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lundi 03 mars 2008

Sergent pépère

La question palestinienne, qui passe pour complexe, ne l'est pas tant que ça. Ah, si seulement les Israéliens faisaient preuve d'un peu plus de bonne volonté, soupire Libération

Sergent Je ne sais pas si son patronyme est l'indice d'une quelconque compétence stratégique, mais l'éditorialiste chargé, ce matin, d'analyser les prémices de la « troisième intifada » dans Libération confirme le cliché que la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires… François Sergent, puisque c’est son nom, assène en effet, après le classique rappel du « droit et du devoir d’Israël à se défendre des tirs aveugles du Hamas », que répondre par la force n’a de toute façon aucun sens, qu’une telle attitude risque surtout de provoquer l’ouverture d’un second front côté cisjordanien et que seul le « dialogue avec l’ennemi juré » est susceptible de dénouer la crise.

Observée d’un confortable fauteuil à roulettes parisien, la situation israélo-palestinienne est manifestement d’une simplicité, hum, comment dire, biblique. Le Hamas est une organisation terroriste, c’est vrai, mais sa popularité est le fruit de l’intransigeance sioniste et ses partisans regagneraient immédiatement le bercail arafato-abbassien si l’occasion leur en était offerte. Les bombes ― pardon, les « roquettes », ces pétards de fête foraine ― qui pleuvent sur Sderot et Ashkelon font peut-être des morts et des blessés chez les porteurs de kippas, mais sept fois moins que du côté des porteurs de keffiehs, ce qui semble les rendre plus supportables. Enfin, le retour des Israéliens à la table des négociations permettrait à chacun d’exprimer son point de vue de manière courtoise et dépassionnée. Hé quoi, le Premier ministre de l’Etat hébreu n’aurait-il jamais entendu parler du jugement de Salomon ?

Bon, en vérité, je suis un peu comme François Sergent : je n’entends les bombes tomber qu’à la radio et je ne découvre le nombre de morts que via les agences de presse. Je suis un peu comme lui, OK, mais pas complètement puisque, non soumis au cahier des charges « progressiste » d’un journaliste à Libération, j’ai le droit d’utiliser mon cerveau avant d’éditorialiser. Ainsi, je me permets de considérer que l’usage de la force est sans doute le seul moyen de réagir à des bombardements d'une telle intensité. Je crois, en outre, pouvoir affirmer que les morts israéliens valent bien les morts palestiniens. Mais surtout, je m’autorise à rappeler que c’est précisément le redémarrage des négociations de paix entre le Fatah et Israël qui est à l’origine des opérations du Hamas ― lequel aura du mal à convaincre, même dans le cadre d’une conversation posée, ses interlocuteurs de se suicider en décrétant la disparition de leur pays.

Je ne reproche évidemment pas à François Sergent de ne pas savoir comment sortir de l’impasse que représente ce conflit sexagénaire. Moi-même, sur ce coup, je suis un peu à la peine. Non, je lui reprocherais plutôt de faire semblant de le savoir et de se livrer à ce petit jeu en se fondant sur les présupposés partisans selon lesquels Israël étant le méchant de l'histoire, il ne tient qu’à lui d’en écrire la fin.

Si paix il doit y avoir, ce sera probablement sur la base de la création d’un Etat palestinien souverain, gérant comme bon lui semble Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est mais coexistant avec Israël. L’on voit mal, dès lors, en quoi la déstabilisation meurtrière à laquelle se livre un parti intégriste ayant l'élimination des juifs de cette région  du monde pour projet ultime est la preuve que l’heure est venue « d’ouvrir un dialogue » avec « l’ennemi juré » ― ici benoîtement comparé à Arafat.

Les bombardements du Hamas sont un acte de guerre, pas une tentative de conciliation. Et si la réponse ne saurait être de même nature, que François Sergent s’interpose. La stratégie, ça le connaît...

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Commentaires

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Très bon billet. Ah le fameux "se mettre autour de la table" !

Je suis d'accord pour juger légitime l'usage de la force pour faire cesser les tirs sur Sderot. Mais la légitimité ne suffit pas, l'efficacité serait un plus.

Demain, ou la semaine prochaine, les tirs reprendront. Il devra faire quoi, Olmert ? Une idée dr Serraf ?

Ho, ho ! Pour votre retour, vous faites très fort, Hugues !

