Pianoter sur un clavier est-il vraiment sans danger ? Dans le doute, interdisons-les.
J'ai une petite théorie très personnelle sur les « troubles » affectant les employés de certaines bibliothèques parisiennes. La mairie a dû accepter, en effet, de supprimer les connexions wifi en accès libre dans six arrondissements au motif que les équipes souffraient « de maux de têtes, de vertiges et de douleurs musculaires » depuis leur installation. Mon idée est donc la suivante : puisque rien ne permet d’affirmer que le wifi présente un risque sanitaire, c’est plutôt la remise en question du rôle du bibliothécaire face à l’intrusion d’Internet dans son pré carré qui est la cause du malaise.
Ma propre bibliothèque de quartier (avenue Parmentier, dans le onzième) est victime de ce wifi-cide et, au vu des missions documentaires effectivement prises en charge par le staff, c'est une initiative regrettable. Tiens, même les gosses ont fini par réaliser que Google était un auxiliaire de recherche plus efficace. A une ou deux exceptions près (généralement des stagiaires de passage), les bibliothécaires sont désagréables, impatients, pète-sec et se voient plus comme des matons que comme des « professionnels de l’information ». Le samedi après-midi, l’un d’entre eux passe d'ailleurs son temps à arpenter les allées l’air furibard, généralement à la recherche d’un gamin à engueuler. Franchement, il faudrait pas mal de bravitude pour lui demander de l’aide pour un exposé sur la grande muraille de Chine... Moi-même, j’hésite toujours un moment à lui réclamer la poignée des toilettes qu’il conserve jalousement dans son tiroir.
Bon, je subodore que les ondes multiples avec lesquelles nous sommes en train de saturer l’espace auront un jour un impact sur l’organisme humain. Mais ça ne m’empêche pas de faire la part des choses et de chercher à comprendre pourquoi le wifi reste inoffensif ailleurs (dans les autres bibliothèques parisiennes, chez Starbucks ou chez moi). Vu d'avion, l’arrivée d’Internet à la bibliothèque accélère surtout le processus de déqualification d’employés déjà ravalés au rang de distributeurs automatiques de livres. Il n’est donc pas surprenant que ça somatise un (wi)max dans les rayons...
Au final, les bibliothécaires municipaux ne se rendaient déjà pas très utiles avant — même si ça se voyait moins. Mais parce que les moteurs de recherche ne sont jamais que de stupides collections de bits sans discernement, le type à l’air furibard aurait pu accueillir le Net comme un moyen de réinvestir son rôle de conseil. Visiblement, c'est mal barré.
© Commentaires & vaticinations
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P.S. : Pour couper court à toute accusation d'exagération, j'ai discrètement filmé mon bibliothécaire préféré lorsqu'il s'essaie à l'informatique. C'est édifiant.
Mais pianoter sur un clavier EST dangereux.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_du_canal_carpien
Vendu. Avoue que ce billet t'a été commandé par Logitech.
Rédigé par : Liberal | vendredi 20 juin 2008 à 16:11
L'arrivée du wifi s'est peut-être également accompagnée de l'arrivée de nombreux possesseurs de portables avides de net et peu intéressés par l'offre de livres des bibliothèques. J'imagine que c'est surtout ce regain d'activité qui les a effrayé le plus. Ont-ils renoncé au wifi de leur propre habitation ? Le portrait des bibliothécaires Parisiens colle fidèlement à celui des Lyonnais de ma propre bibliothèque municipale où il est vain de croire que l'on récupérera quelconque information du bibliothécaire...
Et puis pourquoi proposer du wifi alors qu'on a "toujours fait sans avant et personne ne s'en est jamais plaint".
Rédigé par : Matthieu | vendredi 20 juin 2008 à 16:44
Pas gentil, mais pas mal vu... :-)
Rédigé par : Poil de lama | vendredi 20 juin 2008 à 17:18
Liberal,
Non, c'est un concurrent chinois dont les produits sont moins chers mais dont les bakchichs sont plus élevés (tout le monde est gagnant !).
Matthieu,
Oui. Avant les livres aussi on se débrouillait !
Poil de lama,
Ben pourquoi faudrait-il être gentil ? Viens faire un tour samedi à la bibliothèque Parmentier et tu changeras d'avis. Cela dit, je me rends compte que cette note ne va pas conforter le comvatisme comme doctrine de gauche : les employés de bibliothèques sont nécessairement le sel de la terre et leur attitude est liée aux cadences infernales qu'impose une société inhumaine et pervertie par la mondialisation néolibérale. Et de toute manière, le wifi est de droite.
Rédigé par : Hugues | vendredi 20 juin 2008 à 17:32
Fermons les bibliothèques pour en faire des logements sociaux et un point d'accès internet pour retardés mentaux.
