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mercredi 07 mai 2008

Sauver Le Monde

En jargon de presse quotidienne, Bad Godesberg se dit Wapping.

Lino Au milieu des années 80, la presse quotidienne britannique est dans de sales draps. Plombée (sic) par la version locale du Livre-CGT, qui lui impose de n'employer que ses propres troupes et interdit le passage à la photocomposition, elle fait se bidonner jusqu’aux patrons de presse français. C'est dire…

Avec ses coûts de fabrication ridiculement élevés, sa productivité anémique et sa distribution désorganisée, elle n'a pas besoin d’Internet pour passer pour moribonde. A l’époque, les journaux sont composés sur linotype ― c'est-à-dire sur de grosses machines dont le clavier commande la transformation de lingots de plomb en lignes de caractères ― et « maquettés » par des ouvriers typographes sur de lourds cadres métalliques. L’informatique éditoriale a beau être en plein boom, elle n’a pas droit de cité du côté de Fleet Street : qu’un journaliste s’avise de toucher à un clavier d’ordinateur, et c’est la grève ; qu’un journal recrute un ouvrier imprimeur qui ne soit  pas membre de la National Graphical Union (NGA) sur une fonction nouvelle, et c’est la grève.

C’est d’ailleurs la grève tout le temps, pour dire la vérité. Et les quotidiens britannique ont beau tenter de contourner le système du « closed shop » ou expliquer aux linotypistes qu’en troquant leur clavier de métallo pour celui d’un traitement de texte ils s’épargneront le saturnisme, rien n’y fait. La NGA est la vraie boss du secteur et n’a aucune envie d’introduire le loup informatique dans la bergerie. Et si les journaux doivent en crever, so be it.

En 1986, l’affreux Rupert Murdoch, propriétaire du Times, mais également d’une tripotée d’autres titres plus ou moins prestigieux, décide pourtant de balancer un grand coup de pied dans la fourmilière. Il fait construire, le plus discrètement possible, une sorte de complexe industrialo-tertiaire dans une banlieue de Londres ― le fameux Wapping ―, y transfère ses journaux, ses salariés volontaires et des ouvriers imprimeurs membres d’une organisation syndicale marginale dans le secteur, l’EETPU.

Que croyez-vous qu’il arrivât ? La grève bien sûr. Mais pas n’importe quelle grève. Non : une méga grève. La mère de toutes les grèves, même, la NGA se battant pour sa survie. Mais nous sommes dans les années Thatcher et la gauche assimile rapidement ce combat à celui des mineurs, dont le mouvement vient d’être brisé par la Dame de Fer. Car enfin, Murdoch est bien un méchant, non ? Et les ouvriers du Livre ont beau être des crapules aux salaires de ministres défendant les pratiques les plus archaïques qui soient, ils sont nécessairement le sel de la terre, aren't they ?

Bon, les journaux de gauche, The Guardian, The Observer, restent un peu en retrait du match de catch et se contentent surtout de compter les points. Tiens, The Independent, un quotidien centriste, en profite même pour se lancer, recrutant les journalistes de chez Murdoch hostiles au coup de force mais acceptant de venir travailler dans un journal rejetant les pratiques de la NGA ! Bah, il s’en fout, le magnat from down under. Sa bataille, il la gagne : la grève se transforme en un incroyable blocus de ses immeubles par le syndicat du Livre, dont les troupes tabassent à l’occasion les salariés non-grévistes (les flics tabasseront eux-mêmes les syndicalistes avec un grand enthousiasme, avouons-le), mais s’achève sur une victoire dont vont profiter tous les titres du pays. Le plomb est remplacé par l’informatique, le monopole d’embauche est supprimé et les journaux peuvent reprendre leur essor.

