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mardi 23 septembre 2008

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Voici les sites qui parlent de Mon beau T-shirt signé Tardi :

Commentaires

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Bien d'accord avec vous et je crois qu'il y a un effet pervers à fixer des objectifs uniquement quantitatifs en matière d'expulsions : j'imagine que les étrangers en situation irrégulière qui travaillent, paient des impots et des charges et ont pignon sur rue sont plus faciles à localiser que ceux qui sont venus pour dealer du shit et qui par définition font profil bas et plus faciles à expulser que ceux qui sont venus pour parasiter notre système de protection sociale et donc maitrisent assez nos lois et réglements pour se défendre efficacement.

Tu marques quelques bons points, mais puisque tu demandes, je te propose quelques pistes de réflexion alternative.

1. Si on "régularise" les immigrés illégaux qui travaillent, que faut il faire s'ils perdent leur job?

2. Faut il restreindre la "régularisation" aux seuls travailleurs déclarés ou l'étendre à ceux qui bossent dans les sweat shops à des salaires inférieurs au smic et sans payer de charges?

3. Ne serait il pas plus constructif de militer pour augmenter l'immigration légale que pour tolérer une immigration illégale mais "good enough"

4. Avec l'Europe, n'y a-t-il pas suffisamment de pays avec des consonnes imprononçables dont les ressortissants peuvent venir en France pour staffer nos "bad jobs"?

5. La bonne solution est celle de Gary Becker, mais elle est trop politiquement incorrecte. Faire payer (cher) la carte de séjour. Ca sélectionnerait naturellement ceux qui veulent vraiment bosser, assècherait le business des passeurs et couperait l'herbe sous le pied de ceux qui prétendent que les étrangers sont des profiteurs.

Liberal: Je vois bien en quoi la solution de Gary Becker est politiquement incorrecte, mais pas en quoi elle est bonne... Au lieu d'être en situation irrégulière parce qu'on n'a pas de carte de séjour, on serait en situation irrégulière parce qu'on n'a pas pu payer sa carte de séjour. Ca change quoi pour ceux qui ne peuvent pas payer -- c'est-à-dire les neuf dixièmes des candidats à l'immigration? Je vous signale en plus qu'un candidat à l'immigration illégale s'est déjà très souvent endetté, ou a endetté sa famille, pour satisfaire son réseau de passeurs; certains continuent de payer des années après leur arrivée, voire après leur régularisation.

La "bonne solution" en question me fait penser aux amendes qu'on fait payer aux putes sous prétexte de lutter contre la prostitution: le seul résultat, c'est que l'Etat touche sa quote-part sur une activité qu'il prétend réprouver et dont en fait il s'accommode. En termes comptables, c'est peut-être sensé, mais je ne vois pas bien ce qu'on y gagne en matière de dignité humaine (à moins que ce ne soit pas votre souci, mais alors j'ai mal compris).

N'hésitez pas à m'expliquer. Sans rire: je ne demande pas mieux que d'apprendre que je passe à côté d'un aspect du problème.

si je me souviens bien, la solution de gary becker va plus loin: il faut permettre aux clandestins travaillant déjà sur le territoire un droit plus élevé pour être régularisé afin que les étrangers se disent: payer maintenant 100 ou 200 later?
mais si on va plus loin: ceux qui bossent ici en arrivant avec leur force de travail sans avoir coûté un sou à nourrir, soigner et former, on t déjà payé, quelque part, leur droit de séjour: et ceux qui ont bossé "au noir" sans charge sociale, l'ont encore plus réglée, cette "taxe à l'entrée"...
le point délicat, ce ne sont pas les travailleurs,
mais les autres...
et la perte de substance des pays qui voient partir leur jeunesse...

Votre réaction pose quand même une question : sans les manichéens de RESF et autres, ce problème serait-il sur la place publique et serait-il discuté sur les blogs ? Quoi qu'on en dise, l'espace médiatique est limité, et la justesse d'une cause est décorrélée de l'écho qu'elle rencontre. L'excès est nécessaire aujourd'hui pour exister.

Pdl,

L'idée est justement que, dès lors que la carte de séjour devient disponible sous la simple condition de payer, il n'y a plus besoin d'engraisser les passeurs.

