Ententes cordiales
Hier, c'était la journée de l'amitié, de la politesse et de la bonne volonté. Témoignages.
A force de se focaliser sur la capacité de Nicolas Sarkozy à poursuivre ses efforts de déraybanisation, on en oublie d'être attentif à ce qu'il raconte. Hier à Londres, il ne s'est pas roulé sous la table, n'a pas mis la main aux fesses de la reine et n'a pas glissé une petite cuillère en argent dans la poche de son smoking sous l’objectif des caméras de la BBC. D’ailleurs, même le Sun lui en sait gré.
Il n’a rien fait de tout ça, mais il a prononcé un discours avec lequel l’anglophile en moi serait bien en peine d’être en désaccord : la France et la Grande-Bretagne, jumelles dizygotes, sont aussi nécessaires à la promotion l’une de l’autre qu’un Guillaume le Conquérant à un Harold II ou une Jeanne d’Arc à un évêque Cauchon. « Ensemble tout devient possible », a donc rappelé l’hyperprésident aux parlementaires britanniques rassemblés en congrès. « Très juste Auguste ! » a approuvé Gordon Brown dans Le Monde.
A l’heure où Jaguar et Land Rover passent sous pavillon indien, le splendide isolement confinerait effectivement à l’autisme. Come on, Gordon, qu’est-ce qu’on attend pour être euros ?
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Je ne voudrais pas faire replonger un débat qui s’élève enfin, mais je note que la belle Carla s’est fendue d’une révérence en rencontrant la reine. J’imagine que les p’tits gars du protocole avaient briefé notre nouvelle Jacky sur les us et coutumes des voisins du dessus : « Si Nicolas parvient à se tenir à peu près correctement, autant ne pas faire les choses à moitié ».
Hum, faut voir... D’abord, la révérence (« curtsey ») n’est pas réellement obligatoire. Tout le monde ne la pratique pas et la vieille Elizabeth herself n’y est pas spécialement attachée. Choisir un moment pareil pour être plus royaliste que la reine semble donc assez dérisoire.
Mais c’est sans doute une affaire d’appréciation personnelle. Mon épouse, britannique, a appris à l’école comment s’incliner devant un monarque. Désormais détentrice d’un passeport tricolore, elle s’est suffisamment républicanisée pour refuser l’idée d’une courbette face à la puissance héréditaire. Sa sœur, installée en Espagne juan carliste, en tient elle pour le respect de la tradition.
Tout de même, il ne faudrait pas que la transformation du bambocheur de l’Elysée en véritable homme d'Etat ne l’entraîne trop avant dans l’amour de la chose monarchique. Comme dirait Laurent Joffrin, ça pourrait donner des idées au fiston...
*
Moi, tout sourire, au barman à catogan derrière son comptoir :
— Bonjour, une pression s’il vous plait !
Lui, le visage fermé :
— Ah ouais ? Ben ça f’ra trois euros cinquante !
Moi, interloqué :
— Vous êtes toujours aussi aimable avec les clients ?
Lui, l’air du type qui a appris son métier dans un guide touristique anglo-saxon sur les mauvaises manières des serveurs parisiens :
— Non, là, j’suis aimable. Si je l’étais pas, vous vous en rendriez compte.
Bienvenue au Pavillon Baltard, pour la 72eme édition de la République des blogs !
A part ça, Denys, Charles, Emmanuel, Samuel, Gilles, Jules et Marie-Annick avaient l’air d’aller bien.
© Commentaires & vaticinations

Etonnant.
Il a toujours été charmant avec moi le serveur au catogan.
Rédigé par: aymeric | le jeudi 27 mars 2008 à 12:13
Ma foi, il doit en avoir assez, de tous ces gens qui consomment de la bière dans son bar.
Rédigé par: Hugues | le jeudi 27 mars 2008 à 12:24
3 euros cinquante pour une pression (et encore, c'est un quart de litre !), juste ciel... Ca fait à peu près 10 fois le prix qu'on paye ici pour la même pression (12-15 ZAR pour une pinte)...
Rédigé par: JF | le jeudi 27 mars 2008 à 12:42
Juste ciel, 3,50 € une pression !
Bon, la France n'est pas le pays de la bière...
Combien le ballon de rouge ?
Là où j'habite, le vin est plus onéreux que la bière...
La vigne y a été arrachée sur ordre de Napoléon qui voulait en assurer le monopole de la production en France.
Rédigé par: Don | le jeudi 27 mars 2008 à 14:23
En bon Anglophile moi même, cela fait deux papiers que je commet sur la visite de Sarkozy en Albion, décrivant par le détail les faits et gestes du couple présidentiel et le protocole Royal.
