Quelques jours de vacances à Marseille, ça n'incite pas vraiment au stakhanovisme bloguesque. Au retour, on compense...
Circuler sur un deux-roues non motorisé à Marseille, j'en avais déjà parlé ici, reste une incongruité. La version locale du Vélib' ― assez tautologiquement baptisée « Le Vélo » ― a beau être présentée comme un succès par Decaux, rares sont les Marseillais rencontrés au guidon de l'une de ces solides machines carénées de bleu.
Mais si l'usage d'une bicyclette par quiconque a passé l’âge de la maternelle est un bon moyen de se faire remarquer, rien ne vaut une séance matutinale de jogging sur les contre-allées de l'avenue du Prado pour jouer les stars. Enfin, je dis les « stars », mais c’est en référence au nombre de têtes que l’on voit alors se retourner sur son passage. J’ai beau être affligé d’une certaine tendance à la paranoïa, je n’ai pas souvent l’impression, lorsque je cavale dans Paris, d’être un tel point de mire. Ici, les piétons s’arrêtent de marcher pour vous observer, se poussent du coude d’un air entendu, vous montrent carrément du doigt... Aux terrasses des cafés, les clients s’arrêtent même un instant de commenter le dernier match de l’OM pour mieux prendre la mesure de ce qui est train de se produire sous leur yeux. Manifestement, se balader tout nu en chantant les louanges du PSG ne ferait pas davantage sensation.
J’exagère ? Je ne suis certainement pas le seul à courir le matin dans les rues de Marseille ? Ok, admettons… Mais dans les parages, non seulement il est permis d’exagérer, mais c’est même recommandé. J'ajouterai d'ailleurs que le mélange détonnant d’incrédulité (« Vé le fada ! »), d’admiration (« Oh fan ! Il est bien courageux par ce temps ! »), voire d’hostilité (« Té, pour qui il se prend, celui-là ? Pour un sportif ? ») des autochtones est suffisant pour vous occuper l’esprit lorsque, comme moi, vous avez malencontreusement oublié la petite radio FM qui vous accompagne généralement dans vos séances cardiotoniques...
Le vrai problème, pour autant, pour courir dans Marseille, ce n’est pas le regard des autres mais le manque d’espace. Les voitures sont partout. Le moindre bout de trottoir est colonisé par une alternance de vieilles 205 cabossées et de gros 4X4 flambants neufs. Car la voiture, ici, n’est pas qu’un moyen de transport : c’est un art de vivre. Vous avez 500 mètres à faire ? Bing, vous sautez dans votre auto, passez quarante minutes à les parcourir, puis vingt autres à chercher un passage clouté encore libre pour stationner. Le métro, le bus, le tram ? Hum, c’est pour les pauvres… Enfin, les vraiment pauvres. Ceux qui n’ont même pas les moyens de se payer une Renault 5 de dixième main. La marche à pied ? Hum, c’est bien une idée de fada qui court dans les rues de bon matin, ça…
On imagine que la hausse du prix de l’essence n’est pas exactement passée inaperçue du côté de la Canebière. Il fait même plus de barouf que les hauts et les bas du stade Vélodrome, le baril, maintenant que l’OM a évité la relégation en division d’honneur. Et que Christine Lagarde ne s’avise pas de suggérer à nouveau le recours au vélo en lieu et place de la bagnole pour aller chercher le pain, cette espèce de Marie-Antoinette mangeuse de brioche : elle aurait vite fait de se retrouver au fond du Vieux-Port, ses escarpins Manolo Blahnik dans un bloc de ciment.
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Le type de la voirie, accoudé à son petit engin de nettoyage au jet d’eau des rues, est en train de faire une pause casse-croûte sur le Vieux-Port. Mâchonnant pensivement son panini au thon-mayonnaise, il en roule l’emballage en boule et le jette sur le sol, ignorant la poubelle placée derrière lui.
Moi, étonné : « Votre boulot, c’est de nettoyer les rues et vous balancez vos papiers gras par terre ?! » Lui, haussant les épaules : « Ben moi, je passe le jet. Mais il y a une autre équipe qui arrive plus tard pour ramasser les papiers. On est spécialisés ».
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La rénovation de la gare Saint-Charles, qui devait être terminée en l’an 2000, est enfin achevée. Enfin, pas complètement complètement, il reste encore deux trois bricoles comme le parvis, les façades, les parkings, mais tout le reste est en ordre de marche.
C’est assez réussi, d’ailleurs. Surtout la gare routière qui jouxte les espaces SNCF. On trouve même mon livre dans les Relay. C’est dire si les choses fonctionnent… Bon, comme de juste, il n’y a pas de distributeur de billets de banque et il faut aller jusqu’à la Poste du quartier pour retirer de l’argent mais chacun sait que ça n’est pas une spécificité marseillaise, pour le coup…
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Marseille est la seule ville en France qui permette aux amateurs de tranquillité et d'air marin de s’installer dans une île grecque à un quart d’heure du centre-ville ! Secret relativement bien gardé, le micro-archipel du Frioul est en effet accessible par la navette qui relie le Vieux-Port au château d’If et vaut vraiment le détour. Oh, pas pour l’espèce de marina minable et dégradée qui vous attend sur la jetée, mais bien pour la beauté de Pomègues et de Ratonneau, deux îlots de calcaires posés dans la baie et incroyablement dépaysants.
