Le PS ferait bien de remplacer le Brestois Benoît Hamon par le Quimpérois Bernard Poignant au poste de porte-parole. Ça pourrait nous éviter de repasser par la case Trinité-sur-Mer.
L'incapacité des médias (et des politiques) à décrire l'insondable crétinerie du programme du Front National est longtemps restée le meilleur atout du mouvement d'extrême-droite. Il aurait pourtant suffit, lorsque Le Pen était l'invité d’un JT, de se concentrer sur ses propositions sociales, économiques ou institutionnelles pour que même les anciens de l'OAS reconvertis dans l’épicerie finissent par s’en détourner.
Sans entrer dans le détail (sic) du mix de dirigisme étatique et de libéralisme mal régurgité qui lui sert de plateforme, contentons-nous de rappeler que le FN entend stimuler la natalité chez les Français « de souche » en multipliant leur droit de vote par leur nombre d’enfants du même sexe. Ainsi, si vous vous appelez Jean Dupont et que vous avez deux fistons mineurs, vous serez en mesure de voter trois fois pour permettre au borgne de s’installer à l’Elysée. De même, si votre nom est Jeanne Durand et que vous avez trois filles, ce sont quatre bulletins BBR que vous pourrez glisser dans l’urne. C’est absurde, c’est même complètement con, mais ça s’appelle le « suffrage universel intégral » en jargon néo-pétainiste.
Las, les PPDA et autres leaders politiques mainstream ont toujours préféré se concentrer sur le racisme de Le Pen, comme si enfoncer une telle porte ouverte avait la moindre chance de lui aliéner les beaufs, les salauds ou les désespérés qui lui servent de base électorale. D’où un succès de plus de vingt ans — succès ayant tout de même culminé sur une qualification au second tour de la présidentielle de 2002 augmentée du renvoi à ses chères études du premier ministre le plus efficace depuis… euh… disons le plus efficace depuis bien longtemps.
Maintenant que le lepénisme est passé de mode, et que c’est le populisme d’extrême-gauche qui a le vent en poupe, faut-il rejouer cette comédie en se concentrant sur le discours de façade du NPA et d’Olivier Besancenot ? Car là où Le Pen fondait l’essentiel de son sex-appeal sur sa xénophobie, prenant bien garde à ne pas développer trop ouvertement son projet cauchemardesque pour la société, le facteur promeut l’utopie égalitaire et la gentillesse généreuse sans s’appesantir sur les préalables indispensables à la réouverture du jardin d’Eden. Ok, l’ultra-méchanceté de l’un n’est pas directement assimilable à l’ultra-gentillesse de l’autre, mais leurs référents historiques respectifs nous enseignent que c’est le préfixe ultra qui compte vraiment.
La tribune publiée lundi sur Rue89 par Bernard Poignant, député-maire socialiste de Quimper, sur la nature véritable du projet néo-trotskiste est donc une initiative dont on aimerait qu’elle ne reste pas isolée. Oui, le programme du NPA est tout simplement la traduction à peine dépoussiérée des expériences communistes du passé. Non, le parallèle avec l'Albanie d'Enver Hodja n'est pas farfelu, même si c'est pour le président à vie du Vénézuéla que l'état-major besancenotiste en pince pour de bon. Ben quoi, la fin de l'économie de marché, les nationalisations industrielles massives, la sortie de l’Union européenne et la disparition de cette arnaque bourgeoise qu’est le Parlement, c'est clairement « anticapitaliste » mais est-ce vraiment si « nouveau » ? Poignant met les pieds dans le plat et ça nous change des minauderies de Benoît Hamon, dont on sait qu'il est « prêt à travailler » avec Besancenot si ce dernier surmonte son dégoût pour les social-traîtres de la rue de Solferino — fussent-ils assez radicaux pour trouver que Sarkozy est un vilain garçon (et bling-bling, par-dessus le marché).
A quelques mois des élections européennes, le fameux statut de « gauche de gouvernement » risque pourtant d'être desservi par cet intérêt pour une éventuelle collectivisation des biens de production. D'où cette idée de confier la parole officielle du PS à un Poignant plutôt qu'à un Hamon. La Bretagne n'y perdrait rien, échangeant un Brestois contre un Quimpérois. Le pays tout entier, lui y gagnerait de ne pas repasser par la case Trinité-sur-Mer version cool et sympathique.
