La France n'est pas la Grèce, donc, mais si on insiste un peu, on doit effectivement pouvoir expliquer qu'il serait utile d'y mettre le feu.
Je refusais mercredi l'idée que la situation grecque soit jumelle de la situation française. Et je reste convaincu que les deux contextes sont trop différents pour que l'on puisse les analyser avec pertinence en les superposant. Pour autant, que les tentatives de transformer l'agitation lycéenne ― cette espèce de rite de passage bien de chez nous ― en vrai gros bordel Athènes-style finissent par être couronnées de succès n'est pas impossible…
Faites le test : demandez à un lycéen (ou à un étudiant) dans une manif contre quoi il proteste au juste et il vous répondra qu'il est venu gueuler contre « la privatisation de l’Education nationale et la destruction programmée de l’université ». L'absence de précision dans ses griefs vous empêchera toutefois de comprendre s'il se bat plutôt contre René Haby, René Monory, Claude Allègre, Alice Saunier-Seité, Alain Savary ou même Jack Lang ou Lionel Jospin tant le baratin des manifs et des AG est identique quels que soient la nature de la réforme proposée et le nom ou la couleur politique du ministre proposeur. Maintenant, si vous lui serinez qu’en plus de lutter pour la réduction du nombre d’élèves par classe et contre celle des options au bac, ses défilés poing levé sont les prémisses d’une révolution qui fera du monde un paradis, il y a effectivement des chances pour qu’il se laisse convaincre de déterrer un pavé.
Je ne veux pas tomber dans la critique d’une presse qui mettrait sciemment de l’huile sur le feu : bien ou mal, les journaux font leur boulot de rapporteurs d’événements et cherchent à leur donner du sens. Je m’agace pourtant de la complaisance avec laquelle est entretenue la dimension romantique du chaos, comme cette idée que la situation française est telle qu’elle justifie que l’on prenne les armes pour lutter contre la dictature dans laquelle nous sommes présumés vivre depuis que Sarkozy est à l’Elysée (mais ça marchait déjà avec Chirac, Mitterrand dès 83, Giscard, Pompidou ou de Gaulle...).
Dans Libé, toujours lui, désolé, une sociologue dont je subodore qu’elle possède un poster de Bourdieu au-dessus de son lit, affirme ce matin que nous sommes sur « une poudrière » et recycle les mêmes clichés sur le déclassement de diplômés forcés de travailler chez McDo (elle pourrait aussi se demander s'il ne faudrait pas arrêter de former autant de ses futurs confrères chaque année pour éviter ça, mais non...). Sur la page d’à-côté, Laurent Joffrin multiplie les raisons pour lesquelles le reste du pays est susceptible d’emboiter le pas à sa jeunesse révoltée, celle des lycées comme celle des banlieues, traçant ainsi le « profil grec » de la France. Mais c’est la photo de Une ― avec sa passionaria anti-Darcos dont le keffieh indique sans doute que le profil grec de la France s’accommoderait bien d’un profil palestinien depuis que tous les combats sont interchangeables ― qui décroche le pompon du chaos-chic.
La France a bien des soucis, mais quelques jours d’émeutes ne seraient certainement pas le moyen de les résoudre (2005, ça a donné quoi ?). C’est d’ailleurs l’un de nos seuls vrais points communs avec la Grèce, dont ni la démocratie fragile ni l'économie chancelante ne seront ragaillardies par une semaine de violence nihiliste. Et clairement, les apôtres de « L’insurrection qui vient », saboteurs ferroviaires authentiques ou pas, ne sont porteurs d’aucune bonne nouvelle.
© Commentaires & vaticinations
"Chaos Chic" et "Laissez-Faire et Vaccinations" les deux phares de la blogosphère de gauche.
Rédigé par: all | vendredi 12 décembre 2008 at 13:14
c'est marrant, cette façon de faire de Libé qui est devenu une habitude et sa marque de fabrique m'énerve plus quand le journal soutient ségolène royal.
