Le soutien d'Olivier Besancenot à Jean-Marc Rouillan n'est pas une maladresse. Souhaitons tout de même qu'il ne soit pris au sérieux par personne.
Il y a un vrai malentendu dans la manière dont les gazettes commentent l'affaire Rouillan et l'incapacité d'Olivier Besancenot à se désolidariser de l'assassin de Georges Besse. Le présupposé est généralement que le facteur joufflu s'est montré maladroit, qu'il est bien évidemment hostile à toute forme de violence mais qu'il ne sait (ou ne veut) l'exprimer trop clairement pour des raisons marketing... Ce n'est pas le cas. Et pour tout le discours de bisounours altermondialiste via lequel NPA est en train d’élargir la base du trotskisme orthodoxe, le vieux rêve du Grand Soir est toujours d'actualité.
Le petit côté gendre idéal de Besancenot est d'ailleurs diversement apprécié chez les vieux de la vieille, qui ont déjà eu pas mal de couleuvres à gober depuis la fin, en 2003, de la référence officielle à la « dictature du prolétariat ». Désormais, la Ligue est censée prôner des valeurs susceptibles de séduire jusqu’aux membres les plus standards du MJS ; dans le temps, la migration se faisait pourtant dans l’autre sens lorsque, fatigués de lancer des pavés et attirés par la perspective d’un siège au Conseil Général de la Creuse, de jeunes ambitieux réévaluaient leur plan de carrière.
Mais tous les passages du facteur chez Michel Drucker ne feront pas d'une LCR re-brandée l’équivalent d’une Alliance Nationale de gauche. Non : le projet ultime reste celui d’une élimination du capitalisme et d’une révolution socialiste ― pas celui de l’adaptation à la marge de cette société gangrenée par l’économie de marché et le remplacement de la classe ouvrière par la classe moyenne... Dans ce contexte, Jean-Marc Rouillan n’est pas l’hibernatus anachronique que l’on présente ici et là. Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil aux deux ou trois blogs de militants sur lesquels le service de com du NPA n’a pas prise pour mesurer la popularité du bonhomme et de ses fabuleux exploits. Oui, il se trouve encore des camarades, là-dehors, pour approuver le meurtre du patron d’une entreprise nationalisée et nommé par un gouvernement de gauche pour cogérer la fabrication de la 4L avec la CGT ! Bon, vous me direz, on trouve même, à Libé, un chroniqueur spécialiste du décryptage médiatique pour penser, « au fond de lui-même » et « en frémissant », que l’action directe peut avoir du bon. Lorsqu’on en est là…
Moi-même, je me fiche éperdument du retour de l’ancien terroriste en prison : libéré sous condition avant la fin de sa peine, il savait ce qu’il risquait en s’exprimant dans l’Express et pouvait très bien attendre encore quelques mois avant de se vanter publiquement d’être un assassin. Ce dont je ne me fiche pas, en revanche, c’est de la manière dont l’ami Besancenot est susceptible de rendre acceptable, sinon souhaitable, le recours à la violence chez tout un tas de baba-cools politiquement incultes mais élevés sous un poster du Che.
Pour les jeunes des beaux quartiers qui s’imaginent que la révolution passe essentiellement par le blocage périodique de la fac de Rennes, aucun danger. Mais chez ces gens un peu fragiles, un peu exaltés, voire un peu crétins qui pensent sincèrement que les équipées sauvages dans la nuit parisienne sont idéologiquement défendables et romantiquement séduisantes, les choses sont assez différentes. Et peut-être est-il plus urgent, avant de déplorer le renvoi de Rouillan en prison, de ne pas fabriquer en 2008 les hibernatus de 2030.
© Commentaires & vaticinations
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PS : Le titre de cette note est évidemment un clin d’œil à celle d’hier. Le communisme ne mène pas systématiquement à la barbarie. Juste fréquemment.
Je ne comprends pas : comment a-t-il pu vous venir à l'esprit l'idée que Besancenot ait pu être d'une manière ou d'une autre maladroit ? En cette occasion ou n'importe quel autre ?
Que vous ne parveniez pas à comprendre qu'on ait pas moins d'estime pour un Rouillan que pour un policier auteur d'homicide par tabassage involontaire en réunion, ça, je le conçois. Mais imaginer que le petit facteur puisse être maladroit, c'est bien mal le juger !:
Rédigé par : Passant | vendredi 10 octobre 2008 à 19:53
Olivier aurait du apprendre de ses prédécesseurs que l'on ne peut pas jouer à ce jeu là, sans mourir soi-même.
Pour beaucoup de vieux cons, il est encore difficile d'admettre que Camus avait raison face à Sartre.
il faut dire que la guerre est parfois trop belle à 20 ans !
Rédigé par : Baillergeau | vendredi 10 octobre 2008 à 19:59
Il me semble que le procès d'Action directe avait en plus montré que les membres étaient complètement à la ramasse au niveau idéologique, genre perdus et confus et absurdes, comme s'ils n'avaient même pas compris ce pour quoi ils se battaient ; bref le procès avait réussi à calmer les ardeurs des militants d'extrême gauche de l'époque.
Rédigé par : Francois Bonnet | vendredi 10 octobre 2008 à 20:15
Il faut rétablir deux ou trois choses. Vous affirmez que Jean-Marc Rouillan "pouvait très bien attendre encore quelques mois avant de se vanter publiquement d’être un assassin."
C'est faux et doublement.
D'abord parce que le silence sur les années Action Directe est imposé aux principaux intéressés, et cela ne se limite pas à la période de liberté conditionnelle. Seuls sont autorisés à commenter cet épisode politico-historique des "analystes" extérieurs et à la seule condition de tout condamner en bloc.