*

A l'orée des années 2010, la presse britannique est florissante. Ses tirages ridiculisent ceux de la presse française, ses journalistes sont deux fois mieux payés que leurs homologues gaulois et, ironie du sort, elle emploie bien davantage d’ouvriers du Livre que nos canards tout en leur offrant de meilleures conditions... Ce qui n’empêche pas la CGT, de ce côté-ci du Channel, de rester aussi inflexible que la NGA de l’époque en matière d’organisation, de pratiques et de défense de ses « acquis ». Oh, bien sûr le plomb a également déserté nos ateliers, mais il y a tellement d’autres moyens de mettre le secteur en coupe réglée. Contrôler l’impression et la distribution de 80% des journaux d’un pays, ça donne tout de même un certain entregent.

En tout cas, ça en donne plus que lorsqu'on se contente de l’écrire, le journal. D’où l’incroyable situation dans laquelle se trouve Le Monde, un quotidien dont le seul moyen de réagir à une crise structurelle est de décimer sa rédaction. Pas en agissant sur ses coûts de fabrication pour empêcher la transformation du Monde en produit de luxe : trop risqué. Pas en s’affranchissant du monopole de distribution des NMPP qui l’empêche d’être diffusé de manière efficace : impensable… Non, en postulant qu’un journal qui en donnera encore moins à ses lecteurs a de l’avenir !

A la décharge d’Eric Fottorino,  nouveau patron, virer des journalistes est à peu près le seul levier sur lequel il puisse effectivement peser. Et dans ce contexte, autant choisir de garder les « meilleurs » en sélectionnant lui-même les partants. A la décharge des journalistes, exiger un maximum de départs volontaires est humain : les « meilleurs », justement, ceux qui savent qu’ils retrouveront un poste ailleurs sans trop de difficulté, ou les plus vieux, ceux qui empocheront les indemnités les plus copieuses sont donc des candidats logiques. Mais j’ai beau tendre l’oreille, je n’entends ni les uns ou les autres évoquer l’hypothèse d’un déménagement vers quelque Wapping francilien comme alternative, histoire de changer le plomb en or. Bah, c’est le petit côté PS de nos journaux : Bad Godesberg, ça n’est pas dans notre culture.

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Mouaips.

On aura jamais manqué de capitalistes pour recapitaliser le Monde.

à croire que la si terrible CGT n'impressionne pas grand monde.

Par ailleurs, je doute que la CGT soit responsable du contenu des articles d'un journal, qui sont, parait-il, la première raison pour laquelle les lecteurs l'achètent... ou pas.

Personne ne pleurera sur la tombe du Monde : d'ailleurs, sans doute en faudra-t-il passer par là pour qu'une presse libre et de qualité naisse en France : à suppose que ce soit nécessaire : la presse anglo-saxonne suffira bien à la plupart des lecteurs.

Wapping, Wapping : c'est dépassé. ça, c'était bon il y a trente ans. Il faut être moderne

Les actionnaires ne peuvent assurer l'avenir du journal qu'au prix de mesures plus audacieuses : la délocalisation de la rédaction à Pondichéry.

Et qu'on ne vienne pas chipoter avec des questions de proximité : avec internet et le téléphone mobile globale, une rédaction parisienne ne se justifie absolument pas.

Tous les journalistes volontaires seront ré-embauchés sur place pour un salaire équivalent à vingt fois le salaire d'un rickshaw local, et bénéficieront de prestations sociales modulaires : sécu et retraites au choix.

Il me semble que "LE Parisien" a deja son Wapping. Il me semble aussi que c'est un des seuls quotidiens bénéficiaires.

Je ne sais pas si c'est moi qui me gauchise, mais je suis encore halluciné par ce billet.

Présenter les syndicats comme des méchants groupes de pression anti progrès, cela me semble un peu facile. Les gens ont sûrement juste eu peur de perdre leur job ou de se retrouver avec un job nettement moins bien payé ailleurs, ce que je comprends parfaitement . Je doute en effet que les compétences soient les mêmes dans les deux formes d'impression.