Et s'il faut bien gâcher autant d'argent public qu'avant, redistribuer le budget de fonctionnement de la bibliothèque sous la forme de bons d'achats chez Amazozone.
Rédigé par : Passant | vendredi 20 juin 2008 à 17:54
Enfin, heureusement, c'est l'été, il fait beau, le soleil brille. Les parisiens peuvent profiter du wi-fi dans les jardins publics :
http://www.paris.fr/portail/Economie/Portal.lut?page_id=7799&document_type_id=5&document_id=31302&portlet_id=17981
(c'est d'ailleurs là que je teste mes configurations sous Linux.)
Les gardiens de squares vont quand même pas se plaindre de maux de tête, non ?
Rédigé par : Denys | vendredi 20 juin 2008 à 18:05
j'ai compris. j'avais bien lu en quoi le comvatisme était de gauche mais je ne voyais pas où était ce foutu truc qui clochait. voilà, c'est là : hugues, tu n'es pas gentil.
Rédigé par : David | vendredi 20 juin 2008 à 18:06
à moins que ce ne soit parce que tu es raisonnable.
Rédigé par : David | vendredi 20 juin 2008 à 18:10
Hugues,
Vu les propos 99 fois sur cent hautement aseptisés pour ne pas dire apeurés, l’auto-censure tiède, la constante logorrhée de lieux communs mille fois lue dans ce qu’il reste de la presse, le consensus mou et le conformisme idéologique latent qui gangrène la blogosphère.... Je me demande bien ce qu’il faut encore y régenter (en dehors des pervers polymorphes qui y prospèrent !).
Au fait, Hugues je t'ai posé des questions, dans ton précédent texte.
Rédigé par : Ozenfant | vendredi 20 juin 2008 à 18:20
Je partage votre avis sur les bibliothécaire quoiqu'il ne faille pas faire de généralité, il y a surement de bonnes exceptions.
Quant au problème du wifi abordé d'une manière légère, peut etre qu'au starbuck ou chez vous, les émissions ne sont pas de la meme puissance , ni sur la meme durée etc...
Beaucoup de paramètres rentrent en ligne de compte et sous estimé le problème de santé publique n'est pas une sage activité.
On faisant exactement la meme chose sur l'amiante voire sur la cigarette il y a encore quelques années.
Rappelez vous, ce n'est pas encore si loin que ça, et le sujet était aussi tourné en ridicule.
Celui ci ne tue pas, l'amiante et la cigarette si. Pour le wifi, wait & see.
Rédigé par : emachedé | vendredi 20 juin 2008 à 21:51
Je souscris au portrait que tu brosses même si de bonnes exceptions doivent bien exister. Encore que comme je suis un vrai réac, j'ai un doute. Ce métier doit être ch... , c'est ça qui doit donner des maux de tête.
Un trait qui les caractérise souvent pour les avoir côtoyés de près, c'est leur profil syndical agressif, une bonne part de leur énergie étant consommée dans une défense très ferme de leurs droits et sûrement pas le développement de la culture populaire.
Sur un mode "très ouvert", je me souviens des types de la Sorbonne, hargneux et agressifs dont j'avais noté que leur obsession paraissait d'abord d'éviter d'amener au comptoir le livre qu'on réclamait. La moindre erreur dans la fiche de demande vous valait un refus aussi hermétique de définitif.
Une de mes copines prenait un relaxant avant d'affronter ces dingues en période de concours.
Tiens ? Je vais aller voir si on a installé du wifi là bas.
Rédigé par : Thierry | samedi 21 juin 2008 à 07:55
Désolé pour les mots oubliés, je me réveille. A moins que ce soit le wifi !
Rédigé par : Thierry | samedi 21 juin 2008 à 07:58
Pfiou j'ai du avoir de la chance dans ma bibliothèque de fac, bibliothécaires super sympas, disponibles etc…
Rédigé par : Bob | samedi 21 juin 2008 à 09:45
On retrouve le pendant dans le privé avec le fameux "libraire-de-quartier-aux-conseils-éclairés" qui jamais ne conseille autre chose que ce que la presse (ou les gros éditeurs) intime de lire, qui n'en sait souvent pas plus que vous-même, voire moins, et qui se demande pourquoi les lecteurs préfèrent du coup commander en ligne, sur les conseils plus pertinents d'autres lecteurs.
Rédigé par : deadbydawn | dimanche 22 juin 2008 à 07:50
Sérendipité quand tu nous tiens! Je venais juste déposer un "cadeau" http://www.schtroumpfs.org/index.php?2008/05/18/635-hugues
et je tombe sur ce texte: merci, merci!
(Que fait-on qd on travaille dans une documentation d'entreprise qui est surprise de voir sa fréquentation diminuer mais ne prononce JAMAIS le nom de google dans une réusion de service?)
Rédigé par : Alice | dimanche 22 juin 2008 à 14:09