2009 sera une année terrible pour la France, ponctuée de drames sociaux et économiques. Un peu comme 2008, 2007, 2006, 2005 et 2004 (1), en fait.
J'avais demandé à mon ami Thibaut C. — celui que sa grande radio généraliste envoie parfois couvrir la poursuite de la médiocrité télévisuelle par d'autres moyens —, de m'assister dans une petite expérience de médiologie amusante. Je me demandais en effet s’il n'était pas possible de démontrer que le marronnier préféré de la presse française, au moment des fêtes, n'est ni la naissance du petit Jésus, ni cette météo incroyablement capricieuse, mais bien la description de la pauvreté croissante des classes moyennes…
Le micro-trottoir télé ou radio type, à l'heure où les caddies débordent pourtant de foie gras et de saumon fumé, consiste à laisser une mère de famille suicidaire expliquer que cette année, c’est vraiment — mais alors vraiment — la fin des haricots. Et si les petits Gaulois s’imaginent qu’ils vont retrouver quelque chose sous le sapin, ben ils se fourrent manifestement le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Tiens, y en aura même pas, de sapin..
Las, trop occupé à organiser ses vacances à la neige aux frais du nouvel ORTF sarkozyen, l’ami Thibaut ne s’est pas acquitté de sa tâche et n’est pas venu apporter la preuve par l’archive sonore de mon intuition. Mais qu’importe ! Mes propres données bloguesques devraient permettre de faire une démonstration du même acabit. Qu’on en juge : fin 2004, les Français étaient totalement déprimés, Gérard Mermet, le compilateur annuel de la Francoscopie les décrivant même comme « las et découragés par l’avenir ». Fin 2005, sonnés par les émeutes des banlieues, ils n’en menaient pas large non plus. Fin 2006, ils se voyaient carrément tous SDF et le candidat Sarkozy en était réduit à partir pour Londres, histoire de mendier le retour des forces vives. Fin 2007, Libé, toujours à la pointe de l’actualité morose, était d’ailleurs tout à fait dans le ton en annonçant l'arrivée des quatre cavaliers de l’apocalypse pour l’année nouvelle.
Mais nous voici maintenant à quelques jours de la fin 2008, et il semble que nous devions clore cet exercice sur la même note dramatique et désespérée. Pour autant, et j’espère que les reporters du service public, lorsqu’ils iront tirer les vers du nez d’une ménagère au portefeuille dégarni dans les allées du Carrefour de la porte de Montreuil, lui feront remarquer que nous ne sommes plus seuls à neurasthéner, la crise étant désormais mondiale. Oui, mondiale ! Et si nous nous morfondions solitairement quand trois milliards d’asiatiques émergeaient à toute allure de la pauvreté ou quand Espagnols, Irlandais et Britanniques dansaient dans des rues pavées d’or, le modèle français de dépression terminale semble enfin s’être propagé au reste de la planète !
Bon, à vrai dire, nous n’y sommes pour rien. Entre les subprimes et Madoff, les Américains peuvent revendiquer l’essentiel du marasme. Mais tout de même, il serait dommage que l’on ne nous reconnaisse pas le statut de pionniers de la déprime et de défricheurs des idées noires. Notre hyperprésident s’est déjà laissé voler la vedette par Barack « Yes we can ! » Obama ; plus personne ne sait que « Comme d’habitude » a été un tube de Claude François avant de lui être chipé par Frank Sinatra… Merde, il ne manquerait plus que nous soyons dépouillés du copyright sur la sinistrose !
Bah, je ne suis pas inquiet : lorsque la crise mondiale sera passée. Lorsque les Asiatiques se seront remis à émerger à la vitesse grand V, que les Britanniques, les Espagnols et les Irlandais recommenceront à faire la java, je veux bien parier que nos lycéens seront toujours dans la rue pour dénoncer la fin de l’école publique au côté de profs criant leur malaise et de postiers hurlant leur détresse. We’ll do it our way !