On peut y vivre, même s’il vaut mieux avoir son propre Zodiac pour rentrer chez soi après le cinéma et si le prix du mètre carré parisien surprend, compte tenu de la médiocrité du bâti. L’hôpital Caroline, un ancien hôpital militaire, partiellement restauré il y a quelques années pour accueillir un festival théâtral, semble désormais abandonné en dépit de son potentiel. Si Jean-Claude Gaudin avait trois sous d’imagination, il pourrait en faire une sorte de Villa Médicis marseillaise, une résidence d’artistes, n’importe quoi... Même un hôtel de luxe ferait l’affaire, après tout. En l’état, c’est un vrai scandale.
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Je termine sur une autre beauté marseillaise, particulièrement bien entretenue celle-là : l’abbaye de Saint-Victor. Ce magnifique monastère médiéval, dont il faut absolument visiter la crypte, est facilement la plus belle église de la ville et sans doute son plus beau monument. Le born again catholique qui vous montre le chemin (sic) est un poil exalté par sa découverte récente des voies du Seigneur, mais son enthousiasme est sympathique et colle avec l’endroit.
© Commentaires & vaticinations
Pourquoi est-ce que les suds des pays sont toujours tout pourris ? Le sud de l'Italie, clientéliste, corrompu, paresseux, mafieux ; le sud de la France, clientéliste, corrompu, paresseux, mafieux, raciste ; le sud des Etats-Unis, clientéliste, corrompu, raciste ; le sud de l'Europe en général ; je ne parle même pas de la Corse. Toujours à se vautrer dans le contentement de soi, l'exaltation du sous-développement, la médiocrité du personnel politique ; capables de faire la queue pour aller voir Taxi 4 ; conchiant l'Etat central, mais avides d'emplois publics pas trop fatigants.
Rédigé par : Rocky Balboa | vendredi 30 mai 2008 à 17:37
Rocky Balboa,
J'espère que ce n'est pas en me lisant que tu te fabriques ce genre de réflexions généralisantes. En ce qui concerne la France, et même si Marseille a de vrais problèmes spécifiques, je ne savais pas que le reste du pays était exempt de corruption, de clientélisme ou de racisme (voire d'intérêt pour Taxi 4).
Rédigé par : Hugues | vendredi 30 mai 2008 à 18:58
Pour rester dans l'ambiance, vous devriez (re) regarder la trilogie de Pagnol: "Oh ! Marius, ça siffle !"
Rédigé par : AIA | vendredi 30 mai 2008 à 21:43
Franchement, Hugues, comme si c'était pas vrai... (que le sud craint, et que ce que tu en dis le confirmes))
Rédigé par : Le Glaude | samedi 31 mai 2008 à 12:59
elles sont pas fraîches-fraîches ces "nouvelles" de Marseille, môssieur Hugues. Elles sentent les vieux clichés usés et le tirage à la ligne. Je me vois bien rédiger le même topo creux à propos de mon dernier séjour dans la capitale. Mais faudrait me payer. A l'oeil, quand je n'ai rien à dire, je ne dis rien.
Rédigé par : Massilian | samedi 31 mai 2008 à 15:55
Hughes,
Il est étonnant d'observer à quel point tes textes sont équilibrés, fouillés, en un mot intéressants, alors que tes réponses aux commentaires sont impulsives et souvent infondées ... ???
Par exemple, qui à voyagé sait bien que "LES" suds des pays cités par Rocky Balboa SONT tels qu'ils les décrits?
Dit-il que les NORDS sont exempt de fainéantise, de corruption, de crasse ?
NON !
D'autre part, entre adultes, nous savons que quand nous portons des jugement de valeurs généraux, on se réfère à la moyenne nationale et l'on discerne part rapport à cette moyenne.
Marseille est sale "par rapport à la moyenne nationale"
Montpellier est propre
"par rapport à la moyenne des villes du Sud".
Pourcentages et moyennes sont là pour tempérer les jugement de valeurs.
Et ces généralités ne trouvent leur fondement que de manière relative à un cadre pré-défini.
N'est-il pas ?
Rédigé par : Ozenfant | samedi 31 mai 2008 à 17:39
Tu peux toujours courir avec Fillon, Hugues, l'autre est crevé le matin, on dit. Une fonction qui mine.
As-tu au moins rapporté des copies de Ray Ban?
Rédigé par : Charles' | dimanche 01 juin 2008 à 21:20
La Glaude,
Le Sud "craint" ? Pas grave, on fera un "Bonjour chez les Santons" et tout rentrera dans l'ordre. Mais encore une fois, ce n'est parce que l'on peut s'agacer de ceci ou de cela qu'on peut en tirer des jugements aussi définitifs que le tien ou celui de Rocky Balboa. Le Sud ne craint pas plus que le Nord, l'Est ou le Centre. Les agacements sont différents, voila tout.
Massilian,
Oui, comme lorsqu'on va à Hong Kong et que l'on dit qu'il y a beaucoup de monde et de grands immeubles. C'est un cliché mais ça n'en est pas moins la réalité. Ton commentaire, en revanche, n'est pas un cliché, c'est plutôt une sorte de réflexe.
Montpellier,
Et le sud de l'Angleterre, sa région la plus prospère et la plus proprette du pays. Et le sud du Japon, de l'Australie, de l'Allemagne...
Charles',
Je ne vais certainement pas courir avec Fillon, qui préfère les voitures de course en dépit de son look de notaire pour roman classique. Et porter des RayBan à Marseille, c'est justement le meilleur moyen de ne PAS se faire remarquer.
Rédigé par : Hugues | lundi 02 juin 2008 à 09:53