C'est ce que Rouillan explique : "Les mémoires d'Action directe ne sont pas écrits car l'interdiction qui nous frappe de raconter cette période va courir encore longtemps."
En second lieu, Rouillan ne s'est pas vanté "publiquement d’être un assassin." Ce qu'il a répondu à l'interview (piégée) de l'Express était extrêmement mesuré. Pourquoi ne pas le citer expréssément (c'est la cas de le dire) ? À la question "Regrettez-vous les actes d'Action directe, notamment cet assassinat?", voici ce qu'il a réellement déclaré :
"Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique."
C'est vrai, il ne s'empresse pas de se renier comme on l'attend de lui. Mais de fait, ce silence imposé, empêche effectivement, comme il le dit, tout examen, fût-il critique.
Rouillan précise néanmoins que "le processus de lutte armée tel qu'il est né dans l'après-68, dans ce formidable élan d'émancipation, n'existe plus."
Pour autant, il considère que le recours à la violence est inévitable à un moment donné d'un processus révolutionnaire.
Il n'y a pas trente-six solutions :
1- Ou bien on ne voit pas du tout la nécessité d'un changement de société, tout va bien, les mécanismes économiques sont sains et équilibrés, la justice sociale règne, la représentation politique ne connaît aucune crise de légitimité, tout va plus que bien (comme disait J6M en son temps) et les Français sont d'éternels râleurs trop gâtés (suivez mon regard);
2- ou bien on pense qu'un changement radical est nécessaire, mais que si on le demande assez gentiment à ceux qui tirent (un très grooos) profit du système actuel, ils seront assez compréhensifs et raisonnables pour lâcher les manettes;
3- ou enfin, on doit admettre l'analyse de Rouillan.
Quant à Daniel Schneidermann, je le trouve effectivement un peu timoré sur ce coup-là. On croirait du Christophe Barbier qui, en insert avant l'interview-piège, croit utile de préciser que "L'Express n'en condamne pas moins les crimes terroristes commis hier par Action directe, ainsi que tout ce qui pourrait ressembler à une apologie de la lutte armée en France".
Il a raison de préciser, le Barbier rouge (l'écharpe !), parce qu'on l'imaginerait assez bien attaquer le Medef, bardé d'une ceinture d'explosif, n'est-ce pas ?
Rédigé par : Antoine Block | samedi 11 octobre 2008 à 00:26
Que les individus capables de planifier et d'exécuter des crimes aussi odieux soient retranchés à jamais de la société, cela me parait salutaire. Que l'on ait proposé à Rouillan la liberté contre une certaine forme de silence, cela me parait une mesure de clémence. Il n'en a pas voulu, tant pis pour lui. Besancenot pense pouvoir tirer en bénéfice politique de cette affaire, il n'en sort pas grandi.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | samedi 11 octobre 2008 à 01:44
Curieux que vous n'ayez pas envisagé la solution :
4. On pense qu'un changement radical est nécessaire, et on essaie d'en convaincre la majorité de nos contemporains au cours de processus de consultation publique périodiques appelés "élections".
Rédigé par : Liberal | samedi 11 octobre 2008 à 10:23
Avec la crise, l'extrême-gauche sanguinolente est de retour, toujours pimpante malgré son purgatoire de près de vingt ans dans les poubelles de l'histoire. Je suppose qu'il ne faut pas s'en étonner. Mais ça fait une raison de plus (comme s'il en manquait) de détester les adorateurs de la compétition économique à outrance: non contents de détruire la planète, ils auront donc aussi réussi à remettre à la mode les grands soirs où on coupe la tête à tous les modérés faute de pouvoir s'attaquer aux vrais coupables. Encore bravo aux adeptes de l'anarchie financière, j'espère qu'ils auront une pensée gentille pour les démocrates qui se feront égorger à leur place.
Rédigé par : Poil de lama | samedi 11 octobre 2008 à 10:33
@Liberal :
Non, votre 4 est compris dans mon 1.
Où est le "changement radical" dans ce que vous décrivez ? N'est-ce pas exactement le jeu actuel ?
@Monsieur Prudhomme :
C'est quoi des "crimes aussi odieux" ?
Habituellement, les bonnes âmes réservent cette locution aux pédophiles et aux tueurs d'enfants.
Vous ne croyez pas qu'il se passe quotidiennement des crimes-aussi-odieux dont les responsables ne sont jamais ne fut-ce qu'inquiétés ?
Si ça ne vous saute pas aux yeux, je vous suggère quelques exemples (non exhaustifs) en vrac : les guerres diverses et variées qui tronçonnent à échelle industrielle femmes, enfants, vieillards, pour le plus grand profit des industriels, spéculateurs et marchands d'armes; les victimes de produits toxiques et/frelatés (aliments mélaminés, poupées et biberons au bisphénol, amiante, tabac, farines animales, etc.) qui sont empoisonnées pour que le brave entrepreneur puisse dégager une marge un peu plus colossale; comportements criminels de Nestlé, Danone etc. en Afrique; les 300 accidents du travail mortels par an (oui, oui, au pays des Droits de l'Homme); sans parler des SDF, surendettés, dépressifs, suicidés, (dont il faut bien reconnaître qu'ils ont le tort d'être un peu plus faibles que les autres) etc.
@Poil de Lama :
Vous n'avez pas tort (mais je vous fais seulement remarquer que de très nombreux et très innocents démocrates sont plus ou moins directement tués — rarement par égorgement, c'est vrai — pour le profit d'une élite, elle-même assez peu convaincue par les idéaux démocratiques).
