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février 2008

mardi 26 février 2008

Je ne suis pas un numéro !

Prisoner_2 Ce blog risque de rester, une fois encore, muet pendant quelques jours. L'auteur est en effet retenu contre sa volonté dans une version normande du village du Prisonnier.

Il a toutefois pu nous informer de sa terrible situation depuis le cyber café de Verneuil-sur-Avre, avant d'être récupéré par une sorte de sphère blanche et gélatineuse... Qu'on se le dise, cette première tentative d'évasion à vélo, mal préparée, ne sera pas la dernière. Bonjour chez vous !

vendredi 22 février 2008

Panafieu à la mairie ? Ce serait Damages

L'idée de remplacer Delanoë par Panafieu est tellement ridicule qu'elle ne traverse même pas le cerveau des Parisiens de droite. Mais parce qu'on ne sait jamais, un peu de propagande...

Damages L'état-major de Canal + roule-t-il pour ou contre l'installation de Françoise de Panafieu à la mairie de Paris ? Difficile à dire : l'intervention de la chaîne cryptée dans le débat est trop subtile pour être comprise sans décodeur. Oh, je ne parle pas de l'arrivée d’une marionnette à l'effigie de la candidate UMP chez les Guignols (à défaut d’être la postulante idéale au fauteuil de maire, elle est manifestement membre de droit de cette collection de caricatures), mais des affiches apposées depuis quelques jours sur des centaines d’abribus parisiens...

La diffusion de la nouvelle série américaine Damages est en effet l’occasion de saturer la capitale de portraits de Glen Close en terrifiante femme de pouvoir ―  une Glen Close plus panafienne que la Panaf’ herself. Il m’a d’ailleurs fallu un certain temps pour réaliser qu’il ne s’agissait pas d’un poster électoral, mais bien d’une banale publicité. Je ne sais pas ce que feront les partisans de la droite municipale de ce message subliminal, mais je serais étonné qu’il fasse pencher les indécis en faveur d’un changement de majorité.

*

Françoise de Panafieu a d’autres titres de gloire que cette ressemblance avec l’inoubliable interprète de Cruella de Vil (de Paris). Elle est ainsi l’une des principales spécialistes mondiales de la propreté urbaine et assure pouvoir transformer Paris en Zurich en cas de victoire. « Londres, New-York, Bogota et Lagos sont bien plus propres que la capitale française et la coalition rose-vert passe son temps à répandre des immondices sur les trottoirs dans le seul but de provoquer la chute de vieilles personnes sans défense ! » trompette-t-elle (en substance) d’un meeting à l’autre.

Hum, Paris est sale, c’est vrai. Mais bien moins que sous Chirac et les progrès sont patents. Les Parisiens apprennent progressivement à ramasser les crottes de leurs chiens et à mettre leurs papiers gras dans les poubelles ; l’on voit mal ce que la députée du XVIIe pourrait faire de plus que le délicat travail de sensibilisation initié par Delanoë. Nous sommes, collectivement, une nation assez peu portée sur la propreté et le civisme. C’est comme ça, c’est la réalité. Mais la réalité n’est pas la fatalité, comme le démontrent les résultats obtenus au fil des ans. Ah, et qui a envie d’habiter Zurich ?

*

J’aurais voté pour le PS quoi qu’il arrive, même si je me félicite de ne pas avoir me ranger, ce coup-ci, derrière l’horripilant Georges Sarre pour faire gagner mon team. J’aurais voté pour le PS, donc, mais il m’arrive de me demander pourquoi... Et, chose amusante, il m’arrive aussi d’être capable de répondre à cette question.

Autant le PS n’est plus que l’ombre de lui-même au niveau national, autant son action à l'échelle parisienne est concrète et lisible. Un exemple parmi d'autres ? Le nombre d’intersections et de trottoirs restructurés un peu partout, et spécifiquement dans mon propre (tu entends ça, Françoise, propre !) arrondissement. Ici et là les flux de circulation ont été réorganisés pour les piétons comme pour les voitures et les vélos et, clairement, ça fonctionne mieux. La mise en rond-point de la place Léon-Blum ou la redéfinition du carrefour Parmentier-République n’ont peut-être l’air de rien observés depuis l'Olympe, mais hey, c’est bien d’une élection locale qu’il s’agit, non ?

J’aurais d’ailleurs l’occasion de refaire d’autres petits points de propagande d’ici au premier tour. Je le disais en chapô, on ne sait jamais...

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mercredi 20 février 2008

Sociologie potagère

Le bobo voltairien cultivait son jardin pour construire le meilleur des mondes. Il suffit à son descendant de s'inscrire à un AMAP. C'est moins fatigant. C'est le progrès.