Vous croyez "pouvoir affirmer que les morts israéliens valent bien les morts palestiniens".
Qu'entendez-vous exactement par "valoir" ?
1- Que 1 mort = 1 mort ?
Dans ce cas, il faudrait que les qassams tuent 70 civils israëliens demain pour équilibrer les assassinats commis par Tsahal hier.
2- Que 1 blessé israëlien = 70 morts palestiniens dont la moitié de femmes et d'enfants ?
Parce que, si vous voulez le faire, le décompte c'est celui-là. Mais il est vrai que la logique comptable devient agaçante jusque dans les colonnes de Haaretz, lorsque ce journal (sans doute à la solde du Hamas) a la grossièreté de rappeler que "en une après-midi Tsahal avait tué plus de Palestiniens que les qassams n'avaient tué d'Israéliens en sept ans".
François Sergent en rajoute une couche en signalant (mais il ne faut pas, j'imagine, signaler ce genre de choses, il ne fat pas !) qu'"en deux ans, l'armée israélienne a tué près de mille habitants de Gaza".

"je me permets de considérer", écrivez-vous, "que l’usage de la force est sans doute le seul moyen de réagir à des bombardements d'une telle intensité."
Bon, quels sont ces "bombardements d'une telle intensité" ? Sont-ils comparables, par exemple, aux bombardement tout-à-fait intensifs des USA sur l'Afghanistan ou l'Irak ? Rien à voir, me direz-vous. Tout-à-fait, vous répondrai-je, si ce n'est, précisément cette question de l'"intensité" des bombardements. Depuis 1991, c'est 135 000 tonnes de bombes qui ont été larguées sur l'Irak (je vous fais grâce des détails techniques : uranium appauvri, nappalm, phosphore, bombes à fragmentation…). L'OMS comptabilise 150 000 victimes civiles en trois ans (ce qui fait un rythme sympathique de 1000 par semaine).

Maintenant, quels sont les "bombardements d'une telle intensité" qui ont provoqué les raids de Tsahal sur Gaza ? 26 roquettes qui ont fait un mort à Sderot. En sept ans (depuis le début du "processus de paix" !), les qassams ont tué quatorze Israéliens.
C'est vrai, les situations irakienne et israélo-palestinienne n'ont aucun rapport, mais c'est juste pour redonner leur sens aux mots et préciser ce que vous appelez "des bombardements d'une telle intensité" (j'aurais aussi bien pu comparer avec les bombardements sur Dresde, par exemple).

D'ailleurs, pourquoi cite-t-on systématiquement le nombre de morts côté palestinien et le nombre de roquettes tirées sur Israël ? Pour éviter de mettre directement en balance 70 morts contre un seul ? Ou 26 roquettes quassam contre les milliers de munitions tirées par Tsahal ?

Par ailleurs, si Israël estime encore, comme vous, que "l’usage de la force est sans doute le seul moyen de réagir", cela relève d'un aveuglement qu'on est tenté de croire volontaire.

Vous commencez, Hugues, en disant que "La question palestinienne, qui passe pour complexe, ne l'est pas tant que ça." (vous êtes évidemment d'une ironie de bon aloi).
Et pourtant. Oui, la solution est simple : qu'Israël rende les territoires illégalement occupés, indemnise les expropriations, spoliations et confiscations, distribue l'eau équitablement, permette la libre circulation des personnes et des biens sur les territoires qui ne lui appartiennent pas, cesse d'assassiner des civils par dizaines quand l'envie lui en prend, arrête de détruire les infrastructures (centrales électriques, aéroport, etc.), rase le mur illégal qui empiète systématiquement du côté palestinien, se plie aux injonctions de l'ONU (injonctions molles, il est vrai, et jamais contraignantes), permette la constitution d'un Etat palestinien viable, non enclavé, non morcelé…
Vous me direz, je suppose, que même si on leur donnait ça, les Palestiniens continueraient leurs "bombardements d'une telle intensité", parce que ces gens-là ont l'ADN vicié (je suppose, puisque vous ne trouvez aucune explication au terrorisme et aux succès électoraux du Hamas). Mais au point où ils en sont, cela vaudrait le coup d'essayer, non ?
Mais c'est vrai qu'il faudrait pour cela renoncer au rêve du Grand Israël…

"Israël étant le méchant de l'histoire, il ne tient qu’à lui d’en écrire la fin", dites-vous, là encore avec cette délicieuse ironie qui vous dispense de considérer les faits. Je ne sais pas si Israël est le méchant (en tout cas, ce n'est pas le "gentil"…), mais je constate que c'est, sans commune mesure, le plus fort militairement, économiquement, politiquement. Et dans tout conflit, la marge de manœuvre est entre les mains du plus fort.