Rédigé par : Antoine Block | samedi 11 octobre 2008 à 14:06
des guerres sans mort, des révolutions sans violence, des océans sans iceberg, des ciels sans orage, des informations sans catastrophe, des injustices sans reproche, de la repentance sans excuse... une évolution sereine et constante vers le zénith.BHL & Houellebecq enfin réunis !
«Tout ce qui monte, converge.» Pierre Theilard de Chardin
Le port du casque et du gilet de sécurité est recommandé en toutes circonstances et il est prudent de ne pas lâcher son triangle de pré-signalisation dés que l'on met le nez dehors.
Rédigé par : massalien | samedi 11 octobre 2008 à 17:44
"Que les individus capables de planifier et d'exécuter des crimes aussi odieux soient retranchés à jamais de la société, cela me parait salutaire. "
Vous parlez des dirigeants de la finance internationale ou des spéculateurs qui auront contribué à la montée des cours des céréales, jetant des nations entières dans les émeutes de la faim ?
Dans les deux cas, je suis d'accord avec vous.
Rédigé par : Ri-Li | samedi 11 octobre 2008 à 20:51
@Antoine Block
Vous mélangez beaucoup de choses dans un grand amalgame. Certes le monde dans lequel nous vivons n'est pas satisfaisant, mais je n'en tire pas les mêmes conséquences que vous.
Je crois que celui qui parce qu'il pense détenir des idées justes s'arroge le droit de tuer froidement est un barbare et je ne connais aucun exemple dans l'histoire où la barbarie et la terreur débouchent sur une société juste et pacifiée.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | dimanche 12 octobre 2008 à 09:48
"je ne connais aucun exemple dans l'histoire où la barbarie et la terreur débouchent sur une société juste et pacifiée."...
Et la révolution française ?
Rédigé par : Ozenfant | dimanche 12 octobre 2008 à 10:34
... révolution d'Octobre ?
Rédigé par : Ozenfant | dimanche 12 octobre 2008 à 10:36
@Monsieur Prudhomme :
"Vous mélangez beaucoup de choses dans un grand amalgame".
Oh, sans doute. En prenant les choses isolément (parce que les choses, cher Monsieur, sont toujours très très compliquées et bien au-delà de mes capacités de compréhension), vous les considérez sans doute moins révoltantes.
Vous écrivez :
"Je crois que celui qui parce qu'il pense détenir des idées justes s'arroge le droit de tuer froidement est un barbare".
Par exemple, les pays (éventuellement démocratiques) qui pratiquent la peine de mort et prennent ainsi froidement (comme vous dites), avec tout l'appareil institutionnel et législatif afférent, la décision de tuer ses propres concitoyens ?
Ou encore les pays qui, assumant le rôle difficile et ingrat de guider le monde sur la voie du progrès et de la civilisation, assènent la démocratie aux régions barbares en vitrifiant obstinément les populations civiles ?
Ou encore les entreprenants entrepreneurs (dont je vous ai déjà cité un certain nombre d'exemples que je ne vais pas répéter) qui prennent — sans doute bien à contre-cœur — la douloureuse décision d'empoisonner les clients qui ont l'imbécillité de leur faire confiance ?
Ou les pouvoirs publics qui, en toute connaissance de cause, se refusent à entraver la liberté fondamentale de quelques-uns à faire du gros pognon en assassinant délibérément les citoyens (amiante, ESB, sang contaminé, pesticides dont les taux admissibles viennent d'être multipliés par 4 par Bruxelles, etc.) ?
Ou encore les chefs d'entreprises (privées comme publiques) qui obligent délibérément certains de leurs employés à risquer leur vie ? (amiante, sous-traitance nucléaire, BTP, industrie chimique, etc.). Mais c'est vrai que la chance d'avoir un job au smic mérite bien de consentir à quelques sacrifices, n'est-ce pas ?
Cette fois nous sommes d'accord : ces gens sont des barbares.
Rédigé par : Antoine Block | dimanche 12 octobre 2008 à 15:08
Magnifique. En fait, trop bien construit pour être honnête.
On commence par le classique "je suis un Vrai Gens, moi, monsieur, qui Sait Avec Son Coeur". Bush aussi, si on veut donner dans la réthorique stérile...
... D'ailleurs, on poursuit avec le non-sequitur sur la peine de mort (avec en bonus le sous-entendu Les E-U sont des Méchants), et la guerre en Irak (qui, bien sûr est dirigée contre les Civils Innocents -- je vous accorde ceci, c'est plus original que l'argument du pétrole, et puis, puisqu'on donne dans la fantaisie, pourquoi même faire dans le plausible)
Ahh, et les méchants capitalistes qui pour s'enrichir enpoisonnent leurs clients. C'est d'une logique redoutable, ça. Vous avez déjà essayé de commercer avec les morts ? Mon comptable me dit qu'ils sont moyennement solvables.
Et le pouvoir Corrompu ! Avec, en prime les Technocrates de Bruxelles, qui, c'est bien connu, passent leur temps à essayer d'empoisonner les gens.
Quant au dernier points, vous citez vous-même 200 accidents du travail chaque année en France. Vu que ce chiffre comprends les chutes dans les escaliers et les accidents de la route lors de déplacements professionnels, on ne peut que penser que si vous vouliez _vraiment_ du bien au gens, vous leur souhaiteriez de passer plus de temps au travail...
Tout ça pour défendre le droit de militants éclairés de tuer pour la Cause. Je suis épaté. Vraiment. Et il n'y a pas de manière polie d'exprimer ce que je pense de vous.
