantage vers les indépendants qui ont depuis belle lurette compris comment se débrouiller et proposer des prestations ou produits de qualité sans vous piquer votre porte-monnaie. et je ne crois pas que ce soit ces personnes qui pâtissent le plus du téléchargement.
Rédigé par : david | lundi 09 mars 2009 à 17:40
Moda,
Je ne sais pas si les internautes doivent-être les seuls à porter ceci ou cela, mais le téléchargeur est bien le téléchargeur et, sauf s'il est totalement crétin, il doit être capable de comprendre que la création artistique est une activité économique et qu'il faut bien la financer.
Mais je ne vois pas où est le problème avec le triple play : si le type se voit priver de FAI, il se remettra à l'antenne rateau et verra son service dégradé à la seule téléphonie --- ce qui est techniquement possible.
sysedit,
Aux Etats-Unis, pour certains films très grand public, ce genre de trucs est courant. Disons qu'au MK2 Gambetta pour Harvey Milk, on peut s'attendre à autre chose. Tiens, j'aurais dû lui écraser le pied en partant.
Passant,
Les mégabits, ça sert aussi à faire du téléchargement légal et à la VOD (un excellent système d'ailleurs, même si les bons films sont rares).
Rédigé par : Hugues | lundi 09 mars 2009 à 17:46
Bonjour Hugues,
Vous avez raison, et d'ailleurs, "décider que les sidérurgistes du bassin lorrain/les ouvriers travaillant sur des chaînes de montage de 4X4/les télévendeuses des 3 suisses/etc... n’ont qu'à trouver d’autres moyens de gagner leur croûte n'est pas raisonnable."
C'est amusant, du temps de la restructuration de la sidérurgie, je n'ai pas mémoire qu'on ait ainsi fait passer deux lois en 18 mois pour maintenir leur activité contre vents et marées... Il est vrai que le Président Mitterrand n'avait pas épousé une ouvrière sidérurgiste, et que le commerce qu'il entretenait alors avec les fabricants d'automobiles était plus lointain que celui qu'entretiennent les auteurs de chansonnettes avec le Président Sarkozy... Donc tout est bien qui finira bien ;-)
Bien cordialement à vous...
Rédigé par : vains dieux | lundi 09 mars 2009 à 18:39
M'enfin Hugues, les immeubles n'ont plus de rateaux, en tous cas, il n'y en aura bientôt plus.
Et si on n'a pas accès à la VOD par exemple, comment participer au financement des nouveaux modes de distributions? :)
Ne me dis pas que tu n'as jamais copié une cassette en te disant, "non attends, et les revenus de l'artiste et du label, que deviennent-ils??"
Ce n'ets aps comme ca que cela se passe.
Encore une fois, c'est un débat de plusieurs heures.
Prenons simplement l'exemple d'un jeune artiste en musique électronique.
Tu crois qu'il n'a pas téléchargé un paquet de morceaux sur la mule pour faire le sien à partir de samples?
Qu'il va éditer sur des logiciels d'édition et de séquencage crackés??
Et ben au final, ca nous donne Daft Punk et j'étends à l'ensemble de la french touch..
Et du hip/hop.
La culture a des ressources que la raison ignore...
Rédigé par : Moda | lundi 09 mars 2009 à 18:41
ça devait être une militante du NPA, ils sont toujours affamés. Mais vous avez eu de la chance parce que si ça avait été des bovézystes, le mec vous aurait entrepris pour vous expliquer souriant que c'était du pain garanti sans OGM, la fille vous en aurait proposé un en rab conservé comme encas dans son cabas en vous expliquant les bienfaits du fromage bio, et alors là c'est sûr que vous n'auriez rien suivi du film.
Rédigé par : floreal | lundi 09 mars 2009 à 21:27
"Les mégabits, ça sert aussi à faire du téléchargement légal et à la VOD "
Oui, mais comme ça ne m'intéresse pas, je ne vois pas de raison de financer le service pour ceux que ça intéresse.
D'où ma proposition de le faire payer aux utilisateurs, licites ou illicites qu'importe, de ce service.
Rédigé par : Passant | lundi 09 mars 2009 à 21:46
"Vous voulez continuer à ...lire des livres ? Ben il faudra payer pour tout ça ..."
