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samedi 21 février 2009

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Voici les sites qui parlent de La fête est finie (but it was fun while it lasted) :

Commentaires

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Vous appelez ça une "fête"? Vous en avez de bonnes. Moi j'appellerai plutôt ça un immense gâchis. Comme disait le Monolecte un jour dans un article à propos des USA, un gigantesque banquet où organisateurs et participants se sont goinfré plus qu' à celui de Trimalchion pourtant passé dans la légende, ne laissant que des restes moisis et pourrissants que se disputent les rats en quittant le navire.

Je préfère ne plus retourner en Angleterre, je serai bien trop triste et déçue en pensant au pays que j'aimais tant dans les années 70. Une autre époque, une autre ère, la médecine était entièrement gratuite, par exemple, c'est dire si je parle d'un temps révolu.

The saying "there ain't no such thing as a free lunch" refers to this custom, meaning that things which appear to be free are always paid for in some way. Et sans vouloir me vanter je pense que ça doit pouvoir s'appliquer au cas de la médecine anglaise gratuite d'autrefois.

Fô voir. L'intensité de la gueule de bois va-t-elle suffire à leur faire regretter que la fête ait jamais eu lieu ? Si oui, ils finiront peut-être par envier les voisins du Sud, même s'ils sont un peu bonnet de nuit sur les bords.

On ne le saura quand le gros de la tempête sera passée. S'ils redécollent plus vite et plus fort que nous, alors dans 15 ans on dira peut-être que l'ère Blair-Brown n'était pas si imprudente que ça. Pour l'instant, c'est difficile à pronostiquer.

Bof.

Londres reste la seconde zone urbaine la plus riche d'Europe. Il me faudra encore un peu de temps pour parvenir à les plaindre (ainsi que les happy shoppers en eurostar)

Après avoir affamé leurs concitoyens européens pendant des années, hé bien, ces braves gens n'auront qu'à aller chercher un emploi.

"débarquer de Paris à Londres donnait jusqu'à présent l'impression d'avoir ouvert la fenêtre d'une pièce sentant le renfermé, d'être arrivé sur une planète où l'on change de job comme de chemise, d'avoir été transporté dans un monde d'optimisme et de confiance en l'avenir, l'ambiance locale est désormais au millénarisme médiéval."

Traduire : le blairisme s'est écroulé sur lui-même et ses troubadours sont tout dépités par ce retour à la réalité. Rhalala, sale temps pour les libéraux "de gôche", hein.

Un système qui ne fonctionne que 15 ans n'est pas un bon système.

Tous ces commentaires qui nous disent que nous avons eu raison rester à la ramasse, ces commentaires qui soutiennent qu'il vaut mieux rester à plat ventre parce qu'on finit par retomber quand on saute, ces commentaires où transpirent le mépris des autres et l'envie de faire comme eux, ces commentaires donc sont un formidable contrepoint à l'article.

Floreal,
Jusqu'à nouvel ordre, la médecine est toujours gratuite en Grande-Bretagne. Mais si vous êtes nostalgique d'un retour au années 70, lorsque le chômage était trois fois plus élevé et que le pays croulait sous les déficits au point d'en être à demander l'aide du FMI comme en 76, vous serez peut-être bientôt satisfaite. Les Britanniques, eux, auront plus de mal à s'en féliciter.

Monsieur Prudhomme,
Il ne faut tout de même pas tout mélanger. Ce n'est pas la médecine socialisée et le Welfare State qui ont amené la crise financière.

Gwynfrid
Oui, il faut attendre. Mais le plus dramatique, c'est la régression théorique que la faillite de l'expérience blairiste peut produire sur la gauche, là-bas comme ici.


Passant,
En Grande-Bretagne, il n'y a pas que des Londoniens. Et à Londres, il n'y a pas que des types qui bossent à la City.

CSP,
La « réalité », c'est donc l'enfer français que tu décris tous les matins ? C'est bien ça ?

All,
Non. Assurément. Mais la crise est passée par là et elle secoue tout le monde même si elle fait plus de dégâts dans les pays où la finance représente une part plus importante de l'activité. Comme dit Gwynfrid plus haut, attendons de voir qui en sort le plus vite. Et comme dit Warren Buffet, c'est quand la mer se retire qu'on voit qui se baignait à poil.


Hektor,
On aurait certainement eu raison de rester à la ramasse si nous n'avions pas, ici même, un système et des structures qui fonctionnaient suffisamment bien pour que Besancenot ne nous propose pas de les remplacer par un peu de chavisme. Il faudrait savoir, si les Anglais et le blairisme c'est l'enfer, sommes-nous le paradis pour ne pas les avoir accompagnés ?