Rédigé par : hmmm | dimanche 12 octobre 2008 à 17:05
@Hmmm :
Votre indignation est à géométrie variable, c'est le moins que l'on puisse dire.
Vous ne trouvez pas de mot pour me qualifier, tant ce que je dis est révoltant, en revanche les agissements que je dénonce ne semblent pas vous scandaliser outre mesure. L'ennui est que votre exaspération se satisfait d'elle-même et se passe de toute argumentation.
Mais permettez-moi de reprendre les différents points que vous me reprochez. Attention, cela va être un peu longuet.
- "On commence par le classique "je suis un Vrai Gens, moi, monsieur, qui Sait Avec Son Coeur"."
Où avez-vous vu que j'aie écrit quoi que ce soit qui ressemble à cela ? La question n'est ni celle de l'authenticité (un "vrai gens"), ni celle de l'émotion (le cœur), mais celle de faits avérés. Là-dessus, vous n'apportez rien.
- "on poursuit avec le non-sequitur sur la peine de mort".
Si vous aviez suivi la discussion, vous auriez vu que le "non-sequitur" n'en est pas un : la peine de mort venait en réponse à M. Prudhomme qui considère que "celui qui parce qu'il pense détenir des idées justes s'arroge le droit de tuer froidement est un barbare". Je ne faisais que remarquer que c'est exactement le cas de la peine de mort. Non ?
- "avec en bonus le sous-entendu Les E-U sont des Méchants".
Procès d'intention. Là encore, je n'ai rien écrit de tel, je me contente d'énoncer des situations précises et concrètes. Je vous laisse les extrapolations politico-métaphysiques à en déduire. Merci tout de même de m'avoir épargné la théorie du complot et l'antisémitisme !
- "la guerre en Irak (qui, bien sûr est dirigée contre les Civils Innocents"
Je n'ai pas mentionné explicitement la guerre d'Irak, mais puisque vous voulez en parler, parlons-en. Selon les sources (Croix Rouge Internationale, HRW) le bilan des deux guerres (d'Irak et d'Afghanistan) s'élève approximativement à 150.000 morts civils. Je dis "approximativement" parce que, sur le terrain, personne ne prend la peine de comptabiliser les "dégâts collatéraux" que constituent des femmes, des enfants et des familles assassinées, lorsque chaque soldat de la coalition (professionnel, volontaire, appointé et médaillé) fait l'objet d'un recensement scrupuleux.
Alors, je ne sais pas si cette guerre est "dirigée contre les civils" (et je pense même que non), mais le fait est que les civils en sont les premières victimes. Ou bien ?
- "Ahh, et les méchants capitalistes qui pour s'enrichir enpoisonnent leurs clients."
Heu… je ne vais pas redonner des exemples pour la troisième fois. Les faits sont les faits, que voulez-vous que j'y fasse ?
- "Vous avez déjà essayé de commercer avec les morts ? Mon comptable me dit qu'ils sont moyennement solvables."
Visiblement, vous n'avez pas le même comptable que les multinationales en question. Les leurs semblent considérer qu'il vaut mieux vendre un produit toxique (à force d'économie de production et de fraudes en tous genres) que ne rien vendre du tout (parce que le produit de qualité normale serait au-dessus des moyens de cette clientèle-là). De plus, étant donné la démographie galopante de l'Afrique et de la Chine, les pertes de clientèles qui semblent vous préoccuper sont largement compensées par l'ouverture de ces immenses marchés. Sinon, expliquez-moi par quelles étranges maladresses, ces marchés sont régulièrement infestés par des produits chimiques toxiques.
- "Et le pouvoir Corrompu !"
Ah non, je n'irais jamais soupçonner pareille abjection. Les lobbies, c'est chez les Américains et la corruption, c'est chez les Africains. On est en France, tout de même, il n'y a pas de ces vilénies chez nous.
- "les Technocrates de Bruxelles, qui, c'est bien connu, passent leur temps à essayer d'empoisonner les gens."
Voyez comme vous déformez mes propos pour mieux les caricaturer. Bien sûr que les technocrates européens ne passent pas leur temps seulement à cela (ils veillent aussi au renouvellement de leur mandat, au remboursement forfaitaire de leurs frais au-delà des frais réels, à leurs fonds spéciaux, à l'emploi de leurs proches, à la réfection de leur maison de campagne, que sais-je ? Je suis même persuadé qu'il s'en trouve quelques-uns qui travaillent sincèrement à l'intérêt général).
Je signalais seulement des informations — une fois encore factuelles et précises — relevées sur le très informé blog d'Edgar : http://www.lalettrevolee.net/
"Bruxelles a harmonisé les taux de pesticides et autres insecticides autorisés dans les fruits et légumes. Initialement, en 2005, les taux retenus devaient être les plus bas de tous les pays de l'Union. Quelques coups de lobbying plus tard, ce sont les plus hauts qui ont été retenus...
On pourra donc, selon le Canard, en France, manger des agrumes contenant 40 fois plus de Fénoxycarbe qu'avant. Malheureusement, on devra se contenter de dix fois plus de Cléthodime dans les tomates - un herbicide. Au rayon fongicide, on mangera à peine cinq fois plus de Cyprodynil dans le raisin de table, 2,5 fois dans les fraises, etc..."
Ou encore :
"De fait, une directive vient d'autoriser des niveaux de pesticides deux à huit fois supérieurs aux niveaux antérieurs. Et une association de médecins français vient de protester (cf. sur le très riche site de l'UPR : "L’Association Santé Environnement France (Asef), association regroupant environ 900 médecins français, vient de dénoncer les nouvelles normes européennes en matière de pesticides dans les aliments, refusant ces "plafonds toxiques qui peuvent compromettre la santé humaine. Les décisions européennes concernant l'harmonisation des taux de pesticides semblent issues de la politique du nivellement par le bas. Nous, médecins de terrain, refusons ces plafonds toxiques qui peuvent compromettre la santé humaine".) Et une autre décision de la Commission vient d'autoriser l'importation d'une nouvelle variété d'OGM."