Mauvais exemple que le livre. Pour 7 € annuels acquittés auprès de la biblio de ma ville, me voila autorisée à piocher dans un catalogue de plusieurs dizaines de milliers de "biens culturels". Quid d'une offre équivalente notamment pour les films ? Création, oeuvres de l'esprit, auteurs ... on parle bien là de "culture". Non ? Bien sûr que non. Que les industriels du divertissement cessent d'avancer derrière le masque de l'Artiste en péril et le débat aura le mérite d'être plus clair.
N'y a t'il pas d'autre urgence économique que l'élaboration de cette usine à gaz juridique, cet arsenal de mesures coercitives, techniquement inabouties et déjà obsolètes ? Pathétique ...
Rédigé par : VS | mardi 10 mars 2009 à 09:10
Depuis quand le téléchargement (illégal bien sûr) est du vol ? Il me semblait que c'était de la contrefaçon.
C'est vrai que la précision n'est pas une valeur très partagée dans ce débat. Mais "vol" ça vent mieux. Ça fait "voleur", c'est plus vilain.
C'est dommage de céder à la facilité sous prétexte de rendre l'argumentation plus sexy.
Rédigé par : W. | mardi 10 mars 2009 à 09:51
Vains dieux,
La crise de la sidérurgie a été provoquée par la possibilité de se procurer de l’acier gratuitement par Internet ? Je ne savais pas. Il va donc falloir que je réévalue tout mon système de pensée. Quant aux télévendeuses des 3 Suisses, elles sont remplacées par celles d’Amazon, pas liquidées par le terrible Internet.
J’aime bien moi-même avoir recours à l’analogie mais, bien souvent, lorsqu’on parle d’autre chose, ben on parle d’autre chose, si tu vois ce que je veux dire…
Moda,
Bien entendu, j’ai copié des disques sur cassettes comme tout le monde dans ma génération (mes gosses ne savent même pas ce qu’est une cassette audio et n’ont qu’un vague souvenir de ce qu’étaient les cassettes vidéo). J’ai même échangé des cassettes avec les copains qui avaient enregistré d’autres trucs que les miens. Mais c’était généralement parce que nous n’avions pas les mêmes disques et que ces disques avaient été préalablement achetés.
J’aime bien quand certains expliquent que les gens qui téléchargent achètent par ailleurs, et qu’ils ne font que tester des trucs nouveaux. Ok, mais l’on constate tout de même que le téléchargement pirate concerne essentiellement les tubes que l’on entend toute la journée à la radio et pas la fameuse « longue traîne » et je crois que mes deux filles n’ont jamais eu l’idée saugrenue de gaspiller un euro dans un disque (le téléchargement pirate est interdit chez moi, mais je pense qu’elles se débrouillent par ailleurs contre mon gré).
VS,
Je crois me souvenir que les bibliothèques existaient avant Internet. Elles n’ont jamais mis la production culturelle en danger, bien au contraire. Mais je vois mal le rapport avec la pratique massive de la transmission de fichiers piratés.
W,
Va pour contrefaçon si tu préfères mais, dans mon esprit, l’appropriation d’un bien appartenant à quelqu’un qui entend le vendre pour gagner sa vie, c’est bien du vol.
Rédigé par : Hugues | mardi 10 mars 2009 à 10:30
Hugues,
La crise de la sidérurgie a été provoquée par le fait que "quelque chose" avait changé radicalement dans les conditions économiques du secteur à l'époque... Un peu comme pour la musique aujourd'hui. Mais foin d'analogies, vous en faites suffisamment sur votre excellent blog pour en voir les limites; Ce qui m'interesse vraiment, c'est de comprendre pourquoi Schumpeter, la destruction créatrice, toussa... c'est merveilleux quand ça met des prolétaires sur le carreau et scandaleux quand ça menace les revenus des assujetis à l'ISF. Là, pour le coup, je suis presque sérieux, la réponse m'interesse vraiment :-)
Sur le fond de l'affaire, une discussion avec n'importe quel type connaissant trois choses sur les réseaux devrait vous convaincre qu'il serait sans doute plus efficient d'occuper cette semaine à discuter la Loi portant extinction du paupérisme après 17h00...(en nommant M. Dassault rapporteur: je suis sûr qu'il s'y connaît autant en politique sociale que Mme Albanel en nouvelles technologies); Ceci dit, l'inefficacité programmée de cette future loi devrait vous rassurer: Je ne doute pas que vos filles sont très intelligentes, elles continueront donc sans doute à partager de la musique sans que vous ne receviez jamais un recommandé A/R
Bien à vous!