Ah et bonne année 2009 à vous aussi !
© Commentaires & vaticinations
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(1) Désolé, les archives du blog ne remontent pas plus haut. Mais je vous laisse à vos souvenirs personnels pour l’ambiance des années précédentes…
Ah oui mais ce coup-ci c'est VRAIMENT vrai ! Je vous dirais bien "rendez-vous l'année prochaine" pour le prouver, mais c'est pas sûr qu'on passe l'année, hein ...
Rédigé par : Yogi | mardi 23 décembre 2008 à 00:32
J'en connais un autre qui radote.
"Laissé voler", avec "voler" à l'infinitif, siouplaît.
Et bonne journée quand même.
Rédigé par : Poil de lama | mardi 23 décembre 2008 à 08:39
Yogi,
Non pas sûr. Mais si c'est le cas, je suis certain que 2010 sera encore pire.
Poil de lama,
C'est corrigé, merci. Mais comment ça, je radote ? Ce n'est tout de même pas ma faute si je suis obligé de réécrire le même papier chaque année !
Rédigé par : Hugues | mardi 23 décembre 2008 à 09:20
J'aime beaucoup ton blog hughes, mais j'ai parfois du mal à voir la où tu veux en venir. Que tu trouves que la ligne éditoriale de libé soit trop catastrophiste c'est une autre chose ; mais je ne comprend pas pourquoi tu ne veux pas admettre que dans l'ensemble le moral des français soit bas.
En 2002, on avait le sentiment d'insécurité. La délinquance devait à peu de chose près être similaire à celle d'aujourd'hui, mais par contre le sentiment (j'insiste!) d'insécurité lui était très fort. Et bien aujourd'hui on a le sentiment d'injustice.
Exemple de chose qui contribue au sentiment d'injustice : BNP Parisbas qui obtient 2,25 milliards de l'état fin 2008, alors que de 2003 à 2007 elle a réalisée 34 milliards de bénéfices(dont 14 ont été distribués aux actionnaires).
Les constructeurs automobiles, qui à deux composants électroniques près, fabriquent les même voitures qu'en 1980, parce qu'ils ont sciemment choisi de ne pas investir dans la recherche, qui viennent aujourd'hui jouer les pleureuses, et obtiennent eux aussi des sommes à 9 zéro contre la seule promesse de ne pas délocaliser dans les deux prochaines années.
Pendant tout ce temps, le français moyen qui rame pour ramener 1500€ à la fin du mois, forcement il peut ressentir sentiment d'injustice. a-t-il vraiment tort?
Par ailleurs la crise, les plans sociaux, la paupérisation des classes moyennes, la hausse du chômage, ça n'est pas seulement du fantasme. ça existe quand même. 2009 ne s'annonce pas foilchone
les années 2005-2006-2007, avec leur croissance positive (moins de deux %, mais bon croissance quand même) n'étaient sans doute pas si mauvaises, dans l'ensemble.
Mais très franchement quand tu rames pour ramener 1500€ à la fin du mois, que ton loyer et ta baguette augmentent de 5% par an, que ton temps de travail empiète très largement sur ta vie privée ( t'as déjà eu le droit à "tu prend ton après midi?" quand tu quitte le boulot à 18h15?) et qu'on te dit que tu es payé au forfait, donc pas d'heure sup, quand la somme que tu épargnes tous les mois pour faire des projets diminue tous les mois, qu'est ce que t'en a à foutre des 0,14% de croissance au troisième trimestre 2008?
Rédigé par : nicolas | mardi 23 décembre 2008 à 10:16
Nicolas,
Mais comment le moral des Français peut-il être au ras des pâquerettes depuis si longtemps ? Il faut remonter à 98 (effet coupe du monde), puis à 81 (effet Mitterrand) pour que ce pays puisse être considéré comme globalement optimiste.