- "vous citez vous-même 200 accidents du travail chaque année en France."
Non, j'en citais 300 et je précisais que c'était, non pas le nombre global d'accidents du travail, mais bien les seuls accidents du travail mortels. Apparemment la mort quasi-quotidienne d'un ouvrier n'a pour vous rien d'anormal. En cela, vous êtes d'ailleurs en parfait accord avec les juges, les politiques et les médias.
- "Vu que ce chiffre comprends les chutes dans les escaliers et les accidents de la route lors de déplacements professionnels, on ne peut que penser que si vous vouliez _vraiment_ du bien au gens, vous leur souhaiteriez de passer plus de temps au travail..."
Oh, le roué ! Vous voulez dire — n'est-ce pas, c'est bien cela que vous voulez dire ? — que ces ATM surviennent lorsque les gens ne sont pas au travail ? Et partant, que pour la bonne santé des ouvriers, il faudrait définitivement abroger la loi assassine des 35 heures et autres congés meurtriers pour en revenir à des semaines dix-neuvièmistes (époque où, comme chacun sait, la santé des travailleurs était florissante et leur espérance de vie égale à celle d'un cadre supérieur d'aujourd'hui).
- "il n'y a pas de manière polie d'exprimer ce que je pense de vous."
Vous aurez compris que peu me chaut (et que je me sentirais au contraire insulté si quelqu'un comme vous pensait du bien de quelqu'un comme moi).
Rédigé par : Antoine Block | lundi 13 octobre 2008 à 01:06
M. Serraf,
rien à dire. Votre article est parfait à tout point de vue. Lucide, distancié, rigolo. Rouillan ne méritait pas tant...
Rédigé par : Tate Pupupa | lundi 13 octobre 2008 à 09:01
Hugues, vous vous inquiétez pour votre bicyclette ? vous avez peur que le facteur - la poste en concurrence, rationnalisation des moyens - ou un de ses disciple vous la pique ? ça ne serait pas gentil.
Rédigé par : David | lundi 13 octobre 2008 à 11:27
@Antoine Block
Heureusement, certains voient une piste entre l'accepation de la société telle qu'elle est et AD.
Il est des personnes qui ont eu une tentation proche de celle de DA dans les années 55/60 en Algérie, il faudra entendre leur parole avant qu'elles ne meurent dans l'oubli et les regrets.
Passer à ce type d'action tue l'humanité de leurs auteurs avant de les détruire physiquement.
Rédigé par : Baillergeau | lundi 13 octobre 2008 à 12:04
Je ne comprends plus. Il y a des patrons salauds et voyous, donc il est juste d'assassiner des patrons. Mais il y a des salauds et voyous qui ne sont pas patrons, est-il juste d'assassiner des non-patrons. Mais il y a des hommes politiques (les Commissaires Européens, par exemple) vendus aux patrons ; je déduis qu'il faut assassiner des hommes politiques ? D'ailleurs, il ne faut pas se leurrer, ce ne sont pas les Commissaires qui rédigent les directives ou les décisions, ce sont les fonctionnaires ; aïe, où sont les assassins ? Et alors, si en rupture avec le capitalisme, on désigne des fonctionnaires et des hommes politiques pour gérer la machine, ça ne fait plus beaucoup de différence, ou ai-je mal compris ? Je suis perplexe.
Rédigé par : cdc | lundi 13 octobre 2008 à 14:24
c'est marrant comme certains sont durs de la feuille. antoine block ne légitime pas les assassinats, il dénonce les indignations sélectives et constate également qu'il n'y a pas forcément besoin de porter un coup de pistolet contre quelqu'un dans la rue pour faire périr les gens.
Rédigé par : david | lundi 13 octobre 2008 à 15:11
Mais, oui, essayez aussi de faire peur aux gens avec des mots compliqués... C'est facile, ça mange pas de pain. Avec un peu de chance, je suis "h"-et-"y"-ophobe et me tairai, terrorisé.
Je crois que vous avez aussi oublié de parler des constructeurs de voiture, qui sont indiscutablement responsables de tant de morts chaque année sur les routes. Dix fois plus que les accidents de travail.
Les piscines, aussi devraient être interdites : elles tuent plus.
Pour référence, il y a en France, chaque année, toutes causes confondues, 560 000 morts. la vaste majorité est due à des causes médicales. Ensuite viennent les suicides, puis les accidents de la route. Puis les autres accidents, où les chutes figurent en tête.
Mais c'est sûr, ce sont les patrons qui tuent les prolétaires pour s'amuser.
Pour les fonctionnaires bruxellois, je n'arrive pas à décider si vous faites une tentative de sarcasme, outrance pour outrance...
Et si vous considérez que la peine de mort est sur le même plan que l'assassinat, comment dire... Vous ne voyez pas de différence entre un état et la justice (imparfaite, mais nécéssaire) et un individu qui se fait juge, jury et bourrreau. Évidemment, dans cette optique, l'apologie du meurtre, ce n'est pas pire qu'autre chose (pour référence, je suis, contrairement à vous, contre la peine de mort.)
Mais manifestement, vous semblez penser que seule l'intention ou les idéaux comptent, le reste est accessoire. Soit, mais alors ne soyez pas étonné de ne susciter qu'assez peu de sympathie pour votre message.