Alors évidemment, vu de loin, de façon macroéconomique, on peut se gausser de ces gens qui s'opposent au progrès, vu que dix ans plus tard, il y a plein d'emplois et que la majorité silencieuse est contente. Mais le problème est que les employés d'aujourd'hui, plus nombreux, ne sont pas forcément les ouvriers d'hier reconvertis. Que sont-ils devenus ?

Il me semble que le rôle de la gauche, ce n'est pas d'accepter les règles du marché "pures" comme base du progrès économique, au nom de l'intérêt général. Le rôle de la gauche, c'est aussi d'arbitrer entre les situations, pour s'assurer que le progrès général ne soit pas synonymes de régression terrible pour ceux dont les compétences sont périmées. Autrement dit, plutôt que de se gausser de ces has-been de maréchaux-ferrands qui ont lutté contre la voiture, la gauche se doit de proposer aux sus-dits maréchaux-ferrands des conditions pour qu'eux-mêmes acceptent ce passage. J'aurais aimé lire ce telles propositions sur ce blog, plutôt que ces considérations moqueuses sur ces rétrogrades d'ouvrier, leur méga-grève et cette éloge de Murdoch qui, lui, a compris l'économie et la création destructrice.

Passant: Je pleurerai sur la tombe du Monde, et je ne serai assurément pas le seul. Et même si ceux qui ne pleureront pas seront probablement très nombreux, ça ne les empêchera pas d'avoir tort. Le Monde, avec tous ses défauts, était et est encore, de très loin, le meilleur quotidien français.

Hugues: Le livre CGT n'a assurément pas fait de bien à la presse, mais il faut bien se rendre compte que livre CGT ou pas, la presse écrite d'information généraliste ne survivra pas à Internet. Je le déplore, mais c'est un fait. Ni avec le livre CGT, ni sans lui, ni en France, ni ailleurs. La presse de divertissement, la presse magazine, la presse de communication, et le journalisme sur d'autres médias, peuvent survivre. Mais la presse écrite d'information généraliste est aujourd'hui un anachronisme, au même titre que la marine à voile, car l'essentiel de l'information qu'elle vend peut être obtenu sans bourse délier ailleurs: les dépêches brutes, dans les gratuits et à la radio; l'analyse, sur Internet; l'image, à la télé. La presse d'information sur papier, ça a été très chouette. Mais objectivement, elle vit ses derniers instants et tous les Rupert Murdoch de la Terre ne la sauveront pas, pas même en cassant tous les syndicats de la Terre, car le payant ne peut pas survivre bien longtemps contre le gratuit, c'est tout. Crois bien que je le déplore, mais ça n'est pas une raison pour refuser de le constater.

Passant,
« La si terrible CGT n’impressionne pas grand monde ». Je pense que tu connais mal le milieu de la presse, de son impression et de sa diffusion. Tu peux d’ailleurs lire, entre autres, le livre de Patrick Eveno (http://livre.fnac.com/a2204052/Patrick-Eveno-La-presse-quotidienne-nationale?PID=907) si tu veux en apprendre davantage.

Et oui, je pense qu’il y aurait pas mal de gens à pleurer si Le Monde disparaissait. Et non, la presse anglo-saxonne ne suffira pas à la plupart des lecteurs.


Pondichéry promotion,
Ah voici de bels et bons arguments intéressants et pertinents. On voit que tu t’es donné du mal.


Emmanuel,
Oui. En quelque sorte. Le Parisien est par exemple sorti des NMPP et sa diffusion s’est largement accrue puisqu’il est disponible dans toute l’Ile de France y compris le dimanche. C’est un vrai contre-exemple.