Là où on y gagne en matière de dignité humaine, c'est que l'immigré n'est plus soupçonné de vouloir profiter du welfare du pays d'accueil. Ca réduit fortement son risque en fixant des règles claires. Au lieu de s'endetter pour payer un passeur et vivre planqué en craignant d'être renvoyé, il s'endette pour acquérir le droit de séjourner et travailler légalement et dignement.

Accessoirement, ça permettrait aux associations de "défense" des immigrés de les aider vraiment en payant leur carte de séjour au lieu de se contenter d'exiger bruyamment de la collectivité qu'elle les aide.

Pour les 9 sur 10 qui ne peuvent pas payer, il n'y a pas de solution tout simplement parce que nous ne pouvons pas acueillir un milliard d'êtres humains. Il n'y a qu'à souhaiter que la mondialisation élève leur niveau de vie comme elle l'a fait et continue de le faire pour les Chinois et les Indiens.

La comparaison avec les amendes aux putes n'est donc pas pertinente. L'équivallent serait de libéraliser totalement la prostitution en exigeant le versement d'une licence de pute. Et puisqu'on en parle, ça ne serait sans doute pas une si mauvaise idée en matière de santé publique, criminalité et même dignité humaine.

"Après tout, le point de croissance qu’il était question d'aller chercher « avec les dents » est peut-être caché dans la mâchoire de ces milliers de fantômes n'ayant, manifestement, pas besoin d’être houspillés pour se lever tôt."

Joli, vraiment très joli...
Sur le fond, bien sûr, je vous donne mille fois raisons.

cordialement,

A.B.
http://abenarous.wordpress.com/

Bonjour,

Je voudrais revenir sur deux points :

- On ne dit pas "putes" mais "prostituées", c'est tout de même plus correct.

- Si l'on applique la théorie de Becker, au cas de la France, je doute que cela fonctionnerai puisque dans sa théorie, les immigrants n'accepteraient de payer pour entrer dans le pays qu'à la condition qu'ils puissent en tirer un bénéfice. Le niveau d'imposition important en France ne leur permettrait sans doute de "rentabiliser" leur investissement que sur une période beaucoup trop lointaine, ce qui serait, à mon avis, plutôt décourageant.. Ainsi cette carte de séjour payante se transformerait en une incitation à opter pour la solution illégale (passeurs et tutti quanti), mais qui, vis à vis du rapport risque et retour sur investissement, serait finalement plus avantageux. N'oublions pas qu'un des buts premiers de ces personnes, désireuses d'entrer sur le territoire, est d'obtenir une rémunération plus importante, et un mode de vie plus confortable ou décent dans certains cas...

Kebra,
Je ne sais s’ils sont plus faciles à localiser, mais je crois qu’il est absurde consacrer autant de ressources à chercher à le faire.


Libéral,
S’ils perdent leur job, ils font comme tout le monde (ou presque) : ils en cherchent un autre.

Mais oui, je pense qu’il faut également régulariser les employés des sweat shops et envoyer leurs patrons en taule. Bon, il faut dire que je crois aussi qu’il faut diminuer le coût du travail sans affecter les salaires directs pour supprimer les incitations au travail non-déclaré mais c’est un autre dossier…

Sur cette affaire Becker, je ne sais pas trop quoi en penser : c’est l’Etat qui prend le rôle du passeur, non ? Un peu comme lorsqu’il joue les proxénètes en taxant les revenus des prostituées, pour reprendre le propos de Poil de lama ?

Encore que, sur ce point, je ne rejoigne pas forcément notre ami poilu. Soit la prostitution est totalement éliminée, soit elle perdure et elle doit effectivement être aussi normalisée que possible, avec impôts et droits corollaires. Mais c’est compliqué.

AB,
Merci.

Mais Hugues, si tu prônes la régularisation de quiconque travaille ou a travaillé, que ce soit de façon déclarée ou pas, en quoi es tu si différent de ceux qui exigent la régularisation de tout le monde?

Liberal,
Non non, j'ai parlé trop vite, emporté par ma générosité naturelle. Il faut évidemment affiner mais je n'ai pas encore été chargé d'élaborer la politique migratoire du pays alors j'en suis resté aux grands principes...

@Tom

Bien au contraire je crains que les manichéens ne desservent profondément les causes qu'ils prétendent servir.