Rédigé par : hmmm | lundi 13 octobre 2008 à 15:29
Les échanges sur le sujet mettent en lumière des positions "folles".
La situation actuelle en France justifie t'elle une insurection armée ?
Si oui, quelles cibles stratégiques sont à retenir?
Il est évident que la première question appelle une réponse négative et rend la seconde sans objet.
Si la première était positive, le choix de la cible serait capital.
Tout attaque aveugle est une affirmation intolérable de la volonté de puissance de l'auteur que RIEN ne peut JAMAIS justifier, pas plus en Algérie qu'en Italie, en Allemagne, en Irak ou en France.
Rédigé par : Baillergeau | lundi 13 octobre 2008 à 19:39
hmmm,
Vous accusez Antoine d'idéalisme, mais vous faites une différence entre envoyer de jeunes soldats à la mort pour tuer des gens qui ne leurs ont rien fait et tuer un monstre assassin récidiviste pédophile qui a été pris sur le fait ?
S'il existait un degré dans la barbarie, sans considérations pipées (idéologiques): Le verdict serait sans appel !
Quand Bush décide de faire 100.000 morts pour aller piquer le pétrole Iraquien, promouvoir Halliburton et faire fonctionner les usines d'armement US, il est bien plus honorable qu'un père effondré de chagrin qui tue l'assassin violeur récidiviste de sa fille...
c'est la morale bobo, n'est-ce pas ?
Rédigé par : Ozenfant | lundi 13 octobre 2008 à 19:59
Ozenfant, je crois que vous mélangez tout vous aussi...
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | lundi 13 octobre 2008 à 23:51
@Ozenfant, oui, c'est différent. Il faut distinguer ce qui tient de la morale (Tu Ne Tuera Point), et ce qui tient du système et des conséquences qui en découlent.
En effet, si on considère que le père éploré a le droit de tuer, alors il faut décider que chacun peut se faire justice. Nul doute que si la peine capitale peut être appliquée à titre privée, alors les réparations forcées également. En vérité, pour une plus grande efficacité, une police privée, et des impôts prélevés dans mon voisinage sont une suite logique...
Les victimes de la guerre sont exactement l'illustration de ce pourquoi on ne peut jamais laisser l'individu se faire justice. Chacun se dira (comme Bush, qui à un instant de l'Histoire s'est trouvé avoir plus de pouvoir que ce qui est strictement prévu par la constitution américaine -- la démocratie, c'est écouter la Peuple, n'est-ce pas ?) «je veux rétablir la justice». Malheureusement (ou heureusement) nous sommes contrait d'oeuvrer tous dans la même réalité, et de nos décisions découlent des conséquences.
La procédure, les loi, la délégation des décisions de justice à des spécialistes, c'est ce qui permet la vie en société. Les lois peuvent être iniques, sanglantes, injustes, il vaut mieux les pires lois que le meilleur arbitraire.
Rédigé par : hmmm | mardi 14 octobre 2008 à 08:21
"Il y a des patrons salauds et voyous, donc il est juste d'assassiner des patrons...."
Ah qu'il est doux d'entendre à nouveau ce langage !
Toute ma jeunesse défile devant mes yeux trempés d'émotion !
Toute la sauvagerie de notre microcosme franco-français où l'on cause sans frein, bien à l'abri de notre liberté d'expression, sévèrement combattue par les forces de l'ombre, mais fort mal si j'en crois ce que je lis, ressort comme le pus qui fait éclater les chairs et enfin s'exprimer sur un mode colorimètrique que ne renieraient pas nos paires !
Dieu que la guerre est jolie !
Vive Besancenot !
A mort ! A mort ! Tue ! Tue !
Rédigé par : Tate Pupupa | mardi 14 octobre 2008 à 08:24
Je me permets d'ajouter que si ça intéresse quelqu'un je vends un stock d'armes et munitions. Je me suis décidé à m'en défaire pour cause de non-emploi.
Rédigé par : Tate Pupupa | mardi 14 octobre 2008 à 08:31
C'est curieux. C'est bizarre. Je cite des faits précis, je donne des exemples, mais on me répond que non, vraiment, c'est ignoble d'imaginer que les gouvernements et la finance internationale puisse être guidés par autre chose que par la volonté sincère de faire du bien à son prochain.
Tous les exemples que j'ai donnés — et il y en aurait beaucoup d'autres — prouvent que des centaines de milliers d'innocents sont assassinés (activement ou de façon moins directe) délibérément pour le profit de quelques uns.
Lorsque un industriel met de la mélamine dans des produits alimentaires, que fait-il ? Il empoisonne délibérément (comment appeler cela autrement ?) ses clients. Par sadisme ou folie homicide ? Non, tout simplement parce que cela lui coûte moins cher que d'utiliser des produits sains et lui permet de réaliser un plus gros bénéfice.
Quand des entreprises françaises utilisent de l'amiante jusqu'en 1997, alors que la toxicité mortelle de ce matériau est connue et scientifiquement établie depuis les premières années du XXe siècle, que faut-il en conclure ? Ou bien que les pouvoirs publics et les industriels sont des psychopathes qui prennent plaisir à tuer leurs concitoyens (ce que, pour ma part, je trouve peu vraisemblable, non ?), ou bien qu'ils y ont simplement trouvé un in-té-rêt.
L’Institut de veille sanitaire (InVS) a estimé en 2007 que 50 % des artisans français mis à la retraite en 2004 ont été exposés à de l’amiante lors de leur vie professionnelle.
