Quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, Bernard Kouchner est désormais une cause perdue. Faut-il être passé par Vichy pour trouver grâce aux yeux de Pierre Péan ?
Il semble que Pierre Péan ait plus d'indulgence pour les anciens collaborateurs devenus présidents de la République que pour les ex-humanitaires reconvertis dans le consulting international. Bah, c'est une affaire de goût : l'auteur de La face cachée du Monde est de toute manière un homme aux indignations étonnamment sélectives et, s'il conserve son estime au Mitterrand de Vichy (« une personnalité complexe »), il a plus de mal avec « les agents de la CIA » (présumés) comme Edwy Plenel ou les relanceurs (tout aussi présumés) de factures impayées comme Bernard Kouchner.
Mais que faire des accusations qu'il répand aujourd’hui contre ce dernier? Les interpréter comme la vengeance d’un aigri poursuivi pour « complicité de diffamation raciale » et « complicité de provocation à la haine raciale » pour son livre sur le génocide rwandais, le ministre des Affaires étrangères étant coupable de vouloir réconcilier la France avec Paul Kagamé ? A défaut d’explications plus crédibles, celle-ci fera l'affaire. Mais s'il devient possible de présenter, par pur amalgame, des activités professionnelles totalement légitimes en crapuleries sordides, on se demande ce qui attend un Jean-Christophe Rufin (également passé de l’humanitaire aux ambassades) si Péan se cherche une nouvelle cible...
Mitterrandôlatre repenti, je me souviens d’avoir dévoré Une jeunesse française, le livre qui m’assurait qu’on pouvait fort bien manifester avec les ligues d’extrême-droite le 6 février 1934, recevoir la francisque des mains du Maréchal, avoir Bousquet pour ami et rester la figure de proue du socialisme tricolore. C’est que, troublé par les révélations en cascade sur le passé de Tonton, j'avais besoin d'être réconforté par les vaticinations péanesques — ces histoires d’un bourgeois échappant courageusement au déterminisme de classe et découvrant progressivement l’horreur économique… Clairement, Pierre Péan a beaucoup fait pour réhabiliter le vichysme soft.
Plus tard, grand lecteur du Monde, je me souviens d’avoir été effaré à la lecture de son brûlot contre mon quotidien préféré, présentant le trio Colombani-Plenel-Minc comme, tout à la fois, une espèce de succursale du ministère de l’Intérieur, des services secrets américains, des nationalistes corses et du lobby financier international. Clairement, Pierre Péan a beaucoup fait pour accélérer le déclin du meilleur journal français.
Atterré par l’indifférence de Mitterrand (encore lui) au drame rwandais, selon lequel, « dans ces pays là, un génocide ce n’est pas trop important », j’avais eu du mal à comprendre l’acharnement de notre Tintin reporter (façon Petit Vingtième) à dédouaner la France de toute responsabilité dans son Noires fureurs, blancs menteurs et à flirter avec le négationnisme. Clairement, Pierre Péan a beaucoup fait pour la promotion des bienfaits de la post-colonisation.
Mais voici qu’il s’en prend à Bernard Kouchner, dont le « crime » est d’avoir, trente après avoir quitté Médecins Sans Frontières, dont il était le cofondateur, et vingt ans après son départ de Médecins du Monde, également cofondé par lui, gagné sa vie comme consultant entre ses différentes aventures ministérielles. Et ça marche, d’ailleurs. Car si tout le monde est déjà d’accord pour reconnaître que Kouchner n’a rien fait d’illégal, Péan lui-même précisant qu’il ne s’agit pas de « pénal » mais de « morale », un consensus s’est déjà établi sur le caractère malsain de rapports sur le développement sanitaire au Gabon. Un pays dont je ne savais pas qu’il figurait au registre des Etats-voyous avec lesquels il est interdit de travailler.
Ok, Bernard Kouchner peut être un poil agaçant. Et il oublie lui-même fréquemment de rappeler qu’il n’a plus mis les pieds à MSF depuis plus d’un quart de siècle lorsqu’il se promène sur les plateaux de télé. Mais son parcours n’a rien de déshonorant et l’on se demande si les blanches colombes qui lui tombent dessus depuis quelques jours peuvent produire le même genre de CV. Pour autant, le mal est fait : Péan a fait son boulot, conforté l’opinion dans son tropisme du tous pourri, suggéré que gagner de l’argent était moralement indéfendable et, finalement, en dénonçant le « cosmopolitisme anglo-saxon » de son sujet, bouclé la boucle qui va d’une Jeunesse française au Monde selon K.
Parcours pour parcours, je préfère celui de Kouchner. Pas vous ?
© Commentaires & vaticinations
Ha ben ça : quarante ans à ouvrir sa gueule contre tout le monde, ça se paie toujours un jour.