Abbas est un hypocrite, car il est bien content que le Hamas se fasse taper dessus — et moi aussi.
Au gouvernement Israélien de la jouer fine avec la Cisjordanie et de calmer les colons.
Antoine Block : Israël à raison ; il ya quelques années c'était le nord du pays qui recevait des roquettes lancées par des terroristes au Sud-Liban. Le problème a bien été réglé par les armes.

Il faudra un jour qu'on se rende compte que cette terre que l'on prétend sainte est une terre maudite, en ce sens que la paix n'y constitue strictement pas une perspective crédible. On peut espérer limiter les massacres (et dans cette perspective, le gouvernement israélien ferait sans doute bien de se rappeler que la loi du talion, si profondément inscrite dans sa culture, prêche le strict équilibre entre les coups portés et les coups rendus). Mais espérer que les massacres s'arrêteront du vivant des gens qui habitent cette terre aujourd'hui, ce n'est pas un voeu pieux, c'est une négation de l'évidence.

S'il reste des gens qui aiment la paix sur cette terre, d'un côté comme de l'autre, il n'y a qu'une perspective pour eux: foutre le camp avec leurs enfants et tous ceux qui voudront bien les suivre dans leur famille. Assurément, c'est plus facile à dire qu'à faire (s'expatrier, ça coûte des sous et ça expose à la misère, quand ça n'est pas rendu impossible par le bouclage des frontières), mais c'est également une perspective beaucoup moins irréaliste que la paix, ausssi nécessaire soit-elle. Cette paix, personne dans cette génération ne la verra (ni, à tout le moins, personne parmi les deux générations suivantes; et en m'arrêtant là, je suis bien conscient d'être encore béatement optimiste).

Une politique israélo-palestinienne réaliste consisterait à aider les personnes pacifiques de ces territoires à en foutre le camp, voire à les y inciter. Il y en a d'ailleurs qui l'ont fait, et beaucoup plus que les deux camps bellicistes ne sont disposés à l'admettre: des Palestiniens installés dans d'autres pays arabes, évidemment, mais aussi en Amérique latine (où ils montrent d'ailleurs leur vraie nature d'honnêtes commerçants pépères et gentils); des juifs qui se rendent en Israël en fantasmant béatement sur la perspective d'y réaliser leur alya (forte récompense à qui me fournit l'orthographe correcte de ce mot) et reviennent bien vite dans leur Europe natale en se disant (mais pas trop fort pour ne pas choquer) qu'il vaut infiniment mieux se faire parfois traiter de sale feuj à la sortie d'un cinéma que d'habiter dans un pays en guerre où des chefs militaires de moins en moins brillants ont une tendance prononcée à ne rien savoir faire d'autre que tirer dans le tas...

Non, le conflit israélo-palestinien n'est pas simple. Mais ce qu'il faut faire pour y échapper est notablement moins compliqué: il faut foutre le camp de cette terre maudite, point. Et cela vaut pour les Israéliens comme pour les Palestiniens. Il vaut assurément mieux être émigré et pauvre que dévoré de haine si on est vivant... ou tout simplement mort.

Frères israéliens pacifiques, foutez le camp! Frères palestiniens pacifiques, foutez le camp! Et laissez vos innombrables compatriotes bellicistes s'entretuer jusqu'au dernier pour la possession de cette terre maudite, l'endroit le plus inhospitalier de la Terre juste avant la banlieue de Tchernobyl.

"Une politique israélo-palestinienne réaliste consisterait à aider les personnes pacifiques de ces territoires à en foutre le camp, voire à les y inciter"

Oui Poil de Lama. Mais les juifs, ça fait 2000 ans qu'on leur dit de foutre le camp et ils sont probablement fatigués d'errer.

François X,
Je l'ai dit, je n'ai pas plus de solution que le sous-officier de Libération.


Antoine Block,
Les morts israéliens valent bien les morts palestiniens n'était pas une expression signifiant qu'il fallait prendre les uns et les autres au poids. Il me semblait que c'était clair. D'ailleurs, je suis certain que ça l'est. Je constate d'ailleurs que les réponses à toutes tes observations convenues sont dans la note ci-dessus : faut-il les réécrire ? Je n'en relèverai qu'une : si je te suis bien, les roquettes et les obus qui tombent sur Israël sont effectivement des bombinette sans gravité et ne tuent que peu de gens. Réagir n'est donc pas légitime. François Sergent, au moins, concédait à Israël le droit de se défendre.