ArcimboldoLes avis divergent sur la définition du « bobo ». Et la chanson de Renaud censée le mettre en fiche ajouterait plutôt à la confusion : rouler en 4x4 et faire du vélo en même temps, c'est peut-être tendance mais ça n'est pas très pratique.

J'ai récemment pris conscience, pour autant, d'être moi-même assez avancé dans le processus de métamorphose d’un urbain standard en bobo de compétition. Voyons voir : j’habite à un jet de pierre de la rue Oberkampf, Champs-Elysées du boboland parisien ; je n’ai plus de voiture ; je travaille dans les médias ; je circule à vélo ; je ne fume plus de cigarettes ; je fais de la course à pied ; j’empêche mes enfants de s’abrutir devant la télé ; je ne me formalise pas de l’importance qu’est en train de prendre le tai-chi dans l’existence de mon épouse, laquelle travaille par ailleurs pour une organisation humanitaire ; je soutiens la réélection de Delanoë à la mairie de Paris ; j’écoute de la musique ethnique à l’occasion ; je trie mes déchets avec circonspection ; je remplace progressivement mes ampoules à filament par des ampoules à basse consommation ; je me suis acheté des sandales pour l’été (je n’ose pas les porter, mais tout de même) et j’aime le centre-Bretagne...

Mais l’énumération de ces états de service suffirait-elle à l’établissement d’une carte de membre, si les bobos se piquaient de former un club ? Pas si sûr. A Bordeaux, Juppé s’est également mis au vélo ; faubourg-Saint-Honoré, Sarkozy fait son jogging ;  parc Monceau, même Panafieu s’est lancée dans le tri sélectif. Et si ces trois-là sont des bobos, où-va-t-on ?

Non, le bobo, le vrai, le tatoué, ne saurait se définir de façon aussi générique. Les différentes pratiques évoquées plus haut sont peut-être la marque d’une tendance au boboïsme, mais elles manquent de ce caractère intimement impliquant qui fonde les engagements authentiques. D’où la fierté de mon foyer de ne plus se nourrir que de produits écologiquement et socialement corrects. Attention, pas pour nous, ces machins hâtivement labélisés « bios » ou « équitables » au prétexte qu’ils n’ont pas été saturés de Round-Up et qu’aucun péon n’a été cruellement exploité au cours de leur élaboration ! Les aliments dont je parle doivent, pour me permettre de prétendre au titre de superbobo, avoir été cultivés à moins de 150 kilomètres de mon domicile, être « de saison » et n’avoir subi aucun traitement artificiel. Ils doivent encore, même si ce n’est écrit nulle part, m’être livrés par une bénévole en bonnet péruvien dans un local associatif tapissé d’affiches progressistes.

Une fois par semaine, nous nous rendons donc, mon épouse et moi-même, dans ce petit bâtiment lépreux du onzième arrondissement où, en compagnie d’autres électeurs socialistes non-fumeurs travaillant dans la communication et l'humanitaire, nous remplissons nos paniers de fruits et de légumes encore maculés de terre seine-et-marnaise. C’est qu’à défaut d’être membre du club des bobos, nous sommes officiellement inscrits à une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et que nous nous sommes engagés à acheter (à plusieurs) l’intégralité de la production d’un petit fermier du Provinois.

Ca revient plus cher que les boutiques bios les plus ridiculement dispendieuses, c’est certain, mais les avantages sont nombreux. D’abord, nos fruits et légumes sont incontestablement meilleurs que les vôtres. Ensuite, nous n’avons plus aucun mal à nous empiffrer quotidiennement des cinq variétés potagères sans lesquelles l’homme moderne risque de se transformer en un Américain du Midwest. Mais surtout, nous avons le sentiment, en sortant notre chéquier de la Bouton & Kerviel Ltd, de transformer une séance de shopping en acte militant. Enfin, disons que mes co-bobos ont ce sentiment, entassant pensivement leurs carottes sous un poster de RESF. En ce qui me concerne, j’ai surtout l’impression d’acheter des fruits et des légumes de bonne qualité, certes, mais un poil surévalués pour de la vente directe. Bah, j’imagine que j’y trouve moi aussi mon compte (philosophique), l’injonction voltairienne de cultiver son jardin étant avantageusement remplacée par cette corvée hebdomadaire. Cela-dit, s'ils se mettaient à prendre les commandes sur Internet et à livrer à domicile, je ne m'en plaindrais guère...

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mardi 19 février 2008

« Nous interrompons ce journal pour quelques informations à caractère syndical... »

Un cirque médiatique, même lorsqu'il donne le sentiment du désordre, s'organise très à l'avance. Journalistes et policiers en savent quelque chose.

