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mardi 08 janvier 2008

Faute de grives...

Comment j'ai fini par me faire une raison en écoutant la conférence de presse de Sarkozy.

Sarkoconf_2 Au bout du compte, je suis assez partagé sur ces histoires de présidence bling-bling, sur cette « désacralisation » de la fonction dont Nicolas Sarkozy se rendrait coupable. Il fait dans l'ostentatoire, c'est certain, mais les vacances tape-à-l'œil, les copains du CAC 40 ou les histoires de nanas, franchement, on connaissait déjà. Wolfeboro est-il plus clinquant que l’Ile Maurice, Vincent Bolloré pire que Roger-Patrice Pelat, Carla Bruni moins présentable que Christina Forsne ? Sans doute pas.

A tout prendre, la Rolex et les Ray-Ban me choquent moins que les écoutes clandestines, les hommages à Pétain, les repas avec Bousquet, les problèmes de bruit et d’odeur, les valises de billets ou les frais de bouche... Mais tout le problème est là et l’« opinion publique », qui n’est pas si stupide, a bien fini par saisir à quel point se concentrer sur les costumes sur-mesure de l’hyperprésident était la preuve d’une incapacité à penser l’opposition.

Je n’aime pas Hortefeux et ses objectifs, Bachelot et ses franchises, Fillon et ses ADN-détails... Je n’aime pas que l’identité nationale se réduise à quelques formulaires administratifs. Je n’aime pas que l’on fasse de l’euro le bouc émissaire des faiblesses de nos exportateurs. Je n’aime pas que le principal groupe de presse de mon pays soit aux mains du « frangin » du président. Je n’aime pas que l’on accueille un dictateur terroriste comme le fils prodigue. Je n’aime pas que l’on affirme que la démocratie sans transcendance, ce n’est pas la démocratie... Bref, je n’aime pas l’atmosphère générale de cette présidence mais je n’ai pas envie de faire semblant d’être en désaccord avec une palanquée d’initiatives que j’aurais été heureux de voir prises par ma candidate ― l’eut-elle emporté.

La gauche, nous explique Libé, se cherche un leader. Elle a raison. C’est bien d’avoir un leader. La gauche américaine en a même deux et je souhaite bien du plaisir à ceux dont la mission est de les départager. Mais si le chef qui émerge est celui qui, mieux que les autres, saura dire le contraire de ce que raconte Sarkozy sur tout et n’importe quoi, quel intérêt ? Enfin, quel intérêt pour la France ? Pour nous ? Faudra-t-il qu’il exige le retour des régimes spéciaux, la fin de l’autonomie des universités, un référendum sur le traité simplifié, le statu quo institutionnel, le passage aux 32 heures, ce leader ? Faudra-t-il qu’il appelle la stagnation, l’inflation et le chômage de ses vœux pour être crédible ?

J’écoutais tout à l’heure la conférence de presse du boss à la recherche de points d’achoppement, de nouvelles horreurs, de nouvelles étapes dans la terrible dérive dictatoriale. Je n’en ai pas trouvé. Même lorsqu’il s’est mis à parler d’immigration, pourtant le meilleur sujet qui soit à l’heure de protester de sa gentillesse ontologique face à la tentation lepéniste sous-tendue par toute idée de gestion des flux, je suis resté placide sur ma chaise.

Sarkozy est « de droite », c’est une évidence. Mais d’une droite dont la spécificité n’est pas tant de porter haut les valeurs morales et économiques de la bourgeoisie et des deux cents familles, mais bien d’avoir tiré les leçons du pragmatisme social-démocrate des Anglais ou des Scandinaves. D’avoir kidnappé les principes d’une Troisième voie dont le PS refusait obstinément et aveuglément la validité.

Qu'on n'en doute pas, s’il se révèle incapable d’élaborer avec succès sa version dégradée du blairisme ― cocktail improbable de conservatisme, d’interventionnisme, de compassion, d’égoïsme, de libéralisme, d’universalisme, de chauvinisme ―, s’il échoue à remettre le pays en route, il aura ultimement donné du grain à moudre à Besancenot et à Le Pen. Aux vrais bolchos comme aux vrais fachos. Clairement, ce n’est pas ce que je souhaite. Alors faute de grives...