Rédigé par: david | vendredi 12 décembre 2008 at 14:48
Attention quand même à ne pas sous-estimer les conséquences de la crise en 2009, avec son cortège de licenciements annoncés. Sérieusement, froidement et sans aucun romantisme révolutionnaire, on ne voit pas bien comment avec ce qui se prépare, on pourrait éviter des mouvements sociaux de grande ampleur. Et après la crise financière, la crise économique et la crise sociale, on sent bien également que la crise politique ne sera pas loin... Ne pas le dire au prétexte que le dire serait l'encourager serait aussi une certaine forme d'aveuglement...
Ne pas admettre également que l'on ne peut pas repartir comme si rien ne s'était passé, jusqu'à l'explosion, dans quatre ou cinq ans, de la prochaine bulle spéculative, ne pas admettre que l'on ne pourra plus laisser les clés de la marche du monde aux marchés financiers, ne pas admettre que de nouvelles solutions sont à inventer, ce serait aussi passer à côté du contexte historique, me semble-t-il.
Rédigé par: Michel B. | vendredi 12 décembre 2008 at 15:22
pour ma part, je ne nie rien des conséquences sociales de la crise actuelle. ce que je dénonce, (et j'ai l'impression que c'est ce que fait Hugues également, même si nous ne sommes pas forcément sur les mêmes idées) c'est que Libé fasse rentrer les faits au chausse-pied pour les accorder à sa vision des choses et à ses vues. que de facto, il écarte les éléments qui ne s'accordent pas. vraiment, je l'écrivais plus haut, c'est ce que je ressens quand Libé défend Royal. C'est également vrai dans sa volonté d'assimiler les émeutes en Grèce avec la contestation lycéenne en France, même si, probablement, certains facteurs peuvent être communs.
Rédigé par: david | vendredi 12 décembre 2008 at 15:40
Michel B, pouvez-vous nous expliquer le rapport entre les troubles lycéens actuels et le krach financier. Je suis vraiment intéressé.
Rédigé par: Wavrill | vendredi 12 décembre 2008 at 18:07
"L'absence de précision dans ses griefs vous empêchera toutefois de comprendre s'il se bat plutôt contre René Haby, René Monory, Claude Allègre, Alice Saunier-Seité, Alain Savary ou même Jack Lang ou Lionel Jospin"
C'est très vrai... Pour l'anecdote, vous pourrez voir inscrit dans les toilettes de la Sorbonne des tags d'insultes de TOUS les ministres de l'enseignement supérieur depuis 20 ans… Une vraie pièce d'archéologie...Comme si seuls les ministres et les projets passaient et que les luttes elles restaient toujours d'actualité quelque soit le sens des projets de lois...
Cordialement
A.B.
http://abenarous.wordpress.com/
Rédigé par: A.B. | vendredi 12 décembre 2008 at 18:34
wavrill : s'il ne s'agissait que des lycéens…
Le rapport entre les inquiétudes pour le futur proche de notre classe politico-journalistique et le krach sont assez clairs : Quant Pigeotalbot met ses salariés embauchés en chômage technique partiel, cela signifie qu'auparavant tous les intérimaires ont été remerciés — soit au pifomètre un bon quart des effectifs ouvriers. Vu ce le peu qui subsiste d'indemnisation du chômage et la prochaine disparition du RMI, je doute que les capacités de crédit de l'épicemard du coin soient suffisantes pour nourrir la moitié de Montbéliard… et vu les rapports qu'entretient désormais la police à l'égard de la population, on comprend leur inquiétude. (Je ne parle même pas de l'état des libertés publiques, quand la police vient chercher à l'école les enfants à déporter et qu'un horaire de chemin de fer entraîne l'application des lois d'exception.)