Rédigé par : vainsdieux | mardi 10 mars 2009 à 11:35
Bon..
tu fais les questions et les réponses à la fois.
Pas la peine de te signaler que ce n'est pas du vol, tu t'en fous, donc inutile d'essayer d'entamer un dialogue sur ce sujet ...
Ce qui me perturbe c'est que tu semble défendre des principes que tu condamne par ailleurs le plus souvent. Notamment qu'un cartel d'intérêt bien compris oeuvrent pour leur bien personnel au détriment du bien commun. Qu'il faille freiner l'essor de nouveaux modes de distributions pour préserver le modèle existant... très programme commun de 1981 : faire retourner les gars à la mine histoire de les "protéger" etc. etc.
Mais ce qui me choque le plus (et qui me fait répondre alors même que je n'en avais pas envie) c'est cette phrase :
"Je crois me souvenir que les bibliothèques existaient avant Internet. Elles n’ont jamais mis la production culturelle en danger, bien au contraire"
Ah la production culturelle est en danger : tu mesure ça comment ?
Rédigé par : Eviv Bulgroz | mardi 10 mars 2009 à 11:48
La relation peut être la suivante : la bibliothèque - ou offre légale - a rendu inopérante la transmission pirate ou "photocopillage" de masse - de même que ne s'est point développée une numérisation massive d'oeuvres littéraires en vue de transmission pirate.
L'offre légale est simplement adéquate dans le cas du livre. L'industrie du divertissement pourrait s'en inspirer.
Rédigé par : VS | mardi 10 mars 2009 à 11:52
Supposons que par je ne sais quel moyen, le telechargement illegal soit rendu impossible.
En quoi cela relancerait-il les ventes de biens culturels ? Chez les ayants droits, personne ne semble vouloir comprendre qu'un téléchargement illégal n'annule pas nécessairement une vente, loin s'en faut.
Par ailleurs, si on me soupçonne de grand banditisme, trafic de drogue ou autres mefait(crime ou delit), les policiers devront demander à magistrat une autorisation pour écouter mes conversations téléphoniques. Pourquoi devrait-il en être autrement pour mon surveiller mon traffic internet, à plus forte raison pour un délit bien moins grave : de la contrefacon.
Rédigé par : nicolas | mardi 10 mars 2009 à 12:19
Hugues,
Petit j'avais pas l'argent pour m'acheter des CD à 100 balles, tout juste de quoi me payer une cassette audio à 50 balles.
je grapillais ce que je pouvais en enregistrant sur des cassettes qui n'étaient pas données elles aussi. Au final j'avais un son dégueulasse, et pire que tout, je suis resté pendant longtemps un inculte question musique.
Pour les livres j'avais un abonnement annuel dans une bibliothèque géniale qui me coutait 10 francs par an, pour la musique j'avais que dalle.
Alors quand j'ai pu téléchargé, je l'ai fait, et j'ai véritablement découvert la musique.
Tout ce que j'ai téléchargé je ne l'ai pas payé c'est vrai, mais dans le même temps je n'ai jamais autant acheté de cd et de dvd depuis que je télécharge.
En France le budget de la culture est inexistant, et Albanel a été la fossoyeuse de toutes les sortes de culture. Question musique le seul truc gratuit (et légal) c'est la fête de la musique. Super.
Rien n'a jamais été fait pour aider les artistes et aujourd'hui, sous couvert de vouloir les protéger de vilains pilleurs, ce sont les maisons de disques dont on prend la défense.
Les majors sont le cul planté sur leur chaise à pleurer qu'un système obsolète ne rapporte plus d'argent. Pendant des années, comme toutes les entreprises qui se cassent la gueule avec la crise, leur seul cheval de bataille était le profit. Les bénéfices n'ont jamais été injectés dans de l'investissement productif, mais seulement investis dans des hedge funds de merde qui leur rapportait du 50%/an qui était à nouveau réinvestis dans des HF de merde. Aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien et ça serait ma faute parce que je télécharge.
