Hillary Clinton, John McCain, la fin de la réclame à la télé publique... Premier bloc-notes de l'année.
Tiens, Hillary reprend la corde et « tout redevient possible » pour nos gazettes, qui la donnaient pourtant pour morte il y a moins d'une semaine... Mon pari à moi reste donc valide, l'épouse du « Comeback Kid » ayant manifestement plus d'un tour dans son sac à main.
Bon en vérité, et au-delà d'un intérêt poli pour la micro-politique de nos amis yankees, je me fiche bien de savoir qui, du jeune métis charismatique ou de la sénatrice blanchie sous le harnais, emportera l’investiture. Après tout, à la différence du PS, le parti démocrate n’aborde pas le « changement » sous l’angle d’une rupture avec l’économie de marché et le Fabius local, Dennis Kucinich, n’est même plus invité à débattre ― ce qui n’est peut-être pas la meilleure des choses d’un point de vue tocquevillien.
Bah, ces élections ayant tous les attributs d’une compétition sportive majeure, de leur programmation quadri-annuelle à leur montée en puissance vers une finale paroxystique en direct à la télé, let’s enjoy the ride.
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A propos de finale paroxystique, je ne miserais pas toute ma considérable fortune sur l’ami McCain, que sa performance d’hier a replacé sur la carte des ambitions républicaines. Les contraintes du politiquement correct empêchent sans doute de l’évoquer trop fréquemment mais, ni son âge, ni ses problèmes de santé ne militent en faveur du vieux soldat.
« Oh, 71 ans, ce n’est pas si vieux ! » s’exclameront Chirac et Brejnev dans un bel ensemble. « Et un cancer n’est pas nécessairement un problème pour un chef d’Etat, s’il est discrètement et convenablement traité », renchériront Mitterrand et Pompidou. Sans doute. Mais à l’heure où l’on célèbre, dans le camp d’en face, les exploits sportifs d’un Obama pétant le feu, le visage déformé par la chirurgie de John McCain n’est pas la meilleure des publicités.
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Tiens, parlant de publicité, mon sarkozysme tout neuf m'inciterait plutôt à me réjouir des projets de l’hyperprésident en matière d’audiovisuel. La fin de la réclame sur les chaînes du service public et la désignation de la BBC comme exemple à suivre, ce sont de bonnes nouvelles.
Reste à préciser la manière dont ces propositions prendront corps. La BBC est financée par une redevance presque deux fois plus élevée que la nôtre et se révèle, bien plus que nos 72 canaux publics, suffisamment adroite commercialement pour vendre ses programmes de par le monde et s’autofinancer partiellement. Augmenter la redevance restant impopulaire, rendre les émissions de France 2 ou de France 3 attractives à l’international tenant (en l’état) de la gageure et l’idée d’une taxe sur les opérateurs téléphoniques étant carrément inepte, on attend les détails avec impatience.
Si l’on me demandait mon avis, mais personne ne me le demande, rassurez-vous, je mettrais la redevance au niveau britannique, je fusionnerais les chaînes surnuméraires pour densifier les grilles de France 2 et France 3 et je recruterais des gens nouveaux pour faire autre chose que du Vivement dimanche, du PJ ou du Plus grand cabaret du monde.
Mais peut-être touchons-nous là aux limites du sarkozysme : de vraies idées, une débauche d’énergie pour les promouvoir, puis pas grand chose...
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La fin de la pub sur les chaînes de service public est en train de créer un sérieux barouf. Eh quoi, on peut être totalement opposé à la société marchande, à la vente de temps de cerveaux disponibles à des fabricants de boissons gazeuses et protester contre le transfert vers le privé de cette pollution !
La publicité à la télévision est la garantie d’une course à l’audience par la programmation d'émissions présumées « fédératrices ». France 2 plus la pub, c’est forcément TF1 ― en moins bien dans le genre. France 2 sans la pub, ce serait peut-être Arte avec des moyens décuplés. Ca ne vaut pas le coup d’essayer ? C'est en tout cas ce que nous prétendions, nous les gens de gauche, lorsque nous étions encore pour l'Europe et la décentralisation...