"le plus dramatique, c'est la régression théorique que la faillite de l'expérience blairiste peut produire sur la gauche"

POur Hugues Serraf, le blairisme, c'était le "progrès". Antienne habituel des libéraux en peau de lapin qui se disent de gauche en ayant que des idées de droite. Banal. Ensuite, on voir fleurir en ce moment bien des témoignages angoissés sur le ouèb de braves gens qui ont le trouille que la gauche puisse redevenir...de gauche. Je suppose donc que ce billet, si lamentable soit-il, est paradoxalement bon signe.

Je me demande, Hugues... si vous aimez tant l'Angleterre, pourquoi ne pas y avoir déménagé ?

Moi, j'y vis en Angleterre, mais pas à Londres, certes. Le développement anglais alimenté par le consumérisme forcené, j'en ai vu les derniers feux d'artifices, et la chute.

Mais je me demande...
Pourquoi tant d'anglais veulent ils partir de Blighty, et ce depuis longtemps ? Les jeunes en NZ ou Australie, les vieux en Espagne ou en France ? Le soleil, je veux bien, mais la Normandie ??

Je ne vais pas déblatérer sur l'envers de la médaille, les inégalités énormes, la pauvreté infantile, la manie de la surveillance, la société de classe toujours présente malgré les apparences (plus discrète, toujours aussi pesante).

Se torcher avec le "modèle français" aussi bancal soit il en vantant aveuglément celui outre-manche, c'est trop facile. Ce genre de posture est finalement très franchouillarde.

CSP,
Oui, encore un signal annonçant la proximité du Grand Soir. Aiguise donc la guillotine.


SPF,
Je ne te ferai pas l'injure de répliquer que, si tu détestes l'Angleterre, tu peux toujours la quitter mais je trouve absurde ces arguments qui n'autorisent pas à critiquer le pays dans lequel on a choisi de vivre et qui incitent à rejoindre celui dont on dit parfois du bien.

J'ai vécu en Grande-Bretagne, à Londres et à Manchester. Je m'y suis même marié et je considère ce pays comme ma deuxième maison. J'y vais aussi souvent que possible, pour le boulot ou en vacances. Je ne vais donc pas me priver de faire des comparaisons parce que ça risque de m'attirer des "aimez-là ou quittez-là". D'autant plus que les plus mécontents de la manière dont la France fonctionne ne sont pas les libéraux dans mon genre mais plutôt les trotskistes non-reconstruits comme CSP qui rêvent de faire du passé table rase -- comme on dit en ces temps de procès des camarades de Pol Pot.

Maintenant, si des jeunes Anglais quittent l'Angleterre pour les deux pays que tu cites, ce n'est certainement pas pour échapper au libéralisme. La Nouvelle-Zélande est un cas d'école en matière de déréglementation et de démantèlement du Welfare State et l'Australie est le prototype du développement fondé sur la mondialisation.

Quant aux vieux qui s'installent en Normandie ou en Dordogne, ils sont généralement à la recherche de leur passé, considérant que la France rurale d'aujourd'hui ressemble à l'Angleterre rurale d'hier en moins cher. Ce n'est pas notre dynamisme qui les attire, mais la lecture de Bonjour Provence de Peter Mayle, la proximité d'une liaison EasyJet et les longères pittoresques au prix d'un deux pièces à Birmingham. Mais qu'importe, ils sont les bienvenus.

Maintenant, je suis tout à fait d'accord pour reconnaître un tas de mérites à notre propre système. Je ne veux d'ailleurs pas en changer mais l'améliorer, le rendre plus efficace et certainement pas moins solidaire. Et je n'ai pas beaucoup de sympathie non plus pour le flicage à la l'anglaise, les caméras, les neighbourhood watch, etc.

Je constate seulement qu'une expérience social-libérale a été entreprise, qu'elle a été une réussite dans certains domaines (services publics, emploi, croissance, réduction de la pauvreté...), un échec dans d'autres (inégalités, environnement, international...) mais qu'il serait idiot d'en déduire que ce dont le monde a besoin, c'est de se débarrasser de l'économie de marché. Si une Grande-Bretagne terrassée se remet à ressembler à une France morose au plan économique, ce n'est pas un progrès. Et si ce n'était qu'un feu de paille, je le répète, c'était au moins un bel intermède festif que nous n'avons malheureusement pas partagé.