On parle de vole, quand je télécharge, mais qui vole t-on? C'est quand on vole le plus fort qu'on réalise qu'il y a un vol. Car pendant des années les majors ont véritablement volés les artistes sans que personne ne monte au créneau.
Quand radiohead a vendu son dernier album directement sur le net, sans intermédiare, à un prix fixé indépendamment par le téléchargeur, beaucoup se sont émus et beaucoup ont pointé du doigt les 20% qui avait donné 0. Au final le groupe a gagné plus d'argent sur la vente de cet album, que sur toutes les ventes cumulées de leurs anciens albums. Alors qui sont les voleurs?
Cette loi de merde passera, mais n'aura strictement aucun impact, parce qu'elle est déjà dépassée. Ce qui est triste, c'est qu'une fois de plus le problème est soulevé et qu'une fois de plus on apporte aucune solution intelligente. Aux maisons de disques, je dirai d'être créatifs, de maitriser les nouvelles technologies, de faire son boulot avec passion et de ne pas considérer l'argent comme la seule finalité. Si vous ne faites pas ça, vous produirez de plus en plus de merde, et vous creverez. A nos députés je dirai simplement de faire leur boulot avec un certaine éthique, sans plier face aux lobbys (et à l'argent). Aux artistes je dirai de s'affranchir des maisons de disques et je rappellerai qu'ils ont la chance de faire un boulot qui est une passion. Alors continuez à le faire avec passion et faites des concerts, les places ne se téléchargent pas.
Rédigé par : corbex | mardi 10 mars 2009 à 12:31
@Corbex
radiohead peut se permettre ça parce que ce sont des stars mondialement connues. Mais quid de l'inconnu qui veut se lancer aujourd'hui ? N'a-t-il pas besoin de l'un de ces "voleurs" pour investir quelques euros dans la production de ses oeuvres (ou de ses concerts) ?
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | mardi 10 mars 2009 à 13:36
Nicolas,
Il ne s'agit pas de le rendre impossible (ce qui est précisément... impossible) mais aussi indéfendable éthiquement que le vol dans les magasins. Partir sans payer d'une boutique ou d'un restaurant est toujours possible, mais la majorité des gens ne le fait pas.
Corbex,
"En France le budget de la culture est inexistant"
Surprenante remarque. Il existe donc des pays où les investissements publics dans la culture sont plus importants qu'en France ? Et rien n'a jamais été fait pour aider les artistes ? Je crois me souvenir qu'il existe un dispositif assez unique appelé "intermittence"...
Mais au-delà de tout ça, essaie d'appliquer le modèle du concert comme ressource au cinéma ? Comment font les acteurs et réalisateurs pour gagner leur vie : ils se mettent au théâtre ?
Rédigé par : Hugues | mardi 10 mars 2009 à 14:29
@Monsieur Prudhomme
allez, vu qu'on est dans l'analyse fine, doigt humecté pour sentir d'où vient le vent, j'ai quand même le sentiment qu'on est dans un monde où il est plus facile :
- de produire un oeuvre techniquement de qualité pour qqs millier d'euros.
- de la diffuser là, comme ça, massivement, tout de suite à la face entière du vaste Monde éblouie.
Bref, je ne vois pas en QUOI les nouveaux modes diffusions/reproductions/productions sont un désavantages pour les "petits" artistes face aux gros ?
Y a tellement d'offre de qualité, que, perso, je suis plutôt face à un pb de tri et d'identification face à cette profusion de talents (d'autant que je bosse plus pour gagner plus et que le temps me manque).
Mais c'est un pb autre, différent que celui que du p2p ou du libre.
Rédigé par : Eviv Bulgroz | mardi 10 mars 2009 à 16:24
"Mais au-delà de tout ça, essaie d'appliquer le modèle du concert comme ressource au cinéma ? Comment font les acteurs et réalisateurs pour gagner leur vie : ils se mettent au théâtre ?"
Ils n'ont qu'à faire ce que font très efficacement et depuis fort longtemps les américains : vendre des produits dérivés.
Ne me remerciez pas, hein !
Rédigé par : Passant | mardi 10 mars 2009 à 18:16
Passant,
Excellente idée, ça : un maillot de bain Vincent Lindon pour Welcome et des fausses fesses Bardot pour Le Mépris.