Et puis, et surtout, il ne s'agit pas que de la Grèce et la France : on ne peut séparer le krach financier de la privatisation de la création monétaire, laquelle s'est faite par ici par le moyen de l'euro ; on ne peut séparer la baisse de revenu des pauvres de la baisse des retraites et du recul de l'âge de, laquelle a été coordonnée au niveau européen ; la mise en concurrence des universités soulève les mêmes résistances en France il y a peu qu'en Grèce, Italie, Espagne, aujourd'hui…
Ce que redoutent aussi bien les gouvernants
(http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/12/12/social-jeunesse-banlieues-la-france-gagnee-par-l-inquietude_1130366_823448.html#ens_id=1130482&xtor=RSS-3208) que les relais de la PP en poste à Libé ou ailleurs, ce n'est pas tant une semaine d'émeutes, fussent-elles nationales, mais un mouvement social d'ampleur à l'échelle européenne (pile poil ce qu'ils ont réussi à éviter sur les retraites grâce à une savante désynchronisation des réformes nationales et à la bonne volonté syndicale).
Quant à l'
Rédigé par: Cobab | vendredi 12 décembre 2008 at 19:22
Juste en passant : Isabelle Sommier (la sociologue dont vous parlez) n'est pas bourdieusienne. Bourdieu n'est pas ce qui se fait de plus à gauche en sociologie (loin de là, malheureusement).
Rédigé par: Rocky | vendredi 12 décembre 2008 at 21:42
Avec ces émeutes grecques, le rêve de refaire Mai-68 renaît dans certains esprits un peu engourdis.
Mais le risque de "soulèvements", dont les ressorts comme les principaux acteurs seraient très différents par rapport à la situation grecque, existe néanmoins en France.
Difficile donc de faire la part des choses au milieu des fantasmes de vieux gauchistes et des rêves de Cassandre...
Rédigé par: Rubin | samedi 13 décembre 2008 at 03:39
Hugues,
Je ne pige pas !
Je suis un jeune retraité, ex. patron (de gauche), je suis donc un "possédant".
Dans mon métier d’employeur, j’ai toujours été choqué par notre fiscalité de droite qui se fout véritablement de la solidarité.
Dans les études de mes enfants et à travers le métier d’enseignante (passionnée) de ma femme, j’ai constaté le niveau zéro de l’efficacité de -l’ascenseur social-.
Dans mes pôles d’intérêt personnels, j’ai remarqué l’aveuglement des “experts” qui s’étonnent aujourd’hui, après l’avoir provoquée, de la décadence de nos industries et savoir-faire.
Comment expliques tu, Hugues, que je sois moins surpris que toi de ce que dit Libé dont je ne suis pas habituellement un fan, moi le -patron- ?
Rédigé par: Ozenfant | samedi 13 décembre 2008 at 10:17
Je reste un peu surpris que vous assimiliez un peu rapidement les borborygmes de la France bourgeoise et de ses causeurs : journalistes, pôliticiens, faiseurs d'opinion avec l'opinion publique en général.
Nadine Morano l'exprime en ses terme : http://www.liberation.fr/politiques/0101305273-morano-accuse-fabius-et-dray-de-quasi-incitation-a-la-violence
Lorsque l'on choisit d'être un bon petit bourgeois aux mains blanches, contester en son for intérieur est une chose, contester publiquement en est une autre. Notre modèle de société ne s'accomoderait en effet que fort mal de la défection de ses chiens de garde.
Maintenant, admettez quand même que pour ceux, simples travailleurs, qui n'ont pas fait le choix de servir de larbins du système, une plus grande liberté de ton et d'action existe. En servant le système, les bourgeois perdent effectivement le droit de rêver, leur avenir personnel étant lié au système qu'ils défendent. Mais pour les autres, vous leur laisserez quand même un peu le droit d'espérer aute chose ?
Rédigé par: Passant | samedi 13 décembre 2008 at 10:25
Il m'arrive de penser comme toi. Damned, on dirait que je vieillis.
Rédigé par: Sasa | samedi 13 décembre 2008 at 16:57
Chaos certainement pas, mais la démission du président et de sa clique, oui assurément, cela résoudrait pas mal de problèmes!
Rédigé par: emachedé | samedi 13 décembre 2008 at 17:14
Au fait, Hugues, c’était une vraie question, de ma part...