Kenavo à tous !
© Commentaires & vaticinations
Le billet de Bernard Poignant est plutôt pathétique, non ? Il faut croire qu'il a été désigné comme le lampiste qui, n'ayant pas grand-chose à perdre, a été désigné pour torpiller ce NPA qui semble faire si peur (à tort ou à raison) à la "gauche de gouvernement" (comprendre : "la gauche qui est attachée au pouvoir plus qu'à toute autre considération").
N'écoutant que leur courage coutumier, les caciques du PS se tiennent en embuscade et observent comment se comporte leur ballon-sonde : s'il rencontre quelque écho, ils vont tous faire de l'anti-NPA leur principal argument de campagne (voyez comme ces gens-là sont pétris d'idées et de convictions !); si cela échoue, le brave te bon maire de Qimper sera seul à en faire les frais. Où sont les Ségolène, Delanoë, Strauss-Kahn, Fabius et consorts ? Prudents, ils ne voudraient pas prendre le risque de compromettre — déjà et encore — leurs chances pour la prochaine présidentielle (puisque ces gens ne conçoivent pas que l'engagement politique puisse avoir d'autre calendrier que celui-là).
Là où votre comparaison avec le traitement politico-médiatique de Lepen est pertinent, Hugues, c'est en ce qui concerne l'outrance des attaques. Hier, Lepen était assimilé à Hitler, et aujourd'hui Besancenot c'est Staline. J'exagère ?
C'est pourtant Poignant qui le dit dans le texte :
"un militant trotskiste qui rejette la social-démocratie est infidèle à Léon Trotski et devient vite un stalinien".
En d'autres termes, un militant de gauche qui ne fait pas allégeance au PS est un dictateur sanguinaire ! Il fallait l'oser, Poignant l'a fait.
Dans une inversion assez magnifique (je donne 10/10 pour la figure du salto arrière), Poignant affirme que Besancenot "ne veut l’union qu’avec ceux qui pensent comme lui et l’alliance qu’avec ceux qui se soumettent. Le parti unique suivrait de près la pensée unique."
Non, non, ce n'est la stratégie du PS (pas du tout) que Poignant décrit là, mais bien les pulsions autoritaires et, pour tout dire, violentes du Pol-Pot qui se dissimule (mal) derrière l'uniforme du facteur.
Et puis, en terme d'union et de sacrifice des ambitions personnelles, c'est assez savoureux de voir les éléphants du PS faire la leçon à un militant à qui on peut tout reprocher sauf l'enrichissement personnel. C'est bien agaçant, mais c'est ainsi. À moins que proposer un comparatif entre le patrimoine de Besancenot, Laguiller ou Krivine d'un côté, et Dray, Strauss-Kahn, Royal, Fabius, etc. de l'autre, relève d'un populisme qui flirte avec l'extrême-droite ?
En fait de "parti unique" (pour reprendre l'expression cocasse de Bernard Poignant), j'ai franchement le sentiment que c'est le PS qui se fantasme en seul représentant possible (digne, réaliste, responsable, acceptable) de toute la gauche. Le PC et autres verts sont tolérés tant qu'ils promettent de rentrer dans le rang pour porter au pouvoir un président PS, mais gare aux insolents qui refusent cette soumission voulue comme naturelle, saine et inéluctable.
Finalement, les accointances entre PS et UMP apparaissent sur ce point comme sur d'autres. Et c'est ici qu'il faut pousser votre comparaison Lepen / Besancenot un poil plus loin, Hugues. La comparaison des programmes et d'une supposée démagogie qui leur serait commune est moins pertinente que de souligner l'utilisation — pour le coup effectivement démagogique, elle — qu'en font leurs adversaires dans une optique stratégique.
En clair, Nicolas Sarkozy gonfle actuellement la pseudo-"menace" de Besancenot, exactement comme François Mitterrand avait favorisé l'émergence de Jean-Marie Lepen pour diviser la droite (division que seul Sarkozy s'est montré capable de résorber). Nul besoin d'être grand clerc pour comprendre qu'un parti émergent qui risque d'éparpiller l'opposition et de la plonger dans les luttes intestines, est du pain béni pour le parti au pouvoir.