Évidemment, il existe tout un tas de raisons objectives de ne pas être satisfait. Mais ce qui me gonfle au plus haut point, c'est la manière dont nous en sommes venus à nous complaire dans cet état dépressif. Je l'ai déjà dit ici, je ne crois pas à la méthode Coué, mais je crois à l'effet inverse : répète tous les matins à quelqu'un qu'il est bête et moche et il finira par le croire. Répète quotidiennement aux Français qu'ils vivent dans des conditions horribles et que les choses vont s'aggraver, que les jeunes vivront plus mal, que les vieux vont s'éteindre dans d'atroces souffrances et ils s'en convaincront.
Pour se colleter avec la réalité, il faut l'identifier, pas la fantasmer.
Rédigé par : Hugues | mardi 23 décembre 2008 à 10:44
tout à fait d'accord.
je suis persuadé que l'on vit mieux en France que dans beaucoup d'autres endroits du monde, et cela pour n'importe quelle catégorie sociale.
Même si je râle contre ce foutu pays qui pourrait être mieux.
En tout cas, Hugues, bon bout d'an, et à l'an qué vin...
Rédigé par : before | mardi 23 décembre 2008 à 12:03
si "le marronnier préféré de la presse française, au moment des fêtes, n'est ni la naissance du petit Jésus, ni cette météo incroyablement capricieuse, mais bien la description de la pauvreté croissante des classes moyennes…", le maronnier du blog com-vat au moment des fêtes c'est de s'en agacer.
Rédigé par : david | mardi 23 décembre 2008 à 12:32
David,
Farpaitement ! Mais si ça se trouve, c'est le contraire et les médias réagissent en fait préventivement à mon billet de fin d'année.
Rédigé par : Hugues | mardi 23 décembre 2008 à 12:35
Nicolas,
Je pense que le point d'Hugues n'est pas de nier le bas moral de Français, mais d'insister sur la caractère auto-réalisateur du catastrophisme ambiant.
Toi-même dans ton commentaire illustres à merveille ce filtre négatif, ce biais de perception qui ne fait remonter que les mauvaises nouvelles et va jusqu'à en inventer.
Ton paragraphe sur l'automobile est caractéristique. Prend n'importe quelle bagnole d'aujourd'hui et prend toi un mur frontalement à 50km/h. Tu seras à peine décoiffé. Fais ensuite la même expérience avec une R14 et on en reparle.
Dire que les bagnoles n'ont pas changé depuis 30 ans ou que les constructeurs n'ont pas fait de R&D, ajouter que c'est sciemment; tout cela dénote une volonté de noircir le tableau au delà du raisonnable.
C'est justement ce que condamne Hugues.
Rédigé par : Liberal | mardi 23 décembre 2008 à 13:00
ah, hugues, voilà qui devrait vous plaire :
http://www.lefigaro.fr/medias/2008/12/23/04002-20081223ARTFIG00005-les-medias-sont-accuses-d-aggraver-la-crise-.php
Rédigé par : david | mardi 23 décembre 2008 à 13:30
O Freunde, nicht diese töne!
Ce ton me rappelle justement celui désespéré de ma professeur de Latin qui concluait ses cours par un "A quoi bon?" ramenant notre vallée de larmes au bas-empire.
Je me demande si la France n'a pas souffert du quart de siècle mitterando-chiraquisme dont le mot d'ordre le plus terrible fut: "Contre le chômage, nous avons déjà tout essayé!"
Fondamentalement, cette période a donné au noyau de la population active (les 30-40 ans grosso modo) un sentiment insidieux de peur et d'incertitude du lendemain. Tous ont connu de près ou de loin la pénurie d'emploi.
Regardant le taux de chômage, je me suis persuadé que depuis 1973, nous sommes en crise chronique.
C'est incroyable de savoir qu'en 1968, la France était considérée comme un dragon!