Surtout avec des fréquentations qui, à l'évidence, n'auront pas bâti leur fortune grâce à leur intelligence.
Bon, ceci dit, à son âge, prendre sa retraite ne serait pas déshonorant. Et ça permet de faire tout le consluthing qu'on veut.
Rédigé par : Passant | jeudi 05 février 2009 à 12:37
Pas vraiment d'avis... Faut sans doute faire le tri dans ce que raconte le bouquin, mais effectivement ce que Péan lui reproche m'a l'air relativement véniel, et somme toute plus avouable que le fait que Kouchner est allé à la soupe en devenant chez Sarkozy un énième exemple de la Realpolitik qui fait cirer les pompes de Poutine et Khadafi. Bof. La réputation de Kouchner a toujours été assez surfaite, sa popularité largement irrationnelle, et en tout cas il n'est plus depuis lontemps un personnage très intéressant. Il n'y a rien de bien stupéfiant ni de bouleversant à constater qu'il est capable d'autant de mesquineries qu'un membre moyen de l'establishment.
S'il a été calomnié, qu'il aille au procès; c'est tout.
Rédigé par : Poil de lama | jeudi 05 février 2009 à 13:25
Gabon état-voyou non certes, mais que dire de son président ?
Péan : ce type a bien compris comment faire parler de lui en salissant les autres (c'est mon hypothèse)
Kouchner : il a fait son boulot au Kosovo. Il a fait son boulot au sein du gouvernement Jospin. Le PS l'a traité comme un marginal. Il en est parti, il a eu raison.
Rédigé par : | jeudi 05 février 2009 à 13:37
Je signe le commentaire précédent.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | jeudi 05 février 2009 à 13:37
Je ne vois pas l'intérêt de comparer les parcours de Péan et de Kouchner. Sur Bongo certes le Gabon n'est pas un état-voyou mais c'est un dictateur, un des pires encore en activité. Personnellement je trouve un peu choquant qu'un rapport de 100 pages soit facturé plusieurs centaines de milliers d'euros. On pourra objecter que Bongo a arrosé largement à gauche et à droite, et que Kouchner est très loin d'avoir été le premier ni le principal bénéficiaire de cet arrosage. Seulement voilà : son image repose sur la probité et le désintéressement.
Rédigé par : Rudolf | jeudi 05 février 2009 à 16:08
Je trouve votre billet bien troussé, as usual !
Ceci étant dit, Kouchner est apparu très énervé sur les plateaux télé, et en a fait un peu trop, perdant en crédibilité sur sa défense.
Rédigé par : Franck, naturellement.org | jeudi 05 février 2009 à 17:42
L'affaire en elle-même nous confirme, après beaucoup d'autres, que les politiques sont de moins en moins "désintéressés". Et cela, même s'il n'y a rien d'illégal, écorne un peu, qu'on le veuille ou non, l'image du "french doctor" bénévole uniquement mû par ses convictions et sa passion d'un monde meilleur, avec son sac de riz sur le dos. Dans un autre genre, le ralliement à Sarkozy pour ajouter à son CV le poste de ministre des Affaires étrangères, n'était pas non plus très reluisant. Mais on ne peut pas non plus être le même à 60 ans qu'à 30 ans, surtout dans un monde où tout le monde cherche avant tout à "faire du fric" (alors pourquoi pas lui, effectivement ?).
Ce que je trouve amusant dans cette histoire, c'est de voir la manière dont l'UMP défend Kouchner comme un seul homme, en imaginant la réaction de la droite si notre grand acteur national n'avait pas changé de camp (et vice versa pour le PS). Quel jeu de rôles, tout de même, la politique... Nous en aurons sans doute un concentré tout à l'heure avec le show du premier rôle masculin...
Rédigé par : Michel B. | jeudi 05 février 2009 à 18:19
"Ceci étant dit, Kouchner est apparu très énervé sur les plateaux télé, et en a fait un peu trop, perdant en crédibilité sur sa défense."
Que celui qui aura jamais vu Kouchner calme, modéré et faisant preuve de retenue sur un plateau de télé se dénonce.
Rédigé par : Passant | jeudi 05 février 2009 à 18:52
quand j'apprends que BK a nommé le patron de la boîte qui l'employait quelques semaines auparavant à faire des études au gabon, au congo, deux démocraties bien connues, qu'il l'a donc nommé ambassadeur à monaco, que personne n'a protesté à l'époque, les bras m'en tombent, le reste n'a plus d'importance, et il faudra un BK sacrément convaincant
pour que je révise mon jugement....
malheureusement cela conforte les soupçons d'avidité, de confusion des rôles liés à son activité en birmanie et à la nomination de son épouse...