© Commentaires & vaticinations
Moi, je suis bien sûr tout à fait d'accord pour penser a priori qu'une taxe sur les opérateurs téléphoniques est inepte (je me demande même si ça ne frôlerait pas le pléonasme), mais tel que je te connais, je parierais qu'en plus tu as des arguments pour étayer cette affirmation vigoureuse -- que des crétins de gauchistes qualifieraient pourtant de péremptoire (mais ce qu'ils sont cons, ces gauchistes).
Alors puisque tu as des arguments, pourquoi ne pas en faire profiter les crétins de gauchistes qui te lisent? Je sais bien que "parler aux cons, ça les instruit" (Audiard dixit), mais dans ta grande bonté, tu ne nous refuseras pas la queue d'un argument?
Hein?
Rédigé par : Poil de lama | mercredi 09 janvier 2008 à 15:38
Je suis a priori pour ce genre de mesure. Si et seulement si, effectivement, les 40% de financement manquants sont assurés, ou un peu moins, soit, si on supprime quelques chaînes. Mais, cette histoire de redevance doublée ne me semble guère crédible par les temps qui courent.
Rédigé par : armel | mercredi 09 janvier 2008 à 15:42
Poil de lama,
L'audiovisuel public, ça se finance avec une redevance. Si nous n'osons pas demander aux gens de payer pour leurs chaînes publiques, autant les laisser en tête à tête avec TF1 et ses ersatz de type France 2.
Mais pourquoi une taxe sur les opérateurs téléphoniques serait-elle "inepte", tout autant d'ailleurs qu'une taxe sur les fournisseurs d'accès à Internet ? Mais parce qu'il n'y a pas plus de logique à faire payer ces secteurs que l'agro-alimentaire ou le textile. Il existe juste une espèce d'idée naïve que ces secteurs sont connexes, et que parce qu'ils représentent l'avenir, l'étape suivante, par rapport à la télévision, ils devraient payer pour maintenir le média obsolescent en vie.
Moi, je ne pense pas que la télé soit morte, puisqu'aucun média n'a encore été tué par la vague suivante et je crois qu'il est possible de faire de la bonne télé publique financée par une redevance de niveau raisonnable et par la cession de programmes de qualité. C'est l'exemple de la BBC et je trouve qu'il est pertinent. Je ne pense pas non plus qu'il soit raisonnable de surtaxer les secteurs en émergence et en croissance d'une façon générale, puisqu'il faudrait plutôt les stimuler...
Quant à l'idée selon laquelle c'est TF1 et M6, chaînes amies du patron, qui seront les bénéficiaires de la fin de la pub sur le service public, elle est elle aussi inepte puisque les temps et les fréquences de pub sont réglementés. Non, la manne ira plutôt vers les nouvelles chaînes thématiques (ce qui est bon pour le pluralisme) et le Web (ce qui est bon pour les nouveaux médias en ligne type Rue89 et MediaPart).
Armel,
Si l'on ne peut pas augmenter la redevance, alors non, ce n'est pas possible. Mais à ce moment-là toute critique de la dérive commerciale des chaînes publiques est nulle et non avenue.
Rédigé par : Hugues | mercredi 09 janvier 2008 à 16:10
Ah ben, tu vois, quand au lieu d'asséner des coups de massue on aligne des arguments, ça change le regard du lecteur: au lieu que le lecteur en soit réduit à penser "soit c'est lui qui est con, soit c'est moi", il peut élaborer un bazar complexe et nuancé, dans le genre "certes, il a des arguments, mais pas si étayés qu'il le laissait entendre, et je pense que ceux qui voudraient soutenir la position rigoureusement inverse pourraient en aligner tout autant, et qui ne seraient ni plus ni moins solides; donc pour ma part je vais me contenter -- pour changer -- de n'avoir pas d'avis tranché et de me méfier encore et toujours des affirmations péremptoires."
Merci, ô blogueur adoré, d'alimenter ma réflexion au lieu de donner des coups de marteau à mon ineptie supposée. :-)
Rédigé par : Poil de lama | mercredi 09 janvier 2008 à 16:42
Je t'en prie.
Rédigé par : Hugues | mercredi 09 janvier 2008 à 16:53
"France 2 sans la pub, ce serait peut-être Arte avec des moyens décuplés."
Cela vaut le coup d'être tenté.