Press_gang_2 J'ai toujours été intrigué par les missions de « communication » confiées, en France, aux syndicats de policiers. Qu'un fait-divers un peu important se produise et voici qu'un délégué d’Alliance, principal mouvement de défense de la corporation, s'incruste sur nos écrans de télé, précisant les circonstances du braquage/meurtre/vol du jour comme si sa présence à l’antenne était la chose la plus naturelle du monde.

Je n’ai rien contre le fait qu’un syndicat s’exprime publiquement sur ceci ou cela, mais les compétences d’un représentant du personnel ne me semblaient pas inclure l’information des médias sur l’action de la force publique. Sous d’autres latitudes, c’est à un porte-parole officiel ou à un gradé qu’il revient de répondre aux questions des journalistes : ça n’empêche pas que des conneries soient proférées, mais il s’agit au moins de conneries officielles et donc susceptibles d’être renvoyées à la figure de l’institution a posteriori.

A Villiers-le-Bel, c’est justement aux syndicats qu’il est revenu d’organiser, avec plusieurs jours d’avance, le cirque médiatique ayant conduit à l’arrestation d’une trentaine d’émeutiers. Pour autant, pas un journal, pas une radio, même parmi ceux qui dénoncent ce matin l’instrumentalisation électorale de l’opération, pour expliquer clairement que leurs reporters avaient été « convoqués » par leurs contacts syndicaux.

Un confrère habitué à fréquenter les crime scenes m’explique que les interviews de délégués syndicaux sont généralement l’indice de la flemmardise des reporters ― qui posent leurs deux-trois questions au premier bavard venu histoire de rentrer au plus vite à la rédaction ― et de l’incapacité des policiers à former d'authentiques porte-parole au contact avec la presse. Pour le représentant syndical, que son mandat libère des obligations de réserve du policier lambda, c’est aussi le moyen de se rappeler au bon souvenir des troupes au 20 heures...

Dans l'affaire du jour, les syndicats souhaitaient surtout réaffirmer au bénéfice des émeutiers comme à celui des porteurs d’uniformes en retard de cotisations, que tirer sur la police n’est pas un genre de distraction pouvant rester sans conséquence. Message transmis : merci à Libé, au Parisien, à TF1 et à RTL. A l’occasion, il faudra tout de même que j’interroge un délégué du SNJ sur ces pratiques. S’il peut en profiter, lui-même, pour faire passer un message quelconque, il devrait être d’accord pour me renseigner...

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samedi 16 février 2008

Malaise

La proposition de commémoration de la Shoah par les écoliers est stupide. Mais certaines des réactions qu'elle suscite sont carrément odieuses.

Classe_3 C'était à prévoir, les réactions d'hostilité à la dernière crétinerie de l'hyperprésident sont en train de me devenir encore plus insupportables que la crétinerie en question. Sur le fond, évidemment, comment faire autrement, tout le monde est d'accord : ce concept de l'adoption morale d'un enfant déporté par un élève de CM2 est à la fois absurde et malsain.

On se demande même comment une proposition aussi hallucinante n'a pas été étouffée dans l'œuf par l'un des innombrables conseillers de l'hyperprésident avant qu'elle ne soit proférée en public. Bah, c'est peut-être que les courtisans du premier cercle, à quelques semaines d'un changement d'organigramme que l'on annonce drastique, n'ont pas très envie de passer pour des fâcheux. Mais bon, la crétinerie a été émise et, j'en prends le pari, enterrée presque aussi sec. Que Guéant, Guaino, Soubie, Mignon ou Benamou ne soient plus capables d'alerter le boss sur l'impair qu'il s'apprête à commettre est une chose. Que la chute de température sanguine de Simone Veil soit sans effet sur lui en est une autre...

Mais que nous expliquent exactement les bonnes âmes au-delà de ce magnifique consensus psycho-pédagogique ? D'abord, que la suggestion de singulariser la Shoah n'est pas acceptable, les génocides arméniens et rwandais valant bien ce terrible (car tout le monde, à ce stade, reste d'accord pour trouver la Shoah terrible) épisode de l'histoire humaine. Ensuite, qu'à l'heure des expulsions de sans-papiers, on pourrait aussi bien apprendre le nom des enfants chinois ou maliens renvoyés vers leurs pays. Enfin, que les juifs feraient mieux de se faire oublier plutôt que de passer leur temps à remuer le couteau des chambres à gaz dans la plaie s'ils veulent vraiment en finir avec l'antisémitisme.

Tous ces points de vue sont parfaitement défendables et sont d'ailleurs défendus avec une extrême véhémence un peu partout ; j'ai beau avoir tendance à multiplier les liens dans mes textes, je ne me donnerai même pas la peine de vous mettre sur la voie ce coup-ci... Je prendrai toutefois le temps d'exprimer ma propre façon de voir.