Tiens, demain, je vais commettre un texte sur le thème “Les émeutes Grecques sont-elles un avant goût de ce qui nous attend”.
Hors sujet : Le doigt d’honneur de Benoît Hamon au Gd Journal de C +.
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Le-doigt-d-honneur-de-Benoit-Hamon-pendant-i-Le-Grand-Journal-i-_36529-768707_actu.Htm
Rédigé par: Ozenfant | samedi 13 décembre 2008 at 19:46
Au sujet de Benoit Hamon : journaliste, c'est parfois un métier formidable : on invite des gens aux frais du contribuable, on se fout de leur gueule devant tout le monde, et on en ressort même pas décoiffé.
Je me demande ce qui peut motiver de braves jeunes gens à choisir une telle carrière : la loi du marché, sans doute.
Rédigé par: Passant | dimanche 14 décembre 2008 at 07:49
Au sujet de Benoit Hamon : journaliste, c'est parfois un métier formidable : on invite des gens aux frais du contribuable, on se fout de leur gueule devant tout le monde, et on en ressort même pas décoiffé.
Je me demande ce qui peut motiver de braves jeunes gens à choisir une telle carrière : la loi du marché, sans doute.
Rédigé par: Passant | dimanche 14 décembre 2008 at 07:54
Le sujet que je traite ce dimanche (moi aussi) : Les émeutes grecques sont un avant goût de ce qui attends les autres pays en ces “temps de marasme économiques”.
Les étudiants sont-ils entrain de s’apercevoir que tout ce que la bullocratie leur raconte est du vent ?
Ce n’est pas sans rapport avec la question : Les Lycéens se sont-ils rendu compte que quand Sarkozy parle de supprimer les paradis fiscaux, il est aussi honnête que s’il disait : Demain, je supprime la corruption ?
Listes des 51 paradis fiscaux… et que lest resteront http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_du_GAFI_de_territoires_%C3%A0_faible_r%C3%A8glementation
Sont-ils assez conscients du jeu de dupes que joue la presse en faisant semblant de croire des promesses aussi intenables, des mensonges éhontés ?
Rédigé par: Ozenfant | dimanche 14 décembre 2008 at 19:13
All,
Il y a donc effectivement un tas de gens qui pensent que le titre de ce blog a quelque chose à voir avec l'institut Pasteur... Bof, je suis vacciné contre ça.
David,
Moi, c'est le moment où je l'apprécie.
Michel B.
Je ne sous-estime rien. Mais le « ça va péter ! » ne date tout de même pas de la crise des subprimes...
A.B.
Ah, je veux bien une photo !
Cobab,
Il faut peut-être arrêter avec le pifomètre. Et peut-être éviter de mélanger les problèmes de l'industrie automobile, la crise financière, les sans-papiers et la réforme de l'école. A fortiori si c'est pour ajouter que la France, la Grèce et l'Espagne, c'est tout pareil.
Rocky,
Non. Bourdieu a tout de même écrit plein de choses intéressantes. Mais en dépit de l'incroyable ferveur de ses fans, il y a une grande différence entre Jésus (qui est au moins aussi divin) et lui : Jésus est mort juif, sans rien savoir du christianisme. Bourdieu était le gourou de sa secte de son vivant.
Sasa,
Je vais décider de ne pas prendre ce commentaire de travers, mais je ne pense pas que penser comme moi est une preuve de vieillissement : je préfère parler de maturité.
De toute manière, tu verras bien comment tu réagiras lorsque ton héritier, dans 15 ans, t'expliqueras que le ministre Machin est un salaud qui veut privatiser l'école mais que tu ne peux pas comprendre car le pays a bien changé depuis que Truc est président.
Emachedé,
Ah oui, obtenir la démission d'un président par l'émeute ! Ça c'est adulte, ça c'est démocratique...
Ozenfant, Passant,
Moi, ça ne me dérange pas que l'on mette Hamon en boîte.