All,
Pas d'accord. Abbas fait ce qu'il peut avec des moyens limités. Et je ne compare pas cette histoire avec l'intervention au Liban qui n'était pas de même nature et contre laquelle je me suis largement excité en son temps.


Poil de lama,
Homme de peu de foi ! Ce n'est pas parce que je ne sais pas exactement comment en finir que je pense que l'on ne peut pas en finir. L'existence d'un Etat palestinien souverain est dans le sens de l'histoire (même si l'histoire n'a pas de sens) et je crois qu'en dépit du Hamas et d'Antoine Block, une paix durable à la Oslo est possible...

J'ai bien aimé ce texte, Hugues.
Depuis que je peux me souvenir d'avoir écouté la radio, puis l'ORTF, puis la Télé ou lu le journal, j'entend parler du drame Palestinien.
J'ai des amis d'origine juive, heureusement non sionnistes, qui déplorent l'insondable connerie des dirigeant de likoud.

Et moi et moi et moi, je déplore notre insondable connerie, à nous les Français et à eux les Anglais d'avoir été foutre un peuple (de force) au milieu d'un autre peuple, qui n'avait rien demandé !

Ainsi depuis 60 ans, des grands reporters qui ont (presque) tous leur Hotel attitré à Tel Aviv (et leur petite amie sur place, nous abreuvent des nouvelles de ces deux microscopiques états.

Si le même drame se passait, avec le même nombre de morts en Wasiristan oriental, nous n'en entendrions, me semble t'il jamais parler !

Peut-on quand même constater, Hugues, que, comme d'habitude, le droit légitime d'Israël à se défendre aboutit à une réaction très disproportionnée, que l'on peut effectivement mesurer (c'est triste) au nombre de morts provoqué (femmes et enfants inclus) ?

je lis ton billet, je vais voir l'édito de Sergent, je reviens ici et je trouve que tu exagères. voilà que tu te conduis comme ce que tu dénonces chez l'éditorialiste de Libé : un point de vue partisan écrit depuis un petit bureau parisien. t'as encore de la chance qu'on ne puisse pas se moquer de ton patronyme, ce qui est toujours facile quand il s'y prête.

en fait Hugues pour être tout à fait précis, je pense que tes arguments valent ceux de François Sergent et on pourrait en discuter longtemps mais ce qui m'a gonflé dans ton papier, c'est que tu uses d'artifices tout en insinuations (le patronyme, le bobo parisien, les présupposés partisans) pas très "classe" pour prendre l'ascendant et démonter la position que tu critiques. du coup, je suis pas sur que ça crédibilise beaucoup ton propos. sauf pour les convaincus.

Le problème subsitera tant que chaque camp n'aura pas accepté que leurs morts n'ont servi à rien.

La lâcheté et l'insondable bêtise des Européens d'entre les 2 guerres est a l'origine de ce conflit. Je doute que les Juifs aient quelque volonté de s'expatrier que ce soit pour se retrouver aux milieux de Français innocents avec les perspectives excitantes que cela leur ouvrirait. Chaque camp a fait beaucoup d'erreurs dans le passé, chaque camp est d'une certaine façon l'otage de ses extrémistes - Israel parce que c'est une démocratie avec représentation proportionnelle et l'État Palestinien, parce que la force militaire est du coté des plus illuminés.

Il me semble que les petits Français n'ont rien a apporter a la résolution du problème. Il va falloir beaucoup, beaucoup d'argent pour se sortir de ce bourbier parce que l'alternative serait de bitumer la bande de Gaza.

Je fais souvent le même rêve (irréalisable, et c'est sans doute heureux): partager la région qu'il est préférable de ne pas nommer en quatre zones étanches: une pour les Juifs qui ne veulent pas partager (interdiction d'employer de la main d'oeuvre arabe), une pour les Arabes qui sont dans la même disposition d'esprit (interdiction de travailler pour les Juifs), une pour ceux qui veulent cohabiter en paix dans un Etat démocratique, enfin une zone réservée aux adultes consentants qui veulent en découdre (à l'arme blanche, bien entendu, et sans intervention de la croix rouge ou du croissant ou de l'étoile de même couleur).