Non seulement il radicalise une cause et nuise à un éventuel consensus acceptable, mais de plus ils n'ont le plus souvent, pour les têtes pensantes du moins, comme seul objectif que de fourguer une idéologie plus ou moins formaté.

Je ne pense pas m'exprimer dans le vide, ayant eu à composer - de lojn- avec des troskos pur jus (dans une affaire de squat associatif) ou des anars bas du front (sur le droit du sol). Leur préoccupation était manifestement beaucoup plus de dénoncer le système qu'il est méchant que de défendre des gens.

Bref ils couplent inefficacité et cynisme malodorant.

Pour le reste je pense que toute régulation/contrôle/quota est une vaste fumisterie (comment l'état serait il capable de déterminer le nombre et la qualification des gens qu'il peut se permettre d'accueillir ?) et suis ferme militant d'un laisser faire laxiste Sans doute suis-je stupide.

Cependant je comprend l'intérêt de la proposisition de Becker. A tout le moins, si le tarif étatique n'est point trop élevée, cela incitera les passeurs à réviser leur tarif à la baisse.


Immigration « de travail » ? Combien de bouches à nourrir pour un travailleur ? Combien d'assistantes sociales et d'éducateurs derrière chaque famille ? (Ah oui, c'est ça, ça devrait faire les beaux jours des « carrières sociales » !).

Hugues connaît bien les "manichéens" de RESF. Il a assisté à plein de leurs réunions, suivi leurs actions et parcouru leur site en profondeur.
C'est vrai, quoi, faire respecter le droit d'asile et les conventions de Genève, c'est un peu manichéen.

Haaaan, mais ce Tardi ne serait-il pas un pote de Siné l'Horrible? Bon d'accord, c'est de la basse provoc', j'ai rien dit... Par ailleurs il est effectivement très chouette ce T-shirt.

A part ça, je reviens sur et confirme (en partie) le commentaire de kebra : c'est beaucoup plus facile de virer un étranger qui vivait et travaillait en France et qui devient (pour n'importe-quelle raison) clandestin. Je sais qu'on ne peut pas généraliser à partir d'un cas, mais un ami africain, titulaire d'un bac +5, en CDI dans une entreprise où le patron comptait beaucoup sur lui, s'est vu refusé le renouvellement de sa carte de séjour pour une obscure raison dont l'administration a le secret quand ça l'arrange, perdant ainsi son emploi (malgré le soutien inconditionnel de son employeur) et sa tranquillité (il poireaute – dans l'illégalité cela va sans dire – depuis trois mois une décision du tribunal administratif concernant sa situation). Au cas où les quotas dans son département ne seraient pas atteints, la préfecture sait où le trouver.

On me dit « immigration positive », je réponds « mon cul », à partir du moment où l'objectif avoué est de faire du chiffre, on se fout de savoir qui sont les gens qu'on vire.

@Hugues,

Oui, ce que tu décris est le sommet de l'Iceberg.

Mais quand on a offert comme moi, des emplois peu qualifiés pendant + de 20 ans : On ne s'arrête pas à l'épiphénomène que tu décris.

J'ai passé des centaines d'annonces pour ces métiers souvent infiniment plus variès (dans la cuisine en tous cas) que n'importe quel boulot de gratte papier.

L'iniquité, la suffisance, la totale absence d'imagination et la morgue de la masse de la lumpen intelligentsia matrice des petits fonctionnaires, si fiers de ne pas se salir les mains a fait qu'en effet plus un Français de passeport (de coeur ça devient introuvable) ne veut plus occuper les postes qui demandent de se bouger le cul.

Depuis des années j'entend parler de revalorisation du travail manuel... mais notre bullocratie prononce souvent de jolies phrases qu'elle ne comprend qu'en surface.

En fait la vraie réforme c'est de ne plus laisser des "fils de" poursuivre des études qui font d'eux des Bac + 6 caissières chez Leclerc... ou des secrétaires du PS à QI de mouche (lol).

La vraie réforme c'est de remettre l'imagination à l'ordre du jour pour relancer l'ascenseur social au lieu de laisser aller en Khâgne 70% de fils et filles de Khâgneux, pérenniser la bêtise du bourgeois.

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