© Commentaires & vaticinations

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PS : L'étalage éhonté de ma sarkocompatibilité ne semble pas émouvoir les tenants de la Gauche moderne. L'administrateur du forum bockelien sur Yahoo a en effet refusé mon inscription. J'ose espérer que c'est ma vision de la stratégie du Mulhousien, plus que le point de vue exprimé aujourd'hui, qui me vaut cette indignité. Blackboulé de chez les transfuges du PS parce que trop à droite, voila qui serait comique.

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Voici les sites qui parlent de Faute de grives...:

Commentaires

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Ben moi, les trente-deux heures, si possible à l'échelle européenne, je suis plutôt pour. J'entends d'avance crier au fou, mais je n'en ai cure. C'est l'augmentation de la productivité qui importe, et l'affectation du travail productif à la production des valeurs d'usage possibles et nécessaires; tout le reste est poudre aux yeux.

A ton avis, Hugues, pour être crédible, la gauche doit-elle aussi s'abstenir de parler de social, de solidarité, d'emploi, de pouvoir d'achat, de service public, de défense des salariés, des plus pauvres, des plus faibles, etc., pour rejoindre le discours "tout-économique" ambiant qui fait le bonheur de la droite décomplexée ? Doit-elle aussi s'abstenir de critiquer un président qui s'affiche et s'assume comme le président des "riches" ? A mon avis, c'est si elle faisait cela qu'elle ouvrirait un boulevard à ton ennemi préféré Besancenot...

je comprends.
le discours de nicolas sarkozy et ses réponses aux questions étaient extrêmement intéressants. et on pouvait être séduit à plus d'un titre ou penser qu'il aurait été bon que la gauche ait certaines de ces idées.
mais la vraie question n'est pas celle-là. elle est celle de leur application concrète. de ces idées présentées, ou d'autres pas exprimées. et là... circonspection, au moins. voire plus comme ça commence à poindre chez un certain nombre de français, qui n'ont surement pas fini d'en ch...

avant c'était l'hypocrisie. il fait pareil mais ne le cache pas. c'est mieux. en fait ce n'est pas l'acte lui-même qui n'est pas bien, c'était l'hypocrisie qui l'entourait.

pour moi, ça, c'est de la poudre de perlimpimpin.

Hugues, tu le sais, j'ai de l'affection pour toi. Je ne te laisserai pas t'abîmer dans une sarkocompatibilité qui ne peut être que le reniement patent de tes convictions profondes, que l'obscurcissement évident de ta faculté d'analyse par l'agitation frénétique d'un nabot blindé de tics. Reprend-toi, Hugues et doon't forget l'essentiel : il est petit, Sarko ! Il est monté sur des talonnettes pour serrer la main de Bush, et il arrive pas au même niveau que De Gaulle dans la bibliothèque de l'Elysée !!! Alors, Hugues, enfin. Pense à ton père. A tes pères. A ces générations qui se sont battus pour qu'enfin, les préaux des écoles de cette belle terre de France, puissent enfin retentir du cri sorti de mille poitrines enfantines : liberté, fratenité, égalité !

Arrête.

Bon, ben, blairiste tu es, blairiste tu restes. Il te semble que Sarkozy est plus sur la longueur d'onde de Blair que les électeurs du PS en général (ce qui est absolument vrai), donc tu trouves Sarkozy moins insupportable que les conneries qui se disent dans la mouvance du PS. Bon. Il me semble que la logique devrait t'amener à appeler à voter UMP plutôt que PS, et je n'ai pas le sentiment que tu en sois là... ou j'ai rien compris? Ben je crois que ça signifie que tu as du mal à assumer, non pas tes contradictions, mais la cohérence de ta propre logique?

Pour moi, c'est très simple: le jour où j'aurai l'impression que Sarkozy dit moins de conneries que le PS, je voterai Sarkozy. Et je vais t'étonner: je n'en suis pas si loin. Beaucoup moins loin, en tout cas, que de voter Besancenot.

Et si on se mettait d'accord pour dire que le PS est absolument nul, au moins que même Sarkozy a l'air d'une lumière en comparaison?

Pardon, faute de frappe: je voulais évidemment dire "au point que même Sarkozy a l'air d'une lumière en comparaison".