Rédigé par: Hugues | dimanche 14 décembre 2008 at 20:50
H., cesse donc de répéter que les journalistes mettent de l'huile sur le feu... D'une, les représentants des syndicats lycéens savent très bien contre quoi ils protestent (espérons qu'ils s'expriment assez clairement auprès des leurs pour qu'ils comprennent). De deux, reportage diffusé sur une grande radio généraliste à l'appui (signé mézigue), même en leur suggérant un rapprochement possible avec événements grecs, ils vous répondront (et ont répondu) que "non, ça n'a absolument rien à voir et qu'il n'y a pas de raison pour que cela pète en France comme en Grèce").
Quant à Libé, faut bien vendre...
Rédigé par: t.C. | lundi 15 décembre 2008 at 00:24
petit h.s. mais pas tant que ça. nous parlons bien de chaos après tout :
"Le langage est quelque chose qui compte, outre le fait de la communication, parce que c’est sans doute l’un des plus grands mystères de l’espèce humaine, et l’un des mystères qui posent le plus sûrement et justement la question métaphysique fondamentale; le langage est quelque chose qui compte, même dans cette époque pauvre et abaissée, où il est le plus souvent, presque universellement, partagé entre des onomatopées pavloviennes et automatiques, et des clichés conformistes débités avec componction et l’air le plus grave du monde, et ce langage postmoderne réduit en général, sur le cours d’une vie ou d’une campagne électorale, à une centaine de mots passe-partout et usés jusqu’à la corde. Les Français pleurent le destin de la grande langue française dans l’arène internationale, mais qu’ils considèrent, en regardant Star’ac ou en écoutant un discours du maître de l’heure, à quelle portion congrue et étique cette grande langue est soumise; les Français se plaignent du triomphe de l’anglais dans la même arène mais qu’ils considèrent, en écoutant le dialogue à peine bidon de “Blago” et de Rahm Emmanuel, à quelle portion étique et incongrue ce langage est abaissée, au stade de l’onomatopée et de l’invective, au stade du “f***” devenue une sorte de tempo, le beat qui rythme le “discours”. Il est impossible d’échapper à la réflexion assez simple que le langage reflète la pensée, le caractère et le reste, et qu’ainsi nous observons un champ de ruines agité de soubresauts, – fuck, fucking, fuck you. Ce n’est pas le triomphe de l’anglais, – imaginez ce que Shakespeare penserait en nous écoutant, – qu’il faut déplorer, mais le triomphe d’un langage appauvri jusqu’à la barbarie, jusqu’à la non-existence de la langue, nous restituant ainsi le niveau de la pensée et du caractère dans ces temps-là.!
source http://www.dedefensa.org/article-le_f_-scandale_f_-bobo_pour_bho_13_12_2008.html
Rédigé par: user.von | lundi 15 décembre 2008 at 00:39
Hugues : Ce qui me gêne un peu, personnellement, c'est que ce qui ne tue pas rend plus fort.
Or, il y a un point sur lequel cet humour touche juste : jamais cela n'aurait fait rire qui que ce soit si un tel reportage avait été fait sur Besancenot : car il ne fait pas de point-presse, ne met pas de cravate, et d'une manière générale, ne parle pas aux "abonnés" et autres enchainés volontaires.
Rédigé par: Passant | lundi 15 décembre 2008 at 08:16
Bonjour,
Je viens de survoler les commentaires de votre article sur rue89.
Comment arrivez-vous à gérer autant de haine et d'incompréhesion ? Cela ne vous touche pas un peu ? Il y a de quoi être ébranlé quand même.
Rédigé par: Zen | lundi 15 décembre 2008 at 13:20
Sur rue89, les commentaires sont squattés par une poignée de Robespierre en charentaises qui insultent systématiquement tous ceux qui expriment une opinion un tant soit peu divergente. Ok, il s'agit d'une minorité qui ne représente pas le lectorat du site, mais le mal est fait. Les 3/4 des commentateurs du début (moi y compris) ont jetté l'éponge. Aucun dialogue possible. Du coup, la qualité des commentaires s'en ressent, et le concept du début (espace de dialogue) est foutu pour de bon. C'est triste à dire mais je crois que ça va rapidement devenir un problème pour le site lui-même
Rédigé par: Antoine | mardi 16 décembre 2008 at 09:14
Lu parmi les commentaires sur Rue 89 : "Reprends contact avec la réalité, bonhomme. Fais-toi donc prof ou étudiant."