Tom Roud,
Ce billet ne présente pas « les syndicats » comme ceci ou cela. Il parle du Livre CGT qui est, comme la CGT des dockers et la NGA en GB, une structure totalement spécifique dans un contexte totalement spécifique. J’ai d’ailleurs parlé des dockers sur ce blog, comme je parle du Livre CGT :

http://hugues.blogs.com/commvat/2007/04/pour_un_syndica.html

Et dans les deux cas, je n’en ai pas parlé de manière macro-économique, avec la longue vue de celui qui n’y connait rien mais bien en personne (un peu) informée. Pour la presse, je suis journaliste depuis plus de vingt ans et j’ai commencé à travailler dans l’un derniers quotidiens encore composé au plomb.
Pour les dockers, j’ai passé une bonne partie de ma carrière à couvrir l’actualité des transports.

Dans ces histoires, il est trop facile de juger via, justement, le filtre macro-économique standard qui semble être le tien. Il est parfois nécessaire d’aller dans le détail. Et ça ne veut pas dire que ce détail est incompréhensible si l’on n’est pas immergé. On peut se documenter.
La défense aveugle de corporations dont les « acquis » correspondaient parfois, mais pas toujours, à la compensation de vraies difficultés n’est pas « de gauche » par essence.

Enfin, ce billet n’est pas une thèse de 800 pages sur l’histoire et les difficultés de la presse française. C’est juste un billet, un regard. Mais tout de même un regard sur une réalité.


Poil de lama,
Evidemment, le Livre n’est pas le seul responsable des difficultés de la presse. Et peut-être la presse quotidienne écrite finira-t-elle pas disparaitre pour toutes les raisons que l’on sait. On peut tout de même être un peu plus positif et chercher à guérir le malade avant de lui donner l’extrême onction.

Je prends à témoin les investisseurs, nombreux, qui rien n'effraya pour entrer au capital du Monde. Mais je veux bien admettre que la CGT puisse avoir semblé être aux yeux de ces investisseurs un inconvénient que le bénéfice de posséder en France un quotidien d'influence à bas prix pouvait compenser.

Je suis certain que d'honnêtes entrepreneurs se battront pour prendre la place du Monde s'il disparaît. Et qu'ils embaucheront ceux des anciens du Monde qui en vaudront la peine : et peut-être même à des salaires supérieurs à 300€ par mois, appartement à Pondichéry et chauffeur inclus.

Camarade Serraf,
Ton texte est éminemment instructif et bien ficelé. Il à le mérite de montrer que les idées reçues sont à la base de tout les blocages de la société et dieu sait si les militants du PS... en sont bourrés d’idées reçues !
Croire que les bonnes techniques économiques peuvent préférer d’être utilisées par la droite que par la gauche, est un exemple clef.
Ignorer que le PS pratique une politique sociale de droite depuis 1983 en est une autre.

poil de lama : la presse survivra, elle a survécu à la radio et à la télé...

hugues:
as-tu une idée de la structure des coûts dans les 1 euro 30 d'un exemplaire du Monde ?

et de celle d'un Times ?

Je trouve que Métro et 20 Minutes sont bien suffisant, a condition d'être complémentés par le Financial Times dont la couverture est extraordinairement variée et Internationale.

Payer pour un tel journal ne me choque pas. Mais que m'apportent le Monde ou Libé?

Pour revenir aux syndicats, il me semble que notre problème Français est de laisser des situations légitimes dégénérer en "avantages acquis" même lorsque le monde a changé au delà de tout.
C'est l'impossibilité de s'adapter a petits pas aux changements, de façon incrémentale, qui nous différencie de l'Europe du nord et crée ces troues profonds dont on ne peut sortir sans faire couler le sang (métaphoriquement).

Metro, 20 minutes, internet, objection, objection, objection. pour des papiers longs, pour des papiers bien écrits, pour des reportages sur le terrain, vive certaines rubriques du Figaro, de Libé ou du Monde (pages internationales, portraits, grands angles...).

Pour engranger des idées reçues, il est sûr qu'en lisant Le Figaro, Le Monde ou pire... le Parisien, on va en engranger, boudiou !