Mais vu l'audience d'Arte, on peut aussi se demander si une telle chaîne, même avec plus de moyens, a une véritable utilité de service public.
A quoi servirait de mettre des centaines de millions pour quelques % de la population devant l'écran ? La course à l'audimat n'est pas une religion, mais on peut pourtant s'attendre à ce que les chaînes de service public soient regardées. Sinon, elles manquent leur mission.
S'il est vrai qu'il faut cesser de faire des émission bas de plafond avec comme seul but de faire du chiffre, à quoi sert de faire des émissions "de qualité" si c'est pour qu'elles ne soient vues de personne ?
Une fois évacué le problème du financement par la pub, dont on a vu ces dernières années qu'il est nuisible à la qualité des programmes, reste encore à rédiger un vrai cahier des charges du service public télévisuel.
Mais une chose à la fois. D'abord, libérer le service public du diktat de l'audimat qui conduit à faire du TF1.
Rédigé par : YR | mercredi 09 janvier 2008 à 17:09
T'as raison, McCain a d'autres priorités car ce n'est pas toujours ceux qui parlent le plus d'être président qui le deviennent : http://www.mccain.com/index.htm
Rédigé par : Saturnin | mercredi 09 janvier 2008 à 17:39
Je suis comme vous : je me réjouis des projets -encore vagues- du président en matière d'audiovisuel. Sans être Français, je prends beaucoup de plaisir à écouter france inter, et j'aimerais bien prendre autant de plaisir à regarder france 2.
Il me semble toutefois que ces projets, pour être tout à fait approuvés, devraient répondre à deux conditions : les moyens de france télévision devraient rester plus ou moins les mêmes, et les télévisions privées devraient être invitées à participer.
Dans ce cadre, je n'aperçois pas pourquoi vous trouvez inepte l'idée que ces chaînes privées profitent de la fin de la pub sur les chaînes publiques. Certes, le temps de publicité est réglementé. Mais si la publicité disparaît des chaînes publiques, et si le temps de publicité n'augmente pas sur les chaînes privées, je doute que le prix d'une minute de publicité reste le même.
Il me semble que c'est là le calcul de ceux qui se sont rués sur les actions de TF1. Et à la vérité, TF1 a déjà profité de cette annonce ; le profit qu'elle en retire est exprimé par la hausse de son cours.
Rédigé par : Ulpien | mercredi 09 janvier 2008 à 18:40
Ulpien,
Objection retenue ! Mais le prix de la minute télé est aussi déterminé par le retour que l'annonceur peut raisonnablement espérer. Les annonceurs ont de toute manière déjà intégré la baisse de l'audience des grandes chaînes généralistes et suivent le public sur les chaînes thématiques (lesquelles font une énorme percée grâce à la TNT et au "triple-play" des fournisseurs d'accès à Internet). Ils constatent aussi que le temps passé devant un écran d'ordinateur talonne (et dépasse dans le cas des jeunes) le temps passé devant la télé.
Entre ces phénomènes et la réglementation sur la programmation de la pub sur TF1 ou M6, la réallocation des ressources autrefois dévolues au service public est tout de même plus probable.
En tout état de cause, expliquer, comme le fait par exemple la CGT de France Télévisions, qu'il s'agit d'un mauvais coup au service public et d'une faveur à TF1 est simplement inepte (c'est le mot à la mode sur cette discussion).
Rédigé par : Hugues | mercredi 09 janvier 2008 à 19:37
Je viens de tomber sur un article du monde sur le sujet :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-997338@51-907904,0.html
Pour le reste, je suis d'accord avec vous : on ne pourrait dire maintenant pour qui ce sera un mauvais coup et pour qui ce sera une faveur. Il faudrait savoir ce que recevra france télévision, et ce que paieront les chaînes privées. En l'état, cela relève du pur procès d'intention. Mais ce procès d'intention est-il complètement illégitime ?
Rédigé par : Ulpien | mercredi 09 janvier 2008 à 19:57
je peux prendre la pari que , si cette absence de pub sur le service public est mise en oeuvre, les temps de pub sur les grandes chaînes hertziennes vont augmenter, donnant enfin la fameuse deuxiéme coupure de pub dans les films,...
et qu'au moins une ou deux chaînes publiques passeront au privé, pour équilibrer le tout...