J’aime beaucoup.
Rédigé par: aymeric | mardi 16 décembre 2008 at 10:31
Hugues : sur le pifomètre, ben faut aller dans les ateliers, hein. (J'espère qu'il reste quelques journalistes pour savoir que ça existe encore.) Chez Citron à côté de chez moi; la part d'intérimaires varie entre 15-20 et 30 % selon les moments (en ce moment sans doute beaucoup beaucoup moins !)
Plus sérieusement : il ne s'agit pas de « mélanger » la crise économique, la réforme des lycées etc. Mais je ne vois pas pourquoi isoler arbitrairement comme tu le fais les manifs lycéennes du reste pour dire « ce n'est pas quelques manifs lycéennes qui feront des émeutes comme en Grèce » — la peur qui s'exprime dans les propos des politiciens de gauche comme de droite provient justemnt de la conjonction de ces éléments (— de la peur de leur jonction), donc critiquer cette peur (ce qui est parfaitement légitime) suppose de prendre en compte l'ensemble de ce qui la fonde. (Par ailleurs, les lycéens ont des parents, des amis, des frangins, des voisins… ils ne sont pas dans une bulle.)
Ensuite, je n'ai jamais affirmé que « la France, la Grèce et l'Espagne, c'est tout pareil » comme ta légendaire honnêteté te le fait prétendre. J'ai dit que ces pays, entre autres, partageaient un certain nombre de dirigeants, une certaine politique au plan monétaire, au plan de la protection sociale, au plan des services publics — il a même été question qu'ils partagent une constitution, l'as-tu oublié ? Alors le coup de l'Orient lointain et compliqué…
Rédigé par: Cobab | mardi 16 décembre 2008 at 11:46
Tous les jours, je me lève et j'espère que d'autres hommes que vous existeront
http://fr.youtube.com/watch?v=QKC235w1BmE
Rédigé par: Jean-Paul | mardi 16 décembre 2008 at 12:58
Gros con.Ceci n'est pas un pseudo.
Rédigé par: Thierry Guibourt | mardi 16 décembre 2008 at 14:31
Bonjour,
Je suis étonné (en même temps pas tant que ça...) de lire autant de commentaires arguer en faveur des gros titres de Libé.
En effet, n’étant pas un lecteur assidu de ce quotidien, j’ai pu néanmoins constater, concernant l’article relatant les émeutes grecques, les raccourcis légèrement inquiétants, et (Mme Sommier ne semble plus croire à l’épanouissement du « jeune », en ressassant les bons vieux conflits générationnels chers à mon regretté Pierre…) la tentative loupée d’analyse concrète des évènements Helléniques. Pour cela, je ne vous conseillerai que trop bien de lire tout simplement les journaux du pays intéressé (http://www.webdopresse.ch/liste_titre.asp?nav=francais&pays=267&nompays=Gr%E8ce&cont=&nomcont=%20), souvent plus à même de donner les véritables raisons de ces émeutes, qui semblent reposer plus sur une crise politique profonde du pays déjà amorcée par la peur primale de la crise financière, et évidemment le décès d’un jeune manifestant grec n’a pas véritablement désamorcé la situation alors sur une « poudrière » …
AAhh la joie de l’amalgame, des analyses bidons et du « j’ai mal pour les jeunes d’aujourd’hui avec toutes ces difficultés, le Sida, la violence… »
Oui, certes, vous oubliez les tsunamis ma chère Isabelle, les tsunamis !…
Force est de constater qu’aujourd’hui (comme depuis pas mal de temps d’ailleurs), pour vendre un quotidien, il s’agit de faire des gros titres, forts de sens mais vides de contenu, pour attirer le lectorat Français en berne, plus à même, ces derniers temps, de s’affaisser devant les JT de nos chaînes, élaguées de publicité pour canard surfant dans les cuvettes et serviettes hygiéniques bleutées.