Je me rends bien compte qu’il est délicat de sortir du consensus « progressiste » pour évoquer cette question. Le fait qu'Israël soit un vrai pays, doté d’une opinion publique, d’une presse, d’institutions, bref, d’un contexte interdisant à un gouvernement de rester les bras ballants devant une agression est vécu comme totalement négligeable au regard de la faute originelle que représente son existence. Les méchants prennent des bombes ? Et alors ? Ils n'avaient qu'à pas être là.

Bien sûr que les moyens militaires d’Israël sont supérieurs à ceux des Palestiniens. Mais cette asymétrie délégitime-t-elle toute réaction ? On parle de disproportion, mais quelle est la réponse nuancée et appropriée aux bombes du Hamas ? Je ne suis pas spécialiste de la chose militaire, mais quel est le moyen indolore d’empêcher les bombes de tomber ? Quelle est la force internationale qui viendra s’interposer et permettre aux Israéliens de ne plus prendre en charge leur propre défense ?

La situation des Palestiniens est intolérable, mais la lecture totalement biaisée de la situation rend l’appréciation des contextes historiques, sociaux, politiques et religieux impossible. Comment faire valoir le point de vue de gens dont le consensus fait des coupables quoi qu’il arrive ? Même les mieux intentionnés (Ozenfant), qui ne voient Israël que comme le résultat de la politique coloniale franco-britannique, semblent refuser l’idée d’une vraie légitimité des Israéliens à être des Israéliens. A être les habitants de leur terre.

Prendre pour valides, pour comprendre ce conflit, les seuls arguments arabes ne laisse de toute manière aucune chance à la contradiction. Tout comme expliquer la propagation du fondamentalisme et du terrorisme dans la région par l’attitude des Israéliens ne laisse aucune chance à la compréhension de phénomènes bien plus vastes et complexes que la présence d'une poignée de juifs dans le monde arabe.

Personnellement, je suis convaincu que l’incapacité de penser (à l’extérieur, ici, chez nous) le conflit en des termes moins manichéens est l’un des grands obstacles à la paix. Soutenir, au moins en creux, le mouvement mettant par les armes un terme aux négociations qui reprennent est-il le meilleur moyen de convaincre la population israélienne des bonnes intentions progressistes à son égard ?

Bah, il est vrai que nous sommes bien placés pour donner des leçons de négociation raisonnable. L'harmonie et le réglement des problèmes par le dialogue, ça nous connaît...

Il n'y a pas de "consensus progressiste" là-dedans, seulement des faits (qui sont têtus). Contrairement à ce que vous prétendez, Hugues, aucune réponse à mes remarques ne figure dans votre note : comment justifiez-vous :

- la captation de 80% des ressources en eau par Israël ?

- la confiscation illégale de toujours plus de terre palestinienne ?

- l'implantation toujours poursuivie de colonies illégales ?

- l'expropriation et la spoliation des palestiniens qui ont le tort d'habiter sur un terrain convoité par Israël ?

- les mesures vexatoires et discriminatoires quoitidiennes ?

- les routes coupées au bon vouloir de l'occupant (et ne me sortez pas l'argument de "la sécurité"), empêchant les gens d'aller travailler, les marchandises de circuler, les malades et les vieillards d'aller se faire soigner, etc.;

- les fameux assassinats (mal) ciblés qui tuent indistinctement un activiste, ses enfants, sa famille, ses voisins…;

- le tracé du mur (condamné par l'ONU et la Ligue Internationale des Droits de l'Homme) qui empiète systématiquement sur les territoires palestiniens;

- la disproportion effective et condamnée par toute la communauté internationale (même les USA qui se distinguent pourtant par un soutien inconditionnel à Israël) des représailles de Tsahal;

- la pratique de la punition collective, contraire à l'Etat de droit;

- les incursions militaires répétées de Tsahal dans des pays souverains (les bombardements meurtriers de la Tunisie en 1985, sans parler du Liban, de l'Egypte, c'est toute la région qui vit sous la menace d'une "opération" israélienne);

- la faiblesse des réactions internationales, l'ONU se contentant d'accumuler les "condamnations" (Israël est le pays qui en collectionne le plus au monde), mais sans jamais prendre de mesures (sanctions économiques, par exemple, je ne parle même pas d'action militaire).

Voici une carte qui résume la réalité de ce qui se passe depuis soixante ans :
http://schlomoh.blog.lemonde.fr/files/carte_compromis_coupee_1.jpg
C'est pénible, agaçant, difficile à entendre, mais que voulez-vous, ce sont les faits.