C'était un intermède festif ou bien un shoot d'héroïne ?
C'était un vrai système qui tient la route mais cafouille un peu, ou bien une illusion dès le départ ?
Faut-il s'inscrire pour la prochaine livraison chez le dealer ou faut-il chercher d'autres chemins ?

je reviens de Bristol. Les restaurants et les hotels étaient pleins. Les prix (tous commerces, sauf bazars)sont plus élevés qu'en France. Bref je n'ai pas vu la crise. Mais c'est vrai que c'est la province... (un peu comme dans les stations de ski ces jours-ci)

Pas du tout d'accord avec votre "bilan de l'expérience social-libérale" ; pour reprendre vos termes, je constate seulement que pour les services publics et la réduction de la pauvreté le Blairisme a malheureusement échoué. Je me permets de rappeler que sans la rente pétrolière le "miracle" anglais n'aurait jamais existé. Bien sûr c'est plus commode de mettre ça sur le compte d'une gestion supposée plus "moderne" et moins "sclérosée" que chez nous. Même sans remettre en cause l'économie de marché (votre dialectique se ramène souvent à "c'est ça ou bien les trotskystes"), on a le droit de penser que la politique menée en Angleterre a été pour le moins contrastée. L'explosion des inégalités, pour ne prendre que cet exemple, est assez effrayante.

Je trouve malsain que certains se réjouissent que le Royaume-Uni partage l'infortune des pays touchés par la crise économique.
Il s'en dégage des relents d'anglophobie pour les uns ou d'envie teintée de cynisme pour les autres.

Je vis moi-même au Royaume-Uni (mais pas à Londres). La crise est certes présente mais pour ceux qui ne sont pas touchés par un licenciement, plus difficilement perceptible.

Je n'irai ni conspuer le modèle français ni louer le modèle anglo-saxon, chacun connaissant des défauts et avantages.
Peut-être que la solution se trouve dans un juste milieu?

Je ne peux qu'être choqué que certains colportent des clichés éculés sur la "Perfide Albion" notamment sur son système social.

Je prendrais mon exemple quant à cette prétendue médecine "payante".

Ma compagne devait faire un test sanguin avant une date fixe et ne pouvait revenir en France avant ladite date.

Après avoir contacté la Sécurité Sociale française (elle est toujours couverte), celle-ci répond que son acte sera remboursé en France sur la base des tarifs français.

Or, après moults contacts, il est tout bonnement impossible de "payer" cet acte en Angleterre. Il nous a donc fallu l'inscrire auprès du GP (médecin généraliste) local et donc du NHS (Sécurité Sociale anglaise), qui ne demande qu'un court formulaire.
5 jours après, rendez-vous fixé avec le GP qui procède au prélèvement sanguin et l'envoie au laboratoire le plus proche.
5 jours plus tard, les résultats nous sont parvenus par courrier.

Aucun sou n'a été déboursé du début à la fin.
Je précise que ma compagne est toujours lié par un contrat de travail français, demeure en France (plus pour longtemps), et couverte par la Sécurité Sociale française.

D'autres actes de spécialiste (optique et dentiste) sont en revanche totalement payants sauf pour les enfants.

La médecine générale et l'hospitalisation sont totalement gratuits.

Je voulais juste rectifier ce cliché qui démontre par ailleurs que cet acharnement franco-français contre le modèle anglo-saxon relève plus du domaine du fantasme collectif que d'une réalité susbtantielle.

Ne nous trompons pas d'ennemi. L'ennemi, c'est un système économique global qui méprise de plus en plus l'Homme.

Malheureusement, ce phénomène est bien partagé par l'ensemble des pays développés.

Force est de constater que certains comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni sont moins armés contre les dérives d'un tel système.

Rudolf:

La France possède des atouts qui pourraient très facilement la mettre devant le Royaume-Uni en termes de succès économique. (Une industrie beaucoup plus importante, une grande distribution extrêmement développée, un patrimoine et un attrait touristique indéniable etc... lorsque l'Angleterre est beaucoup plus "tertiarisée")

Pour autant, force est de constater que ce n'est pas le cas.

Personnellement, j'ai bien peur que cela soit structurel et profond et notamment du à:
1. Une culture de l'affrontement et une défiance affichée entre employés et employeurs (en général)
2. Une ultra-bureaucratie rendant la pression fiscale absolument sans rapport avec la qualité des services publics
3. Une classe politique proche du népotisme et ne servant que ses propres intérêts, renforcée par une presse bien trop révérencieuse.

Et pourtant, je rêve que la France sache lever ces verrous.

Cessons de multiplier administrations, interlocuteurs, formulaires, impôts, services en doublons, mesurettes à gauche et à droite, réformes en réaction aux faits divers...

Commençons par rationnaliser l'existant, ce serait un énorme pas vers un rayonnement international de premier plan.

Bien sûr, quand c'est libéral les évolutions sont plus violentes, à la hausse comme à la baisse. Pour comparer les deux modèles, il faut regarder à l'issue d'un cycle complet croissance-crise.