Il nous manque sans doute un projet fédérateur. Le plus auguste des rois, dans sa folle jeunesse, nous offrait victoire sur victoire. Les encyclopédistes nous donnèrent le goût de la Science et du progrès. La Révolution fonda un ordre nouveau que le dernier héros divin voulut étendre à l'Univers. Le Général nous promettait la prospérité à l'ombre des fusée. Sous VGE, Norbert Ségard câbla le pays en fils téléphoniques comme jamais. Mitterrand en 1981 promit de changer la vie. Il échoua au bout de deux ans.
Les grands programmes technologiques comme Super-Phénix (juste au moment où on commençait à maîtriser le concept!) ou la navette Hermès furent arrêtés sans être remplacés par autre chose. Espérons que le Grenelle de l'environnement sera l'occasion de donner au monde occidental et à la France l'occasion de retrouver espoir.
Rédigé par : PEB | mardi 23 décembre 2008 à 15:12
Aucun canard, aucun hebdo qui n'ait titré "XX millions de chômeurs en plus d'ici à...", c'est un concours à la sinistrose ! "Nicolas" est vraiment la voix de cette tendance "ô misère, ô malheur" (Lippy le Lion, enfin son copain Jérémie).
Rédigé par : cdc | mardi 23 décembre 2008 à 16:01
Surtout Hugues, ne change pas !
Les évocations, jusqu'à la nausée, de la crise alimentent la dite crise. On en est à calculer les "futurs" chômeurs !
Elle est bien pratique cette damnée crise. Elle permet de faire passer tout ce qu'on veut sans démontrer quoi que ce soit.
Le banquier refuse le prêt (ben, oui, ya un risque). Le patron vire ou met au chômage technique (ben oui, on a des doutes sur la suite). Les profs hurlent à l'arrêt des réformes (ben oui, c'est trop dangereux de changer maintenant).
Nous avons les médias que nous méritons. Pauvres de nous !
Rédigé par : Thierry | mardi 23 décembre 2008 à 21:48
Je suis assez d'accord. et même beaucoup avouons le.
aujourd'hui dans une rédaction dont je ne citerai pas le nom, un reporter d'une chaîne dont je ne dirai rien faisait un reportage sur quelque chose que j'ignore.
(bon début hein?)
bref le reporter télé demande au redac chef maison si la crise actuelle n'est pas une crise dans la crise pour la presse. si on fait qq chose de spécifique sur la crise. si on n'en fait pas des tonnes avec la crise.
5 minutes d'échanges sur la crise pour se demander si on en parle pas beaucoup de cette crise.
je ne savais plus quoi penser.
et puis en lisant votre note : la dernière fois que j'ai espéré n'était pas si lointaine, ... elle remonte à Obama :)
vraiment Obama sans rentrer dans tous les clichés entendus mille fois m'a impressionné par quelque chose que je ne croyais avoir jamais vu à ce point chez un homme politique : l'espoir
difficile à décrire mais écouter Obama, même avec tout le recul possible (ne serait ce que celui de l'Atlantique) c'est accéder à une part de rêve ...
les Américains sont probablement moins pessimistes que nous, mais ils ont trouvé là une sacrée perle.
le jour où un homme politique français sera capable de susciter autant d'espoir par chez nous, pigs will fly !