D'abord, oui, la Shoah est singulière. Singulière en soi, et singulière dans le contexte français. L'histoire fourmille évidemment de génocides au sens d'une tentative d'extermination d'un groupe humain par un autre. Mais les Turcs, s'en prenant aux Arméniens, se sont « contentés » de massacrer ceux qui leurs tombaient sous la main, n'ont pas justifié ces massacres par la volonté de débarrasser l'univers d'une race démoniaque et, surtout, ne se sont pas organisés pour importer par convois entiers les Arméniens ne résidant pas en Turquie pour achever leur triste besogne. Les Hutus rwandais ne sont pas non plus partis à la recherche des Tutsis du Burundi, histoire d'alimenter les chaudières de leurs camps d'extermination. Et surtout, la France n'a pas, dans un cas comme dans l'autre, pris sur elle de livrer avec enthousiasme ses citoyens d'origine arménienne ou tutsie à leurs bourreaux. Bien entendu, on peut considérer le paroxysme d'une haine bimillénaire à l'égard des juifs et la contribution vichyste à la solution finale comme du business as usual sous le soleil ; on peut même estimer qu'accorder un caractère spécifique à l'obsession nazie revient à se lancer dans la « compétition victimaire »... On l'aura compris, ça n'est pas mon cas.

Second point, la comparaison récurrente entre les expulsions de sans-papiers et les déportations. Je conçois qu'il existe, parmi les membres de RESF ou chez les partisans d'une disparition des frontières nationales, des personnes qui, sincèrement, honnêtement, estiment que les difficultés économiques rencontrées en Chine ou en Afrique sont comparables à la combustion dans un four crématoire et que, par voie de conséquence, le refus d'une carte de séjour est superposable à la collaboration. Là-encore, ce n'est pas mon cas. Je subodore d'ailleurs que le nombre de ces bons samaritains inaccessibles aux aspects pratiques de leurs exigences est assez inférieur à celui des adversaires disons, plus stratégiques, du concept de politique migratoire.

Reste cet argument d'alimentation de l'antisémitisme par les juifs eux-mêmes, lesquels ne cesseraient, dans le but d'en profiter matériellement ou moralement, de se livrer à la fameuse « pornographie mémorielle » popularisée par un célèbre amuseur... Disons que ce raisonnement me semble à peu près aussi tenable que celui qui consisterait à expliquer à un descendant d'esclave qu'il commence à nous les briser avec ses commémorations de l'abolition de la traite négrière ― l'autre grande tragédie spécifique de l'histoire humaine selon moi.

Les Français juifs (comme groupe religieux ou, plus fréquemment, comme simples citoyens rattachés les uns aux autres par l'histoire et/ou la culture) n'avaient rien demandé à Nicolas Sarkozy. Et certainement pas de se livrer à cette nouvelle pitrerie démagogique sur leur dos. Faudra-t-il les blâmer de recevoir certaines des réactions des dernières quarante-huit heures comme autre chose qu'un légitime souci de protection enfantine ?

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vendredi 15 février 2008

Détestez, détestez, il en restera toujours quelque chose

Nicolas Sarkozy peut-il encore servir à quelque chose ? Tout dépend de sa capacité à devenir franchement impopulaire.

Rolex Manuel Valls, que son rictus carnassier a malheureusement tendance à desservir à la télévision, ne disait pas autre chose, hier soir sur France 2 : « Le parti socialiste a certainement du pain sur la planche s'il doit se reconstruire mais, en attendant, il est dans l’opposition et c'est de Nicolas Sarkozy que l'on attend du concret ― pas de la rue de Solferino ».

Neuf mois après l'arrivée triomphale de ce dernier à l’Elysée, il faut d’ailleurs pas mal de courage ou d'aveuglement pour assurer sa défense. Et si le bling-bling tend à éclipser la réalité de l’action du gouvernement, force est de constater qu’il ne reste plus grand-chose du fameux esprit de « rupture ». OK, une présidence dure cinq ans et l’on ne saurait exiger que toutes les promesses soient tenues le temps d’une gestation. Mais l’expérience enseigne que la première étape d’un mandat donne le ton et que les chantiers qui ne sont pas, au minimum, initiés dans les cent jours ne le seront jamais.

On ne pourra guère me reprocher de ne pas m’être montré aussi ouvert qu’un cabinet Fillon : dès le lendemain de l’élection, je me suis attaché à mettre l’antipathie que j’éprouve pour le personnage de côté pour me concentrer sur ce qu’il ferait de ses super pouvoirs. Il fallait réformer, bousculer, transformer et l’on nous promettait qu'il était l'homme de la situation. « Je ne crains pas d’être impopulaire et je ne cherche même pas à être réélu », clamait même le matamore en faisant mine de retrousser ses manches.