Melchior,
D'abord, les 32 heures à l'échelle européenne, personne n'en veut. Ce qui semble clore le débat sur ce point. Mais ensuite, la productivité qui s'accroit, c'est certainement une bonne chose si elle ne s'accroit que chez nous et que les autres ne nous rattrapent pas. Dans le cas contraire, si les voisins sont plus nombreux à travailler aussi bien, nous sommes distancés. Et distancés, c'est une baisse du niveau de vie (au moins relative).


Michel B.,
Non, la gauche doit aussi parler de toutes ces choses et ne doit pas être la droite. C'est la raison pour laquelle la démarche de Bockel est une impasse. Mais elle doit aussi être présente sur l'économique et le monde tel qu'il est. C'est en ça que Sarko est allé piquer ailleurs les idées qu'il n'avait pas et qu'il les travestit ici. Mais encore une fois, faute de mieux...

David,
Le problème, pour le concret, est qu'il faut effectivement attendre un peu. Mais nous saurons vite s'il ne s'agissait que d'esbroufe.


Koz,
Oui, c'est vrai ! Les talonnettes... Bon sang, j'avais oublié les talonnettes !


Poil de lama,
Je ne pense pas voter Sarkozy (merde, les talonnettes, quand même), mais tu illustres assez bien mon propos : le sarkozysme est une corruption du blairisme, mais s'il échoue, il condamne son modèle aux oubliettes de la gauche française.

le sarkozysme est une corruption du discours.

Sarko est le meilleur leader du cercle de la raison décrit par Minc, ledit cercle englobant les deux-tiers du PS, le Modem et l'UMP.

On peut appeler cela blairisme, soumission au marché ou ce que l'on veut, c'est un camp assez homogène en effet.

Le problème de "l'autre camp" c'est qu'il est en deux, ou trois parties.

Le seul clivage pertinent, qui permettrait de redonner du sens au débat politique, est pour ou contre le projet européen. Personne n'est officiellement contre, c'est ce qui bloque l'évolution pourtant nécessaire si on ne veut pas finir congelés.

Le projet est effectivement à inventer dans le monde tel qu'il est, en ne feignant pas d'ignorer le rouleau compresseur de l'économie de marché mondialisée, qui laisse peu de marges de manoeuvre aux politiques. Mais il doit quand même être pensé avec des valeurs de gauche, qui incluent la lutte contre l'accroissement des inégalités, la solidarité avec les plus démunis ou défavorisés, la défense du service public, une certaine forme de "morale" en politique, dans le business, dans les relations employeur/employé, en matière diplomatique, dans la régulation de l'immigration, etc. Il me semble qu'on en est loin avec le sarkozysme, mais je ne dois pas porter les mêmes lunettes que toi.

Quant à la présidence bling-bling et à l'affichage décomplexé des signes extérieurs de richesse et des amitiés bien "ciblées", elle me semble peu compatible avec la prétention de défendre l'intérêt général. Et je pense que de plus en plus de Français seront de cet avis, ce qui ajoute à la faute morale, une faute politique...

"je n’ai pas envie de faire semblant d’être en désaccord avec une palanquée d’initiatives que j’aurais été heureux de voir prises par ma candidate"


Même chose : quand on est de droite et qu'on n’est pas d'accord avec certaines initiatives Sarkoziennes, il faut faire semblant d'être en accord pour ne pas s'accorder avec ceux qui ne sont jamais d'accord même de manière insincère (les autres) — tu me suis ? Sinon ce n’est pas grave.

On est mal

"Dans le cas contraire, si les voisins sont plus nombreux à travailler aussi bien, nous sommes distancés. Et distancés, c'est une baisse du niveau de vie (au moins relative)" Aïe aïe, si Alexandre lit ça, il va vous gronder...

Le fait que le PS soit archi nul n'est pas une raison suffisante pour devenir sarkoziste.

Hughes êtes vous en train de faire votre coming out sarkoziste ?

Etes vous en train de succomber aux sirènes sarkoziennes, celles rabachées à longueur d'ondes télévisuelles ?

Avez vous l'âme d'un traitre ?

Bonjour Hugues,

Bien, bien, bien, voilà que vous vous dévoilez (sans doute à vos propres yeux) enfin.
Vous dites que personne ne veut des 32 heures de Melchior et que, partant, le sujet est clos. Ben si, moi, j'en veux bien. Et les 11,5 millions de chômeurs aussi, je pense (ça fait quand même une fois et demie la population de la Suisse et le double de la population du Luxembourg, mais le pouvoir d'achat est différent, il est vrai).
Pourquoi obliger ceux qui ont un travail à travailler plus, plutôt que de chercher à permettre à ceux qui demandent un emploi de travailler tout court ?