Rédigé par : Hugues | mardi 10 mars 2009 à 18:49
Concevoir des produits dérivés nécessite un peu plus de travail.
Et, tout d'abord, et ce ne sera vraiment pas rien, enseigner aux acteurs français à s'effacer derrière l'oeuvre et la mythologie qu'elle a pour mission de créer, car elle seule est susceptible de se décliner en produits dérivés originaux.
Par exemple, en ce qui concerne le dernier film dans lequel s'exprime l'artiste Vincent Lindon, il faut se baser sur l'univers conté : et, par exemple, envisager le jeu du clandestin (shoot'em up to UK sur PS/3, simulation de natation dans la Manche pour Wii Fit), la ligne de vêtement des héros (une ligne cinquantenaire Camif pour les fans du héros, un plagiat du style Dolce Gabbana made in China pour les spectateurs de banlieue éblouis par le petit clandesdin), un jeu de cartes à collectioner, et, sans doute, un opus de diatribes contre la politique migratoire de Sarkozy et des bonus DVD.
Mais bon, sans doute vaut-il mieux faire confiance à une agence de véritables professionnels : Luc Besson, ici aussi, aura sans doute quelques idées à suggérer... : et pourquoi pas une boisson énergétique ou des costumes de policier pour haloween ?
Rédigé par : Passant | mardi 10 mars 2009 à 19:18
Hugues, tu as raison!
Interdisons le piratage des oeuvres mainstream :)
Rédigé par : Moda | mardi 10 mars 2009 à 19:58
"Va pour contrefaçon si tu préfères mais, dans mon esprit, l’appropriation d’un bien appartenant à quelqu’un qui entend le vendre pour gagner sa vie, c’est bien du vol."
Ah ça, s'approprier un bien appartenant à autrui est bien du vol mais ce n'est pas ce que les pirates font. Ils copient le bien en question, ce qui est bien de la contrefaçon. Et si ça peut vous rassurer monsieur Serraf, la contrefaçon est plus sévèrement punie que le vol.
Mais ça fait tout de suite moins "pirates".
Je me permets de partager avec vous cet article intéressant : http://dinersroom.free.fr/index.php?2009/03/10/1072-et-si-la-loi-hadopi-ne-servait-a-rien , il y a fort à parier que cette loi n'ira pas très loin. Me peut être me trompè-je. C'est tout ce que je vous souhaite (et c'est probable)
Rédigé par : W. | mardi 10 mars 2009 à 23:54
J'attends avec impatience votre prochain billet sur cette loi HADOPI tapé depuis un cybercafé quand on vous aura coupé votre accès internet après deux messages d'avertissement envoyés à une adresse que vous n'utilisez pas sans aucune possibilité de recours ni aucun moyen de prouver votre bonne foi.
Je n'ai rien contre le fait de lutter contre les méchants pirates. J'ai en revanche un peu de mal à m'enthousiasmer pour un projet visant à donner à un robot le pouvoir de couper l'accès internet à des milliers d'internautes chaque jour sur la base de preuves discutables qu'il n'aura même pas besoin de présenter à qui que ce soit.
Rédigé par : Blimp | mercredi 11 mars 2009 à 09:57
je m'étonne au quotidien de la capacité de cette majorité à voter des inepties. A croire qu'aucun de ces fantastiques deputés-geek n'a voté la loi DAVDSI il y a quelques années et qui n'a servi à rien ? Cette superbe loi qui allait mettre les pirates au pas grâce à la technologie des DRM. Technologie abandonnée aussitôt par Apple car commercialement contre productive ...
sans commentaire sur la hauteur de vue de nos élus : 6 mois de discussions pour une loi morte née, il serait dommage de ne pas en faire une seconde dans la foulée ... car c'est le sujet le plus urgent de l'année
La seule question qui vaille aujourdhui : qui est prêt à injecter 50 euros par mois et par personne dans son foyer pour faire plaisir à Vivendi / Universal / Johnny / Nicolas.
Pourquoi 50 euros ? 1 place de ciné 10€+ 1 CD 15€ + 1 DVD 15€ + 1 livre 10€ soit 200€ / mois pour un couple avec 2 enfants.