Pour info, les coûts de fabrication et de diffusion d'un journal en France représentent plus de 50% des frais ; (source : http://www.senat.fr/rap/r07-013/r07-0131.html)

Nous sommes parmi les plus élevés d'Europe. Et de plus, le système des NMPP handicape lourdement les journaux, en ne reversant les revenus des ventes que trois mois plus tard. Autant dire qu'une réserve de trésorerie solide est indispensable, dans un secteur économique largement imprévisible...

Rappel : les NMPP diffusent plus de 85% de la presse française, et dépendent de Hachette-Filipacchi Média, filiale du groupe Lagardère (lui-même principal éditeur de presse en France).

Encore une belle exception française.

Pourquoi personne ne parle de ce qui se passe au Liban?*

http://chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr/archive/2008/05/08/day-2.html#comments

la diffusion de la presse d'information anglaise est elle en augmentation, stabilisée?
j'ai l'impression qu'elle subit la même crise qu'ailleurs,due aux mêmes causes, en particulier aux nouveaux médias: partie d'une situatioplus favorable en terme de diffusion, elle a gardé cet avantage historique...
par ailleurs la réponse sur la décomposition des coûts mériterait d'être complétée par celle de la presse anglaise...
50% pour fabriquer, distribuer, cela ne me paraît pas scandaleux...
a combien revient la distribution gratuite vs le contenu, ou la distribution sur internet?

Lil,

Pour les vioques de mon age, en tous cas, on en parle pas parce que les luttes communautaires du Liban nous ont déjà détruit le moral pendant des décades.
Pour moi, le racisme communautaire est la plaie N2 après les guerres de conquêtes (Irak).
Trop triste.
Mais ne t'en fait pas, bientôt l'Empire du milieu va tous nous mettre d'accord (lol).

@ Tom Roud :

Vous avez lu le billet que vous critiquez? Vous n'y répondez pas.

Que répondez-vous sur le FOND du discours et de l'action du syndicat du livre?

A vous lire critiquer le discours et l'action d'un syndicat, en soi, est méchant-vilain-bouh-marché-pas-bien.

Donc (1) si vous postulez qu'on a le DROIT de critiquer un syndicat, et (2) que, parfois la critique peut être fondée (deux propositions qui semblent parfaitement raisonnables), alors, aurez-vous l'obligeance, pour une fois, de répondre sur le FOND de la critique?

@Coco,
Toute pensée originale et indépendante provoque nécessairement un tollé général.
André Gide disait "Celui qui agit comme tout le monde s'irrite nécessairement contre celui qui n'agit pas comme lui."

D'où la quasi impossibilité de d'émettre des idées hors des poncifs, des idées admises pas le PS/UMP et de la pensée unique médiatique.

On s'éloigne du Monde, me semble-t-il... J'y reviens.

Question naïve : pourquoi la grande rédaction du Monde ne serait-elle pas capable de développer, à côté du vaisseau amiral, des magazines thématiques sur des segments de marché rentables (féminins, journaux télé, sport, culture...). Il s'agirait simplement de valoriser des compétences existantes en utilisant la marque "Le Monde".

Mais il est sans doute plus "raisonnable", plus simple, et plus dans l'air du temps, d'admettre que seule une réduction importante d'effectifs (de forces vives, de talents, de compétences) saurait être le bon remède à la crise.

J’ai fait un post pour parler de la guerre qui a lieu actuellement au Liban. Ce serait bien que tu viennes le lire, sans te commander hein, mais je trouve que les médias français sont tellement nuls sur ce coup-là que vraiment j’ai envie d’en parler. Je mets en lien deux blogs de personnes qui sont sur place et qui donnent un point de vue en temps réel sur l'actu. Bon, voilà, désolée de mon sang-gêne mais le sujet me touche. (Je vais me permettre de laisser ce message sur plusieurs blogs).

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