Bien que cela me coûte de l’avouer, le discour de Sarkozy à reçu une standing ovation et le voyage est un grand succès diplomatique.
Les Anglais eux aussi seraient prêt à élire le roi de la com. s’ils en avaient le choix, et oui la démocratie c’est devenu çà: Le plus baratineur arrive à convaincre les plus crédules, ET CA SUFFIT !
Rédigé par: Ozenfant | le jeudi 27 mars 2008 à 18:11
Le serveur au catogan en a peut-être marre de voir que des mecs ;-)
Rédigé par: polluxe | le vendredi 28 mars 2008 à 15:24
que la 1ère dame de france ait une garde robe permanente chez les couturiers français ne me choque pas, avouons le,le charme opère, un tailleur dior aussi bien porté, cela se laisse admirer, ne soyons pas faux-cul;
reconnaissons quand même que le chef de l'état ne va pas nous avoir sur un coup pareil.
Rédigé par: maria | le vendredi 28 mars 2008 à 21:34
Eh! oui, une standing ovation devant les MPs anglais, après celle devant le Congrès. Voilà (entre autre) pourquoi on l'aime, le french JFK !
Rédigé par: François X | le samedi 29 mars 2008 à 05:45
François X,
Oui, les MPs ne savent pas encore qu'avec Sarkozy les paroles et les actes sont diamétralement opposés !
Rédigé par: Ozenfant | le samedi 29 mars 2008 à 17:32
François X,
Oui, les MPs sont excusable, ils ne savent pas encore qu'avec Sarkozy les paroles et les actes sont diamétralement opposés !
Bon week-end, Hughes !
Rédigé par: Ozenfant | le samedi 29 mars 2008 à 17:33
Nos ennemis héréditaires... Ces perfides et fielleux espions, prêts à nous entraîner dans les pires bourbiers, et tellement heureux de se débarasser du seul Etat à même de les empêcher dans leur entreprise de dépolitisation de l'Union européenne.
Quand viendra l'heure du bilan (après un dénouement que j'espère proche), on aura, au choix : la désolation devant la haute trahison perpétrée méthodiquement par Sarko ("et sa clique..", comme dirait l'autre), ou le ridicule (tant NS se paye de mots, souvent).
Bref, rire ou pleurer.
Rédigé par: Ferdydurke | le samedi 29 mars 2008 à 18:12
Ferdydurke, vous dîtes: "Nos ennemis héréditaires... Ces perfides et fielleux espions, prêts à nous entraîner dans les pires bourbiers, et tellement heureux de se débarasser du seul Etat à même de les empêcher dans leur entreprise de dépolitisation de l'Union européenne."
Amusante l'image d'Epinal !
Remarquez, loi aussi j'avais lu çà dans la presse ! Mais on n'est pas obligé de répéter tout ce qu'on lit ou tout ce qu'on entend !
1° Les Anglais sont des amoureux transits de la France.
2° C'est par réaction contre notre indiférence, qu'il réagissent souvent négativement.
3° Les sondages montrent que le PEUPLE anglais ne croit pas que l'Angleterre fasse partie de l'Europe.
4° Il n'y a jamais eu d'Europe politique.
5° Il n'y aura plus JAMAIS d'Europe politique,car il aurait fallu la contruire à 6 ou 8 maximum.
A 27, seule une Ségolène doit encore y penser.
(Enfin "penser" pour Ségolène, c'est juste une façon de parler !).
Rédigé par: Ozenfant | le dimanche 30 mars 2008 à 17:28
@Ozenfant :
1-2, j'en sais rien.
3-5 : Tout à fait d'accord.
Pour la caricature sur les relations franco-brits, il y avait quand même un peu d'ironie de ma part.
Reste le problème : sans "Europe politique", où va-t-on faire de la politique ? J'ai pourtant l'impression que NS (parmi de nombreux autres) ne sait que renvoyer toute action au niveau de l'UE dès qu'un véritable problème politique se pose...
Rédigé par: Ferdi | le dimanche 30 mars 2008 à 21:10
Ah ah, mais tu ne sais pas tout : le serveur à catogan (le blond, c'est bien ça ?) est motard ; il roule sur une Kawasaki ZR-7 :
http://www.bikez.com/motorcycles/kawasaki_zr-7_2001.php .
Avec un flair remarquable, il avait donc repéré en toi l'ennemi de classe. Avec moi, il est très sympa. Faut dire que, ignorant alors qu'elle lui appartenait, j'avais rapporté au bar les clés de sa moto, qu'il gare sur le trottoir et avait oublié sur le contacteur.
Rédigé par: Denys | le mardi 01 avril 2008 à 19:39