Selon un rapport du Sénat de 2005, l’utilisation de l’amiante est responsable de 35 000 décès survenus entre 1965 et 1995 en France, et de 65 000 décès et 100 000 décès entre 2005 et 2025–2030. On s'approche des scores de la guerre d'Irak, dites-moi.
Mais je ne vais pas détailler et reprendre une fois encore des exemples concrets que j'ai déjà donné à plusieurs reprises, sans aucun effet. Visiblement, Messieurs Prudhomme, Hmmm, Baillergeau et consorts sont au-delà de l'argumentation. Une condamnation morale (sélective et à sens unique) leur suffit amplement. Après tout, le réel c'est d'un ennui ! Et puis les choses finiront bien par s'arranger toutes seules, non ? En priant très fort, peut-être. Et de toute façon, ces centaines de milliers de morts sont anonymes et, surtout, pauvres. Ce n'est tout de même pas à mettre dans la balance avec ce brave Georges Besse au sourire si doux.
Et ce sont les mêmes grandes âmes qui râlent parce que c'est sur leur bas de laine que va être financé le RSA ou qui trouvent que, quand même, ce n'est pas très normal d'avoir à payer (au niveau européen) 1700 milliards d'euros pour rattraper l'incompétence des banques.
Comme disait Coluche : "Si on nous prend toujours pour des cons, on y est peut-être un petit peu pour quelque chose".
Rédigé par : Antoine Block | mardi 14 octobre 2008 à 14:09
Désolé, Tate Pupupa, j'ai oublié de mettre un point d'ironie à la fin de mon post...
Rédigé par : cdc | mardi 14 octobre 2008 à 14:19
On rajoute de la mélamine dans les aliments (ce qui est interdit) non pas parce que "se procurer des produits sains" serait trop cher, mais pour tromper les tests simples encore utilisés en chine qui mesurent le contenu protéinique de certains aliments (en gros, on peut mettre plus d'eau dans le lait pour bébé sans que ça se voie). C'est de la fraude, et c'est puni. Même en Chine. Quant au profit... Les compagnies au centre du scandale sont au bord de la faillite, et l'affaire va coûter 14 miliards d'euros au secteur.
Comme quoi, le crime ne paie pas toujours. Mais je suppose que la lapidation aurait été une plus juste rétribution que la ruine et les geôles chinoises... surtout si les mères éplorées des victimes avaient pu participer, dans un grand mouvement de justice citoyenne.
Pour l'amiante, c'est plus compliqué. Déjà, on sait que c'est dangereux depuis Pline l'Ancien (ça ne nous rajeuni pas). Ensuite, ça a été longtemps utilisé parce qu'il n'y avait pas de meilleure alternative -- c'est un problème douloureux que de décider entre le risque de causer des morts parce que la porte anti-incendie n'est pas très efficace, et de causer des morts parce qu'elle induit des cancers à long terme.
Alors oui, on a fini par admettre que le produit était souvent plus toxique qu'il n'était utile, mais ça a pris du temps. En vrai, on est parfaitement capable aujourd'hui d'utiliser de l'amiante sans risque, mais ce serait trop difficile à vendre.
(ces deux derniers points pour essayer d'illuminer le côté profondément nuancé de la réalité)
Mais je persiste à penser que vos appels au meutre restent sans justification valable. C'est facile de dire «voyez le malheureux, il n'a tué qu'un salaud de patron, alors que plein de gens dont les actions ont conduit à la mort d'innocents», mais la vérité, c'est qu'un assassin est un assassin.
Un incompétent ou un meurtrier accidentel ne sont pas sur le même plan, ni moral, ni éthique, ni juridique. Par contre, justifier le meutre sur la base d'une version marxisante de la loi du Tallion, ce n'est pas exactement faire preuve de beaucoup d'humanisme.
Rédigé par : hmmm | mardi 14 octobre 2008 à 19:45
@Hmmm :
Je vous réponds pour la dernière fois sur ce sujet, parce que la mauvaise foi me fatigue et je vois que vous préférerez tous les évitements, plutôt que de remettre en question votre conditionnement.
Curieux raisonnement, tout de même. Vous affirmez d'abord que la fraude à la mélamine n'est pas motivée par le profit :
"On rajoute de la mélamine dans les aliments (ce qui est interdit) non pas parce que "se procurer des produits sains" serait trop cher[…]"
Pour quoi donc, alors ? Seulement, dites-vous "pour tromper les tests simples encore utilisés en chine qui mesurent le contenu protéinique de certains aliments (en gros, on peut mettre plus d'eau dans le lait pour bébé sans que ça se voie)".
Soit, mais quelle étrange manie peut bien pousser un brave industriel à vouloir tromper ces tests ? Je vous livre un scoop qui peut, peut-être, expliquer ce comportement bizarre : l'eau + la mélamine coûtent moins cher que les protéines de lait ! C'est bel et bien une question de profit, non ?
Par ailleurs, vous minorez totalement la dimension criminelle de l'affaire. La mélamine (nom scientifique : cyanuramide) est un poison qui détruit les reins. Ce n'est pas un lait moins riche ou contenant moins de vitamines que promis sur l'étiquette ! À vous lire, on pourrait croire que les industriels responsables se sont justes fait prendre en essayant de dissimuler un pourcentage de leurs revenus au fisc ou en resquillant sur tel ou tel point de détail d'une obscure circulaire administrative. Mais ils ont froidement décidé d'empoisonner des gens ! Plusieurs bébés en sont morts et des milliers devront passer toute leur vie avec des séquelles.
À propos de l'amiante, pardonnez-moi, mais vous montrez la même mauvaise foi. La question ne se résume pas à : fallait-il utiliser l'amiante (et sacrifier les ouvriers de cette industrie) ou ne pas l'utiliser (et sacrifier les éventuelles victimes d'incendies).