Personne ici n'a remis en cause le droit à l'existence d'Israël, ni même son droit à se défendre. Mais pouvez-vous entendre (il semble que non) que cela ne signifie pas que toutes les exactions commises par cet Etat ne soient pas considérées comme normales et légitimes ?

Quand un Etat est confronté à des attentats terroristes — comme ce fut le cas en France —, il mène une enquête, arrête les responsables et les traduit en justice. Qu'auriez-vous dit si, lors des attentats en France, le pouvoir avait bombardé les banlieues ? Pourtant, c'est exactement ce que fait Israël.

"La situation des Palestiniens est intolérable", qui a le pouvoir de l'améliorer ?
Vous considérez que "expliquer la propagation du fondamentalisme et du terrorisme dans la région par l’attitude des Israéliens ne laisse aucune chance à la compréhension de phénomènes bien plus vastes et complexes que la présence d'une poignée de juifs dans le monde arabe".
Laissez de côté un instant ces (mystérieuses) complexités et regardez les faits. On est face à un état colonialiste et violent face à un peuple sans autre moyen et secours que ce que représente aujourd'hui le Hamas. Et cela n'a rien à voir avec le fait que cet état soit Juif.

L'interlocuteur modéré existait, c'était le Fatah et l'Autorité Palestinienne, mais oubliez-vous que Arafat a toujours été traité comme un terroriste par Israël ? Qu'il n'était pas un interlocuteur valable ? Le Hamas, légitimement élu, ne l'est pas non plus. Alors, quoi ?

"Quelle est la force internationale qui viendra s’interposer et permettre aux Israéliens de ne plus prendre en charge leur propre défense ?"
Je vous rappelle qu'Israël a toujours refusé l'intervention d'une force internationale, notamment lors du massacre de Djenine comme, plus récemment, lors des opérations au Liban.

Selon vous, les "arguments arabes" n'ont aucune légitimité, les analyses "de l'extérieur" non plus, et j'imagine que les protestations de la gauche israélienne elle-même ne sont, à vos yeux, pas plus recevables. En fait, le seul point de vue qui mérite d'être considéré, selon vous, c'est celui du Likoud et de l'état major de Tsahal, non ?

"L'harmonie et le réglement des problèmes par le dialogue, ça nous connaît.."
N'est-ce pas, Hugues, n'est-ce pas ?

@Hugues,
Je suis d'accord avec vous pour une chose:
Le partis pris systématique de la presse de la caviar-bobocratie !

Pour le reste, où avez vous vu que je déniais à Israël, le droit à l'existence (maintenant que la "connerie Franco-Britsh" est un fait accompli) ?

Il me semble bien qu'Israël était à deux doigts de signer un accord durable, s'il n'y avait eu le drame de l'assassinat de Menahem Beghin.

Une fois de plus un fou de dieu à fait capoter la paix.

Je ne sais pourquoi on dit "fou de dieu" pour un acte aussi diabolique... ne devrait-on pas plutôt dire un "FOU DU DIABLE" ? Lol!

@Merlin,
Votre commentaire m'enchante !

Ozenfant: Vous avez commis un lapsus abomiffreux. Menahem Begin est mort dans son lit, et celui dont vous vouliez parler, c'est Yitzhak Rabin. Or, ces deux personnages ne sont pas vraiment interchangeables...

Exact Poil de Lama !

C'est ma faute, ma très grande faute.
Ais-je l'excuse d'être très agacé par la place que prenne les suites de notre inconséquences d'après guerre ?
A vous de me le dire !

le mieux est encore de voir ce qu'en disent les principaux interesses (du cote Israelien)

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=83169

Une des données aue tu semble négliger ici, Hugues, c’est que la situation de base n’est pas l’agression d’un état souverain par un autre état souverain (auquel cas Israel aurait toute légitimité pour riposter) mais d’une attaque contre un état souverain depuis une zone de facto en état d’occupation par le dit état souverain.

Ça n’a l’air de rien, mais ça change tout : le Hamas est très certainement une corporation d’apprentis dictateurs n’ayant pas un début de commencement d’empathie pour ce peuple qu’ils prétendent défendre et qu’ils enfoncent un peu plus chaque jour. Le problème est que tant que dure la situation présente, les discours pontifiants et parfaitement hypocrites des chefs du Hamas continueront à être crus, tout simplement.

On est dans une situation qu’on pourrait comparer à celle de la guerre d’Algérie : à force de réclamer des ripostes et à se laisser aller à la confortable illusion de l’efficacité de la répliaue violente, ce sont les autorités françaises qui ont permi au FLN de passer de l’état groupusculaire à celui de mouvement de masse, vainqueur de la guerre et maître de l’Algérie.