Pour le moment, quand on compare les positions respectives de la France et du UK il y a 30 ans et aujourd'hui, il est difficile de conclure que les Britanniques ont fait le mauvais choix. Et comme le dit Hugues, même s'ils retombent au même point in fine, les Anglais auront vécu une période faste et pas nous.

Les Français ont du mal à imaginer le plein emploi. Ca a été une réalité durable au UK. Pendant des décennies, chaque Anglais, aussi pauvre et peu qualifié soit il, savait qu'il trouverait facilement un emploi. OK, un emploi difficile et mal payé. Mais il faut n'avoir jamais été au chômage et manquer cruellement d'empathie pour ignorer une distiction aussi importante en termes de dignité, confiance en soi, espoir.

Ah, et si les Anglais ont la rente pétrolière, nous avons la rente touristique.

Tout à fait d'accord avec ce post, je discutais récemment avec un copain socialiste qui mettait en avant cette idée que la France résiste mieux à la crise grace à son modèle "personnalisé". J’ai été le premier à reconnaitre que nous avons certains atouts, mais si il y a à mon sens plusieurs leviers d’efficience à actionner, notamment pour que le coût de l’Etat et des services publics associés grève moins d’argent aux citoyens.

Je pense que cette crise est l'occasion de repenser certaines logiques, pas pour les abandoner mais pour les améliorer, car il serait stupide de jeter le bébé avec l'eau du bain. Pour ma part je pense que les pistes s’orientent vers plus de transparence et de responsabilisation, avec davantage de libertés encore. Ainsi, si une crise des subprimes doit se reproduire, qu'elle ne fait sauter que les "stakeholders" directs et non pas toute l'économie par contagion réelle, non avouée ou supposée.

Enfin je partage totalement l'idée de Hugues, comment se glorifier de ne pas subir la décélération, alors que nous avons loupé de si belles pentes d'accélération pendant de si nombreuses années. Les solutions sont du côté des progressistes, pas de ceux qui revendiquent l'immobilisme, le "c'était mieux avant" ou encore le chauvisnisme...

Mais il est vrai que ce monde est d’une grande complexité, il est donc tentant pour les simplificateurs de toute sorte et avec toute sorte de motivations, d’opérer des OPA intellectuelles sur la « meute », fragilisée car abreuvée par la presse de ce mot "la crise" et d’annonces de fin imminente, sans aucune autre forme d’explication.

COMBIEN D ARGENT PUBLIC SARKOZY A T IL DETOURNE DEPUIS LE DEBUT DE SON MANDAT POUR SERVIR SON INTERET PERSONNEL ? En ce qui me concerne, lynchage, plagiat...etc En période de crise, voilà une question politique intéressante à débattre, avec du courage et de l'indépendance ?

Si l'Angleterre était un enfer, je serais déjà parti. Surtout que dans mon cas, ça a été un choix, pas une semi-obligation pour cause de chômage ou d'emploi mal qualifié.

Mais je rejoints plus ou moins Nemo dans son opinion.
Ce qui m'écoeure, c'est de voir où sont partis les fruits de cette belle croissance. Il faut voir les grandes villes du centre et du nord (oui, Hugues, j'habite dans une de celle-ci): le tant vanté redéveloppement urbain se limite à des centres commerciaux, encore plus d'immeubles de bureaux et des condos flambant neufs mais chers et de piètre qualité. Et les transports publics ? Et le logement collectif abordables et vivables pour résoudre l'étalement urbain endémique de ce tout petit pays (en taille) ? Et la culture, le social ? Tout simplement rendre ces villes agréables et non pas toujours aussi déprimantes ?

J'ai bien conscience de l'état de déliquescence des années 70 et les progrès faits. En particulier le train (!): je commence a avoir du mal à défendre la SNCF, maintenant...

Les français ont probablement trop tendance à se tourner vers l'état et le collectif, mais j'ai l'impression que les anglais souffrent du mal inverse. Donner aux charities est généreux, mais peut être un peu limite pour avancer ensemble.

Je ne me réjouis pas du tout de l'effondrement anglais, je déplore surtout les occasions manquées dilapidées en gadgets colorés.
Et il va falloir aussi se coltiner les restes de la fête: tissu urbain massacré, immeubles clinquants et hostiles mal construits pas sustainable du tout (et là pour 30 ans au moins), tissu commercial écrasé par quelques grandes chaînes (clone town).
Et pour faire l'idéaliste passéiste: le culte de la célébrité,la perte de la valeur des choses (le poulet entier à 2£ ?), la course au pognon comme finalité.

Tous les pays ont soufferts de la même fièvre. Mais Angleterre, plus que la France.

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