Et impopulaire, il l’est devenu. Oh, pas pour pas la mise en œuvre des fameuses réformes, mais plutôt pour son aptitude à « réparer » les seules choses qui n’avaient pas besoin de l’être, laïcité et identité nationale en tête. Les dossiers « sérieux » ont bien été ressortis des placards, des régimes spéciaux de retraites aux universités, mais qui peut prétendre qu’ils aient vraiment été bouclés ? Des commissions ont été formées, mais qui peut penser qu’elles déboucheront sur quoi que ce soit ?

Comme Valls, je ne me réjouis pas de cette situation. Et la perspective de voir le PS remporter les municipales sur ce champ de ruines UMPiste n’a rien de séduisante : des maires socialistes ne devant leur victoire qu’à la désaffection des lecteurs de Paris-Match pour le porteur de Rolex en or massif auront tôt ou tard des soucis à se faire. Mais, toujours comme Valls, je n’abandonne pas l’espoir que Sarkozy se ressaisisse et parvienne, d’une manière ou d’une autre, à mener le changement que même un dindon installé aux commandes percevrait comme indispensable.

Après tout, détesté pour détesté, ne pourrait-il pas entrer dans l’histoire comme le jet-setter vulgaire qui a replacé la France sur les rails avant de repasser le volant à des gens plus respectables ? Las, l’opinion est changeante et ce vieux routier sait bien qu’un rebond est possible. D’où ce désir d’aller chercher avec les dents, non pas la croissance, mais tous les groupes d’intérêt réels ou fantasmés du pays, en leur promettant tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi.

La poursuite de sa chute dans les sondages est donc la meilleure chance qui nous reste de ne pas subir cinq nouvelles années de néo-chiraquisme. La certitude que rien de ce qu’il fera, rien de ce qu’il dira, ne permettra au président de reprendre la main est la meilleure garantie d’une renonciation à la popularité et d’une résignation à l’efficacité. Admirateur et biographe de Georges Mandel, dont Clemenceau se servait comme d’un paravent politique à l’occasion (« Lorsque je pète, c’est lui qui pue »), Sarkozy devrait accepter ce sacrifice sans trop de difficulté, pourvu que nous l'y aidions. Courage, on y est presque...

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jeudi 14 février 2008

Nous sommes cernés (mais nous ne nous rendrons pas !)

« Faith is believing something you know ain't true »
Mark Twain

Cerns Mon ami Michel B., sa croyance en l'existence d'une maladie appelée spasmophilie mise à part, est un authentique matérialiste. Pur produit de la méritocratie républicaine, diplômé d'une prestigieuse école d'ingénieurs, il exprime fréquemment l'idée que la religion, cet opium du peuple dont les ressorts ethno-sociologiques sont parfaitement connus, est un phénomène déclinant dont nous serons bientôt débarrassés.

Sa théorie est sympathique : le culte des morts de nos ancêtres en peaux de bêtes s'est progressivement complexifié, donnant naissance à l'animisme, aux philosophies orientales, aux polythéismes divers ainsi qu’au trio géhennique (si j’ose dire) judéo-christiano-islamique. Mais l’émergence d’une pensée rationnelle ne devant rien à la foi et tout à l'intelligence ― en parallèle d’une accumulation d’expériences sociales, politiques, scientifiques et historiques ― permet désormais de se passer du père Noël.

Sur le fond, nous sommes assez d’accord. Ce n’est pas le vieux bonhomme en costume rouge qui a mis le big bang sous le sapin, mais bien cette dream team hétéroclite d’expliqueurs du monde, de Voltaire à Darwin, de Rousseau à Kant, de Newton à Jefferson... Et il est assez logique qu’un Français du XXIème siècle auquel, enfant, sa maman lisait des extraits de la loi de 1905 pour qu’il s’endorme sans crainte d’être attaqué par le curé caché dans la penderie soit convaincu que l’homme nouveau est enfin aux commandes.

Le hic, c’est que cette conception des choses est à peu près aussi universelle que le découpage administratif d’un territoire en départements parsemés de préfectures et de sous-préfectures. Peut-être la France (et pourquoi pas, après tout) est-elle la base avancée de la civilisation. Peut-être sommes-nous, précocement, parvenus à dépasser les mécanismes évolutionnistes imposant le surnaturel comme ciment social d’Ushuaia à Djakarta, du Pliocène au Pléistocène. Peut-être... Mais force est de constater que tout le monde n’est pas d’accord avec nous.