Rédigé par : faceB | mercredi 09 janvier 2008 à 23:48
Moi je suis contre l'augmentation de la redevance. N'oubliez pas que les prix, les salaires sont beaucoup plus élevés en Angleterre donc la redevance va avec...
Je pense qu'il faut supprimer la redevance, cela fera du pouvoir d'achat en plus et permettre à la télévision publique de s'auto financer via la pub comme le font toutes les télévisions privées gratuites.
Rédigé par : Olivier | jeudi 10 janvier 2008 à 08:30
"Quant à l'idée selon laquelle c'est TF1 et M6, chaînes amies du patron, qui seront les bénéficiaires de la fin de la pub sur le service public, elle est elle aussi inepte puisque les temps et les fréquences de pub sont réglementés", dis-tu Hugues...
"En tout état de cause, expliquer, comme le fait par exemple la CGT de France Télévisions, qu'il s'agit d'un mauvais coup au service public et d'une faveur à TF1 est simplement inepte", dis-tu encore...
Ce n'est manifestement pas l'avis des investisseurs qui, à la suite de l'annonce de Sarko, ont fait grimper l'action de TF1 d'environ 10%. Ce n'est pas l'avis non plus des dirigeants de la chaîne qui réclamaient et se réjouissent de cette mesure. Ils doivent tous être "ineptes"...
La vraie question désormais, c'est : combien TF1 et M6 paieront-elles pour participer au financement des chaînes publiques et bénéficier du cadeau sarkozyen ?
Rédigé par : Michel B. | jeudi 10 janvier 2008 à 13:32
Un effet de bord intéressant de la suppression de la pub sur les chaînes publiques serait que du coup les dépenses de ces chaînes augmenteraient. En effet, sur une heure de programme, on a à peu près 45 minutes d'une série, et 15 de pub. Si on retire la pub, il faudra bien acheter des programmes pour occuper l'espace dégagé.
Donc en somme:
- d'une part les revenus diminuent (disparition de la pub)
- d'autre part les dépenses augmentent (nouveaux programmes à acquérir)
Je trouve assez cocasse que l'actionnaire d'une société cherche à rendre celle-ci moins profitable, tout en favorisant les concurrents.
Je suis tout à fait pour une amélioration de la qualité des chaînes publiques, mais il semblerait plus logique de le faire en diffusant de meilleurs programmes, plutôt qu'en diminuant les ressources financières.
En ce qui concerne le report sur les chaînes de la TNT: certes les annonceurs n'auront guère le choix, mais ne serait-il pas plus censé de les attirer parce que ces chaînes sont regardées plutôt que parce qu'il s'agit du seul espace disponible?
Et quid des publicités locales des éditions locales et régionales de France 3? Peut-on réellement espérer que de nouvelles chaînes locales privées vont se créer comme par enchantement juste parce que les annonceurs locaux n'ont plus d'espace disponible?
Rédigé par : tof | jeudi 10 janvier 2008 à 15:34
Je vous souhaite une très bonne année 2008, et bonne continuation pour votre blog, bien à vous, Arnaud du blog http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/
Rédigé par : Arno | vendredi 11 janvier 2008 à 20:25
Comme j'ai mauvais esprit, je me pose la question qui ne semble pas vous avoir effleuré : pourquoi diantre notre leader minimo part-il en croisade contre la pub à la télé ? Est-ce une de ces questions urgentissimes qui exigent d'être réglées dans la semaine, comme il les affectionne ?
Pour ma part, je ne vois que deux motivations possibles :
- Ou bien, Nicolas Sarkozy souffre dans sa chair de ces insupportables tunnels de pubs qui dénaturent les œuvres culturelles que F2 et F3 diffusent en masse. Voyant ce que je vois du personnage, j'imagine volontiers qu'Arte constitue pour lui le modèle de la télévision idéale…
- Ou bien, la suppression de la moitié des revenus des chaînes publiques n'a pas d'autre but que de provoquer leur effondrement (en termes de qualité de programme comme d'audience) et préparer ainsi sans remords leur privatisation.
Diable, j'hésite vraiment…
Rédigé par : Antoine Block | dimanche 13 janvier 2008 à 03:41