Si bien, que le brave soldat Poignant (qui porte bien son nom), pensant faire rempart de son corps pour empêcher la sovkhozisation imminente de la France (que ne montre-t-il pas la même conviction pour, ne serait-ce que freiner sa "libéralisation" au pas de charge !) joue en fait les idiots utiles du sarkozysme. Je mentirais en disant que j'en suis surpris.
Rédigé par : Antoine Block | mardi 24 février 2009 à 19:06
AAAAAAAAAAAHHHHHH !!! MA ! GNI ! FI ! QUE ! Génial ! Merci pour cette tribune désopilante, c'est un vrai cadeau ! Zou, un billet dans la foulée, arf arf arf. Rhalala, que je t'ai mal jugé, mon bon Hugues : au fond, t'es un vrai rigolo, en fait.
Rédigé par : CSP | mardi 24 février 2009 à 19:12
Antoine Block,
Le Pen n'est pas plus Hitler que Besancenot n'est Staline (encore que : tout n'est jamais qu'une histoire de circonstances : l'un aurait pu devenir peintre, l'autre prêtre). Mais je les vois comme deux démagogues assez cousins, dont l'attractivité ne recouvre évidemment pas les mêmes valeurs morales et politiques.
Dans les deux cas, et à l'exception d'une très faible minorité, ni leurs électeurs ni leurs même leurs militants n'imaginent qu'ils puissent arriver au pouvoir et, fort probablement, n'en seraient pas très heureux.
Mais mon problème spécifique avec Besancenot, et je l'ai déjà expliqué plusieurs fois ici, c'est son rôle d'allié objectif de la droite en période électorale et, puisque tu remarques toi-même la symétrie avec l'utilisation que Mitterrand faisait du FN, conviens que ce n'est pas le PS qui en fait aujourd'hui la promotion.
Mais non seulement l'émiettement des voix de gauche est un problème pratique, mais c'est aussi un frein à l'émancipation social-démocratique dont le PS a besoin (du moins, dans le PS a besoin selon moi). On ne peut pas contester que le credo du NPA soit, effectivement, le refus de l'économie de marché et la mise en place de structures économiques, politiques et institutionnelles qui ressemblent à ce qui a été tenté ailleurs avec les drames que l'on sait même s'il prétend être celui qui, pour une fois, ne pervertira pas le modèle théorique. Je ne pense pas que le risque existe qu'il parvienne à ses fins, mais je crois qu'il représente une vraie incitation à la paresse intellectuelle, au refus de l'expérience historique et au déni de réalité.
Poignant ne dit finalement pas autre chose, non ?
CSP,
Ma foi, c'est un véritable orgasme. Je te suggère d'imprimer cette note, de la mettre dans ton petit portefeuille et de la relire à l'occasion, lorsque tu es triste ou agacé parce que les nouveaux adhérents bisounours ne comprennent pas qu'il faut égorger tous les membres de la fausse gauche déviationniste.
Rédigé par : Hugues | mardi 24 février 2009 à 21:11
"du premier ministre le plus efficace depuis… euh… disons le plus efficace depuis bien longtemps."
Celui qui a manoeuvré a contre courant economique (les 35 h) en pleine periode d'expansion mondiale ?
"Efficace" ca veut dire quoi ?
Rédigé par : Renaud | mardi 24 février 2009 à 21:46
C'est pas parce que le NPA est très mauvais que ça change quoi que ce soit au fait que le PS est absolument nul.
Tu peux rassurer Poignant: je ne voterai pas NPA. Mais tu peux aussi l'envoyer se faire voir: je ne voterai pas non plus pour cette association de malfaiteurs carriéristes, droitiers et intégralement inefficaces qu'est le PS.
La gauche démocratique reste à inventer. Point de départ: faut la faire sans Besancenot, sans Strauss-Kahn, sans Hollande, sans Ségolène.
Rédigé par : Poil de lama | mardi 24 février 2009 à 22:00
Bien bien : de la part d'un splendide apparatchick cumulard maire / président du groupe socialiste au parlement européen, une telle tribune est du pain béni.