Du milliard de musulmans dispersés sur la planète aux innombrables dénominations protestantes qui fédèrent les populations du Nouveau Continent ; du milliard d’hindouiste aux centaines de millions de bouddhistes, taoïstes ou shintoïstes ; du milliard de catholiques aux centaines de millions de pratiquants de religions tribales et autres membres de sectes, la résistance au rationalisme hexagonal donne l’impression d’être plutôt bien organisée. Et ce ne sont pas les nouvelles qui nous parviennent de « l’étranger proche » ― comme disaient les matérialistes d’obédience dialectique ― qui rassurent sur la diffusion de nos concepts décoiffants : en Hollande, pays de tolérance, on se débarrasse d’Ayaan Hirsi Ali pour éviter les ennuis ; en Espagne, pays de la Movida et du combat antifranquiste, on déroule le tapis rouge devant l’église de Scientologie ; en Grande-Bretagne, le patron de la religion nationale suggère l’introduction de la charia par commodité ; au Danemark, on reproche aux journaux de surréagir à la tentative d’assassinat d’un cartoonist « blasphémateur »...

Même chez nous, royaume de l'EDF et des Lumières, un chef d’Etat brouillon tente de faire oublier sa vie dissolue de soixante-huitard refoulé en ramenant la transcendance dans le débat politique. Oui, même chez nous, une certaine gauche enfermée dans la bien-pensance clame son indulgence relativiste pour les pires crapuleries dès lors qu’elles sont divinement inspirées... Mais mon ami Michel B. conserve sa foi (hé hé !) en l’inéluctabilité de la raison comme « sous-jacent » (pour parler comme un spécialiste des produits dérivés, autre espèce de matérialiste dialectique) de la civilisation moderne ― ignorant superbement l’agitation religieuse qui secoue le monde.

S’exprimant hier devant le CRIF, et revenant sur une cascade de déclarations sur le fait religieux dont on aimerait qu’elles émeuvent autant les journalistes de l’ORTF que l’arrêt de la réclame sur France 2, l’hyperprésident a cru rassurer en indiquant qu’il n’avait jamais dit que « la morale laïque était inférieure à la morale religieuse » mais qu’elles étaient « complémentaires » et qu’il était « bon de s'inspirer de l'une comme de l'autre » pour mieux « discerner le bien et le mal ». Moins radical que l'archevêque de Canterbury, Nicolas Sarkozy tiendrait donc plutôt du curé modéré, du partisan de l'enseignement parallèle de la biologie et du créationnisme, de la coexistence pacifique de valeurs, comment dire, différentes mais égales entre elles.

Hum, la bataille est peut-être perdue d'avance, si le roi du spin est convaincu de pouvoir remonter dans les sondages en faisant passer l'Etre suprême pour un copain de régiment. Mais il est grand temps de rappeler que la laïcité, pas plus que la démocratie, la liberté ou les droits des femmes ne sont des acquis intangibles mais bien des constructions fragiles à défendre constamment. Que ce soit contre les intégristes avoués ou leurs idiots utiles, d'ailleurs...

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PS : Puisque j'en suis à mentionner le discours présidentiel d'hier soir, un honorable correspondant me demande mon sentiment sur l'idée que « chaque enfant de CM2 puisse se voir confier la mémoire d'un enfant mort de la Shoah ». Tout à fait favorable à l'enseignement de l'histoire et au rappel permanent de la déportation de 76 000 Français juifs, je n'aime pas ces initiatives bidons inspirées par le spin plutôt que par la réflexion. L'affaire Môquet a déjà contribué à gadgétiser la résistance. Je n'aimerais pas que cette opération de sauvetage pré-électoral de l'UMP gadgétise la Shoah.

Les commentaires de lecteurs visibles sous l'article de libe.fr sur ce thème, comparant à nouveau la politique d'immigration et du gouvernement et les camps de la mort donnent d'ailleurs une bonne idée de la « qualité » du débat que cette histoire risque d'inspirer.

mardi 12 février 2008

Risk management

Aujourd'hui, bloc-notes plein de risque : « credit crunch » à la française, déçus du sarkozysme, charia à l'anglaise...

Kerviel_2 Comme prévu, l'affaire des subprimes ― qui n'est pas une crise des prêts à risque mais bien la conséquence de leur titrisation anarchique ― est en train de peser sur le marché français du crédit immobilier. Oh, pas au sens où des centaines de milliers de ménages seront jetés sur le pavé faute de pouvoir rembourser des échéances dopées par la hausse des taux : ces choses-là n’existent pas chez nous, réglementation du taux de l’usure et prêts capés obligent. Non : plutôt au sens d’un retour de nos banques à leurs habitudes frileuses.