Oui, le jeune n’est pas content mais ça fait un moment que ça dure.
Je ne suis pas très vieux, moi non plus (à peine 24 années) et il m’est arrivé de me rendre à plusieurs manifestations étant Lycéen ou étudiant. Je ne vais pas vous mentir sur ce point, celles-ci étaient une merveilleuse échappatoire aux après-midi de cours interminables, (pour lesquels, oui je n’étais pas spécialement content) et le moindre chevelu bardé ou non de son béret révolutionnaire, hurlant à la grève, devenait soudainement si convaincant, qu’il m’était alors facile de crier à mon tour des slogans incompréhensibles, une heure durant, pour tenter de passer à la télé ou impressionner 2-3 filles aux alentours, qui croyaient alors dur comme fer à la réincarnation du Che-Palestino-Massoudien en ma petite personne, chaussée de converses et d’un jeans crade style « rebelle de la société » (Mais le « Boucher de la Cabaña » n’était-il pas tout simplement Cubain ? qu’importe…).
Il est à rappeler aussi que la plupart du temps, chevelu (ou joufflu), le copain hurleur est généralement un copain d’une association étudiante qui a tout à gagner à se démarquer de ses concurrents, un peu plus festifs qu'associatifs, et à apposer sa marque radicale sur chaque mouvement de contestation en poupe…oui il faut vivre avec son temps…et son parti…
Les époques changent et les problèmes restent les mêmes. Les jeunes ne supportent pas le gouvernement, car la liberté est le principe mais la réglementation l’exception !
Alors forcément, on n’a pas vraiment envie de respecter les règles mais plutôt créer les nôtres plus en accord peut être avec le principe.
Donc quand un ministre à l’idée saugrenue de « réformer » le système éducatif qui lui aussi est en jachère depuis une 40aine d’années, tout le monde s’insurge et hurle son mécontentement avant même de se donner la peine de lire le projet de réforme en question, se bornant à la simple analyse de Libé par exemple (puisqu’il est question de lui).
Evidemment lire un projet de Loi, je vous avouerai que c’est un exercice extrêmement chiant, mais ce n’est pas l’apanage exclusif des juristes non plus, et une critique au fond du texte serait plus imposante que des hurlements de lycéens, interviewés toutes les 10mn, en leur susurrant à l’oreille que leur combat ferait écho à celui de nos amis Grecs…
Bien évidemment le jeune ne crie pas pour ce qui est de la faim dans le monde, les actes de barbarie commis au Soudan, le fait que Sarkozy n’extrade pas Marina Petralla pour raison « Humanitaire », que la Star Ac’ envisage une nouvelle saison, ou que les stages en entreprises soient encore si mal payés ….non c’est sûr c’est moins « tendance ».
Alors je voulais simplement par ceci essayer de recentrer le débat sur les manifs étudiantes et leur non connexité avec les émeutes Grecques, et éviter de vouloir à tout pris tout mélanger, pour peut être se rassurer en se disant « Mais oui ! Mais c’est bien sûr ! C’est de là que tout est parti ! »
Rédigé par: Benoît (aka ton frangin) | mardi 16 décembre 2008 at 15:55
Sur que de nos jours, on est déjà très vieux à 24 ans !
Rédigé par: Ozenfant | mardi 16 décembre 2008 at 16:40
Oui, et vous n'imaginez pas à quel point ! (bien que je ne crois pas avoir affirmer que j'étais vieux précedemment...)
Rédigé par: Benoît | mardi 16 décembre 2008 at 16:48
Oh là, là… C'est de plus en plus n'importe quoi, ici.
Les vaticinations sont définitivement en roue libre (on a même le petit frère grimpé sur le porte-bagage !).
Rédigé par: Antoine Block | vendredi 19 décembre 2008 at 01:38