Rédigé par : Phix | mardi 23 décembre 2008 à 23:13
ah et comme je viens de voir le lien de david, non la rédaction dont je parle n'est pas celle du Figaro, mais il n'est pas impossible que ce soit lié
Rédigé par : Phix | mardi 23 décembre 2008 à 23:15
Marronnier ou obsession, je ne sais, mais on peut répondre, avec Nicolas (et comme je l'ai déjà écrit précédemment, mais la répétition des billets produit la répétition des commentaires), que l'incontestable sinistrose française, attestée par tous les sondages (auxquels il n'y a pas lieu de ne pas accorder foi, à moi de présupposer - comme vous n'hésitez pas à le faire, Hugues - que les Français répondent qu'ils sont inquiets pour leur avenir alors qu'ils ignorent eux-mêmes le bonheur béat dans lequel ils s'ébattent) repose au moins pour partie sur des faits établis et mesurables, par exemple et pêle-mêle la hausse du chômage, la crise financière, le recul des retraites à 70 ans, la criminalisation de l'opposition politique, voire de la simple insolence (Tarnac, "Pov'con", poupée vaudou...), la stagnation des salaires, le chômage massif des séniors (2/3 des plus de 50 ans) qui fait de la France le plus mauvais pays européen en la matière, les primes extravagantes des traders qui demeurent pour l'essentiel intouchées après le plan de relance des banques, la chasse à l'étranger comme source de la majeure partie de nos maux, le recul constant de notre pays sur le plan du respect des droits de l'homme et des libertés individuelles (désormais régulièrement stigmatisé par les organismes internationaux), le démantèlement méthodique du droit du travail au nom du "progrès" (manifestement pas celui de la classe moyenne), etc., etc.
Mais de tout cela, vous n'avez cure. Si les Français sont déprimés et depuis si longtemps, ce n'est (surtout) pas, ce ne peut pas être parce que leur situation se dégrade effectivement (certes, cela reste mieux que le Congo, je vous l'accorde). Ce ne peut donc être dû qu'à un mal mystérieux, peut-être un virus qui s'attache et s'attaque aux gènes "français", ou alors un odieux complot de l'anti-France anarcho-gauchiste dotn on ne sait que trop combien les tentacules gluants s'étendent chaque jour davantage sur le monde pour lui pomper ses forces vives.
Oui, ce doit être cela, vous avez raison, Hugues.
Rédigé par : Antoine Block | mercredi 24 décembre 2008 à 00:27
Intéressant votre inventaire à la Prévert, Antoine Block. La plupart des éléments sont soit faux, soit présentés de façon absurdement négative, soit insuffisants pour expliquer la spécificité de la déprime française.
la hausse du chômage, la crise financière : mais les Français déprimaient déjà avant la crise financière quand le chômage baissait.
le recul des retraites à 70 ans : les retraites n'ont pas reculé à 70 ans, renseignez vous. En revanche elles ont reculé à 67 ans en Allemagne sans provoquer de suicide collectif.
la criminalisation de l'opposition politique : Tarnac est un crime, pov'con n'a donné lieu à aucune poursuite...
les primes extravagantes des traders : les traders ne sont pas moins payés à Londres, pourtant les Anglais ne semblent pas réaliser à quel point il est terrible de vivre à coté de gens riches.
la chasse à l'étranger comme source de la majeure partie de nos maux : il y a un contrôle de l'immigration clandestine et personne ne la présente comme un élément majeur (sauf les associations bien sûr)
le démantèlement méthodique du droit du travail : vous pouvez citer UN exemple?
Mais vous avez peut être raison de mentionner le droit du travail. Il est en France extraordinairement protecteur en comparaison de nos voisins européens. En Allemagne la plupart des fonctionnaires n'ont pas le droit de grève, au Danemark les entreprises licencient en 15 jours et je ne parle pas de la Grande-Bretagne. En tout logique les habitants de ces pays devraient être encore plus déprimés que nous. Et pourtant c'est le contraire.
Se pourrait il alors que la causalité aille dans l'autre sens? Serait il possible qu'un droit du travail conçu, écrit et appliqué dans le but unique de nuire aux employeurs ait eu comme effet de réduire le nombre et la qualité des emplois?
Rédigé par : Liberal | mercredi 24 décembre 2008 à 10:00
Hugues,
Pour les Français, mon grand, la crise sera passée dès que notre niveau de vie et nos horaires de travail hebdo aura été rejoint par celui des Chinois... à moins, évidemment qu’on se décide à faire quelque chose au lieu de -regarder les entreprises tomber-.