Surtout, je suppose, qu'il va vouloir faire campagne sur son bilan pour les européennes ?
Rédigé par : Passant | mardi 24 février 2009 à 22:03
@Hugues
Alain Badiou répond à ceux qui rappellent les tristes expériences communistes passées et présentes que ce n'est pas parce que ça a toujours échoué que ça échouera toujours dans le futur. Et c'est un argument difficile à réfuter (d'ailleurs je ne m'y essaye pas).
@Passant
ce serait plus élégant de répondre sur le fond que de lancer des attaques ad hominem.
@ Poil de Lama
"La gauche démocratique reste à inventer" : c'est un des problème de la gauche elle veut être vraiment à gauche et authentiquement démocratique, mais gagner les élections ce n'est pas assez noble pour elle.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | mardi 24 février 2009 à 23:57
@Hugues :
- "ni leurs électeurs ni leurs même leurs militants n'imaginent qu'ils puissent arriver au pouvoir et, fort probablement, n'en seraient pas très heureux."
Ce tropisme peut venir de l'abîme (réel ou ressenti) qui sépare la politique gestionnaire soc-dem (de gauche ou de droite) et un véritable engagement à gauche (ou à droite). Bref, il y a un espace suffisamment large entre le PS et le NPA pour que l'on puisse souhaiter un infléchissement du premeir en direction du second, sans pourtant croire ou espérer l'élection de Besancenot.
- "conviens que ce n'est pas le PS qui en fait aujourd'hui la promotion."
Mais si, justement ! Au lieu de jouer la carte du pluralisme (si ce n'est de la gauche plurielle) et de l'union dans la défense de la grande famille de gauche (même s'il s'agit de membres irréconciliables de cette famille), le PS joue la diabolisation, et donne au NPA une importance qu'il n'a pas, ce qui correspond exactement à la stratégie de Sarkozy. En disant que Besancenot est Staline et en jouant sur les peurs, c'est quelqu'un comme Bernard Poignant qui se fait l'"allié objectif" de la droite.
- "Mais non seulement l'émiettement des voix de gauche est un problème pratique, mais c'est aussi un frein à l'émancipation social-démocratique dont le PS a besoin (du moins, dans le PS a besoin selon moi)"
Vous concevrez que l'on puisse ne pas partager ce point de vue. Je ne vois pas bien quelle "émancipation" le PS peut encore accomplir sans rejoindre officiellement l'UMP.
Je ne vois pas bien comment aller plus loin après la proposition d'alliance avec le Modem (dont même Bayrou n'a pas voulu, considérant sans doute que son mouvement ne doit pas être la poubelle de la vie politique); après le ralliement de Besson, Kouchner, Woert, les appels du pied de Lang ou Allègre (à ce niveau, autant de "trahisons" ne relèvent pas seulement de fablesses personnelles, mais d'un phénomène profond et structurel); après le renoncement au fameux "surmoi marxiste" et l'adhésion officielle à l'économie de marché…
Que préconisez-vous de plus, Hugues, pour aller plus loin dans "l'émancipation social-démocratique" ?
- Il y a une certaine contradiction entre le fait de reconnaître que Besancenot voudrait "être celui qui, pour une fois, ne pervertira pas le modèle théorique" et néanmoins l'accuser dans le même temps de "paresse intellectuelle et au refus de l'expérience historique".
Dites-moi donc en quoi le PS fait aujourd'hui preuve de plus d'inventivité, d'audace intellectuelle, en quoi il invente quoi que ce soit de nouveau dans le paysage politique, hormis le compromis généralisé et les ambitions carriéristes.
Rédigé par : Antoine Block | mercredi 25 février 2009 à 01:53
Je suis bien sûr triste que tant de gens succombent aux simplifications intellectuelles proposées par les "ultra", mais d'un autre côté, ayant aussi envie d'une alternative libérale crédible dans notre pays, je me demande si il n'y aura pas un appel d'air ainsi créé, en cumulant cela avec le fait que le parti de Bayrou est déconnecté (le modem donc :) ) de la réalité lui aussi.
