N'est pas Zola Budd qui veut. Ni fakir, d'ailleurs…
Jusqu'à hier, je n'avais jamais tenté de courir pieds nus sur une plage… Enfin, quand je dis courir, je ne parle évidemment pas de sautiller dans les vagues en rigolant stupidement comme dans une publicité pour Hollywood chewing-gum. Non, je parle de courir pour de bon, sur une distance semi-sérieuse (10 kilomètres) et à une allure qui ne le serait pas moins (11 km/h). Expérience faite, le verdict est assez négatif : courir sur la plage est effectivement une activité à réserver aux ados hilares des castings de Publicis.
Premier problème lorsque vous courez sans chaussures, vous vous sentez un peu crétin. Je viens tout juste de renouveler mes Mizuno Wave et je n’aurais vraiment pas aimé découvrir que ces merveilles de la technique nipponne à plus de 100 euros peuvent être remplacées par, comment dire, rien du tout…Vous vous sentez aussi un peu à poil mais ça, sur une plage des Landes, du côté de Capbreton, c’est normatif.
Mais ces considérations sont manifestement sans objet pratique. Non, parlons plutôt de cette stupide plage en pente, qui vous oblige à cavaler à la façon d’un dahu. Ok, au retour, la pente de droite est devenue une pente de gauche, vos pieds ayant la possibilité de se sentir supérieur l’un à l’autre à tour de rôle mais, du point de vue de leur propriétaire, c’est assez peu confortable. Autre souci, le sable change constamment de densité : il y a bien quelques endroits où il est juste à point, ni trop ferme ni trop meuble, vous donnant l’impression que vos Mizuno ne valent finalement pas d’être mises deux fois (rires dans la salle) mais, au final, l’essentiel de la course se passe en terrain pourri. D’autant plus qu’il y a des cailloux. Oui, des cailloux. Et que ces fichus galets sont comme par hasard généreusement distribués là où le sable est le plus adapté à la course.
Enfin, le sable adapté à la course, il faut le dire vite. Ce n’est pas à des lecteurs aussi sagaces que les miens que j’apprendrais que le sable, c’est du verre. Et que le verre, ça coupe. Donc, martelez une sorte de tapis de microbilles de verre avec vos pieds pendant près d'une heure — vos pauvres petits petons habitués à leurs tatanes pour héros de mangas — et vos orteils meurtris vous donneront de leurs nouvelles…
J’ai lu quelque part que Zola Budd, la championne sud-africaine qui étonnait le monde en courant pieds nus dans les années 80, fait aujourd’hui dans l’agriculture. Je crois même qu’elle porte désormais des chaussures en permanence. On ne saurait lui donner tort : pour les produits agricoles, entre les Chinois et les méchants spéculateurs qui s’enrichissent en dormant, la demande est très forte. Quant aux chaussures, quelle magnifique invention.
© Commentaires & vaticinations
Ce n'est pas très bon de courir sur du terrain en dévers, tu risque des problèmes d'articulation, notamment de genoux. De plus, le terrain meuble favorise la tendinite du tendon d'achille qui comme chacun le sait guérit difficilement. Pour finir le sable constitue un abrasif très performant. D'ailleurs les Québécois appellent papier sablé ce que nous nommons papier de verre. Conclusion : remets tes chaussures et cours sur un terrain souple (ni dur ni meuble) et sans dévers.
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | jeudi 10 juillet 2008 à 08:32
Vous me permettrez deux remarques, une sérieuse et une pinailleuse...
D'abord, pour pinaillez, je vous ferais remarquer que non, le sable n'est pas du verre. Certes, on peut faire fondre du sable pour former du verre, mais comme vous l'avez remarqué ma phrase contient le mot "faire fondre". En fait, le sable se compose de petits grains de différents minéraux et fragments d'organismes; les minéraux sont surtout du quartz, le minéral le plus résistant à pas mal de choses (c'est ce qu'on cherche pour le verre), mais selon les cas on peut trouver tout et n'importe quoi (cf. plages rouges à sable de grenat à Groix, vertes à sable d'olivine à La Réunion...). Les fragments d'organismes sont des petits bouts de coquille de plein de choses.
La remarque plus sérieuse (enfin, si tant est que...), c'est que "pied nu" ou pas, c'est très culturel. Mes enfants grandissant ici (en Afrique du Sud), du haut de leurs 3 et 5 ans, n'envisagent pas d'être autrement que pieds nus dès que la température dépasse les 20 degrés, et quelle que soit la nature du sol : sable, herbe, goudron, gravier ... Tout les enfants ici font comme ça jusque vers 12 ans, ce n'est guère que à partir de "high school" que les chaussures deviennent systématiques. On va même jusq'à préciser, dans les écoles primaires, que les chaussures ne sont obliugatoire que si on porte l'uniforme long (d'hiver), et sont facultatives avec l'uniforme d'été...
Rédigé par : JF | jeudi 10 juillet 2008 à 09:02
".. pinailler", pas "..pinaillez". Quite à pinailler sur la géologie, autant s'assurer qu'on ne se fera pas pinailler son aurtograf.
Rédigé par : JF | jeudi 10 juillet 2008 à 09:03
Jusqu'alors, j'étais persuadé que le Dahu n'existait que dans mes contrées rurales, je vois qu'il n'en est rien
Rédigé par : fatben | jeudi 10 juillet 2008 à 12:21
Monsieur Prudhomme,
Hum, signe plutôt Monsieur Dupont et commence ton intervention par "Je dirais même plus". C'est à peu près le résumé de la note...
JF,
Ok, ok, le sable n'est pas encore du verre. C'est juste du verre potentiel, mais ça coupe pareil. Cela dit, je suppose que c'est largement une question d'habitude et que tes gosses seront moins sensibles du peton qu'un habitué au confort permanent tel que moi.
Mais et toi, qui n'a pas grandi là-bas, tu cours pieds nus sur la plage ?
Fatben,
S'il y a une pente, il y a des dahus.
Rédigé par : Hugues | jeudi 10 juillet 2008 à 14:56
Pour pinailler également (les commentaires sont un merveilleux outils pour les enc**eurs de mouches comme moi), le titre et la conclusion de l'article me semblent erronés tout deux : le problème ne vient pas des chaussures mais de la plage !
Cet article pourrait s'intituler "courez avec ou sans chaussures, mais pas sur la plage !"
Rédigé par : Emmanuel | jeudi 10 juillet 2008 à 15:26
C'est sûr que les chaussures, c'est plus marrant que la boutade de G.W. BUSH au G8:
"Le plus gros pollueur du monde, vous salue bien !".
Rédigé par : Ozenfant | jeudi 10 juillet 2008 à 17:34
@Hugues
ça prouve que j'ai lu la note avant de la commenter. Maintenant je peux aussi parler de Sarkozy ou de Bush ;o)
Rédigé par : Monsieur Prudhomme | samedi 12 juillet 2008 à 12:24
C'est comme pour tout, la variété (du sol) c'est mieux... Et ça s'apprend:
http://www.ft.com/cms/s/0/3eb29184-3116-11dd-bc93-000077b07658.html
Rédigé par : François Brutsch | mardi 22 juillet 2008 à 23:01