Parce qu’ils se sont salement brûlé les ailes ― et continueront d’ailleurs de le faire avec la touchante naïveté d’un joueur de bonneteau ― sur leurs activités d’investissement, la Société Générale, le Crédit Agricole ou la BNP ont décidé de punir la clientèle de détail. Vous souhaitez acheter une maison ou un appartement mais vous n’êtes ni fonctionnaire, ni détenteur d’un apport personnel égal à 30% de la valeur du bien, ni capable de rembourser le capital en quinze ans ? Passez votre chemin. Le risque est trop élevé.

Il est vrai que confier 50 milliards d’euros sur dix-huit mois à un Jérôme Kerviel est prudentiellement plus raisonnable que de prêter 200 000 euros sur vingt-cinq ans à un Jean Dupont... Entre un contrat sur le DAX et un deux pièces à Montreuil, il faut savoir, hum, « arbitrager ».

*

Ce qui est amusant, avec les sondages, c’est qu’ils font émerger l’intéressante espèce des « déçus du sarkozysme », ces personnes qui, ayant voté pour l’hyperprésident, le découvrent soudainement inefficace, pusillanime, esbroufeur et manipulateur...

Si j’étais banquier, je refuserais de consentir un prêt immobilier à un déçu du sarkozysme, même fonctionnaire et doté d’un important apport personnel. Le risque est trop élevé.

*

Un qui a pris un vrai risque, c’est Rowan Williams, archevêque de Canterbury et, à ce titre, directeur de conscience d’une trentaine de millions d’anglicans. Après avoir prôné la possibilité, pour les musulmans britanniques, de s’organiser juridiquement sur les bases de la charia, le voici qui fait maladroitement machine arrière, assurant s’être mal exprimé tout en maintenant ses propos.

Espérons que notre propre commandeur des croyants, celui pour lequel seules l’espérance et la transcendance donnent du sens à la démocratie, ne sera pas séduit par la logique du prélat : « certains musulmans ne s’identifiant pas au système légal britannique », la mise en place de tribunaux confessionnels compétents pour les affaires de mariage, de divorce, d’héritage ou de relations commerciales améliorerait la cohésion sociale.

Sarkozy, tu es gentil, la loi de 1905, tu évites d’y toucher. C’est trop risqué.

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lundi 11 février 2008

Sécurité aérienne

La bataille pour la représentativité syndicale est déjà engagée dans les aéroports : il va falloir regarder où l'on met les pieds.

Annul_2 C'est beau Orly, un jour de grève. Les files de voyageurs excédés s'allongent sous des panneaux d'information en berne ; les rumeurs se propagent d'un comptoir d'enregistrement à l'autre, provoquant la transhumance rageuse d'un pack de cadres en complet-vestons ; les employés d'aéroport disparaissent des terminaux, faute de renseignements concrets à fournir ; les détritus s'accumulent ça et là en petits tas napolitains... Le bordel à l’état pur.

C'est curieux, d'ailleurs, cette propension des détritus à s'amonceler même lorsque la catégorie du personnel en colère n’est pas chargée de leur ramassage. Que les aiguilleurs du ciel cessent d’aiguiller, là-haut dans leur tour vitrée et, bing, le terminal Ouest se met à ressembler à un dépotoir à papiers gras. Que les hôtesses d’Air France exigent une revalorisation de leur salaire et, paf, les canettes de bières roulent sous les pas de touristes traînant leurs valises à roulettes en quête d’un peu d’espoir terminal Sud. Ca doit être une question d’empathie, de solidarité systémique : des vols sont supprimés ? Ok, les toilettes ne seront plus nettoyées !

Le motif de la grève, souvent, reste obscur : affaire technique à laquelle nous ne comprendrions rien même si on nous l’expliquait lentement. Et ce n’est pas l’intervention d’un délégué CGT que les radios diffusent en boucle qui nous permettra d’en apprendre davantage. Voyons voir : ce coup-ci, la Direction Générale de l’Aviation Civile va déplacer provisoirement certains aiguilleurs de Roissy à Orly ― à moins que ce ne soit le contraire ― et, n’en doutez pas, la sécurité des voyageurs est menacée. Enfin, ça c’est qu’affirme le cégétiste sur France Info sans que le porteur de micro qui l’interroge ne songe à lui demander en quoi ce regroupement est susceptible de faire se crasher un Boeing. Bah, c’est probablement trop compliqué, trop technique, on n’y comprendrait rien.