Mais je sens que ça ne vous plaît pas beaucoup comme programme. Sans doute cela ne tient-il pas suffisamment compte du "monde comme il va", comme aiment à dire les conservateurs pour justifier tous les immobilismes et les spoliations. Le monde comme il leur va. Des fois que le monde risquerait d'aller autrement.

"Pourquoi obliger ceux qui ont un travail à travailler plus, plutôt que de chercher à permettre à ceux qui demandent un emploi de travailler tout court ?"

Antoine Block : il fut un temps où l'on brûlait les gens pour moins que çà ! Surveillez vos arrières ...

@ Antoine Block,

Vous n'avez pas remarqué que la réduction du temps de travail (et autres stages et pré-retraites) ne faisaient en rien baisser le chômage?

Que la hausse du temps de travail n'entraînait pas celle du chômage?

"Vous n'avez pas remarqué que la réduction du temps de travail (et autres stages et pré-retraites) ne faisaient en rien baisser le chômage?"

Il y a en effet plus efficace : les radiations administratives et la démographie.

>"Que la hausse du temps de travail n'entraînait pas celle du chômage?"

Depuis quand la heusse du tps de travail entraîne t-elle la baisse du chômage ?

Ouais, toto mais peut-être que la hausse générale du temps de travail accroit la production, donc la croissance, donc la prospérité d'un pays et en prime la hausse du pouvoir d'achat de celui qui travaille plus. Le dogmatisme, ça marche dans les deux sens.

"Le dogmatisme, ça marche dans les deux sens". Oui, c'est ce que je vois.

Je voudrais rappeler quelques fondamentaux, soigneusement occultés par les tenants des dogmatiques de droite :

- La productivité française est l'une des plus élevées au monde.

- L'attractivité de la France la situe au 3eme ou 4eme (selon les sources et les modes de calcul) rang mondial.

- Le développement du droit du travail et des garanties sociales accompagne toujours la croissance. Leur abandon est le signe d'un pays en récession.

Par ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi "la hausse du pouvoir d'achat de celui qui travaille plus" vous semble prioritaire par rapport à la simple survie de celui qui ne travaille pas.

>"Ouais, toto mais peut-être que la hausse générale du temps de travail accroit la production, donc la croissance, donc la prospérité d'un pays et en prime la hausse du pouvoir d'achat de celui qui travaille plus. Le dogmatisme, ça marche dans les deux sens."

Tout çà reste à prouver. En effet on se demande bien pourquoi tant d'Ets utilise leur main d'oeuvre comme variable d'ajustement. Cela a sans doute à voir avec la concurrence internationale.

le travailler plus ... va sans doute intéresser certaines personnes dans certains situations et contextes donnés. Mais cela va t-il se traduire par une amélioration de la situation éco du pays et en aprticulier de la compétitivité lorsque l'on sait que si amélioration du pouvoir d'achat il y a il servira surtout soit à l'épargne soit à acheter des produit d'importation et donc ds ce dernier cas à l'aggravation du commerce extérieur qui est déjà bien dégradé.

D'autre part cette augmentation du pouvoir d'achat pour qquns aura pour conséquence une aggravation de la situation des caisses sociales (sécu et retraites) puisque les heures sup' sont détaxées et défiscalisées.

Bilan donc : détérioration du commerce ext et des caisses sociales.

Vider des caisses déjà vides qu'il disait !

et d'ailleurs certains voient d'un mauvais oeil la hausse du pouvoir d'achat :

http://www.rue89.com/2008/01/14/economie-fillon-apercoit-des-vents-contraires

Ah oui, mais là, Toto, je crains qu'avec de telles lectures, vous ne vous disqualifiez définitivement aux yeux de Gilles, Carolus et consorts.

Antoine Block : oui je le crains!

De plus la diminution du temps de travail s'inscrit dans une tendance de très long terme puisqu'elle est due à l'augmentation constante de la productivité depuis au moins 30ans.

Cela dit une productivité élevée peut s'accompagner d'une détérioration des conditions de travail. Donc c'est pas la panacée non plus.

et d'ailleurs :

"PSA reconduit son dispositif de départs volontaires" :

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080115/tbs-france-psa-emploi-7318940_1.html

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