De même, ici, ce sont les autorités israéliennes aui à force de surestimer leur puissance renforce au lieu de saper le Hamas.

En fait, s’il fallait vraiment pointer du doigt un responsable en chef, il ne faudrait certes pas pointer la nation israélienne en tant que telle (qui effectivement existe quoi qu’on pense des péripéties ayant précédé sa fondation), mais c’est tout de même au sein de sa classe politique qu’il faut chercher : Parce que, en fin de compte, c’est bel et bien le Likoud emmené par Sharon qui a saccagé tous les efforts de paix : en rasant l’autorité palestinienne, en se réjouissant secrètement des avancées du Hamas du vivant d’Arafat, en refusant de se montrer intraitable avec les ultras (ultras-orthodoxes, ultr-bellicistes, ultra-colons, tous de plus en plus souvent considérés comme des parasites par leurs propres compatriotes) même quand l’occasion du siècle s’est présenté (Pourquoi ne pas être passé tout de suite au démantellement des implantations illégales de Cisjordanie après Gaza ? Pourquoi ne pas avoir cherché à négocier avec Abbas ? En agissant ainsi, le gouvernement israélien a permi au Hamas de faire semblant d’avoir remporté une grande victoire militaire, et d’être, là encore, cru), en crachant sur Oslo, en traitant d’anti-patriotes les auteurs de l’initiative de Genève -alors que les déclaration d’un ancien président de la Knesset (accusant très directement les dirigents de l’état hébreux de préparer leur dépatr tout en continuant à tenir des discours va-t-en guerre) tendent au contraire à démontrer que c’est -une fois de plus- chez les boutefeux au’il faut chercher l’absence de patriotisme-.

Or, ectte faction politique, peut-être aussi malhonnête que le Hamas a ses entrées au gouvernement, et souhaite plus que jamais tenir l’ensemble des rennes du pouvoir : si paix il doit y avoir, elle passera par la dénonciation sans équivoque du Hamas pour la bande d’hypocrite qu’ils sont, mais il ne faudrait pas non plus oublier leur reflet, leur double, leur jumaux dans le refus de la conciliation et dans l’indifférence face à la mort d’innocents.

Evoquer, comme le fait Oxenfant, les responsabilités françaises et britanniques lors de la création d'Israel, c'est faire abstraction des possibilités de l'époque et de pas mal d'autres choses.

D'abord, à l'époque, on ne savait guère immaginer les choses autrement que sous forme de colonisation. Ensuite, les pays arabes ne voulaient pas d'un état israélien, ni des juifs, et ils ont eux aussi une grande part de responsabilité. Ce sont les autorités musulmanes qui ont demandé aux palestiniens de s'exiler; ceux-ci n'étaient pas obligés de les écouter. Ils pouvaient rester et former un pays avec les juifs, qui à l'époque étaient aussi pauvres qu'eux.

Certainement, les orthodoxes considérés comme des parasites par la majorité des israéliens juifs, n'arrangent rien en perturbant la vie des citoyens. Si Israel était une république plus laique, elle ne s'en porterait que mieux et raisonnerait plus sainement.

On peut effectivement dire que le Likoud n'a jamais rien apporté de positif à ce pays, désormais engagé dans une spirale de la violence, qu'il sera bien difficile d'arreter, ou d'en sortir.

Si, maintenant, les israéliens faisaient tout ce que demande Antoine Block, les palestiniens manoeuvrés comme ils le sont par le Hamas détruiraient Israel et le rayeraient de la carte.

A mon avis aussi, en 60 ans, la seule possibilité réelle de paix a disparu avec Itzac Rabin et n'est pas près de se représenter.

Lory écrit :
"Si, maintenant, les israéliens faisaient tout ce que demande Antoine Block, les palestiniens manoeuvrés comme ils le sont par le Hamas détruiraient Israel et le rayeraient de la carte."

Oui, bien sûr, car ce sont des bêtes sanguinaires à ont l'ADN vicié, qui adorent voir leurs enfants exploser et se faire sniper. Drôles de gens, tout de même. Pas tout-à-fait humains, en fait…

Sérieusement, le Hamas se nourrit de la situation actuelle. Pourquoi pensez-vous qu'il rencontre moins d'écho aux Emirats Arabes Unis ou en Suisse ?