On finit tout de même par saisir qu’à terme, tous les aiguilleurs aiguilleront ensemble depuis un troisième site, du côté d’Athis-Mons, et que là, les syndicats seront d’accord, que nous serons enfin certains d’atterrir sans encombre... Mais ce regroupement temporaire, no way ! Les autorités cherchent manifestement à provoquer la mort de milliers de passagers et la CGT veille au grain. Elle nous protège, nous, les pousseurs de chariots à bagages inconscients. Et même ce PDG sarkozyste en partance pour Toulouse ou Bordeaux, cet ingrat en colère, elle le protège malgré lui : « Tu fais la gueule parce que tu vas louper ton avion ? Tu protestes contre cette nouvelle "prise d’otages"  ? Malheureux, c’est de ta vie qu’il s’agit ! De ta vie, comprends-tu ? »

Mais la journée avance et le type de France Info s'est enfin rancardé. La grève, semble-t-il, n’a pas grand-chose à voir avec la sécurité. Du moins avec la nôtre : si la DGAC regroupe ses « centres d’approche » d’Orly et de Roissy, la CGT perdra sa majorité syndicale, ni plus ni moins. A Athis-Mons, en revanche, elle a fait les comptes et ça devrait passer... Tout de même, je me demande qui vide les poubelles, à Athis-Mons.

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jeudi 07 février 2008

Professions réglementées

Il est temps de supprimer le numerus clausus des présidents. Manifestement, celui-ci ne va pas s'en sortir tout seul.

Taxi_2 L'ultra-libéralisme de Nicolas Sarkozy ne saute pas vraiment aux yeux, ces jours-ci. Entre la décision de céder devant les taxis et la promesse d'un investissement public dans une unité d'Arcelor menacée de fermeture, on se croirait revenu sous Chirac... Pour les taxis, on imaginait pourtant un minimum de fermeté, un semblant de négociation, des pourparlers dont serait sorti un vague accord de modernisation de la profession : on revoit le numerus clausus à la hausse, mais on augmente le tarif de prise en charge, quelque chose dans le genre.

Mais non, rien. Quelques dizaines (littéralement, j'y étais) de Mercedes diesel jouent les escargots de Bourgogne aux abords de la Porte Maillot et, bing, la proposition 207 du rapport Attali est abandonnée. Ou du moins le paragraphe concernant les taxis : pour les autres professions réglementées (notaires, pharmaciens, huissiers), il faudra attendre qu'elles bloquent à leur tour le périphérique ― ce qui ne saurait tarder.

A Gandrange, c'est un peu différent. D'abord, il est difficile de mettre sur le même plan le propriétaire d'une licence de taxi parisien à 200 000 euros et l'ouvrier d'un site sidérurgique risquant le chômage dans une région sinistrée. Mais il est impensable de voir l'Etat verser son obole au groupe Mittal, modernisant l'usine à la place de son propriétaire. Si Gandrange est viable et qu'un repreneur se présente, formidable. Dans le cas contraire, les fonds publics seraient mieux employés à la reconversion des ouvriers dans une activité plus en phase avec la demande. Je suis cruel ? Pire que Sarkozy ? OK, mais à quelle fréquence faudra-t-il remettre au pot pour empêcher Mittal ou son éventuel successeur sidérurgiste de mettre la clé sous la porte ? La Moselle a besoin d'activité pérennes, pas d'une industrie sous perfusion à la merci permanente du fait d'un prince, fut-il maharadjah.

Mais en tout cas, pour le portrait de l'hyperprésident en Thatcher-bis, on repassera.

*

L'histoire des taxis, pour autant, jette un fameux doute sur l'avenir du pack attalien tout entier. Sa nouvelle belle-famille a pourtant dû faire remarquer à l'époux de Carla Bruni que la même attitude avait coûté son siège à Romano Prodi... Bah, la France n'est pas l'Italie, doit-il se dire en écoutant en boucle les Quatre-Saisons sur le répondeur de la G7, en quête d'une voiture susceptible de l'emmener passer le week end à la Lanterne.

A moins que l'affaire du SMS à Cécilia, révélée par le Nouvel Observateur, ne lui crée de nouveaux problèmes conjugaux, faisant tomber sa fin de semaine en amoureux à la flotte. Je n'ai rien contre les coeurs d'artichaut, et je me fiche comme d'une guigne de ses affaires de couple, mais l'homme fait tout de même un peu girouette...

*

Bon, je l'accuse d'être une girouette, comme ça, mais je ne suis peut-être pas le mieux placé pour ça. Après tout, je commençais moi-même à voir le bonhomme comme un mal nécessaire, une sorte de potion aussi horrible qu'indispensable à la guérison du malade. Cinq ans, dix ans peut-être, et nous aurions été fins prêts pour accueillir our very own Tony. Tu parles. La baisse de Nicolas Sarkozy dans les sondages ne marque pas seulement la fin de l'état de grâce à laquelle s'attendent tous les présidents fraîchement élus ; elle est plutôt l'indice d'une vraie lassitude de l'opinion à l'égard d'un ambitieux un peu vulgaire, finalement pas si différent de son prédécesseur.

Encore un peu, et on finira par regretter Giscard. C'est dire.

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