Je ne sais pas en combien de temps ça pourrait se faire, mais avec un PS, dont le poids des ringards sur le pont fait chaque jour sombrer un peu plus le navire, le NPA en aspirant les plus fous fous, peut etre est ce le bon moment pour tenter quelque chose de social-libéral en lieu et place du Modem ?
Il pourrait y avoir un courant de sympathie extrémement fort et aspirer tous les électeurs "alter" et non pas anti.
Rédigé par : Gemlini | mercredi 25 février 2009 à 09:22
Le parallèle FN-NPA est pertinent à bien des égards mais il faut tout de même pointer une différence majeure dans les objectifs d'alliance. Le FN a toujours cherché les alliances électorales avec le RPR qui les a (presque) toujours refusées. Alors que le NPA est dans une démarche de refus de l'alliance quand la gauche classique serait assez demandeuse.
On a pu ainsi voir des représentants PS de premier plan participer à des meetings avec Besancenot (Hollande) ou déclarer que rien de fondamental n'empêchait un rapprochement avec le NPA (Royal).
Contrairement à ce que dit AB, le PS ne diabolise pas le NPA. Le RPR avait avec succès maintenu un cordon sanitaire autour du FN (mieux vaut perdre les élections que son âme),le PS ne fait rien de tel. Le FN était pour la droite classique un repoussoir, il est pour la gauche classique un attracteur.
Sans doute est-ce cette vision ultra-gentil vs ultra-méchant qui brouille les cartes. Pour ma part je n'ai jamais trouvé Besancenot gentil, il m'a toujours glacé autant que Le Pen. Peut être est-ce parce que je ne suis ni juif ni basané mais riche.
Mais qu'importe. A chaque fois que le PS embrasse Besancenot, il le crédibilise et se décrédibilise. A chaque fois que le RPR claquait la porte dans la gueule de Le Pen, il renforçait le coté "seul contre tous" du borgne mais se préservait.
L'histoire de Le Pen a culminé avec une qualification pour le 2e tour contre Chirac. Si le PS continue comme il le fait, l'affaire Besancenot aboutira à une finale NPA-UMP
Rédigé par : Liberal | mercredi 25 février 2009 à 09:53
Monsieur Prudhomme : je ne considère pas comme un argument de fond une comparaison avec l'Albanie ex-soviétique.
Comme disait Audiard, les cons, ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnait. Poignant décide d'énoncer une opinion en guise d'argument et, mieux encore, ses partisans choisissent de donner dimension publique à sa prose : permettez-moi de vous assurer, en tant qu'adversaire, d'estimer utile d'encourager et d'accompagner la démarche initiée par les partisans de Poignant bien plus que de répondre à la provocation : les électeurs jugeront, et ils jugeront des convictions de celui qu'ils auront envoyé au Parlement Européen, et qui aura été choisi par les députés européens pour les présider.
Rédigé par : Passant | mercredi 25 février 2009 à 10:11
@ Antoine Block :
“À moins que proposer un comparatif entre le patrimoine de Besancenot, Laguiller ou Krivine d'un côté, et Dray, Strauss-Kahn, Royal, Fabius, etc. de l'autre, relève d'un populisme qui flirte avec l'extrême-droite ? »
De la même manière que les enfants ne sont pas innocents par nature mais par faiblesse, Besancenot & consorts sont probablement plus « pauvres » que les caciques de gauche, parce qu’ils n’ont pas encore été en situation de gagner de l’argent. Mettez-les en situation d’en gagner (ou de gagner des privilèges sur la cohorte réactionnaire bourgeoise) et vous pouvez être certain qu’ils ne se gêneront pas.
@ Hugues :
« même s'il prétend être celui qui, pour une fois, ne pervertira pas le modèle théorique. »
Certes. Pour ma part, je réponds systématiquement que si le stalinisme est une déviation du marxisme, alors il ne faut voir dans le nazisme qu’une déviation de l’antisémitisme. La comparaison amuse généralement assez peu l’interlocuteur.
Par ailleurs, bon billet, comme souvent. Merci.
@ Libéral :
« Le FN était pour la droite classique un repoussoir, il est pour la gauche classique un attracteur. »
Toujours le même problème. Puisqu’on vous dit, Libéral, que tous ces morts du communisme, c’était pour la bonne cause. Pourquoi ne voulez-vous pas comprendre qu’ils sont si différents des morts causés par l’idéologie de droite (et son large spectre du nazisme a la démocratie sociale)?