Rédigé par : francis | jeudi 05 février 2009 à 23:36
Passant,
Ah mais il est dans le gouvernement qui demande que l’on puisse attendre l’âge qui nous convient pour prendre sa retraite…
Poil de lama,
Faire le tri ? Les critiques contre le côté m’as-tu-vu de Kouchner ne sont ni nouvelles ni infondées. Mais ce n’est pas le problème. Le problème, c’est Péan, son registre nationaliste et réactionnaire et son révisionnisme du génocide rwandais qui servent de toile de fond à la critique de Kouchner. Comme sa façon de présenter Kouchner comme un archétype de « cosmopolite anglo-saxon » encombré par sa judéité qui plaira aux bruns comme à certains rouges.
Monsieur Prudhomme,
Péan ne fait pas seulement parler de lui. Il a aussi des convictions politiques qu’il promeut sous couvert de journalisme d’investigation.
Rudolf,
Tu trouves ça choquant, mais c’est le tarif de ce genre de prestation pour ce genre de personnalité. Blair fait la tournée des conférences mondiales à plusieurs centaines de milliers de dollars le speech et même Giscard, à une époque, était à louer via une agence de keynote speakers. A la décharge de Kouchner, il a une vraie expertise concrète comme ex-humanitaire et ex-ministre de la Santé pour faire des propositions concrètes à un pays. Et vers qui se tourner si ce n’est vers un expert ?
Michel B.,
Mais pourquoi attendre d’un politique, même de gauche, même passé par l’humanitaire, qu’il soit une espèce d’abbé Pierre dégagé des contingences matérielles ? S’il gagne sa vie de manière légale, avec de vraies prestations, où est le problème ?
Péan répand l’idée qu’il profite de son entregent pour vendre des prestations bidon à des prix scandaleux et à des crapules. Reformulons ça : il utilise sa réputation pour vendre des prestations expertes aux tarifs du marché à des pays qui en ont besoin (et sont rarement des grandes puissances démocratiques sans problèmes sanitaires).
Mais sur le reste, oui, c’est rigolo de voir les gens qui l’auraient enfoncés réagir en sa faveur et le PS rester muet.
Francis,
Pour les « démocraties bien connues », tu en connais beaucoup, des pays du tiers-monde déjà dotés d’une vraie démocratie mais ayant par ailleurs besoin de faire appel à des consultants pour améliorer leur système sanitaire ? Pour le coup, même Monaco n'est pas concerné...
Rédigé par : Hugues | vendredi 06 février 2009 à 09:27
la nomination de son (ancien ?)patron comme ambassadeur à monaco ne choque pas plus que cela?
hugues ici comme P.Val ce matin sur france inter passe plus de temps à démolir pierre péan, qu'à défendre BK sur des faits,
serait-ce que ceux-ci sont têtus et que la mise en cause du locuteur est plus facile?
Rédigé par : francis | vendredi 06 février 2009 à 10:53
Si je comprends bien, il faudrait laisser crever l'Afrique (presque) entière ? Je propose que les moralisateurs visitent quelques hôpitaux au Congo, à Madagascar, en Guinée... Certes, BK est agaçant, mais il a tout de même un CV autrement moins sordide que celui de Péan, non? Ah oui, c'est un traître, bien sûr, ça me revient... Et le "cosmopolitisme", ça c'est une trouvaille - enfin une réminiscence stalino, vous vous souvenez de la condamnation du "cosmopolitisme titiste" ?
Rédigé par : cdc | vendredi 06 février 2009 à 11:04
Merci, Hugues, de votre billet. Je trouve qu’il remet les pendules a l’heure, sur un livre que je n’ai pas encore eu la possibilité de lire (et il est peu probable que je l’achèterai, je l’emprunterai plus surement).
Certes, Kouchner est un politique dont la personnalité qui peut paraître horripilante a beaucoup, sans parler de sa popularité inoxydable, que beaucoup de ses confrères politiques doivent jalouser. Certes, a ce niveau de responsabilités, l’on n’est rarement exempt de faiblesses (et l’accusation de népotisme pour l’ancien ambassadeur a Monaco me paraitrait bien caractéristique de ce travers).
Mais je me range a cet avis qu’il n’y a vraiment rien ni d’illégal ni de choquant a voir un ancien ministre, aux compétences sur la santé reconnues, se lancer dans le conseil a des pays en voie de développement. J’acquiesce lorsque vous écrivez « Tu trouves ça choquant, mais c’est le tarif de ce genre de prestation pour ce genre de personnalité… A la décharge de Kouchner, il a une vraie expertise concrète comme ex-humanitaire et ex-ministre de la Santé pour faire des propositions concrètes à un pays. Et vers qui se tourner si ce n’est vers un expert ? … S’il gagne sa vie de manière légale, avec de vraies prestations, où est le problème ?».
En fait, je trouve avant tout cette affaire mesquine. Il me semble que Péan recherche (par des insinuations qu’il reconnaît lui-même sans fondement légal) a discréditer un homme estimé (et a bien des égards, estimable, sans tomber pour autant dans l’idolâtrie) et a travers lui une politique « atlantiste ».