Rappel : prix de fabrication d'un CD ou DVD : entre 0,2 et 0,5€
Rédigé par : Patman | jeudi 12 mars 2009 à 15:04
aymeric, fournisseur de liens, bonsoir : http://standblog.org/blog/post/2009/03/12/Mon-avis-(nuanc%C3%A9)-sur-Hadopi
Rédigé par : aymeric | vendredi 13 mars 2009 à 00:02
Une lecture intéressante sur le sujet: le point de vue d'un auteur américain (de livres de sf):
http://www.ericflint.net/index.php/2007/04/27/eric-flint-on-drm-and-copyright/
Rédigé par : L. | samedi 14 mars 2009 à 13:39
Si rien dans la loi HADOPI ne trouble la bonne conscience républicaine du centre de Hugues Serraf, alors c'est une bonne loi ?
Facile de s'en prendre à un épouvantail : bien entendu couper l'accès à un internaute n'est pas en soi du fascisme. Mais il y a la façon de le faire...
Et là, on ne peut que regretter que le législateur en soit réduit à recopier des amendements sortis tout droit des majors dépassées : flicage par les ayants-droits euxc mêmes, absence de la justice au profit du réglementaire, avertissement sans fondement, aucune possibilité de contester avant la coupure, etc.
Toujours aucun frémissement chez le grand républicain centriste ?
Rédigé par : YR | samedi 14 mars 2009 à 15:12
La répression -modérée- du téléchargement illégal ne me pose pas de problèmes.
En revanche, il y a quand même 2 points qui me font méchamment tiquer:
_L'expérimentation d'un filtrage sur le poste client synchronisé avec un serveur central. Autrement dit, l'installation d'un mouchard sur l'ordinateur du client.
_La création d'une liste blanche des sites autorisés me fait tiquer. Certes, ce ne sera que pour les accès internet "gratuits", mais on peut toujours craindre que ce sera étendu.
Pour le moment aucun des 2 points mentionnés plus haut n'est vraiment dangereux. Ils sont juste menaçants.
Le droit de la presse, autant que je sache, est basé sur le filtrage *a posteriori* (pour publier, il faut juste donner le nom du directeur de publication. Il peut y avoir des poursuites par la suite.). On oblige personne à avoir une caméra chez soi pour vérifier qu'il ne fait pas de photocopies de livres.
Rédigé par : jean | samedi 14 mars 2009 à 20:10
Je suis absolument contre la loi Hadopi.
Et ce pour plusieurs raisons.
Le libre accès gratuit aux œuvres musicales / cinématographiques sur internet a 2 effets principaux et contradictoires :
1 - il permet un accès gratuit à des œuvres payantes par les canaux habituels, ce qui semble - à priori si on se contente d'une analyse de 1er niveau - porter préjudice à leurs auteurs.
Ceci est le premier effet visible, mais en rester là et être incapable de réfléchir plus avant est pour le moins... négligeant, pour ne pas dire stupide.
2 - car ce libre accès a un effet beaucoup plus puissant : celui de permettre de démultiplier de manière phénoménale l'impact qu'ont ces œuvres sur la société entière et ceci à un coût extrêmement faible, si bien qu’à présent même la télévision (le média n°1) se met à suivre et diffuser les œuvres/informations qui ont eu du succès sur le net.
Après, cette publicité quasi gratuite dont bénéficient les œuvres vont avoir plusieurs conséquences, très différentes en fonction des acteurs de l’industrie « culturelle ».
Pour les auteurs et créateurs, cela représente une opportunité énorme :
- D’abord parce que cela va-leur donner accès à une clientèle qui n’aurait pas été atteinte autrement que par la gratuité sur internet. Pour « transformer » cette opportunité en réussite financière, des canaux existent déjà : concerts, ventes de disques (achetés pour leur personnalisation ou pour faire des cadeaux), de produits dérivés (affiches, tee-shirts, etc.). Mais d’autres canaux de distribution pourraient être à inventer (distribution sur internet à développer/enrichir).
- Ensuite, ce ne sont plus les majors qui auront le monopole de sélection des artistes, mais les internautes eux-mêmes. L’effet que cela va avoir, c’est de multiplier le nombre d’artistes disponibles, puisque pour un faible ticket d’entrée ceux-ci pourront tenter leur chance. Et puisque c’est pour un coût nul, les internautes seront facilement tentés de les essayer et les rendre célèbres ou non.