Au passage, je me permets de vous signaler l’extrait suivant du blog de CSP sur le démontage du dernier billet de radical Chic. Je cite « on est on ne peut plus d'accord pour pendre les derniers actionnaires avec les tripes des derniers publicitaires, mais pas tout de suite, le contexte ne s'y prêtant pas encore complètement. » Voila qui devrait rassurer le « riche » que vous êtes.
Rédigé par : henri | mercredi 25 février 2009 à 10:59
Si le PS veut gagner des élections nationales, il aura besoin des voix des électeurs du NPA (à distinguer des militants). Il doit donc au minimum apparaître clairement plus à gauche que l'UMP. Sinon à quoi sert-il ?
Quand la crise actuelle souligne à l'évidence les "effets pervers" (c'est une litote) de l'ultra-libéralisme, on se dit que le terrain est favorable... Et pourtant, c'est Sarko qui propose de répartir les profits en trois tiers (même s'il n'y croit sans doute pas lui-même)...
On peut donc légitimement se demander si le principal problème du PS, ce n'est pas avant tout son manque d'audace et d'idées alternatives...
Le blairisme social-libéral ne peut être aujourd'hui l'unique horizon de la gauche... surtout si l'UMP est déjà plus ou moins sur ce créneau.
Rédigé par : Michel B. | mercredi 25 février 2009 à 12:39
tu est journaliste ou? a femme actuelle?
Rédigé par : Anonyme | mercredi 25 février 2009 à 18:29
Renaud,
Ca prendrait trop de temps mais tout est là : http://hugues.blogs.com/commvat/2005/03/vous_avez_aim_l.html
Poil de lama,
Valls, Peillon, Filipetti ? Quand on cherche on trouve.
Passant,
Pour rester dans le contexte, Poignant dit peut-être tout-haut ce que l’on pense tout bas dans bien des sections.
Monsieur Prudhomme,
J’allais taper Alain Badiou dans mon Google parce que je ne me souvenais plus du titre de son fameux machin sémantico-sarkozyen, mais à peine ai-je saisi "Alain" que le bidule m'a proposé "Soral"… Va comprendre…
Antoine Block,
L’union dans une grande famille d’irréconciliables, ça me paraît un peu tordu comme proposition. Le PS a de toute manière déjà fait toutes les avances possibles au facteur et ces humiliations répétées ne lui ont pas rapporté grand-chose.
Et puisque tu penses qu’il existe un espace pour la gauche raisonnable entre un PS social-démocrate et le NPA, on comprend mal que l’émancipation par rapport à l’extrême-gauche conduise forcément à l’UMP. De l’espace, il y en a de tous les côtés.
Gemini,
Oui, il ya toujours la solution comvatiste. Mais c’est un ultime recours.
Liberal,
Le RPR et l’UDF n’ont pas toujours maintenu ce cordon sanitaire, et on peut considérer qu’il y a bien eu quelques rapprochements au fil des ans. On peut même considérer que l’UMP d’aujourd’hui a donné des gages à certains électeurs du FN même si je ne fais partie des amateurs de l’équation Sarko-Le Pen (mais le ministère de l’Identité nationale, tout de même…)
Pour autant, et au moins en façade, la droite refuse de s’allier au FN et assure qu’elle n’a aucune proximité idéologique avec lui. Le PS se devrait d’avoir le même comportement avec Besancenot. C’est qu’Aron lui expliquerait s’il revenait et constatait que les trotskistes ont pris la place des staliniens dans le champ politique.
Michel,
Je te renvoie au commentaire juste au-dessus. Si le PS a besoin des électeurs du NPA pour remporter une élection mais que ces électeurs exigent un rapprochement idéologique avec un authentique extrémisme, on est dans la manœuvre politicarde, pas dans l’honnêteté. Ca ne serait pas la première fois que le parti de Guy Mollet fait dans l’hypocrisie, mais on peut rêver d’autre chose.
Anonyme,
Autant de fautes en si peu de mots ! Tu es journaliste à Public ?