Et puis, pour détruire Israël et le rayer de la carte, je suppose que les Palestiniens utiliseraient les armes de destruction massives qu'ils cachent soigneusement dans des bases souterraines ?

@ Antoine Block

Ils ont une arme massive ni cachée ni souterraine: le Coran. Et l'Iran derrière, or ce n'est un mystère pour personne qu'Ahmadinedjah veut "rejeter les juifs à la mer".

Je dirais en réponse à votre question que le moins qu'on puisse dire est que, auprès d'Al Jazeera (c'est bien situé dans les Emirats du Golfe, si je ne m'abuse), le Hamas ne manque pas de trouver des échos...

Quant à la Suisse, il y a désormais des mosquées comme ailleurs. Je suppose que le Hamas y a bonne presse.

Ahmadinedjah: président impopulaire d'un pays Perse et Chiite

Peuple palestinien. peuple arabophone et majoritairement suunite

Imaginer que le Bush de Téhéran irait vraiment risquer une guerre avec, pour paraphraser Chirac, une vitrification de sa capitale à la clé est à peu près aussi réaliste qu'affirmer que Mariano Rajoy était près, en cas de victoires aux élections espagnoles, à faire la guerre à Poutine pour défendre la cause bièlorusse.

Et puis on est gentil et on évite de se lancer dans un raisonnement du type 2coran, mosquées, Hamas, kif kif", c'est aussi subtile et intelligent que les raisonnements du type "torah, synagogue, extrême-droite israélienne, kif-kif"

Mouais... je ne dis pas que t'as vraiment tort, Laurent Weppe, mais je ne pense pas que Antoine Block ait raison.

Disons que dans le calcul de probabilités, ce que je disais auparavant en a quand meme davantage que tes éventuelles prévisions des rapports hispano-russes.

Idem que Laurent Weppe.

Alors, Lory, je vois que vous progressez, au moins dans le dévoilement (si j'ose dire) : selon vous, le problème n'est plus les roquettes qassam, ni le Hamas, ni les Palestiniens, ni les Arabes, mais l'islam lui-même.

Ainsi, le Coran est une arme de destruction massive. Là où il y a une mosquée, le Hamas pointe le bout de son nez belliqueux et les roquettes ne tardent pas à pleuvoir ? Heureusement, vous êtes le seul à être au courant.

En attendant de rayer de la carte Israël, l'Amérique et l'Occident chrétien, les Palestiniens aimeraient juste avoir un petit bout de pays où pouvoir vivre. Mais c'est manifestement trop demander.

"Supposez" un peu moins Lory, et réfléchissez un peu plus.

Je ne vois pas que vous soyez "patenté" pour pouvoir dire si je "progresse" ou pas et je n'ai pas à vous prendre pour maitre à penser.

Là où il y a une mosquée l'islam s'installe et avec lui les problèmes commencent. Croyez bien que je ne suis pas près de changer d'opinion en dépit de vos cours.

@Lory :

Je viens de visiter votre site…
Avez-vous songé à consulter ?

@ Antoine Block

Je me passerai de vos conseils et je ne vous ai pas "consulté".

Les bons samaritains pour lesquels toute féministe doit aller voir un psy est assez éculé depuis plusieurs décennie. Vous avez oublié "hystérique" qui fait généralement partie de l'argumentaire classique. Vous avez encore des progrès à faire pour devenir un bon samaritain antiféministe mais vous etes sur la bonne voie.

Non, non, Lory, je ne parlais pas des féministes, mais bien de vous. Juste vous.

>"Ainsi, le Coran est une arme de destruction massive"

Quelle stupidité de dire un truc pareil.
Et c'est comme cela que certains associent musulmans = terroristes.

Puis musulmans = étrangers donc étrangers = terroristes.

Je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit Antoine Block mais quand je lis "Lory" et après u court passage sur son blog je suis tenté aussi de l'inviter à "consulter". Et cela n'a rien à voir avec le féminisme/antiféminisme.

@ Antoine Block, toto & Co.

Oui mais moi, les appréciations des petits machos en herbe qui s'ignorent, comme vous, je m'en tape.

Je préfère, et de loin avoir, comme j'ai, l'appui des féministes, les vraies, pas les improvisées hier pour les besoins de leur cause islamogauchiste.

S'il vous plait, ne pourriez-vous pas aller faire ça ailleurs ? Je n'ai pas envie de fermer les commentaires sous cette note mais ce délire commence à devenir trop malsain à mon goût. Lory, vous avez votre propre blog, utilisez-le comme terrain d'aventure.

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