Rédigé par : Ozenfant | mercredi 24 décembre 2008 à 10:17
Pour les gens d'action, la merveilleuse phrase de Romain Rolland est un credo : "Pessimisme de l'intelligence, mais optimisme de la volonté".
Pour les ravis effrayés par tout et rien, ils feraient bien de méditer G. Bernard Shaw :
"Je possède ce don d'observation appelé cynisme par ceux qui en sont dépourvus."
Enfin pour les citoyounais gentillets qui ont toujours eu peur de leur ombre :
"L'homme raisonnable s'adapte au monde. L'homme déraisonnable essaye d'adapter le monde à lui-même. Par conséquent tout progrès dépend de l'homme qui n'est pas raisonnable".
Bon Noël à tous !
Rédigé par : Ozenfant | mercredi 24 décembre 2008 à 10:39
Signalons que Libé sort ce matin un numéro "optimiste" et que Bernard Guetta explique dans sa chronique qu'on lui a exceptionnellement demandé d'être positif... Hum, jusqu'où va se nicher le sarkozysme !
Rédigé par : Hugues | mercredi 24 décembre 2008 à 10:57
La reconquête de l'hégémonie sinistrale s'organise.
Lu dans Le monde : "En attendant, les conséquences de la crise sur la vie des Français se font chaque jour sentir davantage. Les industriels du jouet, qui étaient encore optimistes en novembre - un mois où la consommation des ménages a augmenté de 0,3 % -, sont maintenant pessimistes."
Hugues, putain, les jouets. Tu te rends compte ? Les jouets. Pas le foie gras un peu moins gros. Pas les vacances au ski qu'on annule ou raccourcit. Non. Les jouets... Pudiquement, hein... On passe par les industriels. Ce serait tellement dur avec les familles (et puis, oh, faut en garder sous le coude ; le pire n'est jamais certain).
Bon, j'exagère un peu, certes. M'enfin, en y songeant un peu, y a de ça...
Rédigé par : éconoclaste-stéphane | mercredi 24 décembre 2008 à 11:47
Salut Hugues,
Le pire, c'est que tu as raison ; mais ne faut il pas y voir le lent délitement de notre modele d'état providence pepere, qu'on rogne par petits bouts plutot que d'un grand coup à la Thatcher/Reagan ?
Personnellement, j'ai l'impression que nous manquons collectivement d'une raison d'être, que l'enthousiasme des fondateurs de l'après guerre, éventuellement de l'apres 1981 s'est délité et qu'il ne nous reste que la mesquinerie sarkozienne qui consiste à pisser sur plus petit que soi (et à envier celui du dessus). N'ayant comme perspective que la défense, non des "acquis", mais d'une façon de vivre menacée par les mêmes qui la regrettent (je me gave de merdasse fabriquées à l'étranger et d'émissions de TF1 débiles, et je m'en plains), il est normal que le moral soit au plus bas, et perpétuellement. Pourtant, les gens font des momes ! Va savoir, Charles.
Sur ce, bonnes fêtes!
Rédigé par : Guillermo | mercredi 24 décembre 2008 à 12:45
une petite réponse à liberal:
"Ton paragraphe sur l'automobile est caractéristique. Prend n'importe quelle bagnole d'aujourd'hui et prend toi un mur frontalement à 50km/h. Tu seras à peine décoiffé. Fais ensuite la même expérience avec une R14 et on en reparle."
La r14 a ceci de commun avec 99% (voir un peu plus)des bagnoles d'aujourd'hui d'avoir comme UNIQUE source d'énergie le pétrole. Certes aujourd'hui, ca consomme moins, il y a des airbag, un abs, des vitres electriques, un capot pliable et éventuellement un GPS. bref deux ou trois composant electroniques en plus ;)
"La plupart des éléments sont soit faux, soit présentés de façon absurdement négative, soit insuffisants pour expliquer la spécificité de la déprime française."