La gratuité sur internet est donc une opportunité énorme pour la création artistique, puisque cela va booster le nombre de créateurs et de créations.
Pour les majors, cela représente un danger formidable :
– Internet, c'est-à-dire des millions d’internautes, seront toujours plus efficaces que les majors pour sélectionner ce qui plaira aux gens à coup sur, seront capables de trier plus d’artistes qu’elles ne le pourront jamais, et seront capables de les faire connaitre beaucoup plus vite qu’elles et pour beaucoup moins cher. Certaines de leurs prérogatives – celles justement qui leurs permettent de se prétendre « agir pour la culture » - sont donc sérieusement mises à mal par la gratuité sur Internet, mille fois plus efficace qu’elles.
– Leurs profits, faramineux, sont basés sur 2 vols manifestes : le vol des créateurs et le vol de leurs clients. Je parle de vols, car lorsqu’on atteint un prix représentant 30 fois le coût réel d’un produit, et ce en échange d’une prestation (pour les artistes) inférieure à ce que peut faire Internet quasi gratuitement, on dépasse ce qui est acceptable longtemps pour les clients d’une entreprise. En effet,
- les créateurs ne gagnent qu’un pourcentage très faible de leurs œuvres, peut-être autour de 5% (selon les contrats).
- le coût de création des supports CD/DVD a diminué drastiquement et ne justifie en rien les prix pratiqués,
- le coût de la recherche de nouveaux talents et de la production a lui-même énormément diminué, grâce à Internet et aux nouvelles technologies numériques.
- sans parler des œuvres tombées dans le domaine public, très nombreuses, dont les prix restent élevés, et qui ne coutent rien d’autre aux majors que le prix d’un CD et de leur pochette (c’est du cash rien à redistribuer aux auteurs !).
Pour faire le bilan, pour les principaux acteurs des côtés positifs/négatifs de l’accès actuel gratuit des œuvres sur Internet :
- pour les auteurs/créateurs et interprètes, de nombreux exemples illustrent le côté positif de l’effet publicitaire (en passant par le film à la fois le plus téléchargé et le plus vu au cinéma « Bienvenue chez les chtis », ou l’émergence d’artistes issus du net), au moins aussi puissant que celui du méfait apparent de la copie. Mais à cela, va s’ajouter un autre effet qui n’a pas encore vu le jour : le rééquilibrage à leur profit du partage des profits de ventes de leurs œuvres. Lorsque cela aura lieu, nul doute que les auteurs/créateurs gagneront dans le nouveau système.
- pour les clients, le prix des CD/DVD va lui-aussi pouvoir être baissé, car il deviendra de plus en plus difficile de justifier un tel écart entre le prix d’un CD/DVD et la gratuité sur Internet (moi je verrais le prix « naturel » d’un CD autour de 5 euros, à ce prix là no problème j’achète. Au delà de 10 euros c’est du vol, j’en veux pas de leurs CD).
- pour les majors, là c’est très mauvais. Ils sont les seuls à avoir vraiment intérêt à se battre coûte que coûte contre l’expansion de la musique sur Internet, car ils perdent clairement sur toute la ligne.
Leur travail consiste donc à utiliser leurs artistes, qui ignorent que c’est contre leur propre intérêt, pour qu’ils se chargent de leur communication en leur présentant l’analyse ultra simplissime de 1er niveau : « Répète après moi : le téléchargement c’est mal, c’est du vol, c’est pas bien ! » Et bien sur, ceux qui… réfléchissent le moins répètent gentiment.
Mais cela est évidemment en pure perte. Le paysage économique a vu de nombreuses transformations au fur et à mesure des évolutions techniques. Quand l’automobile est apparue, les diligences ainsi que de nombreuses professions équines ont disparu, simplement parce qu’on a pu réaliser leurs prestations mieux et pour moins cher. A présent que l’internet est apparu, c’est au tour des majors telles qu’elles existent aujourd’hui de disparaitre, car les prestations qu’elles fournissent peuvent être réalisées mieux et pour moins cher.
Rédigé par : jaggy | mardi 17 mars 2009 à 08:33