Ce qui est reproché aux industriels de l'amiante et qui fait de cette affaire un scandale, c'est deux points que vous passez soigneusement sous silence.
1. Il est possible d'utiliser de l'amiante sans risques sanitaires pour les ouvriers (vous le soulignez vous-même). Alors pourquoi ne pas l'avoir fait ? Parce que cela nécessite des installations, des équipements protecteurs et des process coûteux et qui freinent la productivité. Mieux vaut envoyer un pauvre type en maillot de corps.
C'est le même problème que pour l'ensemble des accidents du travail mortels : si un ouvrier meurt, c'est parce qu'il est insuffisamment protégé et s'il est insuffisamment protégé, c'est parce que cela coûte moins cher à son patron.
2. Le manque d'information : lesdits pauvres types n'ont jamais été correctement informés sur les risques pour leur santé.
Vous avez essayé d'apporter des éléments de réponse (qui ne rendent pas compte de la réalité) sur l'amiante et la mélamine, mais il restera encore à justifier tout ce que j'avais encore cité : la hausse des pesticides dans les normes européennes, la crise des farines animales, le sang contaminé, les scandales Nestlé et Danone en Afrique (encore des histoires de lait maternel), etc.
Vous écrivez qu'"Un incompétent ou un meurtrier accidentel ne sont pas sur le même plan, ni moral, ni éthique, ni juridique".
Mais les gens dont nous parlons ne sont ni des incompétents, ni des meurtriers accidentels. Encore une fois, ce sont des personnes qui font le choix de risquer la vie des consommateurs. Et c'est ce que vous refusez d'admettre. Ces criminels doivent eux-mêmes être surpris par l'ardeur qu'une grande partie de leurs victimes (les gens comme vous, Hmmm) mettent à les défendre et à justifier leurs actes.
Et je ne parle là que des assassinats directs (c'est-à-dire les cas où un industriel et/ou les pouvoirs publics choisissent délibérément de risquer la vie des gens pour économiser de l'argent). Il faudrait y ajouter les chômeurs, RMIstes, exclus, SDF qui ne sont pas sacrifiés délibérément par une personne, mais seulement au nom du "système".
Vous me dites que, malgré tout cela, mes "appels au meutre restent sans justification valable." Mais je n'ai jamais fait aucun appel au meurtre ! Ce serait illégal… Je me réserve simplement le droit de ne pas me joindre au concert des vierges effarouchées qui, conformément aux injonctions qui leur sont faites dans la presse, se contentent de voir en Jean-Marc Rouillan l'auteur de "crimes-aussi-odieux" (dixit Monsieur Prudhomme).
Rédigé par : Antoine Block | mardi 14 octobre 2008 à 22:37
Jean -marc Rouillan a très peu tué en fait, si j'ai bien suivi. Ca suffit amplement pour lui faire une statue.
Ce qui est bizarre dans ces histoires d'amiantes, c'est que je ne jurerais pas que les patrons ne s'y fussent pas exposés, eux aussi.... Bien fait. Qu'ils crèvent.
A cdc : désolé mais c'est tellement n'importe quoi ici qu'on n'arrive plus à trier...
Rédigé par : Tate Pupupa | mardi 14 octobre 2008 à 23:09
Je vends aussi une Rover 420 d'occasion.
Rédigé par : Tate Pupupa | mardi 14 octobre 2008 à 23:11
Je ne vais pas répondre dans le détail à toutes les bêtises que vous racontez (même si en vrai, je peux).
Fondamentalement, votre argument est que Rouillant n'est pas un criminel odieux parce qu'en fait, il y a pire (chez les riches patrons suceurs du sang du prolétariat exploité).
Soit. mais votre argument va plus loin, il est également que comme les idéaux de Rouillant étaient purs, alors en fait, il avait même peut-être eu raison.
Ce qui suppose que chacun, pour peu qu'il ait "raison" peut se faire justice. Et vous les défendrez, comme Rouillant.
En ceci vos messages contiennent un appel au meurtre, ou au moins son apologie. Parce que la totalité des injustices/malheurs/trucs que vous n'avez pas compris de cette planète, ne sauraient en aucune manière justifier un seul meurtre dans un état de Droit.
Rédigé par : hmmm | mercredi 15 octobre 2008 à 08:19
hmmm,
Don't feed the troll. Il est impossible de discuter avec Mr Block car il a la Connaissance tandis que nous vivons aveuglés.
Je reconnais que parfois, je rêve d'être extrémiste comme lui: toutes les explications seraient simples et auraient un coupable identifié. Quel confort intellectuel!
Rédigé par : Pierre | mercredi 15 octobre 2008 à 13:47
je n'ai pas bien compris en quoi olivier besancenot avait soutenu jean marc rouillan sur ses crimes passés...
la LCR est je crois aujourd'hui plus républicaine que révolutionnaire...
mais elle accepte l'idée que la violence peut être nécessaire en réponse à une violence patronale, gouvernementale...
les milices d'extrême droite, le SAC ne sont pas si lointains, je comprends leur prudence, méfiance...
Rédigé par : francis | mercredi 15 octobre 2008 à 16:28
@francis
Je m'étrangle.
Depuis quand le crime est-il autorisé, pour le SAC comme pour la LCR ? Fut-ce par prudence ?
Rédigé par : Tate Pupupa | mercredi 15 octobre 2008 à 18:24
Nom de Dieu ! Mais vous êtes complètement fous !
Rédigé par : Brégancanot | jeudi 16 octobre 2008 à 10:14