Ceci me parait des plus contestable comme moyen. C’est faire tomber un orateur sur un soupçon plutôt que sur un débat. Je ne trouve pas cela honorable, et les anecdotes rapportées sur Kouchner dans ce livre semblent obéir a cette logique plutôt qu’a celle de la confrontation d’idées. C’est étonnant, car l’on ne peut pas vraiment dire que la position atlantiste et interventionniste de Kouchner soit soutenue par beaucoup en France, ni dans l’opinion ni dans la classe politique ou intellectuelle…
Au passage, je profite de mon premier commentaires sur Com-Vat pour vous encourager dans vos billets, j’ai toujours beaucoup de plaisir a vous lire !
Rédigé par : henri | vendredi 06 février 2009 à 11:48
la plupart des commentaires que j'ai entendus sur les prestations de Bernard Kouchner (je pense à Antoine Glaser, directeur d'une revue spécialisée sur l'Afrique) expliquent que les chefs d'Etats africains avec lesquels il a traité ont essentiellement acheté, à travers ces contrats, son entregent sur la scène politico-médiatique française.
car on peut parler de l'ambassadeur de Monaco mais n'oublions pas que sa femme est toujours la patrone de l'audiovisuel extérieur, celui-là même qui traite de l'actualité africaine par exemple. bien sûr, il est tout à fait possible qu'il n'y ait pas d'influence directe - voire même indirecte - mais quand même, c'est gênant (au Québec, pour une affaire similaire à une toute petite échelle, ils estiment qu'il y a conflit d'intérêts) comme peut l'être l'idée que Bernard Kouchner est "responsable" de la politique de la France à l'égard du Gabon ou du Congo.
Rédigé par : david | vendredi 06 février 2009 à 11:50
si BK ne répons pas clairement, péan aura effectivement réussi
à discréditer le "french doctor"...
la balle est de son côté,
répondre sans attaquer
tout est, bien sûr, légal
mais on attend de nos homme politiques une exigence morale...
Rédigé par : francis | vendredi 06 février 2009 à 13:02
@Francis, ça serait choquant pour n'importe quel pays anglo-saxon. En France, le népotisme est la règle, alors descendre Kouchner pour si peu…
(notez je ne dis pas que j'approuve, je hais le népotisme).
Rédigé par : Bob | vendredi 06 février 2009 à 14:04
Bob,
Vous avez entendu parler de Dick Cheney et d'Halliburton?
Rédigé par : Liberal | vendredi 06 février 2009 à 18:43
@bob
quand, à peine installé au quay, on nomme son ex-associé ambassadeur à monaco, que le prince demande son renvoi quelques mois plus tard, ce qui est exceptionnel,
cela entache beaucoup.
après, la nomination de son épouse ne peut passer pour une banalité liée à ses seules compétences....
Rédigé par : francis | vendredi 06 février 2009 à 19:50
J’aime bien l’édito d’Askolovitch à ce sujet : http://www.lejdd.fr/cmc/chroniques/200906/et-maintenant-l-affaire-pean_185660.html
Je crois effectivement que Péan a plus d’obsession superdupontesques qu’autre chose. Ça suffit pour je sois en désaccord avec lui ; inutile de trop charger la mule (avec tout le respect que je dois à ce monsieur).
Mais peut-être trouveras-tu que c’est traiter Péan comme ce dernier traita Mitterrand : avec trop d’indulgence…
Rédigé par : aymeric | dimanche 08 février 2009 à 17:58
ce weekend j'ai regardé "the constant gardener" en DVD...
Rédigé par : jérôme | dimanche 08 février 2009 à 22:21
Pierre Péan n'est n'a du mot journaliste plus rien qui l'honore ! il crache sur les codes déontologiques comme PPDA on l'a vu ces deerniers temps sur ses pères, et a trouvé un bien juteux fond de commerce digne de Voici et autres torchons !
j'ai trouvé un blog dénonce souvent ce type de dérapages .
Allez y , il est très original et décoiffant dans le texte :
http://cixi-helene.over-blog.com/
Rédigé par : Talbonne | lundi 09 février 2009 à 15:02
http://despecadilles.com/blog2/2009/02/jen_veux_plus_comme_dans.html : peccadilles synonyme : mises sous surveillance illégales, lynchage et plagiat ?
voila. Sinon ça, c’est une tentative de gros scandale public, ça peut toujours servir à calmer du monde. Merci pour l'espace d'expression.
Rédigé par : NINA | lundi 09 février 2009 à 21:52
charger péan faute de pouvoir soutenir koucner....
beuacoup d'interventions tellement hypocrites qu'elles en sont pathétiques!
Rédigé par : francis | mardi 10 février 2009 à 14:19