Rédigé par : Hugues | mercredi 25 février 2009 à 19:09
Peut-être, Hughes, peut-être : il est vrai qu'en temps que membre statutaire du dernier des soviets au monde, (le corps enseignant du Ministère de l'Education Nationale français) Poignant parle des régimes post-staliniens en connaissance de cause sans même qu'il soit pour lui nécessaire de faire référence au fonctionnement du PS.
Mais que vaut ce qu'on peut prétendre penser dans ces sections socialistes, dont le fonctionnement n'a au fond rien à envier au fonctionnement de celles de l'ancienne Albanie ? Que je sache, cela fait bien longtemps que la lucidité, la capacité d'analyse et même la résistance à la méthode Coué ne sont plus des qualités qu'on va cultiver dans les sections socialistes. C'est d'ailleurs ainsi, que, personnellement, j'explique l'ascension de la miss Royal.
Rédigé par : Passant | mercredi 25 février 2009 à 20:28
Je suis globalement d'accord avec toi. Mais on peut poursuivre l'analogie.
Ca donnerait un PS qui tient les trotskystes au bout d'une pique, qui développe son programme en tournant vraiment le dos à la dictature du prolétariat. Le jour de l'élection venu, le candidat va repêcher les moins atteints (ou les plus naïfs) : "Mâame Chabot, vous rendez compte? Dans un pays comme la France, des gens qui gagnent 100 fois le salaire de leurs employés? On peut pas continuer comme ça plus longtemps!" Une fois élu, il crée un "ministère de la juste répartition des profits" chargé d'emmerder un peu les riches et le tour est joué.
Avoue que ce serait un progrès. Tiens, je pourrais presque voter pour eux :)
Rédigé par : Liberal | jeudi 26 février 2009 à 01:17
Peillon ne pense qu'à faire des bons mots, Valls a eu un comportement très limite pendant le congrès de Reims, et les deux sont assez prompt à retourner leur veste (même si dans le genre ils restent loin des Besson et C°). S'il n'y a vraiment rien d'autre dans l'aile SD du PS, il ne reste plus qu'à se tourner vers le modem ou le comvatisme (ceci dit sans la moindre flagornerie déplacée...)
En tout cas, merci de rendre à Lionel ce qui appartient à Jospin : piètre politicard et très bon dirigeant, tout le contraire de Chirac et Sarkozy. La démocratie serait-elle parfois de la confiture donnée à des cochons ?
Rédigé par : archenemy | jeudi 26 février 2009 à 07:53
Commentaire un peu hors sujet, je n'ai pas réussi à trouver une icône pour vous contacter directement. Je voulais savoir si vous pensiez relayer l'initiative de la quadrature du net concernant l'appel au blackout. http://www.laquadrature.net/fr/APPEL-HADOPI-blackout-du-net-francais
Merci de votre soutien
Aymeric
Rédigé par : Aymeric | jeudi 26 février 2009 à 18:39
poignant est "poignant" dans la faiblesse de son argumentation beaucoup plus basée sur l'analogie que sur l'analyse...le NPA est un "poil à gratter", en cela il est un élément de la démocratie, il pose les questions taboues mais est faible dans les propositions (et le sait, le nom NPA a semble til été choisi pour cela, pour etre dans la lutte et non dans l'"après")... besancenot ets un "bon client" médiatique, orateur doué, capable de mettre en difficulté pas mal d'interlocuteurs (comme l'était JMLP) et da'illeurs peu d'hommes politiques, de droite comme de gauche ont envie de s'y frotter.
Le PS, dans sa recherche d'idées nouvelles, d'une doctine adaptès à ses valeurs et aux aspirations de la société d'aujourd'hui peut y puiser aussi quelques thémes bien choisis (transparence des mouvements de capitaux: même la droite reprend les thèmes du NPA, d'ATTAC sur les paradis fiscaux..., démocratie plus participative, plus représentative,meilleur contrôle des élus,... propriété publique de certains biens, etc...)mais l'enjeu pour la gauche , pour le PS est de trouver des thèmes, des propositions, un projet, une perspective capable d'enclencher la dynamique qui lui permettra de rassembler les électeurs allant de besancenot à bayrou ....
Rédigé par : francis | vendredi 27 février 2009 à 11:49