"la criminalisation de l'opposition politique : Tarnac est un crime, pov'con n'a donné lieu à aucune poursuite..."
A ma connaisance personne les illuminés de tarnac ont commis un/des délit(s), ca reste moins grave que des crimes (Pour le non juriste que je suis, crime = viol ou meutre, ou tentative de l'un des deux ; en aucun cas le sabotage n'est un crime; il(le sabotage) peut en revanche être reconnu comme terrorisme).
Si notre président n'a pas été poursuivi pour le "casse toi pauvre con" qu'il a prononcé au salon de l'agriculture, un citoyen français à lui été poursuivi, pour des faits similaires : il était en possession d'une pancarte sur laquelle on pouvait lire "casse toi pauvre con" à proximité d'un lieu qui allait être visité par le dit président. Là encore, je t'invite à visiter le blog de maitre eolas(www.maitre-eolas.fr) pour plus de détail.
"la hausse du chômage, la crise financière : mais les Français déprimaient déjà avant la crise financière quand le chômage baissait."
Je pense que nous(les lecteurs et le rédacteur de ce blog) serons tous d'accord pour dire que le catastrophisme ambiant est exagéré.
C'est sur la cause et l'ampleur de cette exagération et surtout sur les moyens de la faire disparaitre que nous serions -je pense- en désaccord.
Toutefois, pourquoi est-il à ce point exclu que c'est parce que depuis quelques années déjà, quelque chose ne tourne pas rond que les francais ont un mauvais moral?
[attention, quart d'heure métaphysico-existentiel en vue]
Bien sur que nous sommes dans l'un des pays où il fait bon vivre, (surtout lorsque l'on se compare à 75 % des gens vivant sur terre). Mais pourquoi s'en contenter? C'est légitime de vouloir plus. (raisonnement d'actionnaire ? non raisonnement d'humain! il faut juste savoir bien orienter ce "plus" - je vous l'avais bien dit que ca allait tourner métaphysique)
Et c'est la que ça se gate. quelles sont nos perspectives: tous les efforts et sacrifices auxquels nous allons consentir ne seront pas destinés à améliorer le sort de nos enfants, mais juste à éviter un effondrement total du système en place (qui favorise plus que de raison les traders et actionnaires, rentiers etc..)
Ce serait surement une catastrophe si ce système s'écroulait. le problème c'est que c'en est également une que ce système reste en place.
[fin du quart d'heure métaphysique, merci de votre attention]
Rédigé par : nicolas | mercredi 24 décembre 2008 à 15:54
Bernard Guetta !
Un de ces nombreux zozos, dont l'existence est la preuve même (s'il en fallait encore une), de l'infini crédulité de notre race et de la confusion qui y existe entre "PENSER" et “ordonnancer ses idées reçues”.
Rédigé par : Ozenfant | samedi 27 décembre 2008 à 10:44
Ce qui permet à un homme d'action d'être un homme d'action; c'est sa faculté de prendre des risques, sans risquer d'y laisser sa santé ou sa réussite trop vite.
Il doit donc posséder une aptitude particulière à repérer les dangers (DON D'OBSERVATION).
Alors, bien sûr il développe une faculté particulière à repérer les innombrables tares du système.
CELA NE LUI FAIT PAS BAISSER SON OPTIMISME VITAL, bien au contraire.
C’est uniquement dans les milieux ou la vie est un long fleuve tranquille, que le moindre évènement défavorable provoque des pertes de moral !
Pauvres petits moutonnets !
Rédigé par : Ozenfant | samedi 27 décembre 2008 à 10:53
Et si le pessimisme français marquait une avant-garde ? L'intuition de la fin d'un système, provisoirement inhibée par la frustration de se sentir isolé pour reconstruire sérieusement autre chose (disons l'Europe sociale, pour rester pragmatique)...
Rédigé par : Michel B. | lundi